samedi, 26 juillet 2008
Tunisie : Cette république dont personne n’ose plus en parler
Le 25 juillet 1957 l'Assemblée nationale française vote l'indépendance de la Tunisie, c’été le même jour qu’en Tunisie l’assemblée constituante abolit la monarchie en Tunisie et proclame le régime républicain. Depuis,
La république en Tunisie, du temps de Bourguiba comme celui de Ben Ali aujourd’hui n’a pas signifié autre chose pour les tunisiens qu’un qualificatif de propagande que ceux qui sont au pouvoir ont choisi pour se désigner sans que la nature du pouvoir ni le mode de son exercice changent pour autant.
Cette année la « fête » de la république a presque passée sans que personne n’ose parler. Dans les médias comme dans la rue la journée est passée sans que personne ou presque ne sent que c’est autre chose qu’un jour chromé. Après l’annonce hier soir de l’adoption du parlement du nouveau amendement « exceptionnel » de la constitution avec le quel le président Ben Ali fait conforter sa présidence à vie, tout le monde sait que le pouvoir à la tête ailleurs.
2009 est pour la nomenclature et les familles plus qu’une simple échéance à passer, mais, un statut de privilège à sauvegarder. Entre ceux qui se partagent le gâteau et la meute qui se dispute les miettes autours d’eux la vraie république va se décider dans la fin du mois pour les prochains cinq ans. Alors que pour tout le reste, peu sont ceux arrivent à croire encore que la « République de demain » est pour demain..
En fin, tant que les règles du jeu sont truquées.
Yahyaoui Mokhtar – Tunis le 25 juillet 2008
03:07 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, République
jeudi, 24 juillet 2008
Le Parlement tunisien adopte un amendement à la Constitution qui désigne de fait les adversaires potentiels de Ben Ali aux élections de 2009
Dominée par une écrasante majorité du parti au pouvoir, la chambre des députés tunisiens a adopté jeudi en deuxième lecture un projet de loi qui introduit des "dispositions exceptionnelles" à la Constitution du pays en vue de l'élection présidentielle de 2009. Sur les 189 députés que compte l'institution parlementaire, cinq représentants de l'opposition ont voté contre le projet.
Cet amendement qualifié « d’exceptionnel » s’inscrit dans une tradition instaurée par le président Ben Ali de puis son reversement de son prédécesseur et qui consiste à recourir avant chaque élection présidentielle à un amendement de la constitution pour adapter la consultation électorale selon les circonstances de façon à garantir sa reconduction d’office en la vidant de tout aspect compétitif. Voir sur ce sujet notre article « Processus de 50 ans de restrictions du droit de candidature à la présidence de la république en Tunisie »
Inquiétude du parlement européen sur le véritable objectif de cet amendement
Dans une lettre datée du 10 juillet 2008 adressé par Hans-Gert Pöttering président du parlement européen à son homologue Tunisien Fouad Mébazzaâ président de la chambre des député, ce dernier écrit:
« La Tunisie se prépare actuellement aux importantes échéances électorales à venir, à savoir les élections présidentielles de 2009. Une élection présidentielle est toujours un rand moment politique pour une nation tout entière. Porteuse d’espoir, elle permet aux différents candidats de confronter démocratiquement des projets de société distincts. L’union européenne sera bien évidemment très attentive au déroulement de cette campagne au sein de ce pays partenaire essentiel qui est la Tunisie. Je crois savoir que la chambre des députés examine actuellement, sous votre auguste présidence, un projet de loi constitutionnelle visant à adapter au mieux les institutions tunisiennes aux échéances à venir, je formule ici le vœu que cette loi favorisera très nettement un processus électoral ouvert et transparent, dans e plein respect du droit électoral et de la démocratie pluraliste. »
Pasqualina Napolitano et Biéatrice Batri ont sévèrement dénoncés la volonté d’exclusion qui se dessine pour ces élections exigeant un amendement ouvert et démocratique permettant à toutes les parties politiques dans le pays de présenter leurs candidats à ces élections
Si elles permettent à la plupart des dirigeants des huit partis de l'opposition de se porter candidats au prochain scrutin, ces dispositions excluent automatiquement le chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP), Néjib Chebbi. Seul candidat annoncé à ce jour, cet avocat de 61 ans qui avait cédé en 2006 la tête de son parti à Maya Jribi considère cette réforme comme "une manoeuvre politique visant à l'écarter". Elles limitent aussi la compétition dans le cercle de l’opposition officielle tolérée par la dictature Tunisienne, une opposition en état de délitement avancés et qui ne dispose d’aucune assise réelle au sein de l’opposition
Au pouvoir depuis 1987 après avoir destitué le "père de l'indépendance" tunisienne, Habib Bourguiba, pour "sénilité", l'actuel chef d'Etat Zine El Abidine Ben Ali devrait annoncer sa candidature pour la cinquième fois à l'élection de 2009 lors du congrès du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir) prévu du 30 juillet au 2 août prochain, pour briguer un cinquième mandat de cinq ans. (TW,AP et agences, Jeudi 24.07.2008)
22:35 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, élection présidentielle de 2009, amendement de la Constitution
mercredi, 16 juillet 2008
Chebbi participera aux élections présidentielles en Tunisie malgré les blocages juridiques
Le Parti Démocratique Progressiste (PDP) de Tunisie est déterminé à désigner Nejib Chebbi comme son candidat officiel pour les élections présidentielles de 2009. Mais aux termes d'un projet de loi actuellement à l'étude, sa candidature pourrait être illégale.
Un projet de loi qui devrait être ratifié par le parlement tunisien exige en effet que tout candidat à l'élection présidentielle soit le secrétaire général élu d'un parti autorisé.
Chebbi, ancien secrétaire général du PDP et actuel rédacteur en chef du magazine Al Mawkif, a entamé une campagne non officielle dans plusieurs gouvernorats tunisiens en début d'année. Sa candidature à la présidence – et l'opposition au projet de loi en cours d'examen qui rendra cette candidature illégale – bénéficie du soutien total de l'actuelle secrétaire générale du mouvement, Maya Jribi.
S'exprimant le 5 juillet lors d'un colloque organisé à Tunis, Mme Jribi a déclaré que le rejet par son parti de ce projet de loi "ne résulte pas du désir d'insister sur certaines personnes ou décisions particulières [mais plutôt] de la croyance profonde dans le droit du peuple tunisien au libre arbitre".
Mme Jribi a expliqué : "Notre objectif a toujours été de mettre en place un système politique et légal qui respecte l'intelligence du peuple tunisien et se rapproche des normes généralement acceptées en matière de processus électoral."
Nejib Chebbi a déclaré à Magharebia : "Nous avons deux options : la réforme ou le chaos. Dans cet environnement politique totalement fermé, nous n'avons pas d'autre choix que de rejeter ce projet de loi, de faire entendre notre opposition et de mobiliser l'opinion publique contre lui."
"Nous ne pouvons poursuivre ce statu quo", a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant qu'il sera difficile d'aller à l'encontre de la loi électorale, M. Chebbi reste optimiste.
"L'immense vague démocratique qui submerge le monde entier ne peut exclure notre pays. Nous souhaitions résolûment participer à la bataille des élections avant son lancement. Nous avons forcé les autorités et l'opposition à inscrire la question des élections sur leur agenda politique", explique-t-il.
Par ailleurs, en réponse aux accusations soulevées par des militants de l'opposition affirmant que le Code électoral avait été modifié spécialement pour exclure des candidatures comme celle de Chebbi, le Ministre de la Justice Bechir Tekkari a déclaré aux journalistes le 4 juillet que "tous les pays du monde imposent certaines conditions aux candidats aux élections présidentielles, afin de garantir la crédibilité de leurs candidatures".
En fait, cet amendement au Code électoral renforcera la démocratie, a ajouté M. Tekkari, parce que les élections précédentes n'avaient autorisé que des candidatures de responsables de partis comptant des représentants au parlement.
Alors que les députés hésitent à modifier les règles d'éligibilité des candidats aux élections, les membres du PDP ont appelé lors de leur rassemblement du 5 juillet à "apurer" le climat politique.
Le PDP a proposé d'adopter un "important amendement constitutionnel" limitant le nombres de mandats présidentiels à deux, ce qui mettrait fin au régime de présidence à vie.
Le Président Zine El Abidine Ben Ali est au pouvoir depuis 1987. Il devrait annoncer son intention de se représenter lors du congrès du parti au pouvoir, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique, qui se tiendra fin juillet.
Malgré les défis juridiques et les rassemblements de partis, la controverse sur ces élections semble n'avoir que peu d'impact sur le citoyen de la rue. Selon Samir Hzami, la seule chose qui le préoccupe est de pouvoir assurer une vie décente à lui-même et à ses enfants. "Laissons la Présidence de la République à qui la veut", a-t-il déclaré à Magharebia.
Makrem Dridi, âgé de 18 ans, se préoccupe surtout de savoir comment il va pouvoir payer ses vacances cet été. Il n'a pas encore décidé s'il irait ou non voter.
"Je ne pense pas que nos élections soient une course acharnée, comme c'est le cas en Europe et aux Etats-Unis… Elles ne changeront rien à ma vie", explique-t-il.
Selma, une salariée de 50 ans, pense au contraire que les prochaines élections seront importantes pour tous les Tunisiens. Jusque-là, elle espère que l'actuel Président prendra des mesures importantes, comme des augmentations de salaires. "Je ne sais pas grand-chose de Chebbi", admet-elle.
Son amie Meryam n'a montré aucun intérêt pour cette discussion.
"Laissons les politiques parler politique", s'est-elle contenté d'affirmer.
Jamel Arfaoui - Maghrebia
10:02 Ecrit par AY dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chebbi, tunisie, ben ali
dimanche, 25 mai 2008
شعارات: عندما تتكفل الرياضة بقول ما تحاصره السياسة
"كومندو.. كومندو
كي العادةجينا..وزدمنا بالعينو
العاصمة بلادو بالكرتوش يدرو
و الساحلي اللي نلقاه نغيبهالو..."
ليس هذا سوى نموذج من الشعارات التي تهتف بشوارع العاصمة و تهتز بها ملاعبها كل أسبوع و حتى عمت كامل تراب الجمهورية في الأيام الأخيرة. و قد أورد جانبا آخر منها الصحفي برهان بسيس في مقاله الأخير بجردة الصباح تحت عنوان " إلى أين؟!!" في ما أطلق عليه "خطاب الهامش".
و إذا كان الهامش في اللغة ما يخرج على الموضوع أو ما يكتفى بالإشارة إليه خارج نطاقه فإن ما كشفته حقيقة الشارع في الأيام الأخيرة من شأنها أن تجعلنا نفكر في إعادة التفكير في مفاهيمنا للأصل والهامش و مراجعة حساباتنا.
و أول ما يلفت الإنتباه نوعية تلك العبارات التي توسل بها شبابنا للتعبير عما يرفعه من شعارات يتغنى بها - مثل كوماندو و كاميكاز و انتحار و رصاص و قتل و غوانتانامو - في قطيعة و استخفاف كامل بالحالة الرسمية و ما يحكمها من محاذير وقوانين تجعل من مجرد التفكير في مثلها جريمة إرهابية. و لكن عنف التعبير لا يكتفي بما توحي به عبارته بل يتجلى أساسا في الصياغة المعتمدة في لفظه من حيث تعمدها إنتهاك كل ما هو أخلاقي و سوي بالمنظور الإجتماعي السائد. حتى أصبحت أحد العبارات النابئة شعارا للتحدي و التعبير عن إرادة إسقاط الفريق المنافس.
و قد فاجأ هذا العنف المنفجر للغيض المكتوم الذي تجلى خلال الأسابيع الأخيرة في البداية بحدته ثم بقوة التعبئة التي شكلها حول غايته و في مرحلة ثانية باتساع نطاقه متجاوزا حدود العاصمة ليعم أغلب مناطق البلاد تقريبا و أخيرا بالفرحة التي عمت البلاد ببلوغه لهدفه.
و قد يتناول المختصون قراءات ما تعبر عنه اللعنة وهذا العنف المكبوت من دلالات من وجهة نظر علم نفس الجماعات. و لكن الدلالة المباشرة كانت واضحة للجميع و لا تحتاج لمقالات لتبلغ الإدراك. فلم يكن فريق النجم المستهدف من حيث كان ذلك الفريق المتميز الذي تألق في مختلف البطولات و لكن صفته "الساحلي" هي التي حولته إلى كل ما تحيل إليه هذه الكلمة خلال نصف القرن من تاريخنا و التي تحولت في عهد النظام الحلي لمرادف للهيمنة الجهوية و الإستبداد المطلق على مختلف مناطق الجمهورية و ما تجلى به ذلك من إحتكار للسلطة و استيلاء على الدولة و استعلاء بالوجاهة و استفراد بالإمتيازات و ما يجسده كل ذلك من رموز على راس الدولة وفي موقع القرار في كل مكان لا مزية لهم و لا موهبة خاصة بهم عدى انتماءاتهم الجهوية و ما تطبعوا به من عنجهية و تعالي مثيرة للإستفزاز و تبعث على القرف و الإزدراء في كل مكان.
و يبقى ما حدث يوم الأحد 16 ماي على إثر مقابلة الإفريقي في باجة و النجم في قابس من تلك الأحداث التي سيذكرها التاريخ على مدى أجيال و هي أحداث لا علاقة لكرة القدم و لا للرياضة و لا حتى للفريقين بها. و لست هنا قي وارد إجترار الكم الهائل من الخطاب الممجوج الذي طغى على تعاليق الصحافة بمختلف أشكالها و لكن فقط للدعوة الرصينة الهادئة إلى التوقف عند الصورة التي قدمتها لنا الأشرطة المصورة عن موكب عودة النادي الإفريقي على طول المائة كلم للطريق الرابط بين باجة و تونس من جهة وتلك التي تضافرت حولها الشهادات حول ظروف عودة فريق النجم على طول المائتين وخمسين كلم الفاصلة بين قابس وسوسة. فبينما خرج السكان في مختلف المدن و القرى التي مر بها الموكب الأول بالهتاف و الزغاريد و رفع الأعلام كان الموكب الثاني يشق بصعوبة رحلة محفوفة بالمخاطر عرضة القذف بالحجارة و الإعتداء على السيارات و تحت وابل الشتم و الإستهزاء و التعيير و في كل مكان في عداء صريح بدون تحفظ أو أدنى اعتبار لكل ما أحيط به من حماية و احتياطات.
لا نشك في أن مدرب فريق النجم و لا حتى لاعبيه و أنصاره يدركون سبب هذا الكره الذي أصبح يلاقى به فريقهم و لا سر تلك الضراوة التي تمت مواجهتهم بها من قفصة و قابس و لا سر ذلك الإجماع من كل مكان على إسقاط لقب البطولة من يدهم و لكننا نعلم علم اليقين أن ألائك المقصودون تحديدا بانفجار هذا الغيض المكتوم قد أدركوا اليوم جيدا و لم يبقى لديهم أدنى شك عن مدى الكره و الإزدراء الذي أصبح يحمله لهم الشعب التونسي بكل فئاته و انتماءاته على طول البلاد و عرضها من أقصى الشمال إلى أقصى الجنوب.
و لعلم يدركون قبل فوات الأوان أن " تجريب الحقيقة ربّما تكون أنجع من لعبة الغميضة مع الشعب" كما قال الشاب صحبي عمارة في مقاله الرائع في صحيفة مواطنون. فأين هم ومنطق الحوار و قد استبدت بهم حالة الصمم و أين هم من الشباب و هم لا يجدون غير تلك النفايات البشرية التي تكلست في مناصبها و تجمدت عقولها و لم يبقى لها للمحافظة عليها سوى الغيّ في مكرها و مواصلة نفث سمومها. و من أين لهم أن يدركوا ما يريده الشباب و ما ينفع البلاد و هم لا يغادرون أبراجهم إلا مخفورين بحراسهم معتقدين أنهم مازالوا قادرين على استغفال الناس بكذبهم و زيف دعايتهم منطوين على عصابتهم لا يعرفون إلا الوشاة و الكائدين أو المتزلفين يعتقدون إن كل الناس مجرد خدم لهم و أن البلاد ركعت و دانت لهم.
ألم يفهموا أن تلك الشعارات و كل تلك العبارات إنما هي موجهة في الحقيقة لهم و إلا كيف يعتقدون أنه يمكن الحديث في القرن الواحد و العشرين مع نظام يريد منظمات بلا منخرطين و مجتمع مدني بلا نشطاء و أحزاب بلا سياسيين و معارضة بلا معارضين و انتخابات بلا مراقبين و لا مترشحين و لا عمليات فرز تقنع كل المشاركين.
كيف يريدون صحافة تعتم على الأخبار وتبلد الأفكار و صحفيين لتحبير مقالات بلا نقد و لا مضامين.
إنهم يريدون قضاء لا يخضع للقوانين و قضاة يرتعدون للإنصياع لأرذل التعليمات
كما يريدون أن تصبح المؤسسات بلا نقابات و النقابات بلا نقابيين و الأجور بلا زيادات
و مع ذلك يفاخرون بالإنجازات و يتحدثون عن مزيد التضحيات.
كلها شعارات وليس هذا إلا من ذاك...
المختار اليحياوي – تونس 25 ماي 2008
21:40 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Expression Politique, Dictature
jeudi, 15 mai 2008
Journée Mondiale des oiseaux migrateurs
Après la journée Mondiale de la liberté de la Presse, la Tunisie vient de fêter la journée mondiale des oiseaux migrateurs, avec toujours beaucoup de joie... et de langue de bois:La Presse du 14 MAI 2008
Voir: Le Blog de Z "DEBAT TUNISIE"
21:00 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Langue de bois
lundi, 05 mai 2008
Processus de 50 ans de restrictions du droit de candidature à la présidence de la république en Tunisie
Etat des lieux
Les Conditions de candidature à la charge du président de la république ont fait l’objet, par le biais d’une série d’amendements successifs apportés à l’article 40 depuis la promulgation de la constitution en 1959 à nos jours, d’une limitation restrictive au point que seul aujourd’hui le candidat du RCD (parti au pouvoir) peut se présenter aux élections suivant les conditions ordinaires édictés par la constitution (Art 40 §1). Pour permettre au président Ben Ali d’avoir des concurrents à l’image de sa « démocratie », la méthode choisi a consisté à faire adopter par la chambre des députés avant chaque élection présidentielle une dérogation exceptionnelle édicté suivant le profil de candidat recherché que ce dernier veut affronter.
Aujourd’hui, on peut connaître nominativement les candidats qui vont jouer le rôle du lièvre du président dans la course des prochaines élections de 2009. D’après le dernier amendement adopté en première lecture par les députés le 24 avril 2008 le président Ben Ali vient d’élire à ce « privilège » 6 candidats potentiels :
- - Mohammed Bouchiha secrétaire général du Parti de l’unité populaire PUP,
- - Ahmed Inoubli : secrétaire général du Parti démocratique unioniste UDU,
- – Amed Ibrahim secrétaire général du Mouvement Ettajdid,
- - Maya Jribi : secrétaire général du Parti démocratique progressiste PDP,
- - Mondher Thabet: secrétaire général du Parti social libéral PSL,
- – Ismail Boulahia : secrétaire général du mouvement des démocrates socialiste MDS.
Sur cette liste les deux dernier ont déjà fait savoir qu’ils ont choisi de faire du président ben Ali le candidat de leur parti et qu’ils ne feront pas acte de candidature. Un autre parti (le PDP) s’obstine à faire valoir son propre choix. Le mouvement Ettajdid semble de plus en plus hésitant à faire partie de la mascarade même si certains en son sein refusent toujours de voir la triste réalité politique du pays que leur précédente participation a contribué à installer.
En fait, seuls deux, sur dix millions de tunisiens, réunissent tous les critères nécessaires pour faire partie de la démocratie du président Ben Ali. Mr Mohammed Bouchiha secrétaire général du Parti de l’unité populaire PUP, est un proche de la famille présidentielle puisqu’il est un cousin de Mme Laila Trabelsi Femme du président. Il a déjà été candidat en 2004 et Mr Ahmed Inoubli : secrétaire général du Parti démocratique unioniste UDU. Cet avocat nationaliste arabe du nord ouest, reconverti à la politique après une carrière militaire, n’était pas inconnu pour le président ben Ali. Son ascension est due à la disgrâce qui a frappé l’ancien secrétaire général de son parti. Mr Abderrahmane Tlili qui s’est présenté aux élection présidentielle de 2004 croupis depuis en prison.
Aucun autre Tunisien en dehors de ces sept personnes, en ajoutant aux six cités plus haut le président Ben Ali ne peut prétendre au droit de se présenter aux élections présidentielles dans les conditions constitutionnelles actuelles imposé par la dictature. Sur ces sept candidats seul le président Ben Ali au nom du Parti au pouvoir (RCD) peut réunir le nombre d’élus nécessaire pour le parrainage de sa candidature et se présenter suivant les conditions ordinaire de l’art 40§1. Lautres doivent la possibilité de leur candidature à la dérogation exceptionnelle objet de l’amendement constitutionnel en cours. Cet amendement constitutionnel ne permet pas aux partis d’opposition de choisir leur candidat à cette élection, comme l’ont fait noté certains député d’opposition lors des récent débats au parlement (1).
Cette étrange situation est illustrée par la position dans laquelle s’est trouvé le candidat choisi par le Parti démocratique progressiste. Le PDP avait déjà choisi de présenter son ex-secrétaire général à ces élections. L’amendement en cours d’adoption vient prendre à contre-pieds la décision de ses instances dirigeante en l’obligeant de présenter Mme Maya Jribi sa secrétaire général actuelle s’il veut avoir de candidat aux prochainex élections présidentielle.
Il n’est un secret pour personne l’objectif visé par un tel amendement constitutionnel : assurer au président Ben Ali les conditions formelles d’une compétition présidentielle plurielle pour alimenter son appareil de propagande et sa langue de bois sur les avancés démocratiques réalisés par lui en Tunisie. Un système ou toutes les élections sont organisées par le parti au pouvoir et systématiquement truqués pour afficher des taux de participation de plus de 80% et une unanimité de vote pour le président de l’ordre de 99%.
Histoire d’une restriction de souveraineté sans fin
D’après le texte original de la constitution tunisienne promulguée après l’indépendance le 30 Janvier 1959 « la candidature à la charge de président de la république est un droit à tout tunisien de père et de grand père tunisien, âgé de 40 ans et en possession de ses droits civiques ». Voici les principaux amendements que cette disposition a connus au cours des cinquante dernières années :
1975 - Le parlement totalement occupé par les député du parti unique au pouvoir, décide à la stupéfaction générale et contrairement aux principes républicains et constitutionnels les plus élémentaires d’instaurer par une dérogation spéciale une présidence à vie au profit du président en exercice Habib Bourguiba (Le 19 Mars 1975)
1976 - La condition d’être de religion musulmane a été ajoutée aux conditions générales de candidature.
A la même occasion la candidature a été soumise à la condition d’être présentée par un nombre d’élus suivant des modalités et les conditions à déterminer par le code électoral. (Le 08 Avril 1976)
1988 - La condition de ne pas avoir de double nationalité ainsi que la condition d’être aussi de mère et de grand père maternel tunisiens sont ajoutés aux conditions générales. Une condition de limite supérieure d’age ne dépassant pas les 70 ans a été aussi ajoutée. (Le 25 Juillet 1988)
1999 - Une dérogation exceptionnelle pour les élections présidentielles de 1999 a accordé au premier responsable de tout partis politique qu’il soit président ou secrétaire général de partis le droit de se présenter à condition qu’il soit en fonction le jour de sa candidature et depuis cinq ans successifs au moins et que sont partis soit représenté à la chambre des députés. (Le 30 Juin 1999)
2002 - La limite d’age supérieure pour se présenter a été portée à 75 ans. la condition exigeant que la candidature doit d’être présentée par un nombre d’élus a été détaillée en exigeant que les élus soient des députés ou des présidents de municipalité. (Le 1er juin 2002)
2004 - Une nouvelle dérogation exceptionnelle pour les élections présidentielles de 2004 accorde aux partis politiques le droit de présenter leurs candidats. Cette dérogation, sous les même réserves d’être en fonction le jour de sa candidature et depuis cinq ans successifs au moins et que sont partis soit représenté à la chambre des députés, a été élargie cette fois aux responsables des instances dirigeante de chaque parti avec les mêmes conditions.
2008 – Une nouvelle dérogation exceptionnelle pour les élections présidentielles de 2009 est en cours de ratification devant la chambre des députés. Le projet ne distingue plus entre partis représenté au parlement et partis non parlementaire mais revient à la limitation de candidature aux seuls premier responsable des partis à condition d’être élus par un congrès de leurs parti et en fonction depuis deux ans au moins.
Yahyaoui Mokhtar – Tunis Le 5 Mai 2008
1- Voir les intervention des députés d’opposition au cours des débats parlementaires sur ce projet ( Al Mawkif n°450 du 2 mai 2008 page 5)
17:50 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, élections peésidentielle, Constitution
lundi, 07 avril 2008
Sarkozy lâchera-t-il, comme Chirac, les démocrates tunisiens ?
Bakchich TV / dimanche 6 avril par Lara Mace
01:40 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Nicolas Sarkozy, président Ben Ali, Jacques Chirac
vendredi, 21 mars 2008
La constitution tunisienne sera amendée pour la présidentielle
Au pouvoir depuis 21 ans, le président Zine el Abidine ben Ali a annoncé que la constitution tunisienne serait amendée en vue d'élargir le champ des candidatures à l'élection présidentielle de 2009. Cet amendement reviendra néanmoins à exclure de facto la candidature du seul opposant ayant annoncé son intention de se présenter, l'ancien leader du Parti démocrate progressiste (PDP) Ahmed Nejib Chebbi.
En vertu de la législation actuelle, seuls les partis ayant une représentation parlementaire peuvent présenter un candidat à la présidence, une disposition qui avait écarté Chebbi de la dernière présidentielle. Le PDP et les autres partis d'opposition réclament depuis longtemps une modification de la loi électorale pour permettre une plus grande diversité de candidatures.
"Nous inclurons dans le projet d'amendement, et exceptionnellement pour les prochaines élections de 2009, la faculté pour chaque dirigeant officiel de parti politique de se présenter à la présidence", a annoncé Ben Ali. Il jouira de cette faculté "pourvu qu'il ait été élu à son poste et que, au jour où il soumettra sa candidature, il y soit depuis au moins deux années consécutives", a-t-il toutefois précisé.
"Ce projet d'amendement ne vise qu'à m'exclure des élections et c'est inacceptable. Je suis fâché", a déclaré à Reuters Chebbi, qui s'était porté candidat après avoir laissé les rênes du PDP à Maya Djibri, première femme à diriger un parti en Tunisie.
Le président Ben Ali, qui est âgé de 72 ans, avait été réélu en 2004 avec 94,4% des voix face à trois candidats d'opposition. Il n'a pas encore dit s'il briguerait un nouveau quinquennat, comme le lui permet une réforme constitutionnelle de 2002, mais ses partisans l'y poussent.
"Le gouvernement a commencé il y a plus d'un an sa campagne et l'opposition n'a pas encore pris d'initiative", avait relevé Chebbi, 60 ans, en annonçant sa candidature le 13 février. "Je pense que l'acceptation de ma candidature permettra de mesurer la volonté du gouvernement de procéder à des élections honnêtes et pluralistes", avait-il déclaré à la presse.
Tarek Amara, version française Marc Delteil - Reuters - 21/03/2008
Discours Du président Ben Ali (en arabe)
18:06 Ecrit par TUNISIA Watch dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Elections présidentielle, Amendement de la constitution
mardi, 27 novembre 2007
Tunisie : la dictature au dessus de tout
Le régime dictatorial tunisien de Ben Ali est bien plus admiré en France et ailleurs comme un modèle de réussite économique que politique. Explications
20 ans ! Ca se fête pour Zine el-Abidine Ben Ali, bien évidemment. Avec deux décennies passées au pouvoir, le président de la Tunisie semble avoir fait de son pays, une nation moderne. Sont souvent notés les indicateurs socio-économiques au vert, la paix sociale, la faiblesse des islamistes, la place des femmes etc.
Des atouts qui plaisent
La Tunisie a les mérites de la Chine sans ses critiques : un miracle économique, mais qui ne cache pas une misère sociale ahurissante En ce qui concerne la démocratie, le bilan est moins élogieux. Pour sa défense, Ben-Ali argue que le pays est en démocratisation. Beaucoup adhèrent. Jacques Chirac, dans une visite en 1995, a vanté le “modèle tunisien” et exhorté ceux qui ne partagent pas son enthousiasme à de la patience. Douze années plus tard, le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, est allé lui aussi de son éloge. Accompagnant le président, la secrétaire d’état chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme, n’a pas daigné rencontrer les militants des droits de l’homme de Tunisie. Pour quoi faire ?
La Tunisie n’est pas une dictature comme les autres. Si le président de la république est élu au la main sur des scores dont aucune anciennes Démocratie populaires d’Europe de l’Est aurait rougit, il n’y a pas de système de parti unique. Des élections sont organisées à tous les niveaux. Ajoutons un Ben Ali, bien loin des dictateurs caricaturaux comme Saddam Hussein, Kim-Jung-Il ou encore Jean-Bedel Bokassa, ce qui l’excuse d’être affiché partout. Que dire tout de même d’un pays qui délivre des autorisations pour les partis politique ? N’hésite pas à arrêter des opposants politiques ? À censurer la presse ? A restreindre l’usage d’Internet ? C’est le cas de nombreux états dans le monde. Mais pourquoi se tait-on quand la Tunisie est abordé ? Car la machine tunisienne est bien huilée.
Le mythe du rempart du choc des civilisations
Pour les raisons évoquées, la Tunisie est admiré. Ce pays ressemble à beaucoup d’égard à Singapour : un miracle économique pour un petit pays, et un subtil système politique autoritaire. La réussite de Singapour a été souvent expliquée par les “valeurs asiatiques” du Confucianisme, de la primauté du la communauté sur l’individu et du respect de la morale, des traditions et des anciens. C’est en tout cas le discours de Lee Kwan Yew, ancien président de la cité-état et architecte de sa réussite (Samuel Huttington dans son célèbre ouvrage Le choc des civilisations le cite à toutes les pages sur l’Asie sans jamais prendre ses distances) (1). Ben Ali, quant à lui, propose aux européens une synthèse harmonieuse entre Orient (ou Islam) et Occident (2). Les défenseurs les plus dangereux de la division entre Orient et Occident, ce ne sont pas les plus bellicistes (les islamistes radicaux ou les néo-conservateurs), mais ceux qui y prône la paix. Comme si la transformation du monde musulman vers la modernité passait obligatoirement par la violence si elle n’est pas maîtrisée par une force politique suffisamment légitime et autoritaire. Il n’est pas étonnant alors que le président Nicolas Sarkozy attache tant d’importance à « prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident », « sans doute l’un des plus important défi du monde ». Pas étonnant non plus, le projet cher à Nicolas Sarkozy d’une Union méditerranéenne réconciliant l’Europe et l’Afrique.
(1) Pour un critique des « valeurs asiatiques », voir Bernard Cassen, « Du bon usage des valeurs asiatiques », Le Monde diplomatique, Août 1995
(2) L’opposition entre Orient et Occident est contestable. Le livre de George Corm Orient-Occident, la fracture imaginaire (La découverte, 2006) questionne ces concepts.
Terre Politique - Par Nicolas - 25 novembre 2007
13:59 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Dictature, Ben Ali
vendredi, 16 novembre 2007
Mahmoud Ben Romdhane : Au dessus d’un certain seuil, une exigence sociétale fait que la Tunisie doit passer à la démocratie.
Le journal Mouatinoun publié dans son dernier numéro un long débat sur l’état de économie tunisienne après 20 ans de l’avènement du régime du président Ben Ali. Sur 7 page le Pr. Mahmoud Ben Romdhane et le Dr. Abdeljelil Bedoui ont essayer de décortiquer le discours officiel sur le l’ampleur du succès prétendu dans ce domaine de la politique du président Ben Ali.
Nous avons choisi de présente l’implacable Jugement porté par le professeur Mahmoud Ben Romdhane sur le bilan de ces 20 dernières années d’une politique ,qui sans nier les acquis, fait un constat sans concession de ses résultats aussi.
Pr. Mahmoud Ben Romdhane :
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Il faut reconnaître, dans le discours officiel, une part de vérité, une autre d'exagération et, enfin, une part d’occultation. La part de vérité réside dans la situation macroéconomique et financière d’ensemble. La croissance est relativement élevée en comparaison avec la moyenne mondiale. Les équilibres financiers externes sont assez bien maîtrisés : nos réserves en devises couvrent quatre à cinq mois d’importations, alors qu’au milieu des années quatre-vingt elles étaient taries et qu’il nous fallait emprunter sur le marché de la «hot money» (le marché du très court terme à des conditions d’enfer) pour payer des marchandises débarquant dans nos ports ou pour rembourser des dettes venues à échéance. Nous gardons encore un taux d'endettement relativement élevé (autour de 50 %), mais le service de la dette reste tenable : le remboursement de la dette absorbe environ 14% de nos recettes en devises, sachant que le seuil limite recommandé est de 20% et que la Tunisie des années quatre-vingt en était aux alentours de 30%. Les règles d’une saine gestion macro-financière (celles de Maastricht qui s’imposent aux pays de l’Union Européenne) limitent à 3 % le double déficit – celui du Budget de l’Etat et celui des opérations courantes – et le taux de l’inflation. Nous sommes à l’intérieur de ces limites ou à leurs frontières dans les trois cas. Ceci a permis à la Tunisie d’améliorer sa crédibilité financière internationale, et, du coup, la note qui lui est attribuée par les Agences de «Rating». Nous avons désormais accès au marché financier international auprès duquel nous pouvons lever des fonds à des conditions relativement favorables et notre dépendance financière vis-à-vis du FMI et de la Banque Mondiale s’en est sensiblement allégée.
Voilà la part de vérité dans le discours officiel. Elle correspond à une «photographie» de la situation. Sans être dénuée d’importance, elle n’est qu’une partie de la réalité. Il reste à poser des questions concernant la solidité de l'économie; ou de son avenir et de ses ressorts. Ce faisant, on dépasse le simple constat "photographique" pour l'approfondissement analytique…
Revenons maintenant aux volets « exagérés » ou « occultés ». Si nous restons au niveau strictement économique, il faudrait accorder une certaine attention au classement industriel établi par l’ONUDI (l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel) : il montre que la Tunisie est en train de connaître un recul prononcé ; il faudrait voir les multiples indicateurs publiés par la Banque mondiale en ce qui concerne le contenu technologique de nos exportations : tous montrent un très faible niveau technologique, très inférieur à la moyenne des pays ayant atteint notre niveau de revenu, la moitié de celui du Maroc. Et si nous devons tenir compte aussi des notations établies par les institutions internationales, pourquoi occulter celles relatives à la gouvernance et à la démocratie ? Toutes, sans exception (La Banque Mondiale, Freedom House, et autres) classent la Tunisie parmi les Etats les plus autoritaires et les moins démocratiques : un Etat sans justice prévisible et indépendante, des citoyens sans possibilité de se faire entendre, sans liberté d’expression, sans possibilité d’élire librement leurs représentants, sans liberté d’organisation et d’association...
21:35 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, 7 novembre, Dictature, Economie, Mahmoud Ben Romdhane






