« 2008-01 | Page d'accueil | 2008-03 »
vendredi, 29 février 2008
Un arrêt de la CEDH dénonce la pratique de la torture en Tunisie en vertu de La loi sur la lutte contre le terrorisme
La cour Européenne des droits de l'homme (CEDH) a estimé jeudi que l'expulsion vers la Tunisiee de Nassim Saadi, soupçonné en Italie d'activités terroristes, constituerait une violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme qui interdit la torture. Cette décision définitive, rendue par un arrêt de grande chambre, à l'unanimité des juges, équivaut à une interdiction d'expulser le requérant. Rapporte l’agence Reuters.
La Cour se réfère à des rapports d'Amnesty International et de Human Rights Watch corroborés par le département d'Etat américain qui dénoncent "les cas nombreux et réguliers de torture (en Tunisie) concernant des personnes accusées en vertu de la loi antiterroriste de 2003".
"Il n'est pas possible de mettre en balance, d'une part, le risque qu'une personne subisse des mauvais traitements et, d'autre part, sa dangerosité pour la collectivité si elle n'est pas renvoyée (vers son pays)", ajoute la Cour. Pour la Cour, "la perspective qu'une personne constitue une menace grave pour la collectivité ne diminue en rien qu'elle subisse un préjudice si elle est expulsée".
Dans ses attendus, "la Cour estime que des éléments sérieux et avérés justifient de conclure à un risque réel que l'intéressé subisse des traitements contraires à l'article 3 s'il était expulsé vers la Tunisie". "En conséquence, la Cour conclut que la décision d'expulser M. Saadi vers la Tunisie violerait l'article 3 si elle était mise à exécution".
Par cet arrêt de grande chambre, la CEDH souligne que l'expulsion de Nassim Saadi vers la Tunisie serait une violation de l'article 3 de la Convention des droits de l'Homme (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants). Cet arrêt de la Cour européenne était très attendu dans la mesure où il réaffirme l'interdiction absolue d'expulser des immigrés vers un pays où ils risquent la torture.
Le requérant, Nassim Saadi, est un tunisien né en 1974 et résidant à Milan. Soupçonné de terrorisme international, M. Saadi fut arrêté et placé en détention provisoire en Italie en octobre 2002. Il y fut condamné à quatre ans et six mois de prison le 9 mai 2005, l'infraction étant requalifiée d'association de malfaiteurs. Mais le 11 mai 2005, le tribunal militaire de Tunis condamna le plaignant à 20 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste. Le 8 août 2006, le ministre des Affaires intérieures italien ordonna son expulsion vers la Tunisie, mesure pendante puisqu'une demande d'asile politique de l'intéressé a été rejetée.
« En déclarant la mesure d'expulsion contre M. Saadi non conforme avec l'article 3 de la CEDH, la Cour a créé une jurisprudence en matière de renvoi en Tunisie de toute personne risquant d'y être torturée, ce qui va sauver des dizaines de personnes menacées de mesures similaires en Europe. » relève un communiqué du Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe (CCTE) publié dans la meme journée
le CCTE dénonce aussi « L'arrestation hier soir de Nassim Saadi en Italie quelques heures avant le rendu de l'Arrêt de la Cour » et lance un « appel au Gouvernement italien afin qu'il mette un terme au calvaire de nos compatriotes en Italie, nous citerons à titre d'exemple les familles de Nouredine Drissi, de Kamel Darraji, des frères Cherif, frères Bouyahia, Soltani, Imed Zarkaoui, etc., ainsi que des individualités comme Fayçal Ben Mabrouk qui vit en Italie un calvaire quotidien du fait de son handicap moteur puisqu'il est atteint de poliomyélite. Demandant à l'Italie de procéder immédiatement au retrait de leurs noms d’une liste de l’Union Européenne ou il sont catalogués comme appartenant à Al Qaida afin qu'ils puissent retrouver une vie normale et pouvoir travailler et ouvrir des comptes bancaires pour eux et leurs familles. »
Le communiqué considère que « La décision de la Cour est un tournant dans la lutte contre la torture en Tunisie, et un coup dur pour le dictateur tunisien et aussi un espoir pour le peuple tunisien.. »
Lire aussi : ANNONCE ARRÊT DE GRANDE CHAMBRE - Communiqué du GreffierTunisia Watch – 28 Fevrier 2008
01:45 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Torture, Cour européenne des droits de l'homme
jeudi, 28 février 2008
Cameroun, protestation contre la révision de la constitution
A première vue, les faits sont simples : à Bafoussam, Kumba, Buéa mais surtout à Douala, capitale économique du Cameroun, « une grève lancée par le syndicat national des transporteurs, dégénère en une manifestation de rue, animée par des bandes de jeunes vandales qui cassaient, brûlaient et pillaient. Les forces de l’ordre interviennent pour ramener le calme. Bilan : 3 morts et des dizaines de blessés ». C’est le discours officiel tenu par les trois ministres de la Communication, des Transports et du Commerce dans un point presse relayé par le journal pro-gouvernemental Cameroun Tribune Le ministre de la communication, Jean-Pierre Biyiti bi Essam, déclarait en outre que « rien ne saurait justifier ces actes de violence. » Lundi matin, sur RFI, il anticipait sur la transformation du mouvement : « d’aucuns vont utiliser ces mouvements sociaux, les récupérer, en quelque sorte, pour des objectifs politiques. »
Cette grève intervient dans un climat socio-politique tendu. Le RDPC du président Paul Biya, au pouvoir depuis 24 ans déjà, a annoncé une révision de la Constitution dont le principal effet serait de l’autoriser à briguer un troisième mandat en 2011. « A l’observation, au moment où la grève se concrétise sur le terrain, il n’est plus simplement question de prix du carburant » rapporte le quotidien Mutations : « Sur les différentes pancartes brandies par les manifestants, les messages sont divers, et les attaques, plutôt ciblées : Nous avons faim. Nous voulons l’augmentation de nos salaires. Nous avons marre du chômage. Trop c’est trop, donnez-nous du travail. Les vieux doivent laisser la place aux jeunes. Paul Biya doit partir. Non à la modification de la Constitution… ». Pour La nouvelle Expression qui parle de répression, « tout est parti d’un meeting du Social Democratic Front (SDF, le principal parti d’opposition). Bien renseignées et décidées à empêcher la manifestation par tous les moyens, les forces de l’ordre ont déployé un imposant dispositif de dissuasion. (…) Deux jeunes gens ont trouvés la mort. » Le SDF entendait dénoncer le projet de révision de la constitution.
C’est autour de ce projet de révision que se créent les divisions. Pour certains, il risque de « monarchiser » le président Paul Biya et son clan. D’autres par contre, soutiennent que la modification constitutionnelle doit être conçue au delà de la personne de Paul Biya. C’est en tout cas ce qu’explique le Professeur Narcisse Mouelle Kombi interrogé, lundi, par Cameroon tribune, agrégé de droit public et de sciences politiques, et directeur de l’Institut des Relations internationales du Cameroun. « Dans le contexte actuel, ecrit-il, le président de la République est parfaitement bien placé pour décider du moment de la révision tant sur le plan politique, au regard de la forte légitimité dont il a été investi au suffrage universel en 2004, que sur le plan juridique en vertu de la légalité de son initiative qui est rigoureusement en conformité avec la constitution. »
Mais « la révolte du peuple » dont parle Le Messager est bien réelle et semble être l’émergence d’un « ras le bol général de la population ».
22:10 Ecrit par AFRICA Watch dans Afrique Sub-saharienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cameroun, africa watch
Une vraie condamnation pour un faux profil : les blogueurs marocains s’inquiètent pour leur avenir
Reporters sans frontières exprime son inquiétude suite à la décision de la justice marocaine de condamner un internaute à trois ans de prison pour avoir créé un "faux profil" sur le site de socialisation Facebook. Il a été accusé d’"usurpation d’identité" après s’être fait passer pour le frère du roi Mohammed VI, le prince Moulay Rachid.
"Fouad Mourtada a été victime d’un procès expéditif. C’est la première fois qu’un Marocain est condamné sur la base d’un acte commis sur le Web. Nous sommes inquiets pour la liberté d’expression sur la Toile marocaine car, au-delà de ce cas, ce sont tous les blogueurs du pays qui se sentent visés. L’un des blogueurs les plus populaires du Maroc a décidé d’arrêter de publier des articles sur Internet. La décision du tribunal est disproportionnée et suscite un grand émoi au sein de la communauté des blogueurs marocains, l’une des plus importantes de la région", a déclaré l’organisation.

Fouad Mourtada, 27 ans, a été interpellé le 5 février 2008 chez lui par des policiers en civil et détenu au secret pendant 36 heures avant d’être incarcéré à la prison de Oukacha, à Casablanca.
"Comment la police a-t-elle retrouvé Fouad Mourtada ? S’est-elle procuré l’adresse IP de son ordinateur ? Par quel moyen ? Nous avons demandé au fournisseur d’accès Maroc Telecom, dont la société française Vivendi est actionnaire, de communiquer des informations en ce sens", a ajouté l’organisation.
Lors d’une entrevue avec des membres de sa famille, le 12 février, Fouad Mourtada leur avait confié : "J’ai effectivement créé ce compte le 15 janvier 2008. Il est resté en ligne quelques jours avant que quelqu’un ne le ferme. Il y a tellement de profils de célébrités sur Facebook. Je n’ai jamais pensé qu’en créant le profil de Son Altesse Royale le prince Moulay Rachid, je lui portais atteinte. Je n’ai d’ailleurs envoyé aucun message à quiconque depuis ce compte. C’était juste une plaisanterie, une blague.(...) Je ne suis pas un malfaiteur."
Avec près de quatre millions d’Internautes, la blogosphère marocaine est la plus active des pays du Maghreb.
20:35 Ecrit par TUNISIA Watch | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Maroc, Blog, Fouad Mourtada, RSF
Tunisie : Reporters sans frontières s’inquiète pour la santé de Slim boukhdir
Reporters sans frontières est très préoccupée par l’état de santé du correspondant du site Internet de la chaîne satellitaire Al-Arabiya, Slim Boukhdir, détenu depuis sa condamnation le 4 décembre 2007, à la prison de Sfax (231 km au sud de Tunis). Il a poursuivi, à partir du 14 février 2008, huit jours de grève de la faim pour protester contre les conditions de sa détention.
“Interdire à un prisonnier de voir sa famille et de disposer d’un endroit salubre est une violation manifeste des droits de l’homme. L’injustice faite au journaliste en le condamnant à un an de prison est aggravée par les conditions de sa détention. Se mettre en grève de la faim est devenu pour lui le seul moyen de se faire entendre”, a déclaré l’organisation.
Pour protester contre son isolement et le traitement injuste dont il fait l’objet, Slim Boukhdir a entamé, le 14 février 2008, huit jours de grève de la faim après que les autorités pénitentiaires lui ont refusé de voir sa femme. Il a suspendu sa grève à la demande de son épouse qui a pu finalement le voir, le 21 février 2008. Contacté par Reporters sans frontrières, elle a expliqué que l’état de santé de son mari ne cesse de se dégrader. Les autorités refusent la visite de son médecin au motif que celui de la prison n’a signalé aucun problème.
Arrêté le 26 novembre 2007, Slim Boukhdir a été condamné, le 4 décembre, à un an de prison pour "outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions", "atteinte aux bonnes moeurs" et "refus de présenter ses papiers d’identité" par le tribunal cantonal de Sakiet Ezzit.
Slim Boukhdir, 39 ans, est le correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya. Par ailleurs, il publie des articles sur plusieurs sites Internet dont Tunisnews et Kantara.
20:11 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Slim Boukhdhir, Grève de la faim
La Cour européenne des droits de l'homme interdit à l'Italie d'expulser un Tunisien
La Cour européenne des droits de l'homme interdit à l'Italie d'expulser un Tunisien soupçonné d'activités terroristes vers son pays d'origine. La Cour estime qu'il s'agirait d'une violation de la Convention européenne des droits de l'homme qui interdit la torture, la Tunisie pratiquant la torture, selon plusieurs ONG ou encore le département d'Etat américain.
Soupçonné de participation à un complot terroriste et de liens avec Al Qaïda, Nassim Saadi a été arrêté en octobre 2002 pour n'être condamné, le 9 mai 2005, qu'à quatre ans et six mois de prison pour association de malfaiteurs, l'accusation de terrorisme étant tombée. Il a également été jugé par défaut en Tunisie et condamné à 20 années d'emprisonnement le 11 mai 2005 pour appartenance à une organisation terroriste. (JDD - 28/02/2008)
14:21 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Torture, La Cour européenne des droits de l'homme, Italie
mercredi, 27 février 2008
Qui a peur de la laïcité ? Arrêtez l’amalgame !!
Par Azwaw soumendil awragh
A chaque fois que des idées sont développées sur la laïcité, le débat est esquivé par les adversaires de ce fondement des états et des sociétés actuelles –exception faite des sociétés islamiques et d’Israël- leurs ripostes sont de deux types :
- Son rejet pur est simple en arguant son incompatibilité soit avec les constitutions (temporelles par ailleurs) ou l’essence de la religion musulmane.
- L’appel à l’amalgame où l’on fourre pèle mêle : Tolérance avec les autres religions, l’hégémonisme occidental judéo chrétien, l’agression américaine en Irak, la politique de terreur et d’assassinats d’Israël etc…Et ainsi ils se font plus de partisans parmi les « simples d’esprit » qui ne font pas appel à leur libre arbitre et à leur jugement critique par eux même.
Du coup les tenants des idées pour la laïcité se voient traiter d’athées, d’agnostique il ne manquerait plus que l’appel au lynchage des ces « apostats ».
Depuis des mois de temps à autre des intervenants soutenant l’idée de la nécessité de la séparation de la religion de l’état, en appelant à la neutralité de ce dernier, compte tenu d’un aspect constitutionnel reconnu qui est la liberté de croyance de tout les citoyens. En effet les citoyens de notre pays , - sans parler des citoyens d’autres pays arabes tels l’Egypte, le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Palestine, l’Irak qui sont multiconfessionnels- sont libres d’avoir en leur âme et conscience leurs convictions religieuses indépendamment de celle de leur naissance.
La main mise de l’état sur les aspects confessionnels du pays n’a rien à voir avec la garantie du culte de tout un chacun. Les citoyens tunisiens de confession chrétienne ou juive nous donnent parfois l’impression de se sentir mieux protégés par les puissances étrangères que par leur état.
Les dérives incontrôlées qui ont eu lieu par le passé à l’encontre de la communauté israélite, depuis les fameuses émeutes du 5 juin 1967, jusqu’au drame de la Ghriba en sont des exemples concrets où la souveraineté de notre pays est parfois mise à rude épreuve par l’immiscions des puissances étrangères qui se croient en droit de protéger une minorité « opprimée ».
Je ne pense pas que le spectacle de la protection par trop armée des lieux de culte juifs ou de la Hara Sghira à Houmt essouk, alors que ceux des habitants des chrétiens- s’il y en a- ne le sont pas, soit un signe apaisant encourageant à une meilleure entente entre tunisiens de confessions différentes.
Vouloir faire un tour à la Hara est parfois extrêmement difficile pour un tunisien musulman, je comprends que la crainte d’attentats pousse à de telles précautions, mais je pense que la meilleure protection est que tous les citoyens se sente concernés lorsque d’autres concitoyens sont menacés indépendamment de leur confession.
Nombres de citoyens d’origine musulmane se sont convertis au christianisme, -c’est leur droit le plus absolu, pourvu que cela soit dans l’exercice total de leur libre arbitre- comment vivent-ils leur choix ?
L’état devrait être le garant de toutes les confessions ainsi que celle de ceux qui ont choisi d’être agnostiques, de laisser aux citoyens de gérer et d’organiser leur lieux de culte dans le strict respect des lois républicaines celles qui rassemblent tous les citoyens quelque soient leurs convictions.
Etre laïque ne veut absolument pas dire être antireligieux, bien au contraire être laïque veut dire la nécessité de restituer aux citoyens leurs religions toutes leurs religions pour les croyants parmi eux et restituer la citoyenneté à tous sans exceptions ni distinction de race de couleurs ou de religions.
Etre laïque aujourd’hui implique obligatoirement les devoirs de solidarité avec tous les peuples opprimés en non seulement les musulmans parmi eux, y compris la solidarité avec nos frères palestiniens et irakiens.
Ceux qui balancent l’ambiguïté et l’amalgame : que le devoir de solidarité avec la Palestine et l’Irak est l’exclusive des islamistes et que les laïques sont des alliés du sionisme, d’Israël et des Etats unis, devaient étayer un peu plus leur argumentaire car ce type d’argument nous le balayons d’un revers de la main.
Ali Saidane (Azwaw soumendil awragh) – blog khil we lil – 26 02 2008
14:45 Ecrit par TUNISIA Watch dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Laïcité, Tolérance
Soutenir des valeurs avant tout !
Par : Chokri Hamrouni
Mon départ du Congrés Pour la République (CPR) n’était pas une décision facile à prendre pour moi.
Cette décision je l’ai profondément réfléchie et murie mais un peu trop retardée…C’était un secret de polichinelle car tout le monde ou presque le savait au sein de ma famille politique.
L’annonce survenue dans un contexte difficile pour notre parti et l’ensemble de l’opposition, et bien qu’elle ait déçu nombre de militants du CPR, leur réaction digne et responsable à mon égard m’oblige. Ils m’ont couvert d’affection et manifesté une sympathie qui les honore et me met vraiment mal à l’aise.
A mes amis (Oum Ziad en particulier), je voudrai dire que je ne troquerai pour rien au monde leur amitié contre une candidature que j’ai précisément vivement critiquée dans les instances de notre parti.
Les raisons de mon départ ont été évoquées et débattues avec les militants du CPR. Mes convictions défendant l’indispensable ouverture et l’union sacrée de tous les Tunisiens quelle que soit leur appartenance (pouvoir en place compris) n’ont jamais faibli même dans les moments les plus chauds de notre combat pour la liberté et la démocratie.
Des girouettes, on en connaît dans les deux camps : Pouvoir et Opposition, ceux qui préfèrent changer d’humeur et de discours, bien pire encore, changer de perception des ennemis d’hier pour fustiger les ennemis d’aujourd’hui et enfermer notre pays dans une éternelle guerre fratricide qui desservit ses intérêts vitaux et hypothèque son avenir dans un monde qui laisse peu de place aux approximations. Au CPR, c’est plus moral que ces girouettes trop imprécises parce que « trop indépendantes », mais c’est un peu sclérosé pour participer à la transformation du pays.
Servir le CPR, c’était un honneur et une tranche de vie passionnante et instructive. Mes projet futurs, bien que dans le fond restent inspirés et marqués par mon passage au CPR, au niveau du style, ils ne correspondent plus au profil du militant du CPR plus tranchant et peu conciliant.
L’idée de soutenir Néjib Chebbi ne m’a jamais traversé l’esprit chère Oum Ziad. C’est un démocrate respectable, un homme politique habile et fin stratège, mais il n’est pas le candidat de l’ouverture et encore moins du rassemblement. Je ne peux cautionner des candidats qui se cachent derrière les grands idéaux ou le statut de victime et de souffre douleur pour se retrouver miraculeusement en compétition pour le pouvoir suprême sans aucune concertation préalable! Les candidatures conçues et engendrées par des grèves de la faim sans fin sont vite rattrapées par les séquelles de ces privations : affaiblissement et incapacité !
Les remous au sein du PDP, l’exploitation du 18 octobre ainsi que la précocité de la démarche font de cette candidature un approfondissement des dissensions de l’opposition.
Au sein du PDP, je me sens plus proche de Goumani et de Touzri avec qui je partage leur vision d’une Tunisie apaisée et ouverte.
L’habileté de Chebbi doit lui recommander de redresser la barre et de recoller les morceaux d’une opposition fragilisée par une démarche unilatérale, sans quoi sa candidature risquerait de connaitre un camouflet terrible.
En parlant de l’échéance 2009, j’ai voulu préciser ma pensée en mettant l’agenda national au dessus de tous les autres. Un agenda qui doit être placé sous le signe de l’ouverture et du rassemblement et fait de la lutte contre toutes les formes d’exclusion une priorité.
En réalité, je n’appelle pas à promouvoir un candidat bien précis, mais à soutenir des valeurs (ouverture, rassemblement, lutte contre exclusion et pensée unique)…Qui attendent, un candidat, une formation politique, des hommes et des femmes qui puissent les porter.
Ce qui est nouveau dans ma démarche, ce n’est pas l’attachement à ces valeurs, mais ma détermination à soutenir quiconque en ferait la priorité et en ferait bénéficier tous les Tunisiens.
La solidarité partisane m’empêchait de le faire. Je voulais retrouver ma liberté pour pouvoir assumer mes convictions jusqu’au bout sans porter de préjudice à la cohésion du parti.
Si par malheur personne n’en veut, il est clair dans mon esprit qu’aucun soutien, aucune légitimé ne doivent être accordés ni aux élections ni à ceux qui se les disputent.
Mais restons optimistes et ouverts…Il y va de notre salut collectif.
Chokri Hamrouni - Paris, le 26 février 2008
09:53 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Debat Politique, Chokri HAMROUNI, Congrés Pour la République
mardi, 26 février 2008
Sihem Bensedrine lauréate de la Fondation danoise pour la Paix (Fredsfonden)
Le 7 février, la Fondation danoise pour la Paix (Fredsfonden) a déscerné son Prix de la paix 2008 à la journaliste tunisienne et défenseur des droits de l'homme Sihem Bensedrine.
Le prix de la Paix a été décerné 14 fois depuis sa création en 1986. Parmi les personnalités qui l’ont reçu on comte : la journaliste russe Anna Politkovskaja (2005). L’expert nucléaire israélien Mordechai Vanunu (1988) et l'écrivain hongrois György Konrad (1986).
D’après le site de la fondation le prix est doté d’une prime d’un montant de 100 000 couronnes danoises.
Dans un interview accordé en Autriche à la journaliste ALEXANDRA SANDELS et publié sur le site Menassat le 22 fevrier, Sihem Bensedrine s’explique : (Voir aussi: la version Arabe)
Sihem Bensedrine: 'Don't believe the pretty postcard image'
Sihem Bensedrine has been harassed, assaulted, imprisoned and called a prostitute by Tunisia's government-run newspapers. Still, she refuses to keep quiet. Earlier this month she was given the 2008 Peace Prize by the Danish Peace Foundation for her lifetime achievement. MENASSAT spoke with Bensedrine about Tunisia's oppressive media environment and her ongoing plans to change it.
Editor's Note: During the 'Jahiliah,' the days of ignorance before the coming of the Prophet, the poets were the media. While some sang the praises of whoever was in power, others refused to sell out and vowed only to tell the truth. They were the 'saalik' or 'tramps.' In this series, MENASSAT profiles people who we consider to be the modern-day 'saalik.' Our 'Saalouka #5' is Tunisian journalist and activist Sihem Bensedrine.
A veteran journalist and a human rights activist, Sihem Bensedrine has paid a high price for her work. Over the years, she has been subjected to constant harassment, surveillance, and even physical assault and temporarily imprisonment for speaking out against Tunisian President Ben Ali's regime and the country's poor human rights conditions. She has been depicted as a prostitute and a spy in Tunisia's state-run media. She has been banned from writing in her home country. She maintains numerous email addresses to trick the cyber police from eavesdropping on her work and life. Still, she refuses to keep quiet.
Bensedrine has been a reporter, editor, and publisher for the past two decades. In the 1980s, she was a reporter for the independent journal Le Phare and she later became political chief at Maghreb Réalités. She has served as editor-in-chief of the Gazette Touristique and managed opposition newspaper El Mawkif. She is also the founder of the online Tunisian magazine Kalima, which is banned inside Tunisia.
Bensedrine also serves as the spokesperson for the Tunisian human rights organization, Conseil National pour les Libertés en Tunisie, which she co-founded in 1998. The organization targets corruption in the legal system, oppression against women, torture, persecution and imprisonment of political opponents to Ben Ali's rule.
She has received several awards for her activism and journalism, including an International Press Freedom Award from the Canadian Journalists for Free Expression in 2004.
MENASSAT: You were recently awarded the 2008 Peace Prize by the Danish Peace Foundation for your work. Are you happy to have won the prize?
SIHEM BENSEDRINE: Yes, I am very happy with the prize. It helps shed light on Tunisiaand the country’s human rights situation.
What will you do with the money you received from the award?
S.B.: We are planning to launch an online multimedia platform on freedom of expression in Tunisiaand the Maghreb region. It will be a daily platform with information on Tunisian affairs. The Tunisian authorities have a monopoly on the press and we are trying to circumvent the censorship through this new site. It will be a public forum where journalists contribute their stories and where readers can give their comments.
13:45 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Sihem Bensedrine, Fondation danoise pour la Paix (Fredsfonden)
Tunisie : l’heure de vérité
Par Chokri Hamrouni
S’attacher aux idéaux de liberté et de démocratie en même temps qu’insister sur le dialogue avec toutes les composantes de la société et ne jamais renoncer à l’action de tous les jours ne relève pas de l’utopie mais plutôt du bon sens.- Recentrer l’action politique sur le seul agenda national, réconcilier les Tunisiens avec l’action citoyenne et créer l’adhésion autour d’un projet d’avenir rassembleur qui évite à notre pays d’aborder les défis à venir en ordre dispersé
- Point de distinction entre les différents projets que par leur dévouement pour la Tunisie et leur volonté de la débarrasser de toutes les formes d’exclusion
Lutter pour le bien être de son pays est un mérite qu’aucune forme d’animosité ne peut enlever. En Tunisie ceux qui le font dans l’anonymat ou sous le feu des médias, au prix de leur confort, de leur intérêt personnel sont de plus en plus nombreux. Ils n’appartiennent pas à un seul camp, à un seul espace ou à une seule catégorie. Ils sont partout : au pouvoir et dans l’opposition, en politique ou en sport, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays…
Ils expriment la richesse de notre pays en même temps que l’unité de son destin : deux valeurs fondatrices d’une tunisianité qui n’appartient à personne mais à tous les Tunisiens.
Ceux qui se complaisent dans l’affrontement, dans la négation de l’autre et dans le culte du salvateur providentiel sont bien malades de leurs certitudes. Enfermés dans un schéma de pensée simpliste et figeant : « l’autre a toujours tort. Par conséquent, on a nécessairement raison ! »…Trop occupés, à regarder du côté des adversaires, ils oublient de « balayer devant leurs propres portes ». Ils se coupent ainsi de la réalité et se refugient dans un monde fantasmatique et sclérosé. Ceux-là, comme les premiers, sont partout : au pouvoir et dans l’opposition, en politique et en sport, à l’université et dans l’entreprise, à l’intérieur et à l’extérieur du pays…
Dos à dos, les tenants de la politique du « tout ou rien », du « quitte ou double », du « après moi le déluge »… se sont rendus coupables – à des degrés variables – de la situation de blocage actuel. Ils se doivent d’entamer, sans plus tarder leur examen de conscience. Il y va de leur honneur, il y va de la grandeur de notre pays.
L’opposition dont certains représentants se distinguent souvent par l’absence d’aucune forme d’existence sociale, se complaisant dans leur vocation d’opposants jusqu’à en devenir des professionnels à plein temps, des irréductibles qui ne font que s’opposer mais rarement proposer. Et lorsque parfois, ils sont interpellés par leurs concitoyens, que leur proposent-ils? Le vide! En attendant le plein emploi, la pleine prospérité, le plein bonheur lorsqu’ils auront conquis le pouvoir! Plus décevant encore, ils confondent dangereusement rupture et élimination, patriotisme et clanisme! Quelle gloire à tirer lorsque la Tunisie est pointée du doigt, lorsque son intelligence et son honneur sont malmenés!? Malheureusement, la Tunisie on a appris à la détester, à la mépriser et plus rien ne résiste à notre désir de vengeance…Une entreprise de destruction, un jeu de massacre auxquels nous nous sommes adonnés sans aucune forme de regret et avec une impassibilité déroutante.
Hélas ne rien faire sous prétexte que ceci servirait les intérêts des adversaires ou bien travestir la réalité en la catastrophant pour mieux affaiblir le pouvoir procède d’une périlleuse politique de pourrissement doublement pénalisante pour l’ensemble des Tunisiens.
Tout d’abord, elle retarderait le salut et empêcherait toute réforme en structurant la médiocrité et en familiarisant les Tunisiens avec ses différentes manifestations (corruption, assistanat, arrivisme, délation, démission, fatalisme, déloyauté, etc.).
Ensuite, elle priverait la nation du concours d’une partie de ses enfants parmi les plus avisés et couperait par conséquent le pays en deux : ceux qui l’auraient confisqué et ceux qui l’auraient abandonné. Ces deux catégories de Tunisiens sont aussi coupables l’une que l’autre.
Le patriotisme est un sport national qui se joue à dix millions…Tout le monde gagne en même temps. Et dans cet exercice vaut mieux être solidaire que solitaire. La Tunisie sera plus forte et plus belle lorsqu’elle cessera d’être une soustraction et deviendra une addition de tous ses enfants qui veulent la servir !
La Tunisie ne doit pas rester tiraillée entre ceux qui la rêvent trop pour pouvoir la faire, et ceux qui la font trop pour pouvoir la rêver et la penser…La Tunisie doit être un dosage subtil entre ce qu’elle est et ce qu’elle devrait être, une idée simple qui s’appelle : « tunisianité » !
Cette tunisianité n’est pas à bricoler et encore moins à inventer…elle existe déjà…il faut tout simplement l’explorer !
S’attacher aux idéaux de liberté et de démocratie en même temps qu’insister sur le dialogue avec toutes les composantes de la société et ne jamais renoncer à l’action de tous les jours ne relève pas de l’utopie mais plutôt du bon sens. D’un processus réfléchi et patient qui réclame des phases de déploiement et de redéploiement plutôt que d’hyperactivité et d’inaction.
Tout redevient possible dès lors que le clanisme, le factionnalisme et l’esprit partisan cèdent à l’indispensable sursaut national… Recentrer l’action politique sur le seul agenda national, réconcilier les Tunisiens avec l’action citoyenne et créer l’adhésion autour d’un projet d’avenir rassembleur qui évite à notre pays d’aborder les défis à venir en ordre dispersé…devraient être les priorités nationales. Impliqué comme devrait l’être tout un chacun dans la promotion de ce projet de cohésion nationale, engagé dans cette voie avec conviction et détermination, j’annonce mon renoncement à toute appartenance partisane au CPR afin que je puisse retrouver une certaine liberté de jugement et continuer à défendre cette Tunisie ouverte et tolérante que j’appelle de tous mes vœux.
En 2009, les Tunisiens seront appelés à voter pour élire leur président et leurs représentants. Certains candidats ont jugé utile de se lancer très tôt dans la campagne. Faisons en sorte que le candidat du rassemblement puisse bénéficier du plus large soutien possible. Plaçons ce rendez-vous sous le signe de l’ouverture et d’une Tunisie réconciliée, apaisée et tournée vers l’avenir…
Ayons le courage et la lucidité de soutenir le candidat de l’ouverture même s’il se trouve parmi nos adversaires. Mais en même temps, combattons le candidat de l’exclusion et de la pensée unique, même s’il est parmi nos amis. Point de distinction entre les différents projets que par leur dévouement pour la Tunisie et leur volonté de la débarrasser de toutes les formes d’exclusion.
Emancipons-nous de tous les carcans personnels et partisans ! Avançons à visages démasqués…Et luttons pour le seul projet qui vaille : la Tunisie.
Chokri HAMROUNI, Politologue. - Paris, le 25 février 2008
01:00 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Debat Politique, Chokri HAMROUNI
dimanche, 24 février 2008
Cachez-moi ces chaînes…
Certaines chaînes de télévision arabes ne font pas toujours bon usage de la marge de liberté que leur assure la diffusion par satellite qui, on le sait, échappe (encore) au contrôle direct des Etats et de leurs dispositifs, juridiques et technologiques, dédiés à la censure.
Abusant souvent de cette liberté, ces chaînes font à peu près n’importe quoi. C’est le cas notamment des chaînes religieuses du Golfe qui diffusent, à longueur de journée, des prêches imprécatoires et haineux, propageant un Islam obscurantiste et intolérant, attisant la mésentente entre les peuples, si elles n’appellent pas ouvertement au jihad et à la guerre des religions.
C’est le cas aussi de certaines chaînes d’information dites libres et indépendantes, qui multiplient les talk shows où les débatteurs, poussés dans leurs derniers retranchements, se laissent souvent aller à des glissements sémantiques dangereux ou des déchaînements verbaux dont l’influence sur les téléspectateurs n’est pas toujours heureuse.
Sans aller jusqu’à accuser ces chaînes d’être des porte-voix des groupuscules extrémistes ou de faire l’apologie du terrorisme, nous devons dénoncer leurs dérapages et les appeler à un traitement plus responsable et plus pondéré de l’information et à éviter d’ajouter de l’huile sur le feu, surtout dans une région comme la nôtre qui compte assez de foyers de tension menaçant de se transformer, à la moindre étincelle, en brasiers ardents. Mais de là à chercher à museler ces chaînes, dont certaines font un travail remarquable pour la promotion d’une information libre, indépendante et responsable dans un monde arabe qui en a besoin, il y a un pas que nous nous garderons de faire. Un pas que, malheureusement, les ministres arabes de l’Information des Etats membres de la Ligue arabe, réunis au Caire, le 12 février, en session extraordinaire convoquée à l’initiative de l’Egypte, ont franchi allègrement en approuvant (presque à l’unanimité, puisque seul le Qatar, siège de la chaîne Al-Jazira, a voté contre) une charte qui risque de museler davantage l’information sous nos latitude. Et pour cause : la charte en question interdit tout contenu qui mettrait en danger «la paix sociale, l’unité nationale, l’ordre public, la propriété privée et les valeurs traditionnelles». Elle interdit aussi de critiquer les religions ou de diffamer (ou offenser) les dirigeants politiques et religieux. Pis : elle donne aux pays signataires le droit de «retirer, de geler ou de ne pas renouveler les autorisations de travail des médias qui enfreindraient les règles mentionnées».
Par-delà les principes qu’elle énonce et auxquels on pourrait souscrire avec quelques réserves, cette charte pose un certain nombre de problèmes.
D’abord, elle a été élaborée et adoptée (presque au pas de charge) à un moment où les organisations arabes et internationales de défense des droits de l’homme multiplient les mises en garde contre le musellement de la liberté d’expression et d’information dans les pays arabes.
Ensuite, elle est venue à un moment où les médias arabes, dont quelques chaînes satellitaires de qualité, ont réussi à élargir le champ de la liberté d’expression et à redonner confiance dans les capacités des journalistes de la région à produire une information de qualité, distante de la propagande officielle et des vociférations militantes des mouvements d’opposition.
Tertio : les principes énoncés par cette «charte» sont discutables, d’autant que leur mise en application au quotidien posera sans doute problème. Car où s’arrête la critique des choix politiques du gouvernement en matière (par exemple) d’économie, d’éducation ou de santé et où commence «l’atteinte à la paix sociale, l’unité nationale et l’ordre public» ? Où s’arrête la réflexion sur tel ou tel sujet d’ordre religieux et où commence l’atteinte à la religion et aux valeurs traditionnelles? Où s’arrête «l’expression d’une opinion» sur l’action d’un dirigeant politique ou d’un notable religieux et ou commence la «diffamation» de ce dirigeant ou ce notable ? Les services de l’Etat sont-ils les seuls habilités à légiférer sur les cas litigieux qui ne manqueraient pas de se poser à l’avenir et s’imposer ainsi, à l’insu de toute logique, comme juges et arbitres ? Ne devrait-on pas plutôt créer des instances autonomes formées d’experts juridiques, représentants de la profession et personnalités indépendantes connues pour leur probité intellectuelle et morale pour juger des éventuelles infractions et sanctions, à l’instar de ce qui existe dans la plupart des pays développés, comme le Conseil supérieur de l’audio-visuel en France ?
Les ministres arabes de l’Information, qui ont voté la nouvelle charte, ne se sont pas beaucoup attardés sur ces questions qui nous semblent pourtant primordiales. Car à quoi serviraient les ambiguïtés contenues dans le texte adopté, et qui laissent la porte ouverte à toutes les interprétations, sinon à museler davantage des médias arabes déjà largement soumis et aseptisés ?
Ridha KEFI - Editorial de L’Expression n° 19, du 22 février 2008
23:37 Ecrit par TUNISIA Watch dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liberté d'expression, chaînes de télévision arabes






