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lundi, 30 avril 2007

Amnesty International proteste contre une «ingérence abusive»

Amnesty International a émis une protestation auprès du gouvernement tunisien, après l'intervention des autorités locales de Sousse qui ont empêché, les 21 et 22 avril, les membres tunisiens de l'organisation de tenir une réunion privée pour y débattre de leur action en faveur des droits humains.

Dans une lettre adressée ce 26 avril au ministre tunisien de l'Intérieur, Rafik Belhaj Kacem, Amnesty International demande qu'une enquête soit menée pour savoir ce qui s'est réellement passé, parlant d'ingérence injustifiée et abusive dans l'exercice légitime des droits fondamentaux des membres de l'organisation. Selon l'organisation, rien dans le droit tunisien ne justifiait d'empêcher la tenue de cette réunion ; ce faisant, la Tunisie a bafoué ses obligations au regard du droit international relatif aux droits humains. En tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le gouvernement tunisien est dans l'obligation de respecter les droits humains, notamment le droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion. Amnesty International a appelé à des sanctions contre les fonctionnaires responsables de l'interdiction.

Selon l'organisation, cette action des autorités tunisiennes s'inscrit dans le contexte plus large d'une politique systématique de harcèlement, d'intimidation et d'atteintes aux droits humains des militants engagés dans la défense des droits fondamentaux des personnes. Au cours de ces dernières années, des défenseurs tunisiens des droits humains ont été placés en détention sans jugement, emprisonnés à l'issue de procès inéquitables, ont fait l'objet de violences dans la rue et d'agressions par des agents de la sécurité nationale en civil et connu toute une gamme d'atteintes aux libertés fondamentales. Mohamed Abou, défenseur des droits humains, est emprisonné depuis avril 2005 pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions sur internet et sa famille doit faire face au harcèlement des autorités chaque fois qu'elle lui rend visite. La Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (LTDH) n'a pu se réunir depuis avril 2006 et une décision de justice récente a interdit la tenue de son congrès. Le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), qui n'a pas pu tenir son assemblée générale depuis décembre 2004, est sous surveillance constante et ses membres, ainsi que les journalistes, sont victimes de tracasseries dès qu'ils essaient de se mettre en relation avec ses bureaux.

L'interdiction de la réunion privée du week-end dernier n'est pas une première pour les membres tunisiens d'Amnesty International qui ont déjà été soumis à d'autres actions de répression de la part des autorités. En mai 2006, la police tunisienne avait arrêté le président d'Amnesty International Tunisie pendant plusieurs heures, peu après avoir arrêté et expulsé l'un des intervenants principaux de la réunion annuelle de la section, qui avait publiquement critiqué le bilan du gouvernement du président tunisien Zine el Abidine Ben Ali en matière de droits humains.


Tunisia: Amnesty International protests 'abusive interference'

Amnesty International has protested to the Tunisian government over an incident last weekend when local authorities in Sousseprevented a group of the organization’s local members from holding a private meeting to discuss their work for human rights.

In a letter sent today to Tunisian Interior Minister, Mr. Rafik Belhaj Kacem, Amnesty International called for an inquiry into the incident, describing it as an unwarranted and abusive interference with its members’ legitimate exercise of their basic human rights. The organization said the prevention of the meeting had no basis in Tunisian law and also breached Tunisia’s obligations under international human rights law. As a party to the International Covenant on Civil and Political Rights, the Tunisian government is obliged to uphold human rights, including the rights to freedom of expression, association and assembly. Amnesty International called for the officials responsible to be disciplined.

The organization described the action of the Tunisian authorities as part of a much wider pattern of harassment, abuse and intimidation of human rights activists, which in recent years has seen Tunisian human rights defenders detained without trial or after unfair trials, attacked in the street and assaulted by plain-clothed government security agents and subjected to a wide range of other abuses. Human rights defender Mohamed Abbou has been imprisoned since April 2005 for the peaceful expression of his opinion on the internet and his family face harassment when they visit him. The Tunisian League for the Defence of Human Rights (LTDH) has been unable to hold any meetings since April 2006 and was recently prohibited by a court ruling from holding its congress. The National Council for Liberties in Tunisia (CNLT), which has been unable to hold its general meeting since December 2004, is under constant surveillance and its members and journalists meet with harassment when they try to reach its offices.

The banning of the private meeting last weekend was not the first time that Amnesty International Tunisian members have been subjected to abusive action by the authorities. In May 2006, Tunisian police detained the then chairperson of the Amnesty International Tunisia section for several hours soon after arresting and deporting one of the keynote speakers at the section’s annual meeting who had publicly criticised the human rights record of President Zine Eddin Ben Ali’s government in Tunisia.

Pour plus d'information, voir :

TUNISIE : Atteintes aux droits humains à la veille du Sommet mondial sur la société de l'information (index AI : MDE 30/019/2005, http://web.amnesty.org/library/index/FRAMDE300192005)

Tunisie: Un membre du Comité exécutif de la Section suisse d'Amnesty International expulsé de Tunisie (index AI MDE 30/013/2006, http://web.amnesty.org/library/index/FRAMDE300132006)

Index AI: MDE 30/003/2007

      

26 Avril 2007

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