« Les dernières heures du système Mugabe | Page d'accueil | L'enquête sur le "réseau Belliraj" confirme le démantèlement d'un important groupe islamiste »
mercredi, 02 avril 2008
Faut-il avoir peur de FaceBook ?
Au moment où plus de 16 mille Tunisiens (en Tunisie et à l’étranger) sont membres de FaceBook, il est temps de se poser des questions sur cette présence massive de l’élite de nos jeunes et moins jeunes. FaceBook est-il totalement innocent ? Est-il un simple site de rencontres ? Des relations profondes peuvent-elles s’y tisser ? Peut-il être noyauté par les sectes ou les extrémistes ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de vampires qui y circule ? Peut-on s’y mobiliser pour une grande cause ?
‘‘Bonjour, Une fillette hospitalisée a besoin dans les plus brefs délais d'une importante quantité de plaquettes pour survivre. Si vous voulez faire un don, nous vous prions de nous contacter et nous vous communiquerons le numéro de téléphone de la famille de cette fillette.’’
Tous les Tunisiens présents sur FaceBook avaient reçu ce message la semaine dernière. Il venait de l’une de leurs ‘‘Friends’’ ; Aroua Ben Salah, Modératrice du groupe ‘‘Tunisiens et Don d’organe’’.
Le lendemain, un nouveau message de Aroua : ‘’Merci , en une heure hier j'ai pu avoir 7 volontaires et si seulement 3 d'entre-nous le font effectivement c’est déjà pas mal. Inchallah demain on fera le test. Je voulais aussi vous informer que même les Tunisiens membres de ce groupe qui vivent aux USA, Québec, Europe… ont demandé comment ils pourraient aider. C'est magnifique!’’
Défendre une cause
Depuis quelques mois, c’est de la folie ! C’est la société civile tunisienne qui a trouvé en faceBook un lieu d’expression et de mobilisation.On y voit de tout, des sujets les plus ludiques aux causes les plus nobles en passant par l’utile, l’agréable et l’anecdotique. Voici quelques uns des groupes les plus prisés, pêle-mêle :
The Best places in Tunisia - Les meilleurs sites Tunisiens _ Stop à La FAIM ET LA PAUVRETE DANS LE MONDE _ TounesBledi Radio _ Luttons contre le sida en Tunisie : Against HIV/AIDS in Tunisia _ Activate Tunisie _ The SPAM application blacklist _ Pretty women _ Sauver l'île de Zembra _ Tell Google Earth Jerusalem is Not the Capital of Israel _ Arts & Culture _ LE MONDE DU CINEMA TUNISIEN _ Tunisian Cinema _ El Teatro _ End the siege on Gaza now.... _ Latina Café _ psys en Tunisie _ Dream City - Unclassified Project Alejandro _Amenabar Fan Club _ Israel: Terrorist State _ Action against Facebook delisting "PALESTINE" as a country / Hometown _ PHOTOGRAPHIE DE LA TUNISIE _ Pour les amoureux de la chanson française _ Absolut Beirut _
Et la liste est encore longue, très longue.
Les stars, les journalistes…
Beaucoup de stars tunisiennes sont sur FaceBook, accessibles et disponibles pour tous, n’hésitant pas à partager leur agenda, informant sur leurs voyages, leurs projets, répondant avec gentillesse aux demandes de listing et aux questions… Parmi eux, on peut voir les comédiens les plus en vue comme Hichem Rostom, Taoufik Jébali, Raouf Ben Yaghlane, Mohamed-Ali Ben Jemaâ, Saoussen Maâlej…
Il y a aussi beaucoup d’animateurs-vedettes de la de radio, des gens du théâtre, des cinéastes…
Quant aux journalistes, c’est à leur adresse que Propiare Conseil a créé un Club des médias nommé ‘’Erricha’’. Ce Club, qui compte déjà, une quinzaine de jours à peine après son ouverture, près de 80 journalistes tunisiens, semble en voie de suivre un développement rapide.
Réservé aux journalistes, blogueurs et professionnels des médias, il se veut, selon Senda Baccar, CEO et fondatrice de Propiare Conseil, ‘‘…un port d'attache afin d'y partager (avec les professionnels des médias) notre métier, ce qui nous anime, ce qui nous passionne, ce qui nous hérisse... ce qui nous unit.’’ Dans cette page, les journalistes (presse écrite, radio, télévision, …) et blogueurs publieront des informations, relateront des événements et proposeront des articles qui les auront interpellés.
Le forum permet, précise-t-elle, ‘‘…de discuter de divers sujets intéressant les médias et de réagir sur des articles publiés par nos confrères sur divers supports.’’
Bien évidemment, l’idée de ce groupe est également de créer des synergies entre les professionnels des médias en Tunisie et de leur assurer une nouvelle forme de visibilité, liée à l’apparition de moyens de communication inédits tels que les blogs ou les sites communautaires. Mme Baccar insiste à ce sujet en affirmant : ‘‘Mon souhait le plus cher est que les journalistes et blogueurs tunisiens rayonnent en Tunisie et à l’étranger. Ce groupe devrait constituer rapidement une véritable référence professionnelle pour les gens du métier.’’
L’élite des jeunes et des moins jeunes
Mais que vous soyez star, journaliste, étudiant, cadre… il y a un dilemme non dit. Car, n’ayons pas peur des mots, pour rejoindre FaceBook, vous devez faire partie d’une sorte d’élite. Il faut à la fois disposer d’un ordinateur, d’une connexion pas trop mauvaise, être un bon francophone et un bon anglophone, avoir un niveau universitaire pour soutenir une ‘’conversation’’ digne de ce nom, avoir la fibre de la sociabilité, croire en la nécessité de se faire des amis, savoir communiquer, savoir mobiliser… Cela fait beaucoup, certes, mais il y a apparemment au moins 16 mille Tunisiens qui ont ces qualités puisque tel est le nombre de nos compatriotes (en Tunisie et à l’étranger) qui font partie de FaceBook.
Tout ce joli monde est là pour se mobiliser autour de causes civiles mais aussi pour communiquer, connaitre et se faire connaitre. Il y a ceux qui annoncent qu’ils sont à la recherche de l’âme-sœur. D’autres tiennent à signifier qu’ils sont liés, fiancés ou mariés, allant jusqu’à publier leurs photos de famille. Il y a ceux qui affichent leur identité réelle et ceux qui jouent sur les mots et même les photos. Etes-vous un ange, Noussa ? Pourquoi avez-vous changé de photo, Yasmine ? Etes-vous une gothique Ahlem ?
On n’hésite pas à vous envoyer un message pour vous demander qui vous êtes. Certaines correspondances vont même au fond des choses, parlant de choses personnelles pour aider l’autre à dépasser l’un des moments difficiles de sa vie. Nous avons ainsi vu des messages d’amertume (du genre : ‘‘Il vaut mieux se taire !’’) se changer en message d’espoir (comme : ‘‘Merci à tous mes amis !’’).
La chasse aux sorcières
Avec ceux qui soutiennent une cause, il y a aussi ceux qui défendent une thèse. Amel Djait Belkaid, par exemple, vient de mener une expérience interdite par FaceBook pour prouver que les sectes sont capables de mobiliser à l’intérieur de ce réseau. Etudiante en psychologie, elle est en train d'écrire une thèse sur la formation des sectes et leur propagation en se motivant par le fait qu’un journaliste du monde a écrit un article où il expliquait comment aujourd'hui n'importe quelle personne pouvait créer un groupe sur Facebook et toucher 100 000 personnes en quelques semaines. Il demandait donc à Facebook de surveiller de plus près le contenu des groupes et les messages véhiculés.
Facebook a préféré fermer les yeux, prétextant que le volume d'information rendait tout contrôle impossible. Et voilà Amel sur la brèche : ‘‘Le but de ma thèse est de montrer qu'il est en effet possible de créer un groupe et d'y faire adhérer plus de 100 mille personnes en 1 mois (l'objectif est désormais passé à 250 000!) - afin de demander à Facebook de surveiller le contenu de plus près et d'éviter la prolifération des sectes. Ce projet reste ouvert jusqu’au 21 Avril.
Les sectes deviennent tellement puissantes, convaincant les plus célèbres et les plus influents à les rejoindre que nous nous trouvons aujourd'hui devant un vrai dilemme; ou bien laisser faire, ou bien nous mobiliser pour les rendre à ce point transparentes qu'elles ne seraient plus en mesure de faire le mal que beaucoup d'entre-elles ont fait, font et feront. C’est le défi d’Amel.
Les vampires, les gothiques… ?
Ne croyez surtout pas ce que l’on pourrait vous dire. Ce ne sont que des petits programmes virtuels assez amusants, juste pour faire sourire tous ceux qui sont à ce point stressés qu’il faut vraiment déployer des trésors de créativité pour les sortir du laminoir.
Et c’est peut-être cela la principale qualité de FaceBook et la raison de sa notoriété auprès des jeunes et moins jeunes Tunisiens !!!
Manoubi AKROUT – Le Quotidien du 02 Avril 2008
14:56 Ecrit par TUNISIA Watch dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, FaceBook




