samedi, 26 juillet 2008
Tunisie : Cette république dont personne n’ose plus en parler
Le 25 juillet 1957 l'Assemblée nationale française vote l'indépendance de la Tunisie, c’été le même jour qu’en Tunisie l’assemblée constituante abolit la monarchie en Tunisie et proclame le régime républicain. Depuis,
La république en Tunisie, du temps de Bourguiba comme celui de Ben Ali aujourd’hui n’a pas signifié autre chose pour les tunisiens qu’un qualificatif de propagande que ceux qui sont au pouvoir ont choisi pour se désigner sans que la nature du pouvoir ni le mode de son exercice changent pour autant.
Cette année la « fête » de la république a presque passée sans que personne n’ose parler. Dans les médias comme dans la rue la journée est passée sans que personne ou presque ne sent que c’est autre chose qu’un jour chromé. Après l’annonce hier soir de l’adoption du parlement du nouveau amendement « exceptionnel » de la constitution avec le quel le président Ben Ali fait conforter sa présidence à vie, tout le monde sait que le pouvoir à la tête ailleurs.
2009 est pour la nomenclature et les familles plus qu’une simple échéance à passer, mais, un statut de privilège à sauvegarder. Entre ceux qui se partagent le gâteau et la meute qui se dispute les miettes autours d’eux la vraie république va se décider dans la fin du mois pour les prochains cinq ans. Alors que pour tout le reste, peu sont ceux arrivent à croire encore que la « République de demain » est pour demain..
En fin, tant que les règles du jeu sont truquées.
Yahyaoui Mokhtar – Tunis le 25 juillet 2008
03:07 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, République
Le tribunal administratif annule la mise en assignation à résidence d’Abdallah Zouari
Le tribunal administratif de Tunis a annulé le 23 juillet 2008 l’assignation à résidence du journaliste Abdallah Zouari, à Zarzis dans le sud du pays. Par arrêté du Ministre de l’intérieur N° 16944 du 15 juillet 2002, M. Zouari fut contraint de résider à Hassi Jerbi Zarzis, village situé à plus de 500 km de Tunis, lieu de sa résidence et de sa famille habituelle.
Cette assignation à résidence a été assortie depuis sa mise en application par une surveillance policière appliquée au journaliste dans sa résidence et dans tous ses déplacements dans le cercle restreint qui lui a été réservé. Le jugement du tribunal administratif de Tunis confirmant l’arbitraire de ce traitement n’est intervenu qu’après plus de cinq ans du présentation du recours en annulation, ce qui a semblé un déni de justice caractérisé vu le bien fondé des arguments soulevés.
Au cours de cette attente le journaliste à été condamné à la prison sous pretexte d'avoir enfreint les dispositions d’assignation à résidence pour s’être rendu au souk Ben Guerdene à 20 Km dans le même gouvernorat. Le journaliste à été condamné pour cette affaire le 23 août 2002 par le tribunal cantonal de Zarzis à huit mois de prison qu’il a intégralement passé. L'acharnement contre le journaliste ne s'été pas arrété là, à la fin des cinq ans d'assignation à residence les autorités persiste à refuser de mettre fin à cet exil interieur dont il fait l'objet.
Contacté par Reporters sans frontières, le journaliste s’est dit déçu par la décision des autorités administratives, qui survient six ans après sa demande de levée de l’assignation. Il espère que les autorités tunisiennes vont s’y conformer. Abdallah Zouari de Al-Farj, publication islamiste suspendue, a été condamné le 9 octobre 2003 pour deux affaires différentes et libéré le 10 septembre 2004. Le 6 juin 2002, Abdallah Zouari avait été libéré après avoir purgé une peine de onze ans de prison pour “appartenance à une organisation illégale” et placé depuis en résidence surveillée.
Le journaliste est actuellement toujours à Zarzis en résidence surveillée.
RSF et TW – 25 juillet 2008
Voir sur le sujet :
Un cas typique d’illégalité flagrante : Le cas du journaliste Abdallah Zouari
02:00 Ecrit par TUNISIA Watch dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Abdallah Zouari, Assignation à résidence
Tunisia Caucus Co-Chair Calls Despot Moderate and Wise
Betty McCollum told her constituents she was going to honor the dead. “Congresswoman Betty McCollum (D-MN) will spend the Fourth of July holiday visiting the NorthAfricanCemeteryand Memorial in Tunisiato pay tribute to American troops, including 138 Minnesotans, who lost their lives in World War II,” reads a July 1 statement on her website. “It is an honor for me to have the opportunity to pay tribute to these courageous men on behalf of Minnesotans and the nation.”
But the state-run Tunisian press agency reported something else. The next day, on July 2, Rep. McCollum met with the Tunisian Foreign Minister, Abdelwaheb Abdallah, in Tunis. “The Foreign Minister briefed his guest about the comprehensive development work carried out in Tunisia, under the impulse of President Zine el Abidine Ben Ali, and stressed Tunisia’s will to further reinforce its relations with the United States, highlighting the role [of the] ‘Tunisia Caucus’ in strengthening these relations,” reads a Tunis-Afrique Presse news agency report.
“Mrs. McCollum affirmed in turn that ‘Tunisia holds a strategic position between Europe, Africa and the Middle East and it represents the voice of moderation and wisdom in the world, a voice we must listen to,’” according to the Tunisian state news report.
McCollum’s chief of staff Bill Harper later clarified to the Committee to Protect Journalists (www.cpj.org) that she made this remark in the context of foreign policy, and, in particular, Tunisia’s advice more than five years ago to the United States. While long cooperating with Washingtonin the war on terror, Tunisiaearlier in this decade (quietly) opposed the Bush administration’s intervention in Iraq. “The premise of her visit was security,” he explained.
But Iraqwas not mentioned in the Tunisian government news report about McCollum’s visit. Instead, the Tunis-Afrique Presse agency went on, “The meeting allowed as well to highlight the role of [the] ‘Tunisia Caucus,’ a group within the U.S. House of Representatives including congressmen who want to learn more about Tunisia, its culture, traditions, history and people and to further strengthen bilateral relations.”
Apparently the bipartisan Tunisia Caucus has little or no interest in learning about, or even acknowledging, Tunisia’s abysmal record on press freedom and human rights. The so-called moderate and wise leader, President Ben Ali, is a dictator who has monopolized power for no less than 21 years. He runs Tunisiaas a police state, where the country’s large, Soviet-style press does little more than laud the despot and his tight-fisted regime.
Only a handful of Internet publications and small-circulation opposition papers have attempted to seriously criticize the government or hold it accountable. But journalists writing for these outlets have been placed under surveillance, assaulted by plainclothes police, had their phone and Internet lines cut, and been prevented from leaving the country. Enough have been imprisoned since 2001 to make Tunisiathe Arab world’s worst nation for jailing journalists.
Of course, Tunisia’s admirers are right to point out that it is a highly secular as well as modern nation. Not only does it have a literate population, but one in which women largely enjoy the same rights as men. The sunny Mediterranean state is also one that has little or no history of ethnic or sectarian strife. No wonder the nation seems like a natural “friend,” as U.S.diplomats prefer to call it, if not ally of the United States.
But members of congress seeking to strengthen such ties should neither sidestep nor dismiss Tunisia’s utter lack of democratic rights and norms. Unfortunately, McCollum is hardly the first to do so. Earlier this year, the other Tunisia Caucus co-chair, Rep. Bud Cramer, Jr. (D-AL), went to Tuniswhere he also pledged to strengthen bilateral relations without mentioning either press freedom or human rights. The Tunis-Afrique Presse agency quoted Cramer saying, “He voiced his readiness to exert more influence…to better publicize the opportunities offered by Tunisiaso as to hoist bilateral co-operation to higher levels.”
Cramer’s press officer Jennie Gibson did not return calls asking for comment.
Nor should members of congress allow their statements to be used for propaganda by a police state. On Wednesday, the Committee to Protect Journalists’ Middle East Program Coordinator Joel Campagna wrote an op-ed (http://www.twincities.com/opinion/ci_9962056) about McCollum’s recent visit to Tunisin The St. Paul Pioneer Press, her hometown paper. McCollum has yet to respond to the op-ed. Her press officer, Cleve Mesidor, also did not return calls asking for comment for this blog.
Other members of the Tunisia Caucus include Rep. Mark S. Kirk (R-IL), Ben Chandler (D-KY), Henry E. Brown, Jr. (R-SC) and Rep. Solomon P. Ortiz (D-TX).
By Committee to Protect Journalists Washington Rep. Frank Smyth - The Hill, a Washington D.C.-based newspaper - July 25th, 2008
Note: CPJ is a worldwide watchdog that accepts no government funds as it defends the rights of journalists everywhere to report the news without fear of reprisal.
01:17 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisia Caucus, Committee to Protect Journalists, Betty McCollum
vendredi, 25 juillet 2008
Aventure spatiale : Lancement réussit de la deuxième fusée expérimentale congolaise
Avec le lancement de ‘‘Troposphère IV’’, le DTA se dirige lentement mais sûrement vers la fin de son programme expérimentale. Il ne lui reste plus que le lancement d’une dernière fusée de type Troposphère V pour commencer le programme fusée sonde (entre le satellite et l’expérimental) qui mènera jusqu’à la satellisation.
Le lanceur est une fabrication à 100 % congolaise, conçue par Jean-Patrice Keka Ohemba Okese, ancien chercheur associé à l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA), diplômé en Sciences commerciales. Il est actuellement Administrateur-gérant de DTA, qui a son siège à Lubumbashi.
Lancement sur fonds propres
Comme pour la première fusée expérimentale, le concepteur et son équipe de 15 chercheurs, se sont servi des fonds propres et des matières locales nécessaires pour la fabrication, en deux mois seulement, de l’engin parmi lesquelles le sel de cuisine.
La Société prévoit à travers ce lancement de signer ainsi l’entrée de la RDC à l’heure de la conquête de l’espace. Le lancement de ‘‘Troposphère IV’’ a eu lieu en présence du ministre de l’enseignement supérieur, universitaire et recherche scientifique, Léonard Masuga, dont le gouvernement tarde encore à mettre la main dans la poche pour soutenir financièrement les efforts de ces chercheurs congolais. Acculé par la presse, Léonard Masuga a promis le soutien financier du gouvernement au ‘‘Troposphère V’’, une fusée à deux étages, dont le lancement interviendra sauf imprévu au mois d’octobre.
La population de Menkao n’a pas été indifférente par rapport au lancement. Tout Menkao a jubilé après le pari réussi du savant congolais, Jean-Patrice Keka. Cette aventure spatiale avait été essayée en vain par l’entreprise allemande OTRAG vers les années 1970 au nord du Katanga, sous le maréchal Mobutu.
L’échec de la phase expérimentale, des considérations géopolitiques ainsi que des susceptibilités dues peut-être aux tentations hégémoniques de l’Allemagne avait découragé la poursuite du projet. Aujourd’hui, avec l’expertise locale, c’est chose faite. Il lui faut du soutien et de la protection.
Olivier Sefu - lerevelateur.net - 15 juillet 2008
09:24 Ecrit par AFRICA Watch dans Afrique Sub-saharienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa watch, RDC, aventure spatiale
jeudi, 24 juillet 2008
Le Parlement tunisien adopte un amendement à la Constitution qui désigne de fait les adversaires potentiels de Ben Ali aux élections de 2009
Dominée par une écrasante majorité du parti au pouvoir, la chambre des députés tunisiens a adopté jeudi en deuxième lecture un projet de loi qui introduit des "dispositions exceptionnelles" à la Constitution du pays en vue de l'élection présidentielle de 2009. Sur les 189 députés que compte l'institution parlementaire, cinq représentants de l'opposition ont voté contre le projet.
Cet amendement qualifié « d’exceptionnel » s’inscrit dans une tradition instaurée par le président Ben Ali de puis son reversement de son prédécesseur et qui consiste à recourir avant chaque élection présidentielle à un amendement de la constitution pour adapter la consultation électorale selon les circonstances de façon à garantir sa reconduction d’office en la vidant de tout aspect compétitif. Voir sur ce sujet notre article « Processus de 50 ans de restrictions du droit de candidature à la présidence de la république en Tunisie »
Inquiétude du parlement européen sur le véritable objectif de cet amendement
Dans une lettre datée du 10 juillet 2008 adressé par Hans-Gert Pöttering président du parlement européen à son homologue Tunisien Fouad Mébazzaâ président de la chambre des député, ce dernier écrit:
« La Tunisie se prépare actuellement aux importantes échéances électorales à venir, à savoir les élections présidentielles de 2009. Une élection présidentielle est toujours un rand moment politique pour une nation tout entière. Porteuse d’espoir, elle permet aux différents candidats de confronter démocratiquement des projets de société distincts. L’union européenne sera bien évidemment très attentive au déroulement de cette campagne au sein de ce pays partenaire essentiel qui est la Tunisie. Je crois savoir que la chambre des députés examine actuellement, sous votre auguste présidence, un projet de loi constitutionnelle visant à adapter au mieux les institutions tunisiennes aux échéances à venir, je formule ici le vœu que cette loi favorisera très nettement un processus électoral ouvert et transparent, dans e plein respect du droit électoral et de la démocratie pluraliste. »
Pasqualina Napolitano et Biéatrice Batri ont sévèrement dénoncés la volonté d’exclusion qui se dessine pour ces élections exigeant un amendement ouvert et démocratique permettant à toutes les parties politiques dans le pays de présenter leurs candidats à ces élections
Si elles permettent à la plupart des dirigeants des huit partis de l'opposition de se porter candidats au prochain scrutin, ces dispositions excluent automatiquement le chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP), Néjib Chebbi. Seul candidat annoncé à ce jour, cet avocat de 61 ans qui avait cédé en 2006 la tête de son parti à Maya Jribi considère cette réforme comme "une manoeuvre politique visant à l'écarter". Elles limitent aussi la compétition dans le cercle de l’opposition officielle tolérée par la dictature Tunisienne, une opposition en état de délitement avancés et qui ne dispose d’aucune assise réelle au sein de l’opposition
Au pouvoir depuis 1987 après avoir destitué le "père de l'indépendance" tunisienne, Habib Bourguiba, pour "sénilité", l'actuel chef d'Etat Zine El Abidine Ben Ali devrait annoncer sa candidature pour la cinquième fois à l'élection de 2009 lors du congrès du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir) prévu du 30 juillet au 2 août prochain, pour briguer un cinquième mandat de cinq ans. (TW,AP et agences, Jeudi 24.07.2008)
22:35 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, élection présidentielle de 2009, amendement de la Constitution
Appel d'offres international pour la réalisation du port en eau profonde à Enfidha d'ici la fin du mois!
10 sociétés européennes et golfiques en course
Selon une source bien informée, l'Appel d'offres international pour la réalisation du port en eau profonde à Enfidha sera lancé d'ici la fin du mois de juillet 2008. Une liste de dix sociétés européennes et du Golfe, parmi les plus connues dans le domaine du transport maritime, ont manifesté leur intérêt pour ce projet.
Selon notre source, l'appel d'offres a été, au début, programmé pour le 25 juin 2008, puis pour le 30 du même mois. Ce retard est dû notamment à quelques problèmes dans la finalisation du cahier des charges. En effet, le bureau d'études hollandais « Royal Has-Koning » chargé, avec un partenaire tunisien qui est le bureau International Development Consultants (IDC), de l'étude de faisabilité technique du projet, a manifesté quelques réserves sur les modifications opérées par le ministère du transport (suite aux suggestions des différents ministères et établissements intervenants dans ce projet) sur la première version présentée par le Bureau d'études.
Le Cahier des charges
L'étude de faisabilité du projet a porté notamment sur l'étude de marché, l'analyse multicritère, ainsi que le choix d'un site en eau profonde, l'étude de réalisation du port de ce site et la définition de la forme de concession, le Business Plan ou plan d'affaires, le dossier de l'appel d'offres, ainsi que les actions de marketing, sans oublier le dépouillement des soumissions et des offres.
Il s'agit, entre autres, d'introduire une nouvelle clause. Elle concerne «l'intégration d'une zone d'activité logistique» qui est de nature à améliorer la rentabilité du projet et donner au projet une valeur ajoutée.
Quant aux premières caractéristiques techniques définies par le cahier des charges, il y a notamment la longueur des quais, le nombre des grues et des portiques, la profondeur de l'eau, les méthodes d'exploitation, la superficie des terre-pleins et le nombre des conteneurs.
Pour ne citer qu'un exemple, le port va avoir pour la première étape 800 m de quais, pour atteindre 1,5 km dans la 2ème étape et une zone d'activités logistiques, avec une réserve foncière de 3.000 hectares .
Le contrat inclus dans le cahier des charges, fixe également la responsabilité, les droits et les obligations des deux parties (l'Etat tunisien et la société qui remportera l'appel d'offres).
Il s'agit, en particulier de l'objet du projet : la réalisation d'un port en eau profonde, dans le cadre d'une concession de construction et d'exploitation, d'une durée de 50 ans non renouvelable, et dont le coût est estimé à près de 1400 millions d'euros.
En contre partie, la Tunisie recevra une redevance annuelle fixe par mètre carré, et une autre redevance variable selon le trafic du port mais doit tout d'abord fournir les terrains et l'infrastructure de base, ainsi que quelques équipements en relation avec l'infrastructure.
Les travaux d'aménagement, début 2009
Les travaux d'aménagement, qui devront démarrer à la fin de cette année ou au début de 2009, comportent la création d'un pôle portuaire de la deuxième génération, comportant un port en eau profonde près de la ville d'Enfidha, et une zone d'activités logistiques s'étendant sur 3000 hectares devant offrir des services de transport maritime des marchandises de qualité et au moindre coût, tout en tenant compte des critères de sécurité et de préservation de l'environnement.
La capacité d'accueil annuelle du terminal de conteneurs, s'élève à environ 5 millions de conteneurs, alors que la capacité de la station multidisciplinaire est de l'ordre de 4,5 millions de tonnes.
Ce projet constituera une excellente plate-forme pour le trafic international avec l'activité du transbordement et la desserte du marché tunisien. Pour l'activité internationale, l'étude donne une capacité de 1,2 million EVP (équivalent vingt pieds) en 2008 et sera portée en 2020 à 3,9 millions EVP.
Il contribuera à combler un déficit de capacité portuaire, dès 2009 en Méditerranée centrale, du fait de sa position dans un carrefour de transports maritime (entre les bassins occidental et oriental de la Méditerranée ), aérien (avec le futur aéroport d'Enfidha), routier (avec l'axe autoroutier Bizerte-Sfax), et ferroviaire Tunis-Gabès.
A signaler que ce projet grandiose aurait du être réalisé depuis les années 70, d'ailleurs une étude économique a été élaborée dans le temps, par des économistes et des experts tunisiens, et a été présentée aux autorités tunisiennes de l'époque, mais n'a eu aucune suite.
S.E.M – Le Temps - jeudi 24 juillet 2008
22:30 Ecrit par TUNISIA Watch dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Port en eau profonde à Enfidha
Tunisie, terre de paradoxes: Au pays du sourire perdu
Le plus petit pays du Maghreb, la Tunisie, s’est incontestablement forgé un grand destin touristique. Pourtant, il suffit de traverser la rue pour rencontrer une Tunisie qui fait grise mine sous l’éclat d’un soleil qui fait courir des millions de touristes par an. Bassem a 24 ans, est technicien supérieur en informatique depuis le début de l’année.
Il est venu chercher du travail comme serveur dans un fameux palace. Il rentre bredouille, un petit classeur sous le bras. « Ce sont ceux qui ont des diplômes supérieurs qui trouvent du travail. Nous, on doit attendre jusqu’à deux ans pour travailler. Le chômage ? Ils disent qu’il est de 14%. Mais il doit être au moins de 20%. On cache tout en Tunisie. » Il parcourt du regard l’imposant hôtel qui barre la vue sur la mer. « Ils m’ont dit que ma formation ne correspond pas. Ce qui est vrai, mais il y a quelqu’un qui m’avait promis un emploi ici. »
Que cache-t-on donc en Tunisie ? Bassem avec une colère froide parle sans s’assurer de la qualité de son interlocuteur. Il détache son regard du palace blanc et nous lance : « Savez-vous à qui appartient cet hôtel ? C’est la propriété du beau-frère du Président (de la République). Il a d’autres hôtels de luxe et une compagnie aérienne. Il est concessionnaire automobile, il est dans les banques, il a une radio et beaucoup d’autres sociétés. Il y a dix ans, c’était un enseignant qui touchait 250 DA par mois (15 000 DA algériens, ndlr). » L’anti-self made man scandalise le pays profond. « C’est ce qui fait bouillir la population. C’est le seul tort du président », ajoute Bassem.
La fortune de l’entourage immédiat de Ben Ali n’échappe pas aux Tunisiens, le black-out de la presse locale n’y pouvant rien. Le jeune informaticien a-t-il voté en 2004 pour Zine El Abidin Ben Ali qui s’était représenté pour un 4e mandat ? « Oui, répond-il. Et je voterai pour lui en 2009 et en 2014. On votera pour lui tant qu’il respirera. » Impossible de décoder le sourire figé qui accompagne ces mots. Il tente d’argumenter. « Je vis, je suis nourri et je suis tranquille. Pourquoi je ne voterai pas pour lui ? », fait-il remarquer. Il y avait bien d’autres candidats à la présidentielle en 2004, des lièvres qui ont vite détalé dans la nature. « Il y avait d’autres candidats, mais je ne me souviens pas de leurs noms. On les a montrés deux ou trois fois à la télé. »
« Tout va bien »
Bassem finit par se poser des questions .« Et vous, vous êtes qui ? » « Journaliste algérien en formation », répondons-nous. Il s’exclame : « En formation en Tunisie ? Impossible ! C’est nos journalistes qui doivent venir se former en Algérie. Nos journaux disent tous les jours que tout va bien. D’ailleurs, moi aussi je dis tout va bien pour qu’un jour je trouve du travail. » La « misère » politique locale n’empêche pas le Tunisien de base d’avoir sa propre vision du monde. La situation en Algérie ne laisse pas indifférent. Le récalé à la réception du palace nous explique : « Les pays arabes ont, soit la richesse naturelle, soit la richesse humaine. Il n’y a que l’Irak et l’Algérie qui réunissent les deux atouts. Et regardez dans quel état ils se trouvent. Ce ne sont pas les Algériens qui ont plongé leur pays dans la guerre depuis dix ou quinze ans. Cela vient de l’étranger. Vos généraux sont manipulés par la France. » Ce sont les chaînes satellitaires arabes qui comblent le déficit en information des Tunisiens.
L’on ne voit guère un homme avec un journal sous le bras, ou parcourant les pages sur une terrasse de café. Nous rencontrons finalement un jeune buraliste qui a lu un article de presse relatif à l’Algérie Des femmes algériennes habitant la bande de Ghaza avaient manifesté, le 9 juillet dernier, demandant le droit de rendre visite à leurs familles en Algérie. « J’ai pleuré en lisant l’article sur ces femmes courageuses qui ont interpellé le président Bouteflika pour qu’il leur vienne en aide contre le blocus israélien », nous dit le buraliste. La paix est revenue en Algérie, croit-il savoir. « Votre Président en a fini avec les salafistes, tout comme notre Président. » Il nous conseille, à propos des journaux présentés dans sa boutique : « Achetez Le Quotidien, si vous voulez des informations du monde, ou Le Temps, pour les informations culturelles. »
Pour la chronique tunisienne, il faut aller dans la rue. Ammar a 48 ans, il est économe dans un établissement. Ce père de famille de 4 enfants a des fins de mois difficiles. « Vous n’êtes que de passage, vous ne pouvez pas remarquer que la vie est chère, ici », explique-t-il. Il est payé 400 dinars tunisiens par mois (25 000 DA). Le litre de lait vaut 1 DT (le même prix qu’une canette de bière), une visite médicale revient à 25 DT, soit deux journées de travail, et le loyer peut absorber jusqu’aux trois quarts d’un salaire moyen. La forte demande des touristes explique en partie la pression sur le marché de l’immobilier. 2,3 millions de personnes vivent à Tunis, sur une population totale de 10 millions d’habitants. Que pense Ammar de la réputation de « pays du sourire » en vogue dans les milieux touristiques ? Il est le dernier à connaître cette formule. « Il faut voir ce qu’il y a derrière le sourire.
Les touristes qui fréquentent les hôtels ne se rendent pas compte des difficultés que nous vivons. » Va-t-il voter l’année prochaine, quand un cinquième mandat pourra être brigué par l’actuel Président ? « Je n’ai jamais voté et je ne voterai pas », répond-il. Il n’a pas d’opinion concernant l’utilité d’une élection dans une société moderne, d’aspiration démocratique. Il n’avait jamais fait le lien entre l’acte de voter et un possible changement politique. « Le peuple tunisien a atteint un degré de maturité suffisant pour assumer la gestion de ses propres affaires. Certains ont pensé que je pourrais prendre en charge ses destinées (…) J’ai un tel respect pour le peuple tunisien que je ne lui souhaite pas de maître. » C’était Habib Bourguiba qui s’exprimait ainsi le 25 juillet 1957, devant l’assemblée constituante.
50 ans plus tard, les Tunisiens auront connu deux chefs qui n’ont rien contre la présidence à vie. Sur l’avenue Habib Bourguiba, les Champs Elysées de Tunis, ce sont les portraits de Ben Ali qui trônent. Les slogans sont incantatoires : « El ouafa li rajoul el ouafa (la fidélité pour l’homme de la fidélité) », « Mes ambitions au service de la Tunisie ». Aucune représentation du « père de la Tunisie moderne ». Le plus haut monument de l’avenue orne la place du 7 Novembre, correspondant au jour où Ben Ali déposait Bourguiba, en 1987. La place est bien gardée par des policiers en armes. Aucun banc aux alentours, de peur d’un regroupement assis. Il faut circuler ou se constituer client des cafés à terrasse, dans le pur style parisien.
« Un seul parti »
Le 7 novembre est la fête nationale, baptisée « Ettahaouel el moubarik (le changement béni) ». C’est le seul mot qui fait s’esclaffer les Tunisiens. « Moubarik ? ça se dit pour le Prophète, pas pour un homme ordinaire », remarque-t-on. En matière d’inspiration religieuse, l’on a vu mieux, ou pire. Saddam Hussein avait proclamé « El youm el adhim », en accédant au pouvoir en juillet 1979. Ce n’était pas d’ordre prophétique, mais divin. L’on est loin du dialecticien Boumediène et son « redressement révolutionnaire » de juin 1965. Le mot « ettahaouel » revient dans n’importe quelle discussion en Tunisie.
Fouad, 22 ans, est apprenti pâtissier et nous explique pourquoi il a désespéré de continuer ses études : « Ma cousine a 24 ans, elle a le bac + 4 et elle est animatrice dans une maison de jeunes. Ce qu’elle fait ? Elle s’occupe par exemple des chorales d’enfants pour la fête de Ettahaouel. » Fouad ne décolère pas. Son centre de formation professionnelle (public) ne l’a pas placé en stage pour cet été, ce qui lui aurait permis de gagner un peu d’argent. « Il faut être d’une famille aisée pour qu’on t’envoie en stage dans un hôtel. Je suis en train de chercher une place moi-même. C’est pourtant compris dans ma formation. Mais je ne peux pas faire de réclamation, mes amis m’ont dit que je peux être privé de certificat à la fin de la formation. »
Fouad est habité par la peur. Il habite à 10 km de la frontières algérienne, mais il n’a jamais passé la ligne. « Avec le cachet algérien sur mon passeport, je peux avoir des problèmes si je demandais un visa pour l’Europe », avoue-t-il. Mais il aime les Algériens. « Ce sont eux qui me prenaient en stop quand je partais au collège, qui était loin de 17 km de chez mois », dit-il. De son village, il voyait « les lumières de Tébessa ». Il s’est installé chez des proches dans la banlieue de Tunis pour pouvoir suivre sa formation. « J’ai moi aussi un calepin », fait-il, en tirant un petit bloc-notes de sa poche .
« Ce sont des recettes de pâtisserie. » Que signifie pour lui la démocratie ? « C’est quand les droits de chacun sont respectés. Personne ne viendra par exemple toucher à ta voiture », dit-il. Il y a combien de partis politiques en Tunisie ? Il réfléchit deux secondes : « Un seul, celui qui gouverne, il me semble », répond-il sans conviction. Fouad ne parle pas du Président, mais de son propre père, parti en France depuis avril dernier. Le père a averti son fils par sms : « Je prends l’avion demain matin à 9 h. Je te souhaite le courage et une bonne santé. » L’exil du père s’ajoute à celui du fils. Ce dernier n’a pas compris pourquoi il lui a souhaité du courage. « Il est installé au sud de la France, je le rejoindrai peut-être un jour », espère Fouad.
Les festivals et le foot
Dans ce pays qui paraît être en fête, où les festivals jalonnent les jours d’été, le climat général est compassé. L’exubérance est bannie. Pas un mot dans les bus. Dans les taxis, seul mot d’ordre : le football du début jusqu’à la fin de la conversation. Le sport fait d’ailleurs l’ouverture des quotidiens d’informations générales un jour sur deux. L’on marque un arrêt, un long silence, en apprenant la nationalité algérienne de son interlocuteur. Un respect muet, mêlé de tristesse. « Ces Algériens… Ils souffrent, mais aucune liberté ne leur est étrangère », devait-on se dire.
Le foisonnement des activités culturelles n’arrive pas à semer la joie dans les cités. « C’est pas pour nous. Pour aller au festival, il faut payer 25 DT. La fête, c’est pour les riches. Il y a quinze jours, Elyssa a chanté pour 500 DT la place, c’est deux fois mon salaire », nous dit un jeune de 30 ans, ouvrier dans le bâtiment. Son baladeur diffuse du raï algérien, assourdi dans l’écouteur. « Ma distraction, c’est aller à la plage. Je regarde aussi mbc action pour les films et Ennas Tv, pour la religion. Jamais la télévision tunisienne », lance-t-il. « Je ne fais rien d’autre. Tout est cher. Comment je vois l’avenir ? Il faut un changement de pouvoir », dit-il, en passant un doigt sur l’autre, pour signifier un changement radical. Soudain, son visage se crispe. Une alerte interne s’est déclenchée.
Il regarde sous l’abribus s’il n’y a pas de jambes qui traînent. Il se lève, il en fait le tour et revient. « Savez-vous que c’est un palais présidentiel qu’il y a derrière ? », dit-il, simplement. Il réajuste ses lunettes, visse l’écouteur et s’en va. Le lendemain, 1000 km plus loin, nous nous retrouvons dans un bus bondé de monde. Des discussions crèvent les tympans. Le chauffeur manque d’écraser une petite voiture contre la glissière de sécurité et reçoit une volée de bois vert par la vitre ouverte. Au loin, il est écrit sur un mur : « Pour un changement radical : votez MDS ». Nous sommes à Alger.
Djaffar Tamani – El Watan -23 juillet 2008
11:14 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali
Le Maghreb a-t-il tourné le dos à l’Afrique
Le Maghreb a-t-il tourné le dos à l’Afrique en s'engageant dans l'Union pour la Méditerranée ? Quelques jours après le lancement en grande pompe de l'UPM, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, est revenu vigoureusement à la charge en s'inquiétant ouvertement de ses conséquences.
C'est bien de séparation du continent de son nord qu'il s'agit, selon M. Wade, et sa finalité lui est évidente. Elle a, dit-il, des « visées qui crèvent les yeux, le pétrole et le gaz de l’Algérie, le pétrole libyen ». Les autres participants ne sont là que pour servir de faire-valoir. Ce discours était celui du colonel Mouammar Kadhafi qui a totalement boudé le sommet de l’Union Pour la Méditerranée (UPM).
Il est, qu'on le veuille ou non, celui d'une Afrique qui ne veut pas, pour de multiples raisons, perdre son nord. C'est un débat qui aurait dû être engagé avant le lancement de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), mais il n'a pas perdu de sa pertinence. « C'est le cadre de construction de notre avenir même qui sera remodelé », a estimé le chef de l'Etat sénégalais, qui a fait diffuser sa déclaration par l'agence de presse sénégalaise APS.
Certains pourraient objecter que le Maghreb est déjà profondément marqué par un tropisme européen et que ses échanges avec l'Afrique subsaharienne restent marginaux en dépit des efforts, remarqués de cette dernière décennie, des Marocains et des Libyens. Mais justement, un tropisme n'est pas forcément un choix, ni une qualité. C'est, le plus souvent, une habitude et un défaut de vision qui mériteraient d’être ajustés.
La crainte d'une séparation de l'Afrique du Nord du reste du continent n'est pas, du point de vue stratégique, une lubie ou une exagération. Les « réalistes » au Maghreb auraient tendance à voir une chance dans l'arrimage de la région à la locomotive européenne. Mais sont-ils sûrs que la « place » qui est assignée à l'Afrique du Nord aura un effet vertueux sur l’économie ? Sont-ils sûrs qu'elle ne sert pas de mur avancé de l'Europe contre une Afrique subsaharienne jugée menaçante par son immigration ?
D'un autre côté -et sans nécessairement faire appel à la fibre africaine et à l'exigence de solidarité continentale-, les pays du Maghreb n'auraient-ils pas à gagner à regarder de plus près au sud ? Les entreprises maghrébines qui peinent à pénétrer dans un marché européen clos n'ont-ils pas des opportunités à saisir chez leurs voisins du sud ?
En réalité, ce Maghreb, qui reste dans les limbes, n'arrive pas à se faire, doit effectivement se définir: est-il africain ou a-t-il vocation à servir de garde- frontières au nord? Il n'est pas illégitime que les pays du continent noir souhaitent que leur nord leur serve de lien avec un monde arabe qui croule sous les pétrodollars. Les cris d'alarme d'Abdoulaye Wade méritent d'être entendus. Il y a un débat africain à mener sur cette UPM aux contours toujours flous et aux arrière-pensées qui inquiètent nos voisins du sud. Ouvrons-le !
L'Afrique est bien notre continent et notre vrai horizon.
K. SELIM - Quotidien d’Oran (Algérie) - Publié le 17/07/2008
11:12 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Union pour la Méditerranée, Afrique
mercredi, 23 juillet 2008
Tunisie : Poulina consacre 235 MDT à Gafsa
Le groupe Poulina, qui enregistre aujourd’hui même son entrée sur la cote de la bourse de Tunis, prévoit de nouveaux investissements d’un montant de 235 MDT pour six nouvelles unités, industrielles et agricoles. Investissements solidaires, dans la mesure où leur premier objectif est de créer 1150 emplois dans les régions intérieures de la Tunisie, ils sont exclusivement consacrés à la région de Gafsa.
Il s’agit, en premier lieu, d’une unité de production de fer pour une valeur de 40 MDT, devant générer 470 emplois. Il s’agit ensuite d’une unité de fabrication de DCP (dérivé du phosphate), matière première pour la fabrication d’aliments de bétail. Coût attendu de l’investissement, 30 MDT pour créer 120 emplois nouveaux dans la région. Une nouvelle unité de béton cellulaire, produit économe en énergie pour le bâtiment (15 MDT et 125 emplois), 1000 hectares de plantation en olives de table (6 MDT pour 120 emplois stables) et la participation à hauteur de 49 % dans un projet de cimenterie avec un opérateur espagnol qui a déjà eu autorisation et dont l’investissement global est de 250 MDT à lui seul.
African manager - 24-07-2008
Poulina Group Holding : Quarante ans après sa fondation, la petite société avicole Poulina est devenue le premier groupe privé en Tunisie. Son chiffre d'affaires a été multiplié par 55 entre 1968 et 2007, passant à 600 millions d'euros. Le Poulina Group Holding (PGH), qui coiffe 70 filiales, a été créé en avril avec un capital initial de 150 millions de dinars, dont 70 % à 80 % sont contrôlés par les actionnaires fondateurs. La mise sur le marché permettra d'augmenter le capital de 11 % avec l'émission de 16 millions d'actions au prix nominal de 1 dinar (0,54 euro). Le prix de lancement est de 5,95 dinars (3,20 euros). 61 % de ces actions nouvelles seront réservés à des institutionnels étrangers, 6 % à des cadres de Poulina et 33 % au public.
22:20 Ecrit par TUNISIA Watch dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Poulina, Gafsa
Affaire Hannibal Kadhafi: La Suisse veut désamorcer la crise avec la Libye
L'inculpation de l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi et de son épouse la semaine dernière à Genève a provoqué «des mesures de rétorsion préoccupantes» en Libye, a dénoncé mercredi le ministère suisse des affaires étrangères.
Les liaisons aériennes entre Tripoli et la Suisse ont par exemple été réduites. Par ailleurs, deux employés de groupes suisses sont en garde à vue en Libye depuis samedi dernier. L'un d'entre eux travaille pour le groupe industriel ABB. Les bureaux d'un certain nombre d'entreprises helvétiques ont en outre été mis sous scellés et d'autres semblent sur le point d'être fermés. Le responsable du bureau de représentation de Nestlé, d'origine égyptienne, a par exemple été interrogé par la police durant quelques heures, selon le porte-parole de la multinationale vaudoise.
Sur le plan diplomatique, la Libye a suspendu l'octroi de visas pour les ressortissants suisses. Elle a également rappelé son chargé d'affaires à Berne. En l'absence de l'ambassadeur, il est l'interlocuteur des autorités fédérales.
Empêcher l'escalade
Le porte-parole du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Jean-Philippe Jeannerat, a indiqué mercredi que la cheffe de la diplomatie helvétique Micheline Calmy-Rey avait suivi la situation en temps réel depuis la semaine dernière. Elle a interrompu ses vacances mercredi pour rejoindre Berne. Mardi, Micheline Calmy-Rey a fait part de «sa ferme protestation et de sa vive préoccupation face à ces développements» par téléphone à son homologue libyen Abderrahman Shalgan. Selon le DFAE, elle a aussi exprimé le souhait de la Suisse d'éviter toute escalade et de maintenir de bonnes relations entre les deux pays. D'entente avec le ministre libyen, il a été convenu de régler la situation de façon à prévenir les complications.
Une mission suisse à Tripoli
Afin de «prévenir une crise», la Suisse a dépêché une délégation diplomatique à Tripoli. Selon le porte-parole du DFAE, des discussions seront menées avec les autorités au plus haut niveau. Dirigée par l'ambassadeur Pierre Helg, cette mission doit tenter d'obtenir la libération des deux Suisses placés en garde à vue et empêcher d'éventuelles sanctions économiques. En Suisse, une cellule de crise interdépartementale a été mise sur pied. Elle est dirigée par l'ambassadeur Markus Boerlin, chef de la division politique VI des Suisses de l'étranger.
Directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen, Hasni Abidi a jugé sur les ondes de la Radio romande qu'il était «très important» d'entamer des démarches diplomatiques auprès de la Libye. «Il s'agit surtout d'un baroud d'honneur de la part de la famille Kadhaffi, qui a perçu les péripéties de son fils comme une humiliation», a-t-il expliqué, estimant qu'«il y a plusieurs lignes rouges que le régime libyen ne pourra pas franchir». (swissinfo et les agences - 23 juillet 2008)
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21:48 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Libye, Suisse, Hannibal Kadhafi
C’est pour le Soudan et la CPI que nous avons peur, pas pour Omar Al Bachir
Par : Haytham Manna*
En faisant inculper le président soudanais Omar Al Bachir, le procureur Luis Moreno-Ocampo vient de sortir la Cour pénale internationale de sa léthargie avec une nouvelle bombe médiatique, succédant à la précédente : l’échec de la tentative d’enlèvement du ministre soudanais Ahmed Haroun pour le transférer à La Haye. On peut dire que cette fois-ci, Ocampo a réussi à réveiller à la fois les dirigeants du monde et les institutions directement et indirectement concernées. L’Union africaine, la Ligue arabe, le gouvernement et les partis soudanais, les organisations et les personnalités arabes et africaines, les défenseurs des droits humains, se sont mobilisés pour mettre fin à cette action contre le président soudanais, tandis que les mass médias occidentaux ont entonné le chant de la victoire de la justice internationale.
Les factions armées du Darfour pensent elles aussi avoir remporté une victoire morale ! Certains marchands de convictions du genre de Bernard Kouchner - un des rares en France à avoir soutenu l’agression contre l’Irak - pratiquent le sport de la “leçon d’éthique”, exigeant du président soudanais qu’il coopère (avec la CPI).
Les journaux européens les plus sérieux parlent des risques pour la sécurité, la paix et l’unité du Soudan. Et on peut dire que les réactions les plus faibles sont venues de la communauté des droits de l’homme, puisqu’on constate soit le mutisme d’un grand nombre d’organisations soit leur empressement automatique à se féliciter de la décision de M. Ocampo, précédant même dans leurs prises de position celles des juges de la CPI pour clarifier la procédure.
La question du Darfour a été le plus important révélateur de l’indépendance et du sérieux des ONG de droits de l’homme :
D’une part, on encourage l’ONU depuis la résolution du Conseil de sécurité 1593 de 2005 (résolution qui prévoit la transmission du dossier de la situation au Darfour depuis le 1er Juillet 2002 au Procureur de la Cour pénale internationale); ce que l’on pourrait appeler “l’industrie Darfour” (comme on parle de l’industrie de l’Holocauste): un groupe d’institutions donne sans calculer d’immenses subventions sans limites à tous ceux qui participent aux campagnes floues publiant des chiffres fantaisistes sur les crimes graves commis au Darfour.
D’autre part, des organisations plus sérieuses se sont trouvées elles-mêmes exclues du cirque médiatique et du cours des événements, du fait que les chiffres dont elles faisaient état étaient inférieurs et les faits moins spectaculaires et leurs dénonciations plus équilibrées (le gouvernement et l’opposition armée). Le minimum acceptable du nombre de victimes des massacres du Darfour est le chiffre donné par le directeur de la chaîne El Arabiya (300 mille morts), alors que le Procureur Ocampo a ramené le plafond à moins de la moitié.
La déclaration d’Ocampo a réactivé la question du Darfour, mise en sommeil depuis la farce de l’Arche de Zoé.
La présidente tunisienne de la FIDH, Souhayr Belhassen note que “pour la première fois, on a des éléments de preuve d’un génocide au Darfour”; Mon ami Moncef Marzouki a également noté que “pour la première fois dans l’histoire de l’humanité un tribunal international demande de juger un président en exercice, alors que jusqu’ici, il était d’usage d’attendre qu’ils (les présidents) soient tombés du dos du lion pour leur demander des comptes”.
Cela me rappelle l’expression chère à mes frères tunisiens, “la première fois” – à propos de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, présentée par eux comme la “première” dans le monde arabe, ce qui est oublier bien vite qu’elle eut des prédécesseurs en Syrie et en Irak.
Toute blague de “première fois” mise à part, nous sommes confrontés à un très grave problème, à savoir la présence d’un procureur qui a échoué dans sa mission, dans tous les sens du mot échec. Il n’a pas été en mesure de développer une stratégie de travail raisonnable et acceptable dans le cadre de la Charte de Rome et du domaine de compétence générale de la CPI (les crimes graves qui ont eu lieu après sa création) et particulière (la commission de ces crimes sur le territoire ou par des ressortissants d’un État partie ou un dossier transmis par le Conseil de sécurité).
L’absence d’initiatives créatrices et originales est criante, alors qu’on en aurait vraiment besoin, vu l’absence de la CPI de ces géants en matière de superficie, de population et de puissance que sont la Russie, la Chine et les USA. On a noté sous la férule d’Ocampo des flottements dans le traitement des dossiers, avec une tendance à fuir en privilégiant l’aspect politique au détriment de l’aspect juridique dans des affaires internationales centrales (l’annonce même du mandat d’arrêt du président soudanais est faite par un responsable au département d’Etat).
D’autant plus que les victimes les plus nombreuses et les situations les plus dangereuses sont situées dans le domaine connu sous l’appellation de “guerre contre le terrorisme”, domaine dans lequel le procureur a refusé de mettre le nez.
Monsieur Ocampo refuse de donner un avis ou de dire un seul mot ou la moindre déclaration sur la poursuite des constructions de colonies en Cisjordanie par l’État hébreu, malgré le fait que ce crime contre l’humanité soit mentionné dans la Charte de Rome et que la Cisjordanie ait été de par son statut juridique associée à la Jordanie de 1948 à 1967, et que donc nombre de victimes palestiniennes sont citoyens d’un État qui a ratifié la Charte de Rome (Royaume de Jordanie).
M. Ocampo n’a pas non plus eu un mot sur le Mur de séparation, bien que celui-ci relève de la Charte de Rome, ni sur les crimes graves commis dans l’occupation de l’Iraq et des territoires palestiniens. Il a refusé d’accepter la requête présentée par le spécialiste en droit pénal Hugo Ruiz Diaz Balbuena (Paraguay), qui, au nom d’organisations arabes et de L’Union juive française pour la paix, lui a demandé d’examiner l’agression israélienne contre le Liban. Ocampo lui a envoyé une lettre de dix pages le 2/09/2006, déclarant la CPI incompétente et allant jusqu’à dire que les crimes commis par l’occupant en Irak ne méritent pas que la Cour s’y penche.
Le Procureur fuit tout ce qui concerne les USA, la Grande-Bretagne et Israël et ne prend aucune responsabilité, même morale, alors qu’il manquait d’éléments précis dans le dossier du Darfour. Il a fait preuve de peu de sagesse pour sortir celui-ci de la crise (notamment par le recours à des méthodes interdites par le droit international sous prétexte de défense du droit international tels que le recours à l’enlèvement ou en parlant d’un génocide planifié en clair en bafouant les organisations de défense des droits de l’homme les plus sérieuses).
Toute personne suivant les affaires du Darfour ne peut que constater la faiblesse des données et des hypothèses, étayant la thèse du génocide et sous-tendant la résolution visant à poursuivre ses auteurs présumés. Cette action est basée sur l’hypothèse qu’Al Bachir avait décidé d’exterminer trois groupes ethniques (les Four, les Masalits et les Zaghawas), après l’échec des pourparlers et des opérations militaires contre les rebelles (point 12 de l’acte d’accusation). Selon le procureur général, le président soudanais aurait annoncé sa décision de mettre fin à l’insurrection en deux semaines, sans faire de prisonniers et en achevant les blessés. Les témoignages sur les cas de viol sont en nombre limité (28 cas). Et on ne peut pas non plus dire que l’exode, en supposant que les autorités soudanaises en soient pleinement responsables, avait été planifié pour pouvoir exterminer une partie ou la totalité des groupes ethniques cités, d’autant plus que les réfugiés ethniques étaient victimes de plusieurs groupes armés.
D’où l’étonnement exprimé par la Commission arabe des droits humains et MSF (Médecins sans frontières) - ainsi que par un grand nombre d’experts en droit pénal international - face aux accusations de génocide.
Le problème soulevé par Ocampo n’est pas seulement la faiblesse des données qui ont étayé son accusation, mais son manque de perspicacité pour affronter son dossier. Ce dossier avec lequel il a cru pouvoir donner une dose d’oxygène à la Cour pénale internationale pour le dixième anniversaire de la Charte de Rome. Et redonner du punch à son poste, qui est aujourd’hui fortement critiqué par beaucoup de militants des droits de l’homme qui observent de près la Cour, en frappant dans le ventre mou des dossiers empilés sur son bureau. Le dossier de la République démocratique du Congo a été classé sine die (pour une durée indéterminée) il y a un mois.
Mais le prix pourrait en être une profonde fracture avec le continent africain, dont une écrasante majorité a ratifié la création de la CPI, et une hostilité du monde arabo-musulman qui ne comprend pas l’énigme de la soudaine comparaison entre Hitler et Al Bachir faite par Monsieur le Procureur général devant le Conseil de sécurité.
Ocampo est allé plus loin que ceux qui disent qu’un mauvais tribunal vaut mieux que pas de tribunal du tout et qu’il vaut mieux juger un dictateur que de disculper un criminel.
Cette question a surgi au mauvais moment et au mauvais endroit, dans une période de danger pour la poursuite de la CPI, combattue par trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (USA, Chine et Russie), lequel a décidé de renvoyer le dossier du Darfour à la Cour.
L’administration US a signé près d’une centaine d’accords bilatéraux visant à empêcher toute poursuite par la Cour à l’encontre de citoyens US. C’est d’ailleurs risible qu’une organisation sérieuse comme Human Rights Watch publie sur son site web un document intitulé Mythes et réalités de la CPI, visant à rassurer les citoyens us américains sur le caractère inoffensif de la Cour et son incapacité à poursuivre Israël ou les USA.
D’autre part, le fait est que ces deux dernières années ont été marquées par une baisse des meurtres, des agressions et des conflits armés, et une reprise des pourparlers entre les factions du Darfour et le gouvernement qui avaient été mis en crise depuis une attaque menée contre la ville Omdurman. Peut-on considérer que la décision du Procureur est au service de la paix, de la sécurité et du rapatriement des réfugiés ? Est ce qu’elle permettra de mener des enquêtes indépendantes de terrain …ou bien n’est-elle qu’un prétexte?
Sauf notre respect pour tous ceux qui soutiennent Al Bachir, ce n’est pas pour le président soudanais qu’il faut avoir peur, ni pour les rois et les présidents, qui ont leurs protecteurs. C’est pour le Soudan et pour la CPI que j’ai peur.
Source : Al-Quds al-Arabi - Article original "خوفنا علي السودان والمحكمة وليس علي البشير"publié le 21 Juillet 2008 - Traduit par Tafsut Aït Baamrane
Géostratégie.com - Haytham Manna - Mardi, 22 juillet 2008 - Photo : Luis Moreno-Ocampo
*Haytham Manna est anthropologue et médecin psychosomaticien, auteur d’une trentaine d’ouvrages et directeur de la Short Universal Encyclopedia of Human Rights. Militant des droits de l’homme depuis un quart de siècle, il est le Porte-parole de la Commission arabe des droits humains. (http://www.haythammanna.net)
18:50 Ecrit par TUNISIA Watch dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice internationale, Luis Moreno-Ocampo, Omar El Béchir, Darfur
A voice for moderation, perhaps. But oppressive and intolerant nonetheless
By Joel Campagna*
U.S. Rep. Betty McCollum's recent visit to the North African nation of Tunisiahardly made headlines in Minnesota. But in Tunisiathe state-run media hailed her visit as a success for U.S.-Tunisian relations, citing the congresswomen's praise for Tunisiaas a "voice of moderation and wisdom in the world."
Tunisia, a close friend of the United States, also happens to be a police state intolerant of free speech and a free press. Tunisiais the Arab world's leading jailer of journalists, and it actively targets the few courageous individuals who attempt to speak critically of the government with imprisonment, police surveillance and violent attacks.
Disappointingly, McCollum did not raise any of that during her trip. "The premise of her visit was security," said the congresswoman's chief of staff, Bill Harper, explaining that Tunisia, while cooperating with the United States in the war on terror, opposed the Bush administration's intervention in Iraq. It was in that context that McCollum called the Tunisian leadership moderate and wise, he added.
The nation's president, Zine El Abidine Ben Ali, is a dictator who has been in power for 21 years. His government has long welcomed U.S.congressional delegations to the sunny capital of





