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jeudi, 31 janvier 2008
Excuses de l'ONU pour des actes de vandalisme au Sahara occidental
NEW YORK (Nations unies) - L'ONU a indiqué jeudi avoir présenté ses excuses au Front Polisario, le mouvement indépendantiste du Sahara occidental, pour des actes de vandalisme commis sur ce territoire dans un site d'art pariétal préhistorique par des militaires de l'ONU. La mission de l'ONU au Sahara occidental (Minurso) a évoqué des informations parues dans la presse, selon lesquelles certains de ses soldats ont vandalisé un site préhistorique où se trouvent des représentations d'animaux et d'humains gravés dans la roche, en y apposant des graffiti.
Dans un communiqué, la Minurso déclare "reconnaître que les éléments d'information disponibles en provenance de certains sites suggèrent que certains des graffitis présents sont l'oeuvre du personnel militaire de la Minurso". "D'autres graffitis, sur un nombre total assez important, ont à l'évidence été apposés par d'autres personnes, au fil des années", ajoute le communiqué. La mission affirme que depuis que le Polisario a signalé ces actes de vandalisme en milieu d'année dernière, "des mesures ont été prises pour les faire cesser et une enquête a été ouverte".
Le chef de la Minurso et représentant spécial de l'ONU au Sahara occidental, le Britannique Julian Harston, a discuté de cette question avec les représentants du Polisario pendant les derniers pourparlers sous l'égide de l'ONU sur l'avenir du territoire au début du mois à Manhasset dans la banlieue de New York, indique le communiqué. M. Harston "a présenté des excuses pour les actes irréfléchis de certains membres de la Minurso et a entrepris d'enquêter plus avant sur cette affaire et d'explorer la possibilité de réparer les dommages", dit le texte.
Jeudi à Zagreb, les autorités croates ont condamné les actes de vandalisme perpétrés par les soldats de l'ONU, parmi lesquels figure un Croate. Selon le Times de Londres, plusieurs auteurs de grafittis ont signé et daté leur méfaits, révélant ainsi leurs identités et pays d'origine. Un Croate a, par exemple, signé "Petar CroArmy", tandis qu'"Evgeny", un Russe, a inscrit AUI, le code pour la base de la Minurso. "Ibrahim" a écrit ses nom et matricule sur une peinture représentant une girafe. Les grafittis ont été inscrits notamment sur les roches gravées d'un site connu sous le nom de "Montagne du diable", que les Sahraouis considèrent comme un élément important de leur héritage culturel.
Le Maroc, qui a annexé le Sahara occidental, ex-colonie espagnole, en 1975, et le Front Polisario n'ont pu se mettre d'accord sur l'avenir du territoire, lors de négociations directes sous l'égide de l'ONU à Manhasset du 7 au 9 janvier mais sont convenus de se revoir en mars. Le Polisario, soutenu par l'Algérie, a combattu pour l'indépendance du territoire jusqu'à la conclusion d'un cessez-le-feu en 1991.
Aujourd'hui, il réclame un référendum d'autodétermination, sous l'égide de l'ONU, qui laisserait aux électeurs sahraouis le choix entre trois options: rattachement au Maroc, indépendance ou autonomie sous souveraineté marocaine. Le Maroc s'en tient à sa proposition d'une autonomie sous souveraineté marocaine, seule voie possible selon lui vers une "paix des braves". (AFP / 31 janvier 2008)
21:31 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sahara occidental, site d'art pariétal préhistorique, Minurso
Décés d’un lycéen des suites des coups reçues hier lors de la dispersion d’une manifestation à Jbeniana
Une marche lycéenne spontanée de protestation effectuée par les écoliers du lycée secondaire de Jbeniana contre les augmentations des prix hier après midi à Jbeniana c’est terminé par un drame après l’intervention musclé de la police pour la disperser.
Parmi les victime de cette intervention le jeune Bassem ben Fraj qui à été transporté à l’hôpital ou il a été gardé est décédé aujourd’hui, comme on vient de l’apprendre à sa famille.
Bassem ben Fraj est en deuxième année secondaire au lycée de Jbeniana, il a reçu les coups de matraque de la police sur le crâne hier lors de la manifestation. Il ne s’est pas relevée de son coma jusqu’a l’annonce de son décès par les médecins à sa famille aujourd’hui.
| بيان فرع صفاقس الشمالية للرابطـة التونسيـة للدفـاع عن حقـوق الإنسـان راج في اليومين الماضيين خبر مفاده"وفاة تلميذ بجهة جبنيانة أثناء مسيرة تضامن مع سكان غزة"بدون أن تقدم أية جهة دليلا أو معطى ملموس يؤكد هذا الخبر. ونظرا لارتباط هذا الموضوع بحقوق الإنسان وبعد التحري والبحث و التقصي تحصلنا على جملة من المعطيات الموضوعية التي تدحض هذا الخبر من أهمها: تأكيد الأوساط الطبية المحايدة العاملة بالمسشفى الجامعي الحبيب بورقيبة عدم قبول أو إقامة أو وفاة أي تلميذ بولاية صفاقس على هامش التحركات التلمذية المتضامنة مع الشعب الفلسطيني. تأكيد العديد من سكان منطقة أولاد حسن بجهة جبنيانة و المناطق المجاورة عدم حصول أي حالة وفاة أو تنظيم أي مأتم بها في اليومين الأخيرين مؤكدين لنا سلامة أبنائهم. إن فرع صفاقس الشمالية مع تأكيده على حق التعبير والتظاهر السلمي للدفاع عن حقوق الإنسان والقضايا العادلة في كافة أرجاء المعمورة يستنكف اللجوء إلى الأساليب الدعائية التي تنم على إستبلاه و عدم إحترام للذات البشرية. فرع صفاقس الشمالية للرابطـة التونسيـة للدفـاع عن حقـوق الإنسـان رئيس الفرع: عبدالعزيز عبدالناظر صفاقس في 2 فيفري 2008 |
16:30 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Manifestation, Jbeniana
Maroc : la monarchie, la démocratie et les libertés individuelles
« Dieu a placé le roi sur le trône pour sauvegarder la monarchie. Pour cette sauvegarde, le rite malékite prévoit qu’il ne faut pas hésiter à faire périr un tiers de la population aux idées néfastes pour préserver les deux tiers de la population saine. » (1)
Hassan II
Lorsque Hassan II décède en juillet 1999, après un règne de trente-huit ans, son fils aîné Mohammed VI, alors prince héritier, lui succède sur le trône alaouite. La fin de la guerre froide, la chute de l’URSS, le changement de monarque et la mondialisation ont indéniablement contribué à modifier la situation politique, économique et sociale du pays.
L’économie marocaine s’est largement ouverte aux opérateurs étrangers. L’accord d’association conclu avec l’Union européenne prévoit la création d’une zone euro-méditerranéenne de libre-échange à l’horizon 2010. En 2004, le Maroc et les Ētats-Unis ont ratifié un traité de libre-échange. Malgré les menaces d’attentats terroristes (2), le royaume du Maroc continue d’attirer les investisseurs étrangers et de nombreuses firmes transnationales délocalisent leur activité au Maroc, en raison notamment des faibles coûts de production. Le produit intérieur brut réel par habitant ne cesse d’augmenter depuis 2000, mettant un terme à la stagnation économique des années 1990. (3) Le secteur du tourisme est en croissance permanente. Plus de sept millions de touristes ont visité le Maroc en 2007. (4)
Le Maroc jouit d’une bonne image à l’étranger. Le pays joue de ses atouts : le soleil, la proximité avec l’Europe, l’orientalisme, le désert, sa gastronomie et son hospitalité légendaire. Depuis son accession au trône, le roi Mohammed VI a endossé le rôle du jeune monarque, moderne et vivant avec son temps. Fait nouveau, les portraits de la princesse Lalla Salma, l’épouse du roi, figurent dans les magazines. Elle accompagne le souverain dans certains de ses déplacements officiels et a pris une place nouvelle dans le protocole. Jusqu’à présent, l’épouse officielle du roi n’apparaissait pas en public. Mohammed VI est ainsi considéré comme un roi réformateur. D’ailleurs la moudawana, le code personnel qui régit les droits des femmes dans la société marocaine, a été modifiée sur décision royale.
Néanmoins l’interdiction de l’hebdomadaire Nichane et les multiples condamnations prononcées pour « atteinte à l’islam, à l’institution monarchique, à l’intégrité territoriale ou à l’ordre public » nous confirment qu’au royaume du Maroc de nombreuses libertés fondamentales ne sont toujours pas reconnues et respectées. La justice marocaine, un an après l’affaire des caricatures du prophète Mohammed, a condamné le magazine Nichane pour la publication, dans son édition du 9 décembre 2006, d’un dossier intitulé « Comment les Marocains rient de la religion, du sexe et de la politique ». Les blagues recensées par le journal mettent en scène le prophète, des islamistes, le roi Hassan II ou encore des Marocains confrontés au problème de la sexualité, les grands tabous de la société. En condamnant le magazine Nichane, les autorités du pays rappellent aux journalistes et à l’ensemble des Marocains qu’il existe toujours une ligne rouge qu’ils ne peuvent absolument pas franchir sans s’attirer les foudres de la justice. Au Maroc de Mohammed VI, il est toujours interdit d’aborder des thèmes touchant au roi et à la famille royale, à la souveraineté nationale - notamment le Sahara occidental - et portant atteinte à l’islam.
En 2008, le Maroc demeure une monarchie absolue fondée sur une légitimité religieuse et des traditions séculaires, mais également sur des textes législatifs qui concentrent les pouvoirs entre les mains du roi. Monarque absolu, Mohammed VI continue de s’appuyer sur une administration et des forces de sécurité aux méthodes autoritaires.
Au Maroc, le concept de la séparation des pouvoirs n’existe pas. Le roi est le chef de l’exécutif. Selon l’article 24 de la constitution, « le roi nomme le Premier ministre » et « promulgue la loi » (article 26). Le roi est également « le chef suprême des Forces armées royales » (FAR, armée marocaine) et « nomme aux emplois civils et militaires » (article 30). « Le roi accrédite les ambassadeurs auprès des puissances étrangères et des organismes internationaux. Les ambassadeurs ou les représentants des organismes internationaux sont accrédités auprès de lui. Il signe et ratifie les traités. » (article 31).
Le roi dispose également de fortes prérogatives dans le domaine législatif. Il préside le Conseil des ministres (article 25). Il « préside l’ouverture de la première session [du Parlement] qui commence le deuxième vendredi d’octobre. » (article 40). Selon l’article 28 de la loi fondamentale, « le roi peut adresser des messages à la nation et au Parlement. Les messages sont lus devant l’une et l’autre Chambre et ne peuvent y faire l’objet d’aucun débat ». Le roi peut donc proposer des textes législatifs et s’ériger en source de loi.
Le roi contrôle aussi le pouvoir judiciaire. Les jugements sont rendus et exécutés en son nom (article 83) et il préside le Conseil supérieur de la magistrature chargé de nommer les magistrats (article 86).
15:00 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Maghreb, Maroc, Monarchie, démocratie, les libertés individuelles
HRW : Les Etats-Unis et l'Europe accusés de tolérer des "simulacres de démocratie" et la violation des droits de l'homme dans les pays alliés
Les Etats-Unis et l'Europe tolèrent que "des autocrates se posent en démocrates" dans des pays comme le Pakistan, le Nigeria ou la Russie, où les droits humains sont violés, dénonce l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch dans son rapport annuel. "De nos jours, il est très facile pour les autocrates de n'en faire qu'à leur tête en montant un simulacre de démocratie", souligne Kenneth Roth, directeur de l'organisation basée aux Etats-Unis, dans ce rapport publié jeudi.
Selon M. Roth, "Washington et les gouvernements européens acceptent toujours les élections les plus douteuses lorsque le gagnant est un allié stratégique ou commercial".
D'autre part, les Etats-Unis et l'Europe ont plus de mal à exiger le respect des droits de l'Homme dans le monde parce qu'ils les violent eux-même dans leur lutte contre le terrorisme, et les gouvernements autocratiques en profitent, affirme l'organisation. Le rapport signale les abus des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme", avec 275 détenus non inculpés à Guantanamo (Cuba), le recours à des prisons clandestines à l'extérieur du territoire américain et la justification de la torture par le gouvernement.
Au Pakistan, dénonce HRW, le président Pervez Musharraf, allié stratégique de Washington, a modifié le jeu électoral en réécrivant la Constitution et en détruisant le système judiciaire indépendant. Pourtant, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont renoncé à faire dépendre leur aide d'une amélioration des garanties électorales avant les élections prévues en février prochain dans ce pays. Et si les Etats-Unis ont haussé le ton face à l'explosion de violence politique au Kenya, ils avaient accepté l'an dernier les résultats des élections au Nigeria, pays riche en pétrole, en dépit d'accusations crédibles de fraudes.
En Russie, à mesure qu'approche l'élection présidentielle de mars prochain, le régime de Vladimir Poutine "réprime la société civile et la liberté de réunion" et continue à violer les droits de l'Homme en Tchétchénie (Caucase, sud). "Les critiques internationales de l'attitude de la Russie en matière de droits de l'Homme se sont tues, et l'Union européenne a manqué de façon consistante et soutenue à ses exigences en la matière", dénonce le HRW. Le rapport critique en outre le blocus d'Israël à l'encontre des Palestiniens de Gaza, un "châtiment collectif" qui viole le droit international.
En Chine, les Jeux Olympiques qui se tiennent cette année "constituent une chance historique pour le gouvernement chinois de montrer qu'il peut faire des droits de l'Homme une réalité pour 1,4 milliard de citoyens", souligne Kenneth Roth. En Birmanie, le rapport dénonce le recours à la violence de la part de la junte militaire pour réprimer les manifestations de moines bouddhistes et de militants pour la démocratie, ainsi que la détention arbitraire de centaines de personnes.
HRW mentionne également des violations des droits de l'Homme dans la gestion des crises humanitaires en Somalie et dans l'est de l'Ethiopie, "une tragédie oubliée" subie par des millions de personnes. L'organisation accuse le gouvernement du Soudan d'être le "principal responsable" de cinq ans de crise au Darfour (sud-est), avec 2,4 millions de personnes déplacées et 4 millions d'individus qui survivent grâce à l'aide humanitaire.
Elle signale des "élections manipulées" à différents degrés au Tchad, en Jordanie, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, en Azerbaïdjan, à Bahrein, en Malaisie, en Thaïlande, au Zimbabwe, au Bélarus, à Cuba, en Egypte, en Iran, en Israël, en Libye, au Turkménistan, en Ouganda, au Cambodge, en RDCongo, en Ethiopie, au Liban, en Russie, en Tunisie, en Chine et au Pakistan.
En Amérique latine, HRW souligne que la violence, l'impunité et les abus persistent mais reconnaît des progrès dans les procès contre les responsables des crimes perpétrés par les anciennes dictatures militaires. (AFP - jeudi 31 janvier 2008)
14:15 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Human Rights Watch, rapport annuel 2008
Coupe d’Afrique des Nations : Bras de fer Lemerre-journalistes
Le séjour de la délégation tunisienne à Tamale a été marqué par le conflit latent qui oppose le sélectionneur Roger Lemerre à l’écrasante majorité des confrères tunisiens accrédités à la CAN-2008.
Il ne s’est pas passé un jour sans que l’une des deux parties proteste énergiquement contre la conduite de l’autre partie. Le sélectionneur des Aigles de Carthage n’apprécie pas du tout l’omniprésence des journalistes qui, selon ses dires, « ne respectent pas les règles édictées par le règlement. Ils sont toujours là, dans l’hôtel, en train de tourner autour des joueurs, nous obligeant à les surveiller sans cesse », avance l’ancien sélectionneur de l’équipe de France. Les journalistes visés par le technicien français sont les envoyés spéciaux de la chaîne privée Annibal qui, il est vrai, sont toujours sur le qui-vive et surtout collés aux trousses des joueurs et à l’affût de leurs moindre faits et gestes.
Sollicité pour donner son point de vue sur ce « feuilleton mouvementé », tel que le qualifie un accompagnateur de la sélection de Tunisie, notre confrère de la chaîne Annibal, Rachdi Haïthem, précise : « Les journalistes sont là pour rendre compte du moindre fait concernant notre sélection. Notre mission n’est pas facile du tout. Nous tentons de la remplir au mieux. Roger Lemerre, lui, a une piètre idée de notre mission. Il veut qu’elle demeure confinée aux mornes conférences de presse ». Les relations tendues entre Lemerre et les journalistes tunisiens ont atteint leur pic à la fin du match Tunisie-Sénégal (2-2). Le premier n’a pas apprécié du tout de se retrouver nez à nez avec les envoyés spéciaux tunisiens... devant la porte des vestiaires, une aire strictement interdite aux journalistes avant, pendant et après le match. Roger Lemerre a craché sa colère « contre des journalistes qui nous empoisonnent la vie depuis que nous avons posé le pied à Tamale. Ce n’est pas normal ! Je ne les laisserai pas faire ». Joignant l’acte à la parole, il confisque le trépied de la caméra des journalistes de la chaîne privée. Ces derniers ont protesté auprès des responsables de la délégation tunisienne... sans résultat. « Parce que personne n’ose bouger ou souffler un mot devant Lemerre. Ils ont tous peur du Français », souligne Haïthem.
Roger Lemerre et les journalistes tunisiens se regardent en chiens de faïence. Ils ne se parlent presque plus, sinon pour échanger des propos qui ne plaisent à aucune des deux parties. Même l’éclatante victoire (3-1) contre l’Afrique du Sud n’a pas amélioré cette relation tendue. Durant la conférence de presse après le match, les confrères tunisiens présents dans la salle n’ont pas posé une seule question, malgré l’insistance du chef média de la CAF. Interloqué par cette étrange situation, de journalistes qui s’abstiennent de poser des questions après un match, un confrère étranger qui veut comprendre ce genre de comportement reçoit cette réponse d’un Tunisien : « Cela ne sert à rien de poser des questions à Roger Lemerre. Il n’y répond jamais. Il la contourne et cherche toujours à nous humilier ». Pas convaincant du tout ! Quelques instants après, attirés par des bruits provenant du côté des vestiaires de la Tunisie, les organisateurs ont trouvé, une fois de plus, Lemerre aux prises avec les journalistes de Annibal TV, qui filmaient les joueurs tunisiens derrière une vitre attenante à la mixed zone. Il n’en fallait pas plus pour que Roger Lemerre rentre dans une colère noire... mais qui n’intimide plus les confrères qui sont maintenant « habitués à ce comportement et sommes décidés plus que jamais à accomplir notre mission que cela lui plaise ou non », s’exclame Haïthem. Le match se poursuivra jusqu’au retour au pays. Sans vainqueur.
Yazid Ouahib - Tamale (Ghana). El Watan - 31 01 2008
11:10 Ecrit par TUNISIA Watch dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Coupe d’Afrique des Nations, Roger Lemerre
mercredi, 30 janvier 2008
La fin imminente de l’exception algérienne
La « Moubayâa » pour un troisième mandat en faveur de Abdelaziz Bouteflika qui fuse sur un ton monocorde des bouches de tous les responsables du pays est un signe qui ne trompe pas : l’Algérie version Bouteflika aura rattrapé les pays arabes les plus arriérés en termes de pratique démocratique.
Désormais, le principe de l’alternance au pouvoir, si cher à Montesquieu, est déclaré hérétique par les nouveaux « prophètes » de la République. Le tandem Abdelkader Bensalah, président du Sénat, et Abdelaziz Ziari, président de l’APN, nous apprend que la limitation des mandats présidentiels à deux est en soi une atteinte à la démocratie ! Faut-il remarquer, soit dit en passant, que c’était sous les ordres du même Bensalah que fut adoptée l’actuelle Constitution, aujourd’hui décriée, qui limite justement le règne présidentiel à seulement dix ans, sous l’impulsion de l’ex-président Liamine Zeroual. Mais les temps ont changé, et M. Bensalah semble avoir mis à niveau ses « convictions » selon l’ego du maître du moment.
Le président Zeroual, pourtant général de l’armée, avait donné une formidable leçon de démocratie et de sens de la mesure en se retirant avant même que son mandat ne s’achève. Son geste hautement politique devrait paraître ringard, voire risible aux yeux de ceux qui lui tressaient alors les lauriers et font aujourd’hui la claque à celui qui s’apprête à faire exactement le contraire, c’est-à-dire prolonger, à l’infini si possible, son sultanat. C’est que les soutiens ex cathedra prononcés par le duo Bensalah-Ziari censés représenter le peuple constituent incontestablement un acte fondateur d’une République héréditaire à la tunisienne et à l’égyptienne. Ceux qui rêvaient encore des lendemains qui chantent pour la démocratie devraient maintenant faire le deuil de l’exception algérienne.
Cet îlot de liberté, qui illuminait durant les années 1990 la grisaille despotique des potentats arabes, sera envahi par la mode de gouvernance anachronique façon Moubarak, Benali, Ali Abdellah Salah, El Gheddafi, El Assad et autres roitelets arabes. Fatalement, l’Algérie rejoindra, sans gloire, des pays comme l’Egypte, la Tunisie, le Yémen, la Syrie dont les régimes dictatoriaux y sont proverbiaux aux yeux du monde entier. Et pour notre pays qui aura payé un très lourd tribut pour la démocratie avec les émeutes d’octobre et la décennie du terrorisme barbare, la régression sera sans doute abyssale. L’équation en gestation se décline ainsi : l’Algérie est appelée à faire table rase de ses acquis et ses conquêtes démocratiques — pluralisme politique, ouverture médiatique, liberté d’association… — au profit d’une mise au pas de la société via un régime omnipotent et omniprésent.
Mise à niveau arabe
Curieusement, cette sombre perspective reçoit une standing ovation de pratiquement toute la « classe » politique invitée à rentrer, de gré ou de force, dans les rangs à la queue leu leu. Et malheur aux derniers, aux hésitants… Ce bel unanimisme aurait pu rasséréner s’il s’agissait d’un projet politique progressiste dans une Algérie en plein doute. Or nous sommes véritablement face à un attentat politique en bonne et due forme contre la démocratie, la liberté et plus généralement le principe d’autodétermination.
On ne peut soupçonner le peuple algérien frondeur d’être à ce point arriéré pour donner son onction à un dessein politique qui le renvoie tout droit vers la période de la glaciation de feu Boumediène. La gifle du 17 mai renseigne au demeurant sur l’incroyable fossé séparant les Algériens de ceux qui les gouvernent, à quelques niveaux qu’ils soient. Mais rien ne semble, hélas, pouvoir arrêter cette marche inébranlable de l’Algérie version Bouteflika acte III, vers le cercle très fermé des régimes autocratiques arabes.
Triste sort que celui d’une Algérie démocratique qui, au lieu de contaminer ses voisins — le Maroc et la Tunisie — dont les peuples nous enviaient la liberté, a fini par (re)choper le virus de la dictature civile par le fait d’une vision messianique d’un Bouteflika « sauveur » que les metteurs en scène de la République se chargent de vendre au peuple par de théâtrales prières à une « Ouhda Thalitha » relayées par l’ENTV.
Tout se passe comme si, en Algérie, il n’y aurait pas de vie sans Bouteflika. Ce procédé, qui ne fait même pas rire, aura achevé de discréditer la politique dans un pays où le Président s’apprête à changer de statut en recevant la couronne du roi ou du sultan à la faveur d’un troisième puis, qui sait, un quatrième mandat. Et ceux qui contestent à Bouteflika ce règne sont évidemment estampillés ennemis de la République ou ce qui en reste, par les thuriféraires du régime. « L’Algérie libre et démocratique » restera un slogan creux au soir d’avril 2009.
Notre pays cédera sa place à la… Mauritanie, au Mali et au Sénégal qui ont désormais les yeux rivés vers le Nord. Quant à l’Algérie, le soleil brûlant de l’Orient rétrograde a fait perdre la boussole de la démocratie à ses dirigeants si tentés par une autre traversée du désert, plus confortable celle-là. Et pour longtemps si possible…
Hassan Moali – El Watan – 30 janvier 2008
17:29 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ALgérie, troisième mandat, Abdelaziz Bouteflika, République héréditaire
Al-Qaïda revendique l'attentat meurtrier de mardi en Algérie
DUBAI - La branche d'Al-Qaïda au Maghreb a revendiqué l'attentat à la voiture piégée contre un commissariat de police en Algérie, qui a fait mardi quatre tués, dans un communiqué mis en ligne mercredi. "Un Lionceau d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, le vaillant martyr Hamza Abou Abderrahmane, a lancé mardi 29 janvier à 06H30 locales un véhicule rempli d'au moins 650 kg d'explosifs contre l'un des remparts des apostats: le siège de la police judiciaire de Thénia", à 50 km à l'est d'Alger, écrit le groupe dans son communiqué mis en ligne sur un site islamiste, utilisé souvent par Al-Qaïda.
Le texte, dont l'authenticité ne peut être établie dans l'immédiat, ajoute que les locaux visés abritaient au moment de l'attaque "au moins 80 membres des forces de police, qui ont porté et continuent à porter malheur aux jeunes musulmans, au titre de leur contribution à la guerre mondiale contre le jihad", en référence à la lutte antiterroriste dans le monde.
Selon les services de sécurité, au moins quatre personnes, dont trois policiers, ont été tuées dans l'attentat qui, selon des témoins, avait été commis par un véhicule conduit par un kamikaze. Le véhicule piégé, une fourgonnette, n'a pas réussi à atteindre le commissariat, des policiers ayant fait feu sur le véhicule avant qu'il n'atteigne le bâtiment, ont ajouté les témoins, selon lesquels le kamikaze a actionné la mise à feu de la bombe qu'il portait lorsque les policiers ont commencé à tirer sur son véhicule.
"Contrairement aux allégations des apostats, notre martyr a réussi, grâce à Dieu, à atteindre sa cible (...) faisant des dizaines de tués et de blessés parmi les policiers", affirme Al-Qaïda au Maghreb islamique (BAQMI, ex-GSPC algérien) dans son communiqué. Cet attentat "prouve le flagrant échec des efforts militaires et politiques vainement déployés par les apostats et leurs maîtres croisés pour mettre fin à ces louables opérations", ajoute le groupe radical.
La nouvelle attaque suicide s'inscrit dans une vague d'attentats du même type déclenchée le 11 avril 2007 avec les actions contre le Palais du gouvernement à Alger et contre un commissariat de Bab Ezzouar, dans la banlieue est, qui avaient fait 30 morts et plus de 200 blessés. Ces attentats ont été revendiqués par la BAQMI. (AFP - 30 janvier 2008)
17:26 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Algérie, Terrorisme, Al-Qaïda au Maghreb
Adoption d'un projet de loi relatif au financement public des partis politiques
LE BARDO, 29 jan 2008 (TAP)- La Chambre des Députés a adopté, lors d'une séance plénière, réunie mardi, au palais du Bardo, sous la présidence de M. Foued Mebazaa, président de la Chambre des députés et en présence de certains membres du gouvernement, un projet de loi relatif au financement public des partis politiques.
Ce projet de loi est venu concrétiser l'une des principales décisions annoncées par le Président Zine El Abidine Ben Ali, à l'occasion du 20ème anniversaire du Changement et qui visent à doubler le montant de la partie fixe de la subvention annuelle allouée au financement des partis représentés à la Chambre des Députés, pour les aider à renforcer leur rôle et à développer leurs activités.
M. Abdelhakim Bouraoui, secrétaire général du Gouvernement Dans sa réponse aux demandes d'éclaircissement des députés au sujet de la généralisation de la partie fixe de la subvention à tous les partis, reconnus légalement, a fait observer que les partis doivent compter, en premier lieu, sur leurs ressources propres pour financer leurs activités.
Il a, également, fait remarquer que le financement public par l'Etat des partis est une aide qui répond à des critères objectifs et qui s'inscrit dans le cadre de la rationalisation des fonds publics. Cette aide doit être servie sur la base d'un niveau minimum de crédibilité et de représentation populaire.
15:50 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, financement public des partis politiques
Elyes Guesmi : Un autre cas de la répression de la liberté d’expression
Elyes Guesmi, collaborateur du Journal d’opposition EL MAWKEF à Gafsa a été licencié de son travail. Ce licenciement aurait été pris suite à des pressions effectués par les autorités sur le directeur de l'entreprise qui l’employait après la publication du journal EL MAWKEF dans son dernier numéro du 25 janvier 2008 d’un article dans lequel il relatait les derniers évènements de la crise sociale à MDHILLA au sud-ouest tunisien. Des événements d’une extrême gravité qu’aucun autre journal n’a abordé. Le Journaliste compare dans son article se qui s’été passé à Mdhilla par les événements qui se sont produit à Falouja en Irak contre l’occupation américaine. Il fait noter l’âpreté de la résistance manifestée par les habitants et le caractère insurrectionnel des événements. Des événements dont l’origine n’est qu’une manipulation de résultats d’un concours de recrutement pour quelques postes d’emploi dans la société de phosphate Sfax-Gafsa au profit des fils à papa de quelques parvenues et qui montre la gravité du drame de chômage que subit les jeunes diplômés en Tunisie.
Voici l’article en question :
المضيلة: فلوجة...
هكذا قال عن المضيلة: "فلوجة" كل من زارها في الأيام الأخيرة. حافلات مخصصة لنقل العمال و آليات تابعة لمغاسل الفسفاط محتجزة لدى الأهالي... إطارات سيارات و شاحنات محترقة في الطرقات و الساحات العامة... سيارات تابعة لشركة فسفاط قفصة مهشمة و معطبة... مسيرات... إعتصامات... إحتجاجات ليلية تتواصل إلى بعد منتصف الليل حتى في صقيع الشتاء القارس... إيقافات للشبان إحتجاز ضابط سامي من الأمن لساعتين في مستودع جراء تطاوله على مسيرة نسائية... تأديب بالعنف لرموز الحزب و النقابة و العروش... و غير هذا كثير مما سقط من ذاكرة الرواة و من حبر الأقلام... هذه المظيلة المدينة الهادئة تحولت إلى فلوجة حقيقية... ورغم وجود تشكيلات مختلفة من الأمن و من مختلف الجهات إلا أنه لم يتخذ أي قرار إلا الإنتظار و الصبر على مدينة خرجت على السيطرة.
وقد فشلت كل محاولات الوساطة التي قامت بها السلط الجهوية لإقناع الأهالي بإيقاف الإحتجاجات فرغم إلتزامها (أي السلط عبر معتمد المظيلة) بتعليق العمل بنتائج المناظرة إلى حين النظر في الطعون المقدمة و التجاوزات الحاصلة إلا أن الأهالي لم يصدقوا هذه الوعود وطالبوا بالنظر أولا في أوضاعهم و مطالبهم و من ثمة الحديث عن فك الإضرابات و الإحتجاجات و فتح الطرقات و لم تجدي وساطات مسؤولين حزبيين و أعيان العروش و العشائر في تهدئة المواطنين الغاضبين و الذين أصروا على مطالبهم المتمثلة في: إلزام الشركة بإحترام الإتفاقيات المبرمة مع النقابة و ضمان الشفافية المطلقة في إعلان نتائج المناظرة. و النظر في المخالافات و التدخلات و استغلال النفوذ من قبل مسؤولين و إطارات في الشركة (و على رأسهم الرئيس المدير العام) و نقابيين و مسؤولين حزبيين لتحقيق مصالحهم و مآربهم الشخصية بعيدا عن مصالح الأهالي و المواطنين. و حل مشاكل المعطلين في جهة المظيلة و الإهتمام بأوضاعهم.
إلياس القاسمي – الموقف 25 جانفي 2008 - صفحة 9
15:31 Ecrit par TUNISIA Watch dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Liberté d'expression, Elyes Guesmi
mardi, 29 janvier 2008
Ben Ali veut-il vraiment faire respecter les droits de l’homme en Tunisie ?
« Nous nous proposons d’œuvrer à développer davantage le système des droits de l’Homme et des libertés fondamentales dans notre pays afin de conforter nos choix nationaux en la matière », a déclaré le chef de l’Etat tunisien Zine El Abidine Ben Ali jeudi dernier, alors qu’il recevait les vœux du corps diplomatique. Est-ce le début d’une ère nouvelle dans le pays maghrébin, régulièrement épinglé pour non respect des droits humains ? Souhayr Belhassen le voudrait bien, mais elle en doute. La présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), interviewée lundi, explique à Afrik pourquoi. La vice-présidente de la Ligue tunisienne des droits de l’homme revient également sur deux de ses priorités de sa mandature : l’égalité des sexes et la protection du droit des migrants.Afrik.com : Que pensez-vous de l’annonce du président tunisien de prendre des mesures institutionnelles en faveur de la promotion de droits de l’homme ?
Souhayr Belhassen : Je voudrais dire que c’est un signe positif, mais je crains fort que ce ne soit qu’un effet d’annonce car de telles annonces ont déjà été faites à plusieurs reprises. Cette fois, ce qui est nouveau, c’est qu’il parle de donner plus d’autonomie et de pouvoir au Comité supérieur des droits de l’Homme et des libertés fondamentales qui, on le sait, est le genre d’institutions nationales qui sont là pour soigner l’image extérieure d’un pays. Il serait question que le Comité puisse désormais visiter les prisons, recueillir les plaintes… une tâche que remplissait la société civile à travers la Ligue tunisienne des droits de l’homme – empêchée de travailler depuis deux puisqu’elle ne peut tenir son congrès. Je crains que la mesure du président ne serve qu’à retirer de façon formelle le rôle joué par la Ligue tunisienne. Je crains par ailleurs que l’annonce du président ne soit une façon pour lui de préparer le passage devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en avril et la prochaine visite du président français Nicolas Sarkozy.
Où en sont les droits de l’homme en Tunisie ?
Nous sommes le 28 janvier. Le procès dit de Soliman passe demain en appel. En première instance, deux islamo-terroristes qui avaient monté le coup d’Etat de janvier dernier ont été condamnés à la peine de mort. C’est une première et nous craignons que cette peine ne soit appliquée. Nous avons envoyé un avocat-observateur au nom de la FIDH et du barreau de Paris pour assister au procès en appel, qui a été mis en place avec une rapidité incroyable : dix jours après la condamnation. Par ailleurs, des étudiants (syndicalistes, ndlr) ont été arrêtés il y a une dizaine de jours à Tunis mais aussi à Sousse, une ville côtière. Des cas de torture sont aussi rapportés.
La création du premier syndicat des journalistes tunisiens est-elle une bonne nouvelle pour la liberté de la presse ?
Nous l’avons encouragé car il est indépendant. Mais vu l’environnement répressif et fermé, il lui sera difficile d’agir. Il faut vraiment être solide pour lutter contre la censure. Les journalistes qui ont formé ce syndicat sont jeunes… Mais j’attends de voir ce qu’il en est pour juger sur pièce.
Que prône la FIDH pour faire respecter les droits de l’homme en Tunisie ?
Qu’on libère les activités de la Ligue tunisienne des droits de l’homme - qui fait l’objet de 33 procès - qu’elle puisse tenir son congrès, qu’elle puisse fonctionner normalement. Nous demandons la reconnaissance et la liberté d’exercer du Conseil national des libertés de Tunisie, qui fait un travail extraordinaire depuis dix ans, de l’Association contre la torture, de l’Association des prisoniers politiques et de toutes les autres associations de terrain indépendantes. Nous demandons également que les partis reconnus puissent siéger au parlement.
L’un de vos principaux combats est l’égalité des sexes…
Nous sommes à la veille d’une réunion importante au niveau international. La question de la femme est prioritaire et je souhaite porter cette revendication issue de nos organisations membres. Il faut qu’on puisse au niveau africain et arabe qu’on puisse poser la question de la femme sans la pollution qui l’entoure, notamment au niveau culturel. Les droits de la femme sont universels et doivent être respectés. Il s’agit du droit pour le droit. Nous menons dans le monde une grande campagne pour obtenir l’application de la Convention des Nations unies sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes (Cedaw). Les régimes arabes qui l’ont ratifiée l’ont pratiquement vidée de son sens. Nous encourageons les associations de femmes à approcher les gouvernements et les parlementaires afin de faire respecter la Cedaw.
Une autre de vos priorités est la protection des droits des migrants…
Avec nos 155 ligues dans une centaine de pays, nous avons des partenariats Nord-Sud, Sud-Nord, Sud-Sud. Entre le Sud du Sahara et la Libye, nous voyons comment réguler les flux migratoires. Nous réfléchissons, nous enquêtons, nous dénonçons, élaborons des plaidoyers. Lors d’un séminaire à Doha (Qatar, ndlr) sur l’Asie et les pays du Golfe, nous avons analysé et élaboré des recommandations pour que les pays émetteurs et récepteurs de migrants s’organisent au nouveau social et économique, entre autres pour empêcher l’esclavage moderne.
En parlant de migrants, la Libye a récemment annoncé qu’elle allait expulser tous les clandestins de son territoire. Quelle est votre position ?
Nous avons dénoncé très sérieusement tout ça. Régulièrement, la Libye fait ce genre d’annonce et généralement elle renvoie les Subsahariens, les Maghrébins et les Moyen-Orientaux par vagues entières. Les pays de main-d’œuvre dont les ressortissants sont en Libye protestent mollement ou craignent de protester parce que Tripoli exerce un chantage : elle fait pression sur les pays voisins en les menaçant de renvoyer leurs ressortissants s’ils n’agissent pas comme cela lui convient.
La mondialisation est aussi l’une de vos préoccupations. Que pensez-vous des Accords de partenariat économique entre l’Europe et les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) que certains chefs d’Etats et artistes dénoncent ?
Il était dans l’intérêt de l’Europe et des pays ACP de passer ces accords. Il est vrai qu’ils fragilisent les économies, qui ne sont pas assez solides pour affronter les produits européens. Mais il y a un bémol : beaucoup de pays africains n’ont pas installé la bonne gouvernance, n’ont pas lutté contre la corruption, n’ont pas fait d’efforts et ont profité de l’aide internationale pour installer un régime corrompu. C’est aussi une constatation qu’il faut faire. Il n’est donc pas si évident que les APE soient condamnables à 100% : il y a des efforts à faire des deux côtés.
Afrik - mardi 29 janvier 2008, par Awa Traoré
Lire aussi : Souhayr Belhassen, première présidente de la FIDH
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