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dimanche, 14 janvier 2007
Les raids déjoués visaient les ambassades des USA et de Grande-Bretagne
RÉVÉLATIONS SUR LE GROUPE TERRORISTE NEUTRALISÉ EN TUNISIE
L’Expression - 14 janvier 2007 - Les premiers éléments de l’enquête ont permis de prouver que le groupe terroriste était, contrairement à ce qui avait été dit, suffisamment armé en armes automatiques, explosifs et même de fusils lance-roquettes de type RPG.
Les attentats déjoués de Tunis étaient planifiés pour constituer l’événement de la fin de l’année 2006. Le groupe islamiste armé tunisien, dirigé par Lassaâd Sassi, un ancien officier de la gendarmerie originaire de Nabeul (Cap Bon), devait faire exploser, le même jour, pendant les festivités de fin d’année, les ambassades américaine et britannique. Le groupe armé tunisien, anéanti avant qu’il ne passe à l’action, a été neutralisé en deux actes, et avec la collaboration active des services secrets algériens, qui, dès la capture des deux Tunisiens à Meftah, dans la proche périphérie d’Alger, avaient donné l’alerte à leurs homologues tunisiens que quelque chose était en préparation entre des djihadistes du GSPC et un groupe tunisien inconnu jusqu’au moment des faits.
Les services secrets tunisiens, appuyés par la police et la Garde nationale, avait, dans un premier temps, accroché un groupe armé à la périphérie de Tunis, le 23 décembre dernier. Des sources sûres avaient affirmé que cela avait commencé par la fuite inattendue d’un chauffeur de taxi devant un barrage de la gendarmerie.
Dans la course-poursuite qui s’était engagée, les deux fuyards s’étaient barricadés à l’intérieur d’une maison délabrée, et aussitôt une fusillade éclata. Au bout de deux heures, un des fuyards, blessé, est identifié comme étant un ancien officier de la gendarmerie. Ce qui a donné tout de suite matière à réflexion aux chefs des services de sécurité. Cependant, tout disait que le groupe était plus important, et les services de sécurité, menés par le commandant en chef de la Garde nationale, Abderrahmane Limam, et le général Benhassin, ancien officier de l’état-major et ancien directeur-général de la Sûreté nationale, déployèrent alors un important maillage sécuritaire autour de la capitale et purent, le 3 janvier, soit dix jours après la première fusillade, accrocher, puis neutraliser la totalité du groupe à 25 km au sud de Tunis.
Un premier communiqué du ministère de l’Intérieur faisait état d’un bilan de «douze personnes tuées par les forces de sécurité», et qualifiait ce groupe, d’abord de «dangereux criminels». Par la suite, le bilan publié par l’agence officielle TAP, était revu à la hausse et on parlait alors de quinze personnes arrêtées. «La traque des éléments du groupe criminel a pris fin et a permis aux forces de l’ordre d’abattre douze éléments du groupe et d’arrêter les quinze restants», avait-on annoncé le 3 janvier dans la soirée. Les interrogatoires qui ont suivi ces arrestations ont permis de situer l’ampleur des attentats qui se préparaient depuis longtemps, et le ministre de l’Intérieur, Rafik Haj Kacem, pouvait dire, le 12 janvier: «Un groupe de nature terroriste salafiste composé, essentiellement, de Tunisiens, est impliqué dans les derniers affrontements sanglants, et des explosifs, des plans de situation d’ambassades, ainsi que des noms de diplomates étrangers accrédités à Tunis ont été saisis par la police après les affrontements».
Les deux ambassades ciblées étaient distantes l’une de l’autre de 2km uniquement. L’ambassade américaine, nouvellement construite, se trouve sur la route de la Marsa, et est située dans la zone touristique de Gamarth, près de la chaîne des magasins français Carrefour. L’ancienne ambassade était située à la rue de la Liberté, et c’est par souci de sécurité qu’une nouvelle avait été construite.
Quant à l’ambassade britannique, nouvellement construite, elle aussi, son siège est situé près du lac Palace, dans une zone touristique hautement sécurisée. Ces deux représentations diplomatiques ne se trouvent qu’à quelques encablures du palais présidentiel. Selon des sources autorisées à Tunis, les premiers éléments de l’enquête ont permis de prouver que le groupe terroriste était, contrairement à ce qui avait été dit, suffisamment armé en armes automatiques, explosifs et même de fusils lance-roquettes de type RPG. Le plan tracé était de faire exploser simultanément, le jour de l’an, avant le passage à 2007, les ambassades américaine et britannique, puis de faire diversion en procédant à des explosions de nature à permettre au groupe armé de quitter le périmètre des opérations sans grands dommages. Des sources tunisiennes autorisées affirment en outre, que parmi les quinze éléments du groupe faits prisonniers, et qui sont actuellement en «exploitation», six Tunisiens venaient de rentrer d’Algérie, ce qui permet d’ajouter foi à la thèse qui soutenait que l’armement du groupe tunisien lui a été fourni par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien. Aussi, un des membres arrêtés parmi les assaillants est mauritanien, ce qui permet aussi de saisir la nature «maghrébine» du groupe, lorsqu’on sait que le GSPC dirige, dans ses opérations dans la région saharo-sahélienne, un nombre important de Mauritaniens. Echaudés par les attentats qui ont secoué l’année précédente Charm ech-Cheikh et Amman, les services de renseignements tunisiens s’étaient, assure-t-on à Tunis, préparés depuis longtemps à une telle éventualité.
C’est pour rééditer le coup des attentats hyper-spectaculaires contre les ambassades américaines de Dar-es-Salem, en Tanzanie, et de Nairobi, au Kenya, qui avaient fait 220 morts, dont 18 Américains, qu’Al Qaîda a tenté par l’intermédiaire du GSPC, devenu désormais sa branche dans le Maghreb, une incursion en Tunisie.
Fayçal OUKACI
| «L’implication du GSPC est possible» Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nouredine Yazid Zerhouni, n’a pas écarté le lien entre le Groupe salafiste tunisien impliqué dans les attaques sanglantes qui ont eu lieu le 23 décembre 2006 et début janvier en Tunisie à Hammam Lif et Soliman (sud de la Tunisie) et le Groupe salafiste pour le combat et la prédication (GSPC). «Les services de sécurité des deux pays travaillent en étroite collaboration depuis plusieurs années. Un lien entre les deux groupes ne nous étonne pas» a-t-il soutenu hier, en marge de la cérémonie d’ouverture officielle de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe 2007». Sur un autre plan, Zerhouni a minimisé la portée des menaces formulées par le GSPC contre les intérêts français en Algérie, en expliquant que ce n’est pas la première fois que ce genre de menaces est proféré. |
02:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Terrorisme, Ambassades, USA, Grande-Bretagne, Algerie, GSPC



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