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lundi, 31 mars 2008

Libération conditionnelle de L'humoriste Hédi Ouled Baballah

L'humoriste  Hédi Ouled Baballah condamné le 4 février dernier à «un an de prison et une amende de mille dinar.» pour «détention d'une matière stupéfiante» après avoir été arrêté sur l'autoroute reliant Tunis à Hammamet pour un contrôle de «routine» aurait bénéficié d’une mesure de libération conditionnelle à l’occasion des fêtes de commémoration du 52ème anniversaire de l’indépendance le 20 mars dernier d’après Quods press.

L’arrestation de l’humoriste qui est intervenu après la circulation sur internet d’un enregistrement dune fête qu’il a animé quelques jours auparavant à Sfax et dans laquelle il imitait la voix du président Ben Ali, ce qui à laissé croire à une mesure de rétorsion déguisée. Ces soupçons se sont confortés surtout lorsque on a appris qu’une autre affaire de trafic de fausse monnaie été aussi en cours d’instruction contre lui.

Après la confirmation par la cours d’appel de la peine prononcée en premier degrés des proches de l’humoriste ont révélaient qu’il n’entendait pas faire de recours en cassation contre le jugement alors que d’après d’autres sources on apprenait que l’instruction concernant la seconde affaire serait abandonnée. Ainsi l’annonce de sa libération intervient comme un correction de tir dans la stratégie de répression qui à été adopté au début contre lui.

Cette affaire qui vient confirmer les soupçons de machination politico-judiciaire au lieu de les taire, remet en lumière une autre fois de plus la pendante question sur l’indépendance de la justice en Tunisie face aux abus d'influence du pouvoir sur le cours de certains procès pour faire taire et punir certains dissidents et opposants dont le manque de garantie de leurs procès avait étés largement dénoncé à l’intérieur comme par les ONG internationaux.

dimanche, 30 mars 2008

L’affaire Pollard remonte en surface 20 ans après sa condamnation ?

L’espion Jonathan Pollard accusé d'espionnage au profit d'Israël et condamné à la prison à vie le 4 mars 1987 par les Etats-Unis fait l’objet d’une enquête du contrôleur d’Etat à la demande de la Knesset sur les actions entreprises par le gouvernement israélien pour obtenir sa la libération.

Dans un rapport publié lundi dernier, de nombreux hauts représentants de la Défense et politiciens israéliens soutiennent que cette enquête "compromet les efforts déployés pour obtenir la libération de Jonathan Pollard".

L’un d’entre eux a même été jusqu’à qualifier cette décision "d’outrageante... Seul un Etat devenu fou permettrait à un contrôleur d’Etat, qui se conduit comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, d’enquêter sur un sujet si sensible qui ne relève pas de son autorité".

Le regain d’intérêt pour cette affaire après 20 ans de son jugement, semble lié aux tentatives de trouver une issue au blocage que connaît la situation au proche orient aggravé par les clivages palestiniens internes entre l’autorité palestinienne et le Hamas. Marwan Bargouthi serait l’homme providentiel pour beaucoup dans l’ébauche d’une telle solution. Pressé par les perspectives des pressions pour sa libération le gouvernement Israélien serait à la recherche d’un scénario pour un compromis en vue d’échanger sa libération avec celle de son espion.

Rappelons que Jonathan Pollard, officier dans les services de renseignements US de la Navy, constatant qu’un tri était effectué dans les informations sur les pays arabes communiquées aux Israéliens, a pris contact avec un service particulier de l’ambassade, dépendant directement du Ministère israélien de la Défense. Pendant plus d’un an, il a alimenté ce service d’informations de première main : photos satellites de bases militaires arabes, de la Libye à l’Iran. Les photos du quartier général de l’OLP à Tunis ont, par exemple, permis le raid israélien sur la Tunisie du 1er octobre 1985 qui a fait 68 morts (50 Palestiniens et 18 Tunisiens).

TUNISIA Watch – 30 Mars2007

Le siège de l'Union Méditéranéenne à Tunis ?

9de5239db04c567c858a9e2fcc3683e1.jpgLa capitale tunisienne aurait été choisie par Nicolas Sarkozy pour abriter le secrétariat de l'Union pour la Méditerranée. Il s'agirait d'un cadeau du président français à son homologue tunisien, en remerciement de son soutien précoce au projet.

Selon une source fiable, Tunis aurait de grandes chances d'être choisie pour accueillir le siège du secrétariat de l'"Union pour la Méditerranée" - un choix pour le moins contestable.

Il s'agirait d'un cadeau de Nicolas Sarkozy au président tunisien Ben Ali en remerciement de son soutien précoce au projet du nouveau président français -projet dont l'ampleur a été fortement réduite par la suite - et des liens très étroits entre les services français et tunisiens dans la lutte contre le terrorisme.

La suite sur le blog de Vincent Jauvert

NOUVELOBS.COM - 28.03.2008

Jack Lang à propos de sa visite en Côte d’Ivoire : “RÉTABLIR LE PONT ENTRE GBAGBO ET LES SOCIALISTES”

 « Le ministre de la culture sous François Mitterrand a été impressionné par les chantiers qu’il a visités à Yamoussoukro en compagnie du Chef de l’état.

Monsieur le ministre, vous venez de passer une journée à Yamoussoukro: brève mais instructive, n’est-ce pas?

Nous avons eu avec Jean-Marie Leguen, le privilège de vivre quelques moments rares et intenses grâce au Président Gbagbo qui a eu la générosité de nous faire venir jusqu’ici et de nous montrer ses chantiers exceptionnels de la construction d’une nouvelle capitale. En soi, c’est déjà un évènement. Très peu de pays dans le monde ont décidé de construire une nouvelle capitale. Il y a eu l’exemple du fameux Brasilia. Je voudrais ouvrir une parenthèse pour regretter que les Européens ou l’Union européenne n’aient pas construit un Brasilia ou un Yamoussoukro européen plutôt que de choisir Bruxelles ou Luxembourg ou une autre ville déjà existante. Parce que je crois qu’une nouvelle capitale donne à un pays une âme rajeunie, transformée ; une nouvelle dynamique. En plus, la puissance d’Abidjan doit être contrebalancée par d’autres pôles. Yamoussoukro sera de loin un grand pôle intellectuel, politique et économique.

Vous avez d’abord suivi la projection du film de sept minutes présentant les chantiers du transfert. Vous êtes allé sur les sites de l’Assemblée nationale, du Palais présidentiel, de la Voie triomphale : quelles sont vos impressions?

Je ne peux pas ne pas penser à Monsieur Félix Houphouet-Boigny qui a ouvert la voie; le Président Gbagbo a eu cette idée idéale et ambitieuse de transformer le projet initial en un projet grandiose, puissant et je l’espère irréversible. L’impression qu’on a d’abord, c’est que la volonté humaine a d’immenses capacités. Ce chantier creusé dans le sol avec ces prouesses technologiques, l’ampleur du plan, son ambition du pouvoir politique entouré du pouvoir administratif de l’Etat…m’ont sincèrement impressionné.

Certains pensent que de tels projets n’ont pas un caractère productif, surtout en temps de guerre. Quel est votre avis?

Au premier abord, je ne suis qu’un ami de la Côte d’Ivoire. Je ne suis pas Ivoirien; je suis un ami du Président Gbagbo. En même temps, je respecte la souveraineté et la liberté des autorités ivoiriennes. Je ne donne que le point de vue d’un citoyen, qui n’est pas nouveau. Par exemple, s’il y a eu la guerre et la crise, j’ai toujours pensé que, plus un pays rencontrait des difficultés, plus il devrait se fixer de grandes ambitions. L’argument qui est parfois utilisé, même dans mon propre pays, c’est la crise économique pour justifier la réduction d’investissement culturel (la recherche, l’éducation)… Ce sont des arguments que je n’accepte pas. Je dirais, au contraire, s’il y a une crise, c’est une raison supplémentaire pour sortir de cette crise par de nouvelles ambitions nationales ou internationales. Par ailleurs, les investissements comme ceux-là sont nécessairement productifs. Dans l’immédiat, ils font travailler des secteurs, des ingénieurs, des techniciens : ils sont donc créateurs d’emplois. Je crois aussi que l’une des grandes questions auxquelles la Côte d’Ivoire est confrontée est le développement trop important de la capitale actuelle. Avec toutes les difficultés que cela représente en termes de sécurité, de conditions de logements… C’est une bonne idée que de créer une autre ville qui sera une ville-capitale. Quand on se lance dans des grands chantiers comme ceux-là, on l’a vu avec Mitterrand, on se fait critiquer : pourquoi autant d’argent, pourquoi autant de dépenses…Ne vaudrait-il pas faire autre chose ? Rien n’est comparable, mais prenons l’exemple de ce que nous avons fait au Louvre à Paris. On a fait un investissement énorme, énorme. A l’époque, on a été très attaqué. A cette époque, il y avait une crise aussi : elle n’était pas militaire mais financière. Je me souviens de cette belle parole de Mauroy : «Protégez les budgets de la culture, de l’éducation et de la recherche. Quand il y a crise, il faut laisser allumées quelques lumières». Yamoussoukro, c’est la lumière du futur.

Vous avez été ministre de la Culture de François Mitterrand, un Président bâtisseur; vous venez de visiter les chantiers du Président Gbagbo: quels commentaires?

Ecoutez, si un Chef d’Etat n’est pas bâtisseur, à quoi sert-il ? Certes, il sert à représenter la nation, le pays, mais on attend d’un Chef d’Etat qu’il prépare le futur, qu’il ne soit pas seulement le gestionnaire du court terme. Ça compte le court terme, c’est très important. Disons la vie matérielle des gens, la santé, l’éducation, le transport : c’est important, mais en même temps, il faut donner à un pays ou à une nation des horizons plus lointains pour se projeter vers le futur. Quand une nation a un futur, elle est plus créative, plus productive, plus inventive. Avec le Président Gbagbo, je me sens en harmonie, en connivence, en synchronie, en résonance. J’aime les gens comme lui qui sont à la fois patriotes et qui ont le sens de l’Etat.

Monsieur le ministre, vous vous déclarez en phase avec le Président Gbagbo. Les Ivoiriens considèrent que le camarade n’a pas eu le soutien franc des socialistes dans la gestion de la crise.

Oui, c’est vrai, ce que vous dites, à l’exception de quelques-uns : Emmanuelli, Josselin Premièrement, je pense qu’en France même, il y a eu une énorme manipulation, organisée par certains médias et le gouvernement sans doute. Et quelques autres. Quoique de bonne foi, mais ça n’excuse rien, les socialistes ont été victimes ou complices de cette manipulation. Il y a également une grande part de méconnaissance et d’ignorance. Certains socialistes ont manqué de retenue et de capacité d’autonomie par rapport à la manipulation médiatique. Je suis donc venu ici avec mon ami Jean-Marie Leguen pour rétablir le pont entre les socialistes français, le Président Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire. C’est le sens de notre mission. On le fera avec conviction et doigté car le Président Gbagbo est un vrai homme de gauche qui a le sens de la solidarité. Il a été confronté à des situations difficiles sur lesquelles nous allons demander une commission d’enquête. »
 
Jean-Baptiste Akrou - Fraternité Matin - 29 mars 2008
 

Burundi, les mannes secrètes du pouvoir

L’argent est l’opium des faibles et ceux qui n’ont pas d’idéal pour développer le pays, développe le fond de leurs poches.

Même si souvent, on dit qu’il faut surtout écouter ce qu’on dit et ne pas suivre ce qu’on fait, certains peuples savent qu’il ne faut surtout pas écouter les dirigeants mais les observer dans leurs actes. Les grands moralistes, les prétendus incorruptibles qui le chantent haut et fort sont souvent les plus corrompus. L’ancien Président zaïrois Mobutu disait que la chèvre broute là où elle est attachée. Pour avoir la paix, il laissait ses ministres voler pour qu’il ne soit pas inquiété dans le pillage du Zaïre. Les ministres laissaient les directeurs généraux voler. Les directeurs généraux laissaient les directeurs voler. Les directeurs laissaient les employés voler. Tout le pays était volé par ceux qui avaient au moins un petit pouvoir ou de quoi voler. L’article 15 « débrouillez-vous » signifiait tout simplement, « Arrêter de crier, voler tant que vous pouvez ». Pauvre citoyen qui ne pouvait pas voler et qui était chaque fois rançonné !

Il y a plus de dix ans, les Burundais se moquaient de ce qui se passait au Zaïre, actuel Congo démocratique. Aujourd’hui, le Zaïre de Mobutu n’est pas très différent du Burundi. Des détournements, des cas de corruption sont fréquents chez la majorité des ministres burundais, même à la présidence de la République. Ils ne sont jamais sanctionnés. Que fait le Président ? Est-il aveugle ou est-il plus pris par la prière ou le football ? Et si le Président de la République était corrompu !

Deux dossiers poussent à des interrogations. Les cahiers ougandais et le pétrole nigérian.

Quelle est la relation entre la dette ougandaise à l’égard du Burundi et un don de cahiers pour cinq ans ?

Tout commence par la guerre de Museveni pour la prise du pouvoir contre Oboté. L’ancien Président Bagaza a beaucoup aidé Museveni. Les tenues militaires et les chaussures destinées à l’armée burundaise allaient directement dans les maquis au profit des rebelles de Museveni. La bière de Bujumbura allait aussi dans les maquis. Le tout constituait un prêt d’un montant de 8 millions de dollars. L’Ouganda de Museveni doit au Burundi une créance de 8 millions et si on ajoute les intérêts, on arrive à 14 millions de dollars. Dieu seul sait que le Burundi d’aujourd’hui a besoin de cet argent. Pourtant, la dette a été effacée par un coup de baguette magique par le Président Nkurunziza.

Au cours d’une visite en Ouganda, le Président Nkurunziza a conclu un contrat très louche. Le Burundi annule la créance ougandaise contre la fourniture des cahiers sous forme de dons pour cinq ans. Ce qui est frappant, c’est que les cahiers ne sont pas évalués financièrement alors que la dette et les intérêts sont évalués à 14 millions de dollars.

Pourquoi les cahiers ? Une idée saugrenue ? Non, car le Président Ougandais est associé dans une imprimerie avec un Indien qui travaille en Ouganda. Leur société avait des problèmes pour écouler les cahiers fabriqués. L’idée est venue alors au Président Ougandais de rembourser la dette de l’Ouganda par des cahiers invendus et d’autres productions des années à venir pour maintenir le rythme de travail de l’imprimerie. Entre temps, l’imprimerie burundaise connaissait des difficultés liées à l’absence de ce marché.

De retour au Burundi, le Président Nkurunziza annonce un don de l’Ouganda des cahiers sans parler de la créance annulée. Les Burundais ont pensé à la générosité des Ougandais alors que c’était la « générosité » des Burundais.

Ce don des cahiers est aussi néfaste pour l’économie car il fait tourner les imprimeries ougandaises, mettant au chômage les Burundais. L’économie y perd aussi sa valeur ajoutée sans parler des 14 milliards de francs Bu.

Cerise sur le gâteau, la société ougandaise qui fournit les cahiers est la même société qui est impliquée dans la vente du Falcon présidentiel. Certains disent que la vente du Falcon est la suite de l’annulation de cette créance. Tout devenait possible.

Dans tous les cas, le Président de la République, qui a dépêché en Ouganda plus de deux fois son ministre des finances pour signer un protocole sans le discuter, n’est pas aussi innocent que certains pourront le croire. Le manque à gagner du Burundi a profité à quelqu’un. Comme le disait le chimiste Lavoisier, « Rien ne se perd, rien se crée, tout se transforme ». L’argent que le pays perd va dans les poches des autres. Je suis convaincu que le bon Dieu n’a jamais dit qu’il faut prendre l’argent du peuple aussi pauvre que les Burundais pour s’enrichir sur leurs dos. Le Président Burundais se vantait devant des journalistes dans un cadre privé que Dieu merci, il n’a pas de besoin d’argent pour signifier qu’il en a suffisamment. Or, il a déjà distribué 10 fois ses salaires et intendance. Quel miracle ! A moins que les pierres soient transformées en pain ! Vive la bonne volonté de Dieu !

Le pétrole nigérian, le grand secret financier et vivier de la corruption du pouvoir burundais

Tout est parti d’une volonté du pouvoir nigérian de détourner l’argent et de dépasser le quota attribué par l’OPEP. Le Nigéria a demandé à l’OPEP l’autorisation de dépasser le quota qui lui est attribué et distribuer le différentiel aux pays africains afin de leur permettre de s’équiper.

Chaque pays recevait son quota de barils par jour. Le Burundi a eu 15 000 barils par jour. Le nombre de barils exportables est de 840 000. Il faut presque deux mois pour exporter. Il s’agit du pétrole brut. Le Burundi a alors choisi un courtier qui se charge de négocier les raffineurs et exporter ce pétrole. Le Nigéria vend au Burundi au prix bas et le Burundi le vend au prix du marché. Les dirigeants du Burundi empochent une commission et les Nigérians empochent la grosse part de la différence entre le prix d’amis et le prix du marché mondial. Ce système permet aux dirigeants nigérians d’empochent de grosses sommes laissant aux Burundais quelques millions de dollars.

Officiellement, le Burundi reçoit 80 000$ par trimestre. Officieusement, ce sont des millions de dollars qui sont apportés en valises directement à la présidence et une partie sur un compte de la BRB.

Qui fait quoi et depuis quand ?

Un certain Dieudonné Kwizera a été à la base de ces contacts depuis les derniers mois de Buyoya III. Il a continué surtout avec l’ancien Président Ndayizeye qui en a beaucoup profité. Les Présidents empochent un certain pourcentage d’un montant variable en fonction des cours mondiaux du pétrole. Ndayizeye avait même laissé le Falcon présidentiel à Kwizera et deux de ses ministres deux fois pour se rendre discrètement au Nigéria.

Le Président Nkurunziza a continué la pratique. Il empoche des millions de dollars via certains intermédiaires. Kwizera reste dans le circuit. Isaac Bizimana, gouverneur de la BRB, ancien conseiller économique du Président de la République, est aussi chargé de ce dossier. Il y a aussi Akpan, un Nigérian et le directeur de cabinet du Président, le fameux Mbazumutima. Ceusx qui sont cités reçoivent aussi un petit pourcentage.

Cet argent est géré directement par le directeur de cabinet civil du Président de la République Mr Mbazumutima. Le lecteur comprendra que ce Mbazumutima est aussi impliqué à fond dans la vente illicite du Falcon présidentiel.

Cet argent ne rentre pas dans le budget de l’Etat. Il ne profite en rien aux Burundais si on exclut l’argent distribué par le Président de la République d’une façon informelle.

L’intermédiaire nigérian se rend régulièrement à Bujumbura pour donner aussi des enveloppes de main à main.

Le pétrole nigérian pourrait faire baisser les prix du carburant au Burundi. Cependant, il sert plutôt à augmenter la richesse de certains dirigeants. S’il était vendu directement au Burundi ou s’il servait à couvrir les variations du prix du carburant, les prix en général pourraient baisser pour le bonheur des Burundais. La hausse du prix du carburant influe sur le transport des marchandises et la transformation des produits. Ce don du Nigéria était une manne du ciel au peuple burundais. Dieu propose, les hommes disposent. Le pouvoir en a voulu ainsi. Les Burundais devront patienter et payer quelques centaines de francs le litre à la pompe pour enrichir leurs dirigeants.

La corruption est le grand facteur du sous-développement. Si le Burundi est parmi les trois derniers pays les plus pauvres au monde, ce n’est pas parce qu’il manque des ressources naturelles, humaines ou techniques. Il faudrait plutôt chercher du côté de la corruption. Débarrassé de la corruption en particulier et de la mauvaise gouvernance en général, le Burundi pourrait faire un décollage économique et social.

 

Gratien Rukindikiza - burundibwacu.org - mai 2007

Psychanlyse du dirigeant noir africain 

vendredi, 28 mars 2008

Journal La Presse: Des journalistes montent au créneau

b98ec69627bcbe80f3dd92e1cb574e55.jpgSept journalistes attitrés de « La Presse » se sont constitués, de leur propre initiative, en comité de réflexion et de sauvetage et ont rendu public un document pour «sauver leur journal dont la qualité se dégrade de jour en jour»...

Soufiane BEN FARHAT, H’Mida BEN ROMDHANE, Olfa BELHASSINE, Fadhila BERGAOUI, M’Hamed JAÏBI, Faouzia MEZZI et Raouf SEDDIK- tous journalistes de longue date à « La Presse » et Rédacteurs en chef en grade, s’élèvent dans un document de neuf pages, contre « les conditions de travail inacceptables »  au sein de leur journal, organe du gouvernement. A travers « cette démarche qui se veut revendicative mais aussi constructive», les membres du comité se disent ouverts à toutes les propositions. Contacté par téléphone, l’un d’eux nous confie : « Nous sommes prêts à s’asseoir à la même table avec la direction du journal ou le ministère de tutelle pour trouver des solutions », Car comme ils le soulignent dans leur rapport, «leur motivation est strictement professionnelle, et dénuée de toute considération d'ordre politique ou personnel ».

Leur initiative est née d’un constat peu reluisant, « la détérioration de la qualité du journal a vu tant de lecteurs se détourner vers d’autres quotidiens parce que, comme beaucoup d’entre eux l’affirment, ils ne reconnaissent plus leur journal, devenu le véhicule d’une information insipide et stéréotypée, traitée d’une manière très peu professionnelle et qui ne sert ni le gouvernement, ni les lecteurs, ni l’image du pays. Sans parler de la langue de bois imposée au journal et qui est pour beaucoup dans le découragement des lecteurs ».

Ils évoquent notamment la situation matérielle des journalistes qui « laisse à désirer », le cadre de travail «délabré et vétuste », l’absence de dynamique de groupe « les journalistes sont atomisés, dispersés, cloîtrés dans des tâches spécifiques », le contenu et la forme qui ne répondent pas aux exigences journalistiques «la qualité du contenu se trouve fortement affectée et le produit journalistique réduit à une masse d’informations insipides, qui rebutent le lecteur.(…) La « Une », qui est la vitrine du journal, est quasi-exclusivement réservée aux dépêches des agences de presse (TAP, Reuters et AP). Les genres, appelés dans le jargon journalistique « nobles », tels que les enquêtes, les reportages, les dossiers, les portraits, les commentaires pluridisciplinaires, sont en voie de disparition".

Les signataires du rapport s’élèvent, par ailleurs, contre la censure, « un fléau qui menace le journal d’anémie profonde ». Ils expliquent : « La dégradation brutale de la qualité du journal n’est pas due aux journalistes, qui restent attachés à l’obligation de faire correctement et consciencieusement leur travail, mais à la pratique systématique d’une forme de censure et de transformation autoritaire des articles, et cela dans tous les domaines : politique nationale et internationale, société, économie, culture, sports, magazine. Même le « Supplément Jeunes » et les articles sur la météo ne sont pas épargnés. Les articles partiellement « corrigés » sont tellement changés que leurs auteurs ne les reconnaissent plus »

Les sauveteurs autoproclamés de « La Presse » se demandent : quels intérêts est-on en train de servir en gérant la rédaction du journal à coups de ciseaux ? On ne sert pas les intérêts du gouvernement, puisque le niveau lamentable atteint par le journal ne fait sûrement pas honneur à son propriétaire. On ne sert pas les intérêts des journalistes qui y travaillent, puisqu’ils sont brimés, frustrés et empêchés de faire correctement, consciencieusement et honorablement leur travail. Elle ne sert pas les intérêts des lecteurs, puisqu’elle leur présente un produit journalistique d’une médiocrité rebutante. Elle ne sert pas les intérêts du pays, puisqu’elle nie ses problèmes et interdit absolument d’en parler. Alors quels intérêts sert-on ?, s’interrogent les sept membres du comité de sauvetage, parmi lesquels figurent quatre responsables de suppléments, le chef de service politique et le chef de service International. Des vieux de la vieille dont les propos dépassent la simple critique pour exprimer « une disposition à concevoir un projet cohérent » à même d’injecter du professionnalisme, du vrai, dans les colonnes de «La Presse ».

Global net - le vendredi 28 mars 2008

Tunisie: Ben Ali ou le syndrome d’Iznogoud au pouvoir

Par Wicem Souissi

e569d5e347bc78f281f9398af9d9f943.jpgAllié de l’Europe dans l’Union pour la Méditerranée, le président tunisien est idéal-typique de ses homologues régionaux du Sud. Vingt ans de cris contre sa gouvernance dictatoriale ne l’ont guère infléchie.

Dirigeant son pays aujourd’hui comme hier, il est même aux commandes, selon son slogan, de "la Tunisie de demain": tout de Zine Ben Ali peinturluré, le présent est projeté dans un avenir du même coup inscrit dans une simple répétition du passé. Une énième reconduction en 2009 est ainsi banalisée. Mais plutôt que de continuer de mettre ces plébiscites renouvelés sur le seul compte d’un pouvoir tout-puissant, les opposants ne devraient-ils pas, au contraire, s’interroger enfin sur leurs propres responsabilités dans ce succès?

En fait, cette question se heurte à un sérieux handicap: certes interdit par le pouvoir, le débat n’a pas davantage lieu au sein de l’opposition. Celle-ci reproduit, de son côté, une démarche improductive en entretenant le tabou de ses illusions perdues.

La première est de faire accroire que le discours inaugural du général Ben Ali répondait aux revendications des démocrates. Or, il n’y a nulle contradiction entre sa quasi constitutionnelle déclaration-programme du 7 novembre 1987 et l’autoritarisme du régime. Car lorsque le successeur de Habib Bourguiba affirmait incarner une rupture en promettant d’instaurer le pluralisme, c’est, précisait-t-il aussitôt, "dans le cadre de l’ordre et de la discipline". Conjuguée ou pas avec le curriculum militaro-policier de son auteur, cette précision trahissait d’emblée sa conception de la démocratie: casernée.

Quant à la croyance dogmatique en une première période libérale du régime, elle est aussi aveugle. Aucun détenu politique durant 1988 et 1989? Victime d’un coup d’Etat, placé en résidence surveillée, le vieux "Combattant suprême" entamait la liste des prisonniers d’opinion. Des espaces d’expression? Uniquement pour acclamer le putschiste. Une liberté de la presse? Deux journaux emblématiques d’un esprit critique, Le Phare et Erraï, ont été contraints de disparaître dans l’indifférence.

Pendant ce temps, la classe politique, islamistes compris, signait, le jour du premier anniversaire de sa prise de pouvoir, un Pacte national avec le nouveau chef de l’Etat. Avant de porter religieusement sa candidature unique aux élections. Cette logique de compromission suffit à rendre illusoires les années suivantes de promesses présidentielles prétendument oubliées, puis trahies.

Mais, aujourd’hui encore, on reproche à M. Ben Ali de ne pas traduire ses propos dans les faits. N’avait-il pas déclaré, en s’installant à Carthage, que "l'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie, ni succession automatique à la tête de l'Etat desquelles le peuple se trouve exclu"?

La réponse tient en ceci. Il l’y inclut! De gré ou de force, sans parler des réfractaires incorrigibles, punis par la réclusion.

En réalité, le "tort" de M. Ben Ali est qu’il n’a pas satisfait, non les désirs, mais les fantasmes démocratiques de ses opposants, qui avaient été subjugués à son avènement. Sceau d’une tradition trentenaire de tentatives d’éviction de celui qui, pour avoir fondé un Etat-nation en Afrique du Nord, se comparait à un Jugurtha qui a réussi, l’"Artisan du changement" réussit, lui, là où des générations successives d’Iznogoud avaient lamentablement échoué.

Les Tunisiens ont dès lors trop vite cru qu’ils allaient enfin participer à la gestion de leurs affaires, partager en quelque sorte avec lui son rêve concrétisé. Mais l’homme qui veut être Calife à la place du Calife est monomaniaque. Parvenu à ses fins, sorti de son rôle, c’est plutôt un cauchemar qu’il endure.

De crainte qu’un comploteur ne le déloge à son tour, il verrouille de l’intérieur. Isolé du monde, il n’a d’autre choix que de s’en prendre à lui-même, et soulage sa souffrance en conjuguant son leitmotiv au futur antérieur: Zine aura été dégommé quand Ben Ali lui succèdera, et vice-versa. Le tout au prix de l’imposition de son tourment à ses compatriotes, sommés d’accepter sa douleur en partage.

Contre la pérennité de cette emprise, les contestataires peuvent néanmoins réunir un front du refus, pour l’heure disséminé. A condition toutefois d’un aggiornamento: rompre avec la croyance en une liberté octroyée par le haut. Cela constitue d’ailleurs un préalable au tarissement des deux principales sources de légitimité du potentat. La sécurité de la société? La lutte contre l’intégrisme est contredite par une politique de surenchère religieuse favorisant au contraire fanatisme et terrorisme. La prospérité? Les fruits d’une forte croissance économique somme toute naturelle dans un pays en développement sont pourris par une corruption étendue, qui nourrit les sirènes de l’extrémisme religieux.

C’est en dessillant les yeux sur cette double faiblesse structurelle du pouvoir que l’opposition ouvrira la voie à l’émergence de forces d’alternance que le processus euro-méditerranéen initié à Barcelone, trop timoré en matière de respect de la démocratie et des droits de l’homme, devra bien prendre en considération.   

Wicem Souissi – Rue 89 - 28/03/2008 - Dessin: Charb

20:18 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali

L’AUTODÉTERMINATION, Quel sens lui donner de nos jours: Peuples sous occupation interne

Dr. Moncef Marzouki

a9230040848e58cff98ec51214630f8b.jpgUn train, dit-on, peut en cacher un autre. Idem pour un concept. Le droit à l’autodétermination a été utilisé pour la première fois par le président Wilson dans ses quatorze points, à la fin de la Première Guerre mondiale. Il n’a cessé depuis de signifier auto détermination par rapport à un occupant étranger.

L’Assemblée générale de l’ONU, dans la déclaration 1514 (XV) en date du 14 décembre 1960, affirme dans le préambule être « persuadée que le processus de libération est irrésistible et irréversible et que, pour éviter de graves crises, il faut mettre fin au colonialisme et à toutes les pratiques de ségrégation et de discrimination dont il s’accompagne... » Presque un demi siècle plus tard, elle reste dans le même registre en adoptant en ce mois de septembre 2007, une déclaration symbolique reconnaissant le droit à l’autodétermination aux peuples autochtones. Donc toujours par rapport aux ex-étrangers même s’ils sont devenus eux-mêmes autochtones comme en Australie ou au Canada.

Le drame qui s’est joué sous nos à Rangoon il y a trois mois , rappelle à bon escient que le problème a changé de nature , le mal ne venant plus du méchant étranger mais du méchant compatriote. Un vers célèbre du plus grand poète arabe Al Moutanabi le dit bien Pire que le coup de sabre le plus acéré : l’injustice des proches. Les indépendances des années 60 dans les pays du Sud ont souvent signifié un simple changement de maîtres. Les occupants étrangers ont cédé presque partout la place à des occupants locaux qui se sont montrés parfois infiniment plus cruels.

Certes le cas cambodgien est exceptionnel, mais la mise en coupe réglée d’une société par une dictature brutale et corrompue a été et reste le lot de beaucoup de peuples du monde. Sous un tel régime, on trouve les quatre caractéristiques fondamentales de l’occupation étrangère: L’habillage politique, le pillage économique, la main de fer sécuritaire et le mépris des coolies appelés pour mieux se moquer d’eux des citoyens.

En Tunisie, l’occupation interne est visible à l’œil nu. Une police pléthorique, plus nombreuse et mieux équipée que l’armée, parade ostensiblement dans les rues, surveille les plus petits carrefours des campagnes les plus reculées, monte des barrages à l’entrée de toutes les villes, et ce dans une démonstration de force permanente visant à entretenir la peur et la soumission de la population.

L’occupant interne peut prendre toutes les formes organisationnelles : familles maffieuses comme dans ce pays, parti idéologique comme au Cambodge ou en Corée du Nord, juntes militaires comme en Algérie ou en Birmanie, minorité conduite à sa perte par des hommes sans scrupules comme en Syrie. Partout le régime fonctionne à la manière d’un virus envahissant une cellule et s’emparant de la machinerie de l’ADN pour se nourrir, se répliquer, diffuser dans le corps, l’affaiblir et finir par le tuer.

La machinerie dont s’empare l’occupant interne est celle de l’Etat. La police n’a plus pour fonction de défendre la société contre le crime organisé, mais de défendre le crime organisé contre la société. La Justice est là pour couvrir d’un voile de légalité les exactions de la police. Les libertés individuelles et collectives, surtout la liberté de parole, sont muselées. Les ‘’élections ‘’, quand elles existent, font partie d’un simulacre de démocratie qui ne trompe personne. Tout cela a pour objectif ultime de concentrer le maximum de pouvoir, le plus Longtemps possible dans les mains des occupants pour s’adonner en toute impunité à leur péché mignon: la prédation. Cette dernière n’est pas seulement économique.

Elle est aussi morale et symbolique. On ne s’empare pas seulement de l’essentiel de la richesse mais aussi de tous les honneurs, de toute la dignité qui n’est plus une caractéristique intrinsèque de la personne humaine, mais une faveur concédée aux serviteurs et refusée aux traîtres et autres ennemis. On ne sait pas calculer le coût d’un tel régime. On sait simplement qu’il est prohibitif. Le nombre de prisonniers politiques, celui des torturés et des exilés, la quantité d’argent public volé, ne sont que les symptômes aigus de l’infection.

Il y a les effets à long terme qui eux passent inaperçus. Les systèmes bancaires, de santé, de justice et d’éducation sont gérés par un mélange de corruption, d’irresponsabilité, et d’incompétence. Ils finissent, en l’absence de toute évaluation et réformes, par tomber en ruines, avec les effets que l’on imagine sur la population et que l’on imagine moins sur les générations futures. Si l’on ajoute à cela le délabrement moral dû à l’atmosphère de peur, d’impuissance et d’indignité générale, on mesure le degré de souffrance endurée. La société occupée commence d’abord par imploser à travers l’augmentation des inégalités, de la criminalité, du suicide, des divorces, de troubles psychiatriques. Puis un jour elle explose comme par un réflexe de survie.

C’est le terrorisme à l’Algérienne ou à la Saoudienne, ou bien l’insurrection civile comme aujourd’hui en Birmanie et demain dans de nombreux autres pays occupés. Tout le long de la rive sud de la Méditerranée, la question n’est pas de savoir si les peuples vont se soulever, mais quand. Les grands Etats occidentaux, obnubilés par le terrorisme, l’immigration et la stabilité régionale et grands soutiens de nos occupants, seraient mieux inspirés, de cesser de prendre les pyromanes pour les pompiers.

La dictature est aujourd’hui un danger et un fardeau pour tous. La communauté internationale et notamment l’Occident, doit assumer toute sa responsabilité dans son éradication. J’ai suggéré dans ces mêmes colonnes quelques pistes pour renforcer de l’extérieur le combat des résistants de l’intérieur. La dictature doit devenir un crime contre l’humanité et l’ONU assimiler l’oppression d’un peuple par des maffieux, des généraux d’armée ou de police secrète, ou des idéologues psychopathes, au racisme, à l’anti-sémitisme et au colonialisme. Elle pourrait instaurer un mécanisme international de surveillance des élections, invalider toutes celles qui n’obéissent pas aux critères de la démocratie et mettre au ban de la communauté internationale tous les pouvoirs qui en sont issus. Le Boycott doit être systématique, non contre les peuples qui risquent d’être doublement punis, mais contre des hommes bien identifiés.

Un anti-Nobel de la paix qu’on pourrait appeler le prix Hitler pourrait être attribué annuellement au dictateur de l’année (Je nomine tout de suite Ben Ali pour 2009). Tous les tribunaux, notamment dans les pays démocratiques devraient se considérer compétents pour traiter de plaintes des victimes de ces ‘’tortiocraties’’. Mais, une porte de sortie devrait être laissée ouverte en permanence à tous ceux qui accepteraient un passage pacifique à la démocratie en échange de l’impunité. La vie a plus d’importance que la justice et de toutes les façons, ce qui doit primer dans cette dernière est la réparation, non le châtiment. La porte de sortie est nécessaire à des fauves blessés qui se sont enfermés eux-mêmes et ont enfermé la société des quatre côtés, et devenant de ce fait prêts à tout pour défendre leur fourrure.

Certes les temps sont durs pour le peuple birman et tous les peuples occupés soumis ou en lutte, mais ils ne le sont pas moins pour leurs tourmenteurs. Il faut qu’ils deviennent encore plus, afin que s’accélère et que s’achève par cette deuxième indépendance qu’est la démocratie, le processus de libération des peuples opprimés.

Source: Le site du Dr. Moncef Marzouki le jeudi 27 mars 2008

jeudi, 27 mars 2008

Politique et communication : La campagne de Mr Néjib Chebbi, vue du blogosphèrre

Entre réticents, franchement opposés et inconditionnels la candidature de Mr Néjib CHEBBI n’en finit pas de remuer le microcosme politique en Tunisie. Cette entreprise qui contribue essentiellement à répandre l’illusion de l’existence de vraies élections, rend indirectement un service au pouvoir qu’aucun autre moyen n’aurait pu l’accomplir.

Sur le fond Mr Néjib Chebbi aura fait à loisir sa parade jusqu’au bout sans être nullement inquiété. Boudé par « les masses » et délaissé par un microcosme « jaloux de son imposture » il aura consacré l’idée d’une opposition égocentrique immature qui se complait dans sa marginalité au grand dam de la dictature.

Comme dans ses précédentes menées (affaire des locaux), il sera tiré d’affaire par ceux là même qu’il combat et amener à désister pour permettre au pays d’avoir la première femme candidat à la présidence de la Tunisie grâce à son parti. Pour lui son lot de consolation serait d’être admis au parlement cette fois-ci.

En fait on ne pouvait pas trouver meilleur scénario pour animer la cinquième reconduction d’un président à vie.

C’est essentiellement sur la forme que la blogsphère a abordé la question, « Déjà qu'une vraie élection, on n'y croit pas trop » comme disait « Nadia from Tunis », dont des extraits de la note sont repris plus bas, comme ceux de « Tarek » ne manquent pas d’interpeller par leur pertinence  sur la forme de stratégie de communication adoptée :

Politiquement (IN)correct

5130df9c1bd22edd013321dcbfe43a87.jpg« …Depuis quelques semaines, je reçois régulièrement un mail d'information sur la campagne de Mr Néjib CHEBBI, qui se présentait comme candidat du PDP à l'élection présidentielle de 2009 en Tunisie (visiblement il ne le serait plus maintenant mais quelque soit la personne qui sera en charge, la question reste entière). Je voudrais me pencher dessus le plus objectivement possible.

Tout d'abord, les mails. D'après mes informations, on ne reçoit ces mails que si on est inscrit à une sorte de newsletter. Or à moins d'avoir des crises de somnambulisme aiguës, je suis sure de ne m'être jamais inscrite nulle part, d'abord parce que je n'étais pas au courant de l'affaire (oui je sais je suis complètement déconnectée moi aussi), mais aussi parce que je préfère aller chercher mes informations moi-même si un ou des candidats m'intéressent pour avoir une source d'information plus nuancée et variée.

Ceci voudrait dire que quelqu'un m'y aurait inscrite sans me demander mon avis (et je ne suis pas la seule apparemment), ce qui me gêne un petit peu quand même car dans un pays où on ne fait que se plaindre du trop plein de propagande, je comprends qu'on veuille faire du buzz autour d'une candidature, mais pour être crédible, il faudrait peut être attirer les gens vers une proposition plutôt que de les envahir sans crier gare. Mais passons ...

Sur le principe, la communication sur le net me semble être une excellente initiative, ou disons plutôt qu'il était temps que cela se passe ainsi. Certes tous les tunisiens ne sont pas connectés et plongés dans l'univers Internet, mais une tranche intéressante de la population, jeune en particulier, s'informe essentiellement par cette voie.

Maintenant en ce qui concerne le contenu de ces communiqués et autres déclarations. Je constate en passant que, visuellement, on a essayé de pomper le style de Super Mario, ou vois-je double ? Bon je sais il manque un peu de vert, mais quand même ...

Quant au slogan, même remarque ... Super Mario est quand même plus ambitieux puisqu'il promet TOUT alors que le candidat promettait "juste" de faire revivre l'espoir. L'espoir fait vivre quoi!

Le deuxième aspect que je relève concerne la longueur et la consistance de ces messages. J'avoue que je n'ai pas tout lu, et c'est justement cela le problème. N'étant pas la seule à recevoir ces messages, je sais que trouver une newsletter de ce genre dans sa boite email pendant une journée de travail la relègue forcément au status de "à lire après" ou au mieux à celui de "lu en diagonale". Déjà qu'une vraie élection, on n'y croit pas trop, mais voir un candidat vous tomber dessus pendant que vous êtes à six mètres sous l'eau au boulot, ce n'est pas ce qu'il y a de plus urgent à traiter...

Je constate tout d'abord que les communiqués sur l'évolution de la campagne sont écrits en arabe alors que les déclarations le sont en français. Vise-t-on un public différent à chaque fois? Probablement! Car si les tribulations de ces messieurs sur le sol tunisien intéressent les petites gens, les déclarations (contre le terrorisme ou indignation à propos du projet de réforme constitutionnelle) viseraient un autre lectorat: des cercles en particulier, ou des yeux attentifs en dehors des frontières ... »

TUNISIA Watch – 26 Mars 2007

mercredi, 26 mars 2008

TUNISIE-UE: Un mariage de raison

06521cb5179d77d21ed65ef6c51c51e3.jpgL’Union européenne (UE) est aujourd’hui un partenaire économique incontournable de la Tunisie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 70 % des échanges commerciaux du pays s’effectuent avec l’UE, 80 % des échanges de services (notamment le tourisme) aussi. Et 85 % des émigrés tunisiens ont choisi le Vieux Continent comme terre d’accueil (les premières vagues remontent aux années 1960)… Comment en est-on arrivé là ?

Dès son indépendance en 1956, la Tunisie a fait le choix de la modernité. Elle a rompu avec les archaïsmes religieux (avancées notables dans le domaine des droits des femmes, du droit foncier et de la justice) et a lié d’emblée son destin économique à l’Europe occidentale, au détriment de l’Orient arabe et du bloc de l’Est. Le pays quitte cependant la zone franc en 1958, adhère à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (FMI) et prend contact, dès 1959, avec la Communauté économique européenne (CEE). Ces premiers pourparlers mettront dix ans à se concrétiser en raison du - très sensible - dossier agricole, la CEE redoutant que les produits tunisiens (huile d’olive, vin, etc.) ne concurrencent ceux du Marché commun. Il faut attendre la tournée européenne du président Habib Bourguiba en juillet 1966 (Bruxelles, Bonn, La Haye, Luxembourg) pour que la Commission européenne accepte officiellement d’engager des négociations.

Le premier accord est signé en grande pompe à Tunis le 28 mars 1969 en présence des représentants des six pays de la CEE (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas). « La cérémonie la plus solennelle de l’année », écrit alors Jeune Afrique dans son édition du 14 avril 1969… L’alliance a beau n’être que commerciale (quelques produits triés sur le volet peuvent bénéficier d’un tarif douanier préférentiel et d’un quota), tout le monde s’accorde à dire que la Tunisie (5 millions d’habitants et 1,3 milliard de dollars de PIB) et la CEE (200 millions d’habitants et 400 milliards de dollars de PIB) viennent de célébrer de véritables « fiançailles ». Cette année-là, le commerce extérieur entre les deux partenaires se chiffrait à 300 millions de dollars, soit 55 % des échanges de marchandises de la Tunisie.

Au fil des années, les relations se sont développées dans l’intérêt réciproque des deux « fiancés ». À tel point que l’accord initialement prévu sur cinq ans est reconduit en 1975, sous la houlette du commissaire européen Claude Cheysson. Mieux, il est élargi à la coopération technique, financière et sociale. Pour la première fois, la main-d’œuvre tunisienne travaillant dans les pays de la CEE peut bénéficier de prestations familiales et transférer librement ses revenus en Tunisie. Pour Claude Cheysson, cet « accord global » avait, en réalité, pour « objectif final » l’instauration d’une zone de libre-échange (ZLE).

Le 17 juillet 1995, un accord de partenariat, le premier du genre entre l’Union européenne (qui a remplacé la CEE en 1992) et un pays de la rive sud de la Méditerranée, est conclu. Aujourd’hui, la ZLE profite à des milliers d’entreprises des deux côtés de la mer. En quarante ans ou presque, de 1969 à 2007, les échanges entre les deux partenaires ont été multipliés par 200 pour atteindre un volume annuel de l’ordre de 20 milliards d’euros. Les dix millions de Tunisiens ont désormais accès à un marché unique - le plus puissant du monde - couvrant 27 pays peuplés de 500 millions d’habitants et pesant 12 000 milliards d’euros de PIB. En 2006, la Tunisie lui a vendu pour 8 milliards d’euros de marchandises, soit près de 800 euros en moyenne par Tunisien, trois fois plus que la moyenne du Maroc, par exemple. Enfin, et c’est Bruxelles qui l’affirme, la Tunisie est parvenue à profiter des programmes d’aide financière (Meda) en captant 15 % des ressources versées par l’UE à la région méditerranéenne alors qu’elle n’en représente que 5 % de la population.

Samir Gharbi - Jeune Afrique - 23 mars 2008

Voir le Dossier Jeune Afrique : « Tunisie / Union européenne : gagnant-gagnant ? »

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