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vendredi, 30 novembre 2007

Arrestation de l’avocat Noureddine Bhiri

Me Noureddine Bhiri vient d’être arrêter par la police politique en début de cet après midi à Tunis alors qu’il rentrait à son domicile. La communication qu’il a pu passer pour alerter sa femme a été vite coupée, son portable lui a été arraché de la main avant qu’il ne puisse donner d’autres indications.

Me Noureddine Bhiri est Avocat, militants des droits de l’homme et membre du comité exécutif du centre tunisien pour l’indépendance de la justice. Son arrestation intervient en un moment de haute tension marquée par une vague d’arrestations signalées ces derniers jours dans différents endroits du pays.

14:40 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Noureddine Bhiri

« LES ARABES, LES FEMMES, LA LIBERTE » de SOPHIE BESSIS

Verbatim : Prologue

10efe3605c9880c843fc124a22b900bb.jpgIl était une fois, en Tunisie, il y a longtemps

1956 : l’indépendance a six mois à peine quand le pays se réveille, un matin d’été, un 13 août exactement, peuplé de femmes nouvelles. Une loi, une simple loi, leur dit ce jour-là qu’elles sont libres d’épouser qui elles veulent, qu’elles seront l’épouse unique d’un mari contraint à la monogamie, qu’elles peuvent divorcer comme elles veulent, qu’elles deviennent des êtres à part entière au regard de leurs semblables. L’homme qui a fait cette loi leur dit aussi que le voile est leur prison, qu’elles peuvent montrer leurs jambes et leur visage, qu’elles ne doivent plus avoir peur. Alors, beaucoup, beaucoup d’entre elles, bourgeoises ou domestiques, riches et plus modestes, se hasardent à sortir « nues », comme on appelait jadis les femmes dévoilées dans la rue. Je me souviens de Souad, notre jeune femme de ménage, belle comme une statue, demandant à ma mère de l’aider à choisir un imperméable « réversible » qui remplacerait son safseri (1). Il y avait Lili aussi, de bonne généalogie, qui eut trente ans cette année-là. Elle marcha avec peine et perdit l’équilibre la première fois qu’elle sortit dans la rue sans son voile. Mais on s’habitue facilement au bonheur de ne plus avoir à se cacher.

Viennent l’automne, puis l’année suivante. Les tribunaux débordent tout d’un coup de demandes de divorce. Combien de celles qui, à peine pubère, avaient senti une nuit un vieil étranger pénétrer dans leur lit, ou d’autres décidant qu’elles avaient trop trimé, se rendirent auprès du juge ? On ne sait pas vraiment, mais elles furent nombreuses. On m’a raconté l’histoire de l’une d’elles « montée » de sa province pour accompagner son époux à la foire de Tunis. Elle n’aimait pas les mêmes stands que lui et décida de continuer seule sa visite. La retrouvant, le mari, fâché de cette soudaine indépendance, la menaça de représailles. « Un mot de plus, et je vais chez Bourguiba », répondit l’épouse désormais sûre de son droit.

Ainsi, les femmes de ce pays découvrirent qu’elles pouvaient être libres. Depuis, elles ont aussi appris les limites de cette liberté.

 L’association Citoyennes des Deux Rives (membre du réseau FTCR) organise une table ronde autour du livre de  SOPHIE BESSIS : « LES ARABES, LES FEMMES, LA LIBERTE »

le Vendredi 7 décembre à 18h30 à l’AGECA 177 rue de Charonne 75011 Paris en présence de l’auteur.

Modératrice Salwa BEN ABDA

Participantes:

Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH

Amel BEN ABA Enseignante, Cofondatrice du Club féministe Tahar El HADAD

Nahla CHAHAL,  Professeure de sociologie politique

Il était une fois, en Égypte, il y a plus longtemps encore

Années 50. Les studios du Caire débordent d’activité. On y tourne des films qui font le tour du monde arabe. Les stars y tiennent des fumecigarettes aussi longs que leurs longs doigts. Leurs robes décolletées laissent voir la naissance de leurs seins. Les hommes sont beaux comme elles. Ils s’embrassent, leurs lèvres s’entremêlent. Ils chantent l’amour. Dieu n’est pas là. Il est loin des écrans, ne leur dicte pas sa loi. Dehors, dans la rue, d’autres femmes marchent, la tête haute, ne portant ni foulard ni voile. Quand elles peuvent, elles proclament et écrivent que le siècle où elles sont nées sera celui de leur liberté, et que les vieux turbans n’y pourront plus rien faire.

Il était une fois, chez les Arabes, encore plus loin dans le temps

Fin du XIXe siècle et début du XXe. En Égypte et ailleurs, des hommes cherchent à sortir les Arabes de leur trop longue somnolence. Comment changer leur monde pour lui faire épouser le siècle qui s’annonce ? Comment quitter l’inusable carcan d’une tradition figée par le discours religieux, qui les étouffe tous, hommes et femmes en même temps, même si les premiers ont le pouvoir pour eux ? Comment se débarrasser d’un Dieu qu’on a privé d’esprit pour le transformer au fil des siècles en un méticuleux greffier de minables interdits ? Comment construire l’avenir si l’on garde les femmes en prison ? De l’Égyptien Kacem Amin au Tunisien Tahar Haddad, bien des penseurs arabes tiennent en ce temps-là les propos les plus osés contre ce qu’on a fait de leur islam. Leurs écrits sont violents comme des cris d’alarme. Tous sont alors convaincus que le progrès tant souhaité de leurs sociétés passe par celui des femmes. Celles de cette époque prennent part à ce bouillonnement. Nombre d’entre elles aspirent à changer de statut, réclament l’abolition de la polygamie et des privilèges masculins, veulent travailler hors du foyer et cesser de dépendre, pour tout acte de la vie, du père, du frère ou du mari.

Retour vers le présent

Mais les temps ont changé. Un siècle plus tard, le vent est à la défense de la religion ou des codes qui en tiennent lieu. Quelques zélotes en mal de reconnaissance qualifieraient peutêtre aujourd’hui les écrits d’antan d’islamophobes, et le premier exégète venu les frapperait d’une fatwa assassine. Les penseurs iconoclastes continuent heureusement d’exister partout dans le monde arabe. Mais ils encourent tous les dangers dès lors qu’ils s’écartent du dogme. Leurs prédécesseurs de l’autre siècle avaient certes subi les foudres des gardiens du temple. Ceux d’aujourd’hui doivent trop souvent choisir entre la mort et l’exil (2), abandonnant leurs sociétés à l’unique magistère des censeurs de liberté.

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jeudi, 29 novembre 2007

Les conséquences désastreuses de la politique de destitution au sein de l'UGTT

Par : Ouertatani Noureddine*

bec33de7f9f86357734b177e3b1b8acc.pngLes conséquences désastreuses de la politique de destitution des syndicalistes élus par la bureaucratie syndicale : Pour briser la volonté de résistance des militants syndicalistes démocrates le pouvoir totalitaire en place, expulse le camarade Abdelhak Labidi de sa maison et met sa famille à la rue et à la merci de la rigueur du climat hivernal du Nord Ouest !!

     La conséquence de la politique de destitution des syndicalistes élus par la bureaucratie syndicale est une accentuation  de la répression du Pouvoir Politique à leurs encontre. En effet, après les épisodes de traductions devant les conseils de disciplines des élus syndicaux ciblés par le pouvoir  et les tentatives de poursuites judiciaires sur la base de Dossiers fabriqués de toute pièces, voici que l’on s’acharne de nouveau sur le militant syndicaliste du secteur de la santé, le camarade Abdelhak labidi, secrétaire général adjoint du syndicat de base de la santé de Béja. A l’heure où l’on vous parle le camarade Abdelhak, sa femme, ses enfants et sa vieille mère malade et sous oxygène sont dans la rue et subissent la rigueur du climat hivernal du Nord Ouest.

    En dépit des efforts déployés par son avocat et par certaines associations le Ministère de la santé, ayant obtenu gain de cause auprès des tribunaux,  a tenu à recourir à la police pour expulser le camarade Abdelhak et sa famille d’une maison qu’ils habitaient depuis l’époque d’avant l’indépendance. La résistance de notre camarade lui a valu d’être malmené, menotté et arrêté devant sa famille et conduit au poste de police où il a été gardé jusqu’à l’après midi, après l’avoir privé de son téléphone portable pour l’empêcher de contacter les syndicalistes démocrates et les associations des droits de l’homme.

     Le camarade Abdelhak, sa famille, et une bonne poignée de syndicalistes démocrates campent à l’heure actuelle devant sa maison et attendent l’arrivée, demain, d’un renfort important des syndicalistes de toutes les régions. Il est inutile de vous rappeler que le camarade Abdelhak, lâché par l’UGTT, est ciblé par le pouvoir pour son militantisme et que ces harcèlements durent maintenant depuis des mois.

     Personne ne peut croire que ce traitement inhumain et dépourvu de tout sens, consistant à mettre toute une famille dans la rue malgré la rigueur de l’hiver est la décision neutre du service des contentieux du Ministère de la Santé. En effet, tout le monde voit dans cette attitude barbare et se référant à des valeurs moyenâgeuses,  la détermination, du pouvoir, à briser la volonté de résistance des militants syndicalistes.

    Nous appelons toutes les associations, les partis et les militants syndicalistes démocrates à la mobilisation pour soutenir ce militant et s’opposer à cette répression d’un autre âge au quelle a recouru le Pouvoir Totalitaire en place.

  • Ouertatani Noureddine est le Secrétaire Général du Syndicat de Base des Enseignants et Chercheurs Universitaires de Nabeul

  Tunis le 29 11 2007 – la liste de diffusion Contre-tajrid

وكذاك تتخذ المظالم منطقا لتخفي سوءة الآراب

تنظر محكمة ناحية صفاقس يوم الثلاثاء 4 ديسمبر في قضية الصحفي سليم بوخذير، ذلك القلم الحر الذي صنعته آلة الإستبداد من فرط ما تسلط عليه من عنف واضطهاد و تشريد لا لذنب اقترفه سوى إصراره عن وعي أو بدونه في أحد المناسبات عن طرح أحد الأسئلة التي لا تسمح الدكتاتورية بطرحها أو تناولها.

65a013b4585159dee388f9c6ee0d7dac.pngالصحفي سليم بوخذير، الذي أخرج من مجال المواطنة الدنيا ليكون عبرة لمن يعتبر لزملائه بشأن المصير الذي ينتظر أيّا منهم إن حدثتهم أنفسهم بتجاوز الحدود المرسومة لهم، خرج منذ أيام من إضراب مرير عن الطعام دام نصف شهر من أجل المطالبة بحقه في جواز سفر و الذود عن حريته في التنقل و مغادرة هذا الوطن الذي لم يعد يتسع له و لمن شابهه. و قد كان و لا يزال منذ أن حرم من عمله و تعرض للعنف و الترهيب المستمر في مواجهة مفتوحة مع آلة القمع الأخطبوطية لا يكاد يمر أسبوع دون أن تحاول الإلتفاف عليه وكتم صوته بأحد أصابعها.

و هكذا جاء الجواز الذي مني به لفك إضرابه عن الطعام على غير الصورة التي وعده بها الوسطاء و أولائك المتملقين الأغبياء الذين يهرولون لفك الضغط على أسيادهم المستبدين كلما استنفروهم للتدخل أمام قضية عادلة و التلويح بوساطتهم و وعود السلطة بالتجاوب معهم و تمييعها من قضية من قضية وطنية لشعب محروم من أدني الحقوق و الحريات إلى قضية حل فردي و امتياز يمنح عن طريق الوساطات.(1)

لذلك جاء الجواز الوحيد الذي تحصل عليه سليم بوخذير في لون الحقد الذي يضمره هذا النظام لكل من تجرأ على الوقوف و رفض الإنحناء خوفا من بطشه جواز إلى السجن و الحجز في ذلك القبو المظلم الذي يستعمله المستبدون لتغييب كل من ضاقوا ضرعا بتحديهم و لم يجدوا لهم وسيلة أخرى لاحتوائهم. 

لقد لعن سليم بوخذير نظام الإستبداد و القمع جملة و تفصيلا برموزه و أذنابه و بمختلف أشكاله و مظاهره و لا يكاد يخلو من ذلك نص أو مداخلة له و هو بالضبط ما قام به صبيحة يوم إلقاء القبض عليه بعد أن أوقفت سيارة النقل العمومي التي كان يمتطيها من بتعليمات من أذناب الإستبداد الذين كانوا يتعقبونه بهدف استفزازه و النيل منه. و هكذا يتحول أعوان الإستبداد و أذنابهم الذين يعتدون على أبسط حقوقنا إلى أصحاب جانب لا يجوز هضمه و يحميهم القانون في عدوانهم كموظفين عموميين. بل لا يزال الكثيرون يصدقون أنهم يستحقون حماية القانون الذي يتلبسون به و الحال أنهم لا يقومون إلا بدوسه و انتهاكه و توظيفه للإعتداء على من تصدر لهم التعليمات باضطهاده. و طبيعي في مثل هذه الأحوال أن يتحول كل من يتصدى لهم إلى مجرم حق عام و يلتبس العادي بالمعتتدي و تغيب الحقيقة في حلقات التعتيم و الإفتراء و المغالطة و التضليل حتى نصبح على النحو الذي نحن عليه شعب تائه لا يمسك في الظلمة دليل.

و يمكرون و يمكر الله و هو خير الماكرين حتي أنهم يذهبون إلى جعل شاهد الإدانه على من يبطشون بهم أقرب الناس إليهم و هو ما حصل في قضية بوخذير عندما قدموا صديقه صاحب السيارة شاهد إدانة عليه و كيف له أن لا يشهد و هو في موقف التخير بين التشرد و ضياع مصدر قوته وقوت أبنائه و الإمضاء على ما كتبوا له. و لكنها مع ذلك تبقى شهادة بلا مكافحة و قضية بلا استنطاق.

و يكيدون كيدهم كما ينضح ذلك من ملفهم، و يعرف القاضي المتعهد بقضيتهم انه ليس سوى أداة لتنفيذ مكيدتهم، لذلك فهو لا يفعل شيئا و لا يقيم عدلا و لا يرد ظلما على صاحب حق. بل أنه شأنه شأن صاحب سيارة الأجرة و عون الحرس يشهدون بما يؤمرون.

و لا شك أن في مدونة سلوك كل موظف عمومي و كل مأمور مكلف بحفظ الأمن العام قواعد سلوك واضحة لا لبس فيها تحدد التعامل مع مختلف الوضعيات الواقعية بكل حياد و شفافية. و من هذه القواعد أنه عند عدم استجابه أي مواطن لطلب التحقق من الهوية يطلب منه النزول و يقع اصطحابه إلى أقرب مركز أمن لتحقيق هويته و يطلق سراحه متى تبين أنه غير مطلوب بما يوجب إيقافه. و لكن حقيقة ما حصل أن هوية الصحفي سليم بوخذير لم تكن مطلوبة من عون الأمن الذي أستوقف السيارة التي يركبها بسبب تشككه في أمره بل بتعليمات من سيارة البوليس السياسي التي كانت تتبعها و هو ما احتج عليه المطلوب و رفض الخضوع له و لكن عوض أن يطاب منه النزول من السيارة إحتجزت السيارة بكاملها ووقع اقتيادها بركابها إلى مركز الأمن و تم تهويل القضية و ترويع و تعطيل من لا علاقة لهم بها و أخرجت بالشكل الذي سينضر فيه القضاء و الذي تضمن تدوين بطاقة تعريف المتهم بكل معطياتها بأوراقه بما يبين أن القضية لا أساس لها من أصلها.

و أذكر أنني تعرضت منذ ما يزيد عن السنة إلى موقف مشابه ويدرك كل من يعرفني انه ليس من طبيعتي البحث عن التصادم مع رجال الأمن. فقد كنت دعيت إلى من طرف فرع الرابطة إلى مدينة قبلي و تجنبا لأي احتكاك فضلت ترك سيارتي الخاصة و التنقل عن طريق وسائل النقل العمومية و حتى لا نتعطل قمنا بحجز مقاعدنا في آخر سيارة أجرة و طلبنا من صاحبها أن يمر لأخذنا من مقر الفرع متى انتهى من جمع بقية ركابه و هو ما حصل وسط إستنفار أمني غريب حول المقر المذكور بحيث يشعر المرء كأنما لم يبقى فصيل أمني في كامل الولاية لم يحضر لمراقبة الإجتماع و بمجرد إمتطائنا السيارة و كنت مع العميد البشير الصيد الذي يشهد على ذلك تحرك موكب كامل خلفنا ليستوقفنا في أول مفترق قبل الخروج من المدينة أول حاجز أمني للمطالبة ببطاقات تعريف جميع ركاب السيارة و خصني بالإسم أنا و الأستاذ الصيد فما كان مني إلا رفض تسليمه بطاقة تعريفي مادام يعرف من أكون و عبرت له عن استعدادي للنزول إذا كان لديه ما يؤاخذني به و كانت كل السيارات التي تبعتنا قد توقفت أيضا حولنا و هكذا منعنا من مواصلة الطريق حتى أصبح بقية الركاب يتذمرون مما اسببه لهم بموقفي من تعطيل لهم فما كان مني إلا تسليم بطاقتي الذي قام بنسخها و إعادتها فطلبت من سائق السيارة أن يحتفظ بها حتي يستظهر بها كلما وقع إيقافنا. المهم أننا لم نتجاوز مدينة قابس إلا بعد أن وقف إيقاف السيارة التي نمتطيها من طرف أكثر من 12 حاجز أمني حتى أصبح بقية الركاب يرفضون جميعا تسليم بطاقات تعريفهم و يحتجون على كل حاجز يوقفهم.

وكذاك تتخذ المظالم منطقا            عذبا لتخفي سوءة الآراب

او كما قيل مؤخرا بلغة العصر:

إذا إنتي نهيّر تمشي * * * شايخ زاهي وما فيبالكشي

شدّك رافل وطلعت مشرشي * * * وفي بوفردة رصاتلك محشي

أبقى ديما راقد ناعس

... تستانس

 

(1) و نلاحظ أنه في نفس اليوم الذي قدم فيه الصحفي سليم بو خذير للمحاكمة في 27 نوفمبر صدر القرار برفع تحجير السفر على مرافقه في الإضراب عن الطعام الأستاذ محمد النوري

المختار اليحياوي – تونس في 29 نوفمبر 2007

17:25 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Slim Boukhdhir

mercredi, 28 novembre 2007

Belhassen Trabelsi, s’associe au mensuel économique libanais Al-Iktissad Ouaâmal (Economie et affaires)

2c7068fe2bc9df47fd62bb3ac27cffa1.jpgBelhassen Trabelsi, le frère aîné de Leila, l’épouse du président Trabelsi, vient encore de frapper un coup en s’associant avec le mensuel économique libanais Al-Iktissad Ouaâmal (Economie et affaires). Ce dernier étant spécialisé dans l’organisation de colloques, Belhassen a profité des festivités du 20ème anniversaire de la prise du pouvoir par beau-papa pour faire débourser à l’État 475000 dinars (répartis à égalité entre Belhassen et ses associés) en contrepartie de l’organisation de cette manifestation. Très pot de colle ce soir-là, le fiston de Leila en a profité pour draguer les nombreux hommes d’affaires du Golfe présents. Dans sa ligne de mire : Mohamed Al-Guergawi, ministre émirati et président de Dubaï Hoding qui a annoncé 15 milliards de dollars d’investissements en Tunisie. Ne souffrant aucune concurrence, Belhassen a même ordonné aux membres du service du protocole présidentiel de ne laisser personne s’approcher de sa poule aux œufs d’or !

Tous les invités de la manifestation - une petite centaine - ont été logés au prix fort à l’hôtel Le Palace, dans la banlieue chic de Gammart. Croustillant quand on sait que ce cinq étoiles a été repris pour un franc symbolique par Belhassen. À l’époque, ses propriétaires saoudiens et koweïtiens se battaient au sujet de la gestion de l’établissement aux pertes abyssales et à l’ardoise bancaire carabinée. Belhassen a alors demandé aux associés de lui céder l’hôtel avec son passif et de disparaître de la circulation. Ce qu’il obtient en quelques semaines. Puis il a ordonné aux banques de ne plus parler de créances mais de « créances irrécouvrables ». Les pauvres peinent à s’en remettre.

Bakchich info - Mercredi 28 novembre 2007 par Kader Atoum

La trahison maghrébine de Bouteflika

Dans un nouveau cycle de crise énergétique, l’Algérie a confirmé son engagement majoritaire dans la réalisation de deux gazoducs destinés à approvisionner l’Europe: MEDGAZ via l’Espagne et GALSI via l’Italie.

e47c406f474ec2a62ec451408ca28dd9.jpgCes deux méga-projets ont trois points communs :

  • Sonatrach investira la plus grosse part (36 %) dans chaque gazoduc;
  • Les volumes de gaz livrés seront de 8 à 9 milliards de m3/an et par gazoduc ;
  • Les deux tracés traversent la Méditerranée en évitant les territoires marocain et tunisien.

L’anesthésie générale imposée par le pouvoir algérien à la presse, aux élites et à l’opposition politique empêche toute critique locale sur ces projets. Ils relèvent pourtant de graves dérives stratégiques et historiques.

Pourquoi pousse-t-on Sonatrach à investir la plus grosse part dans ces gazoducs et à s’engager dans les marchés européens du gaz ? N’a-t-elle pas mieux à faire sur ses débouchés naturels maghrébin et africain. Quels sont les intérêts de l’Algérie dans cette course effrénée de dilapidation de ses ressources gazières au détriment de son potentiel industriel et des générations futures ? Pourquoi se précipiter à réaliser ces gazoducs, avant de définir un nouveau prix du gaz, enfermé dans un dogme d’indexation sur le prix du pétrole, selon des formules alambiquées imposées depuis plus de 40 ans ?

Cependant, la plus grave dérive est ce « détournement » des tracés naturels des gazoducs que l’Algérie « révolutionnaire » faisait passer auparavant par ses voisins maghrébins. Ce fut le cas avec le TSGP, qui passe par la Tunisie et le fameux GEM (Gazoduc Maghreb Europe) qui passe par le Maroc. Le lancement triomphal à l’époque de ces deux gazoducs étaient censés inaugurer une prometteuse politique d’intégration maghrébine inscrite dans la durée. Or cette « nouvelle route du gaz » par la mer est en soi une triple punition pour l’Union du Maghreb arabe.

  • Ces nouveaux gazoducs, qui rallongent le parcours marin plus coûteux, privent les voisins maghrébins de la disponibilité d’une nouvelle ressource gazière de proximité pour leur développement économique, comme si le principe de « sécurité énergétique stratégique » destiné aux Européens ne s’appliquait pas aux Maghrebins.
  • En évitant les territoires marocains et tunisiens, on les prive de « royalties » payées par le consommateur européen, donc d’un revenu légitime sur les ressources du Sahara.
  • Le passage des gazoducs par le Maroc et la Tunisie auraient imposé un « troisième » compteur des débits de gaz réellement livrés, donc une relative garantie de transparence du commerce gazier.

4ac92a25e284f3dfd9cc5f270c551337.jpgEn faisant du pétrole une arme stratégique, l’Algérie avait propulsé son développement économique et industriel. L’arme du gaz devrait aussi aider à propulser l’intégration maghrébine. Les nouveaux investissements gaziers ne doivent pas être engagés selon les seuls besoins européens, mais aussi selon les besoins maghrébins.

Un historien-géographe avait décrit l’Algérie comme « un pays ayant un gros ventre et une petite tête ». Le gros ventre est l’immense poche saharienne qui s’étend dans le continent africain. La petite tête est la bande côtière (1 200 km de long sur 100 km de large), qui donne sur la Méditerranée. A la manière d’une panse bien pleine, le Sahara regorge de réserves d’hydrocarbures, minerais, nappes phréatiques, ressources touristiques et de richesses insoupçonnées. La pointe du bas-ventre descend vers l’Afrique, mais ses richesses restent inaccessibles aux populations du Sahel. A seulement 30 km d’In Guezzam, le poste frontalier nigérien d’Assamaka n’a pas d’électricité. La route transsaharienne, engagée dans la décennie 70, a été délaissée. Rien ne sort par le Maroc et la Mauritanie à l’Ouest pour déboucher sur l’Atlantique. Et rien ne sort par la Tunisie et la Libye à l’Est. Le gros ventre saharien est congestionné et n’aide en rien au développement des pays voisins. Le seul débouché commercial après 45 ans d’indépendance et d’efforts de développement reste encore la Méditerranée où les ports commerciaux, datant de l’époque coloniale, sont saturés sans connaître de vrais programmes d’investissement à l’intérieur et autour des enceintes portuaires.

Le chef de l’Etat Bouteflika, né à Oujda au Maroc, fait partie de l’armée des frontières qui a pris le pouvoir en 1962 après avoir été créée, formée, soutenue et protégée chez les frères marocains et tunisiens engagés avec les Algériens comme un seul peuple dans la guerre de libération.

Aujourd’hui, il trahit l’idéal maghrébin en évitant le passage des deux gazoducs par la Tunisie et le Maroc, et en perpétuant... une tradition coloniale de spoliation des richesses.

Lounés - Agora VOX - 28/11/2007

12:40 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Algérie, Sonatrach, MEDGAZ, GALSI

Appel au secrétaire général des Nation unis contre le harcèlement continu des médias en Tunisie

0ee979a06181ffee4bd21d2a631c2dc9.gifL'IFEX-TMG (Echange international sur la liberté de la presse – Le Groupe d'observation de la Tunisie) a adressé mercredi 27 novembre 2007 un second appel à Ban Ki Moon secrétaire général des Nation unis contre le harcèlement continu des médias en Tunisie. L'IFEX-TMG regroupe maintenant 18 membres d’associations internationales travaillant dans le domaine de la défense de la liberté d’expression.

Voici la texte de l’appel :

Excellence,

Pour la deuxième fois depuis janvier, nous vous écrivons pour vous faire part de notre grave inquiétude devant les attaques incessantes contre la liberté d'expression que mènent les autorités tunisiennes depuis la tenue à Tunis il y a deux ans du Sommet mondial de la société de l'information (SMSI). Comme vous le savez, le Président Zine El Abidine Ben Ali a célébré ce mois-ci, le 7 novembre, le vingtième anniversaire de son accession au pouvoir.

Suite à vos déclarations qui sembleraient cautionner l'héritage du Président Ben Ali, nous souhaiterions saisir cette occasion pour souligner que la croissance économique en Tunisie s'est réalisée au détriment des droits fondamentaux de la personne, en particulier de la liberté d'expression.

Le Groupe d'observation de la Tunisie (TMG) compte maintenant 18 membres. Celui-ci a été créé en 2004 à l'initiative de l'Échange international de la liberté d'expression (IFEX) pour évaluer la situation de la liberté d'expression en Tunisie dans les mois précédant et suivant la deuxième phase du SMSI. Nous avons salué en juillet la libération de 21 prisonniers politiques, dont celle de Mohamed Abbou, juriste défenseur des droits de la personne, qui a passé 28 mois en prison simplement pour avoir critiqué le régime autocratique du Président Ben Ali et pour avoir dénoncé le recours à la torture et l'absence d'indépendance du pouvoir judiciaire.

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Tunisie: 9 condamnations pour terrorisme

TUNIS - Neuf jeunes Tunisiens accusés de délits terroristes ont été condamnés lundi par le tribunal de première instance de Tunis à des peines allant de 6 à 12 ans d'emprisonnement, a-t-on appris mardi auprès d'un de leurs avocats, Me Samir Ben Amor. Selon le conseil, les accusés, qui appartiennent au courant salafiste djihadiste, étaient jugés en vertu de la loi anti-terroriste de décembre 2003.

Trois des prévenus ont été arrêtés en Tunisie après un séjour en Syrie, sans qu'ils se soient rendus en Irak. Les six autres ont été appréhendés par les services de sécurité. Ceux-ci ont intercepté une lettre envoyée par un Tunisien qui se trouvait alors en Irak et les incitait à se rendre en Algérie pour suivre une formation militaire dans les rangs de l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), récemment devenu la branche d'Al-Qaïda dans les pays du Maghreb islamique (AQMI).

L'un d'eux était le frère de l'émissaire de la lettre, Haythem Fakraoui, mort en 2005 dans un attentat-suicide à Mossoul, dans le nord de l'Irak.

Ce procès survient une semaine après la condamnation pour terrorisme, par le même tribunal, de 26 jeunes terroristes à des peines allant de 3 à 15 ans de prison ferme, assorties d'un contrôle administratif de plusieurs années.

Selon Me Saïda Akremi, l'un des inculpés, Mimoun Alloucha, 27 ans, a été condamné à 15 ans de prison alors qu'il était considéré "pénalement irresponsable", sur la foi d'une expertise médicale signée par un chef de service des maladies psychiatriques, à la demande du tribunal.

Me Ben Amor estime à "au moins un millier de personnes" les salafistes poursuivis par la justice tunisienne, la plupart pour s'être rendus ou avoir projeté de se rendre en Syrie afin de combattre dans les rangs de l'insurrection en Irak.(AFP - 27 11 2007)

00:25 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Terrorisme

Tunisie: un opposant incarcéré après un refus de contrôle d'identité

Un journaliste et militant de l'opposition tunisienne, Slim Boukhdhir, a été arrêté et incarcéré lundi à Sfax (300 km au sud de Tunis) après avoir refusé de se soumettre à un contrôle d'identité par la police, a-t-on appris mardi de source judiciaire. Slim Boukhdhir a été déféré mardi devant le juge cantonal de Sakit-Ezeit, près de Sfax, qui lui a signifié son inculpation pour "offense à l'égard d'un agent de l'ordre" et "atteinte aux bonnes moeurs", a-t-on ajouté de même source.

Son avocat Abdelwaheb Maatar a confirmé à l'AFP que le journaliste avait été arrêté pour avoir refusé un contrôle d'identité alors qu'il regagnait Tunis à bord d'une voiture de transport collectif privé. Il est incarcéré à la prison civile de Sfax, selon Me Maatar. Il s'agissait d'un contrôle de routine auquel ont accepté de se soumettre tous les autres passagers du véhicule, selon une source judiciaire accusant le journaliste d'avoir agressé verbalement deux agents de l'ordre et proféré des propos orduriers.

Slim Boukhdhir avait annoncé début novembre une grève de la faim pour réclamer un passeport, mais les autorités avaient alors assuré qu'il n'en avait jamais fait la demande. Il est actuellement correspondant du quotidien panarabe Al-Quds al-Arabi, édité à Londres, et du site arabe de la chaîne de télévision MBC, basée à Dubaï, selon ses proches. L'affaire doit être jugée le 4 décembre.(AFP - 27.11.07)

00:24 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Sfax, Slim Boukhdhir

mardi, 27 novembre 2007

Tunisie : la dictature au dessus de tout

Le régime dictatorial tunisien de Ben Ali est bien plus admiré en France et ailleurs comme un modèle de réussite économique que politique. Explications

20 ans ! Ca se fête pour Zine el-Abidine Ben Ali, bien évidemment. Avec deux décennies passées au pouvoir, le président de la Tunisie semble avoir fait de son pays, une nation moderne. Sont souvent notés les indicateurs socio-économiques au vert, la paix sociale, la faiblesse des islamistes, la place des femmes etc.

Des atouts qui plaisent

La Tunisie a les mérites de la Chine sans ses critiques : un miracle économique, mais qui ne cache pas une misère sociale ahurissante En ce qui concerne la démocratie, le bilan est moins élogieux.  Pour sa défense, Ben-Ali argue que le pays est en démocratisation. Beaucoup adhèrent. Jacques Chirac, dans une visite en 1995, a vanté le “modèle tunisien” et exhorté ceux qui ne partagent pas son enthousiasme à de la patience. Douze années plus tard, le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, est allé lui aussi de son éloge. Accompagnant le président, la secrétaire d’état chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme, n’a pas daigné rencontrer les militants des droits de l’homme de Tunisie. Pour quoi faire ?

La Tunisie n’est pas une dictature comme les autres. Si le président de la république est élu au la main sur des scores dont aucune anciennes Démocratie populaires d’Europe de l’Est aurait rougit, il n’y a pas de système de parti unique. Des élections sont organisées à tous les niveaux.  Ajoutons un Ben Ali, bien loin des dictateurs caricaturaux comme Saddam Hussein, Kim-Jung-Il ou encore Jean-Bedel Bokassa, ce qui l’excuse d’être affiché partout. Que dire tout de même d’un pays qui délivre des autorisations pour les partis politique ? N’hésite pas à arrêter des opposants politiques ? À censurer la presse ? A restreindre l’usage d’Internet ? C’est le cas de nombreux états dans le monde. Mais pourquoi se tait-on quand la Tunisie est abordé ? Car la machine tunisienne est bien huilée.

Le mythe du rempart du choc des civilisations

Pour les raisons évoquées, la Tunisie est admiré. Ce pays ressemble à beaucoup d’égard à Singapour : un miracle économique pour un petit pays, et un subtil système politique autoritaire. La réussite de Singapour a été souvent expliquée par les “valeurs asiatiques” du Confucianisme, de la primauté du la communauté sur l’individu et du respect de la morale, des traditions et des anciens. C’est en tout cas le discours de Lee Kwan Yew, ancien président de la cité-état et architecte de sa réussite (Samuel Huttington dans son célèbre ouvrage Le choc des civilisations le cite à toutes les pages sur l’Asie sans jamais prendre ses distances) (1). Ben Ali, quant à lui, propose aux européens une synthèse harmonieuse entre Orient (ou Islam) et Occident (2). Les défenseurs les plus dangereux de la division entre Orient et Occident, ce ne sont pas les plus bellicistes (les islamistes radicaux ou les néo-conservateurs), mais ceux qui y prône la paix. Comme si la transformation du monde musulman vers la modernité passait obligatoirement par la violence si elle n’est pas maîtrisée par une force politique suffisamment légitime et autoritaire. Il n’est pas étonnant alors que le président Nicolas Sarkozy attache tant d’importance à « prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident », « sans doute l’un des plus important défi du monde ».  Pas étonnant non plus, le projet cher à Nicolas Sarkozy d’une Union méditerranéenne réconciliant l’Europe et l’Afrique.

(1) Pour un critique des « valeurs asiatiques », voir Bernard Cassen, « Du bon usage des valeurs asiatiques », Le Monde diplomatique, Août 1995

(2) L’opposition entre Orient et Occident est contestable. Le livre de George Corm Orient-Occident, la fracture imaginaire (La découverte, 2006)  questionne ces concepts.

Terre Politique - Par Nicolas -  25 novembre 2007

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