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lundi, 05 mai 2008

Image de la France en Afrique : Les ambassadeurs français reconnaissent qu'elle se dégrade

Par Moustapha BARRY

C'est leur avis couché sur un document du Quai d'Orsay qui enquêtait sur la question. Ainsi, la France n'est plus la référence unique en Afrique. Plusieurs raisons ont été évoquées, dont l'intervention militaire intempestive, l'exploitation des richesses du continent et la fermeture des frontières françaises aux populations africaines.
(Correspondant permanent à Paris) - Ce n'était qu'un secret de polichinelle que refusaient de reconnaître les autorités françaises. Maintenant, c'est chose faite.


Les quarante-deux ambassadeurs de la France en poste en Afrique soulignent, dans un document qui leur a été soumis, que l'image de la France s'est dégradée en Afrique. C'est l'information donnée par le journal Le Monde, qui a reçu le document, dans son édition de vendredi dernier. ‘Non seulement Paris perd pied sur le continent noir, mais son image se dégrade.
Objet de débat depuis quelques années, cette réalité est désormais officiellement reconnue et préoccupe le sommet de l'Etat. Multiforme, le constat est dressé dans un ensemble de télégrammes rédigés à la demande du Quai d'Orsay à l'automne 2007 par 42 ambassadeurs en poste en Afrique', écrit le quotidien du soir français. D'après le document consulté par Le Monde qui cite un télégramme de synthèse, l'image de la France ‘oscille entre attirance et répulsion dans nos anciennes colonies, au gré du soutien politique ou des interventions, militaires notamment, dont ont fait l'objet ces pays'.

Citant un diplomate qui a participé à l'enquête, Le Monde reconnaît avec lui que ‘la France n'est plus la référence unique ni même primordiale en Afrique. Les Français ont du mal à l'admettre'.
A l'origine de cette dégradation de l'image de la France, il y a les interventions militaires intempestives dans des pays considérés antidémocratiques, les réseaux économiques françafricains, notamment à travers Elf qui a défrayé la chronique il y a quelques années. D'autres raisons sont citées comme la rude concurrence que subit la France dans le continent. Avec des pays comme les Etats-Unis, l'Inde, la Chine, le Brésil et maintenant les pays arabes.

Pire, ‘loin de la pensée misérabiliste, (...) les progrès accomplis par l'Afrique sont importants et largement sous-estimés par l'opinion et les observateurs' français, estime le document. L'exploitation des richesses africaines ont également participé à ternir l'image de la France sur le continent. Selon Le Monde, ‘la voracité prêtée à la France en matière d'exploitation des ressources naturelles pèse aussi'. Avant de nuancer en disant que, ‘là encore, l'idée selon laquelle Paris tire toutes les ficelles dans ses ex-colonies relève du leurre, assurent les diplomates, puisque les principaux intérêts français se situent en Afrique anglophone.

Le Nigeria et l'Afrique du Sud concentrent la moitié des échanges français avec le continent'. Certes, mais l'on sait que ce renversement de situation est récent et que les facilités obtenues par les entreprises françaises dans ses ex-colonies en matière d'exploitation des ressources sont sans commune mesure. Ce que l'opinion française et certains spécialistes français du continent n'admettent pas.

La mobilité des personnes entre la France et l'Afrique francophone participe également à brouiller l'image de l'Hexagone. ‘Les Africains francophones ont l'impression d'être délaissés, voire de ne pas être payés en retour par une France en repli (immigration, visas, réduction de l'aide, traitement des anciens combattants)', assènent encore les télégrammes, pointant ‘le risque réel que les jeunes générations se détournent de la France', écrit Le Monde. Qui constate que ‘l'ennui est que la France n'a plus les moyens de ses ambitions.

Son immense réseau de coopérants a presque disparu et elle ne maîtrise qu'un tiers du volume de son aide, le reste se partageant entre la réduction de la dette et l'aide distribuée via l'Union européenne. En conséquence, les réalisations françaises sont mal identifiées et moins visibles que les immenses stades ou palais des congrès construits par les Chinois. Certaines ambassades vont jusqu'à plaider pour une dé-communautarisation des budgets'.

La plupart des autorités françaises refusent de reconnaître publiquement que la France n'est plus cette grande puissance d'avant la première guerre mondiale. Elle est devenue, depuis 1945, une puissance régionale, dont l'influence est limitée dans l'Afrique francophone où elle perd, d'ailleurs, de plus en plus de terrain.

Ce qui n'arrange pas les choses, c'est que les jeunes générations africaines ne considèrent plus la France comme une référence absolue en matière d'études, notamment universitaires. Même si la France reste, toujours en nombre d'étudiants africains, la destination privilégiée des jeunes Africains à cause de la langue. Mais de plus en plus, les Africains se dirigent vers les universités anglo-saxonnes.
En plus, c'est la génération des ‘soixante-huitards' qui prend, à la tête des pays africains, le relais des générations qui ont conduit le continent à l'indépendance, comme d'ailleurs en France depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Des dirigeants qui ne sont pas forcément encartés dans une Françafrique dévoyée. Il faut aussi noter que l'opinion publique africaine, de plus en plus forte, est de moins en moins ignorée par les dirigeants dans leur prise de décision à cause de la démocratisation progressive du continent.

Toutes choses que la France ne doit pas ignorer si elle veut encore peser dans ses relations avec ses anciennes colonies.


walf quotidien

Processus de 50 ans de restrictions du droit de candidature à la présidence de la république en Tunisie

Etat des lieux

Les Conditions de candidature à la charge du président de la république ont fait l’objet, par le biais d’une série d’amendements successifs apportés à l’article 40 depuis la promulgation de la constitution en 1959 à nos jours, d’une limitation restrictive au point que seul aujourd’hui le candidat du RCD (parti au pouvoir) peut se présenter aux élections suivant les conditions ordinaires édictés par la constitution (Art 40 §1). Pour permettre au président Ben Ali d’avoir des concurrents à l’image de sa « démocratie », la méthode choisi a consisté à faire adopter par la chambre des députés avant chaque élection présidentielle une dérogation exceptionnelle édicté suivant le profil de candidat recherché que ce dernier veut affronter.

Aujourd’hui, on peut connaître nominativement les candidats qui vont jouer le rôle du lièvre du président dans la course des prochaines élections de 2009. D’après le dernier amendement adopté en première lecture par les députés le 24 avril 2008 le président Ben Ali vient d’élire à ce « privilège » 6 candidats potentiels : 

  1. - Mohammed Bouchiha secrétaire général du Parti de l’unité populaire PUP,
  2. - Ahmed Inoubli : secrétaire général du Parti démocratique unioniste UDU,
  3. – Amed Ibrahim secrétaire général du Mouvement Ettajdid,
  4. - Maya Jribi : secrétaire général du Parti démocratique progressiste PDP,
  5. - Mondher Thabet: secrétaire général du Parti social libéral PSL,
  6. – Ismail Boulahia : secrétaire général du mouvement des démocrates socialiste MDS.

Sur cette liste les deux dernier ont déjà fait savoir qu’ils ont choisi  de faire du président ben Ali le candidat de leur parti et qu’ils ne feront pas acte de candidature. Un autre parti  (le PDP) s’obstine à faire valoir son propre choix. Le mouvement Ettajdid semble de plus en plus hésitant à faire partie de la mascarade même si certains en son sein refusent toujours de voir la triste réalité politique du pays que leur précédente participation a contribué à installer.

En fait, seuls deux, sur dix millions de tunisiens, réunissent tous les critères nécessaires pour faire partie de la démocratie du président Ben Ali. Mr Mohammed Bouchiha secrétaire général du Parti de l’unité populaire PUP, est un proche de la famille présidentielle puisqu’il est un cousin de Mme Laila Trabelsi Femme du président. Il a déjà été candidat en 2004 et Mr Ahmed Inoubli : secrétaire général du Parti démocratique unioniste UDU. Cet avocat nationaliste arabe du nord ouest, reconverti à la politique après une carrière militaire, n’était pas inconnu pour le président ben Ali. Son ascension est due à la disgrâce qui a frappé l’ancien secrétaire général de son parti. Mr Abderrahmane Tlili qui s’est présenté aux élection présidentielle de 2004 croupis depuis en prison.

Aucun autre Tunisien en dehors de ces sept personnes, en ajoutant aux six cités plus haut le président Ben Ali ne peut prétendre au droit de se présenter aux élections présidentielles dans les conditions constitutionnelles actuelles imposé par la dictature. Sur ces sept candidats seul le président Ben Ali au nom du Parti au pouvoir (RCD) peut réunir le nombre d’élus nécessaire pour le parrainage de sa candidature et se présenter suivant les conditions ordinaire de l’art 40§1. Lautres doivent la possibilité de leur candidature à la dérogation exceptionnelle objet de l’amendement constitutionnel en cours. Cet amendement constitutionnel ne permet pas aux partis d’opposition de choisir leur candidat à cette élection, comme l’ont fait noté certains député d’opposition lors des récent débats au parlement (1).

Cette étrange situation est illustrée par la position dans laquelle s’est trouvé le candidat choisi par le Parti démocratique progressiste. Le PDP avait déjà choisi de présenter son ex-secrétaire général à ces élections. L’amendement en cours d’adoption vient prendre à contre-pieds la décision de ses instances dirigeante en l’obligeant de présenter Mme Maya Jribi sa secrétaire général actuelle s’il veut avoir de candidat aux prochainex élections présidentielle.

Il n’est un secret pour personne l’objectif visé par un tel amendement constitutionnel : assurer au président Ben Ali les conditions formelles d’une compétition présidentielle plurielle pour alimenter son appareil de propagande et  sa langue de bois sur les avancés démocratiques réalisés par lui en Tunisie. Un système ou toutes les élections sont organisées par le parti au pouvoir et systématiquement truqués pour afficher des taux de participation de plus de 80% et une unanimité de vote pour le président de l’ordre de 99%.

Histoire d’une restriction de souveraineté sans fin

D’après le texte original de la constitution tunisienne promulguée après l’indépendance le 30 Janvier 1959 « la candidature à la charge de président de la république est un droit à tout tunisien de père et de grand père tunisien, âgé de 40 ans et en possession de ses droits civiques ». Voici les principaux amendements que cette disposition a connus au cours des cinquante dernières années :

1975 - Le parlement totalement occupé par les député du parti unique au pouvoir,  décide à la stupéfaction générale et contrairement aux principes républicains et constitutionnels les plus élémentaires d’instaurer par une dérogation spéciale une présidence à vie au profit du président en exercice Habib Bourguiba (Le 19 Mars 1975)

1976 - La condition d’être de religion musulmane a été ajoutée aux conditions générales de candidature.

A la même occasion la candidature a été soumise à la condition d’être présentée par un nombre d’élus suivant des modalités et les conditions à déterminer par le code électoral. (Le 08 Avril 1976)

1988 - La condition de ne pas avoir de double nationalité ainsi que la condition d’être aussi de mère et de grand père maternel tunisiens sont ajoutés aux conditions générales. Une condition de limite supérieure d’age ne dépassant pas les 70 ans a été aussi ajoutée. (Le 25 Juillet 1988)

1999 - Une dérogation exceptionnelle pour les élections présidentielles de 1999 a accordé au premier responsable de tout partis politique qu’il soit président ou secrétaire général de partis le droit de se présenter à condition qu’il soit en fonction le jour de sa candidature et depuis cinq ans successifs au moins et que sont partis soit représenté à la chambre des députés. (Le 30 Juin 1999)

2002 - La limite d’age supérieure pour se présenter a été portée à 75 ans. la condition exigeant que la candidature doit d’être présentée par un nombre d’élus a été détaillée en exigeant que les élus soient des députés ou des présidents de municipalité. (Le 1er juin 2002)

2004 - Une nouvelle dérogation exceptionnelle pour les élections présidentielles de 2004 accorde aux partis politiques le droit de présenter leurs candidats. Cette dérogation, sous les même réserves d’être en fonction le jour de sa candidature et depuis cinq ans successifs au moins et que sont partis soit représenté à la chambre des députés, a été élargie cette fois aux responsables des instances dirigeante de chaque parti avec les mêmes conditions.

2008 Une nouvelle dérogation exceptionnelle pour les élections présidentielles de 2009 est en cours de ratification devant la chambre des députés. Le projet ne distingue plus entre partis représenté au parlement et partis non parlementaire mais revient à la limitation de candidature aux seuls premier responsable des partis à condition d’être élus par un congrès de leurs parti et en fonction depuis deux ans au moins.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis Le 5 Mai 2008

1- Voir les intervention des députés d’opposition au cours des débats parlementaires sur ce projet ( Al Mawkif n°450 du 2 mai 2008 page 5)

En Tunisie, Ben Ali défait la toile


Boîtes mails piratées, sites interdits, censure aléatoire, militants ou anonymes emprisonnés: enquête sur le Web tunisien au lendemain d'une visite où Nicolas Sarkozy a estimé que «l’espace des libertés progresse» dans le pays.
 
François Meurisse
 
LIBERATION.FR / jeudi 1 mai 2008
   
 
C’était certainement de l’ironie onusienne. En 2005 se tenait à Tunis le Sommet mondial sur la société de l’information. Car depuis, la situation d’Internet et de ses utilisateurs - déjà guère brillante - ne s’est pas améliorée dans le pays. Tour d'horizon des petites tracasseries et grosses censures dont souffrent les militants des droits de l’homme et les Tunisiens lambda.
 
     
     
 

«Oui, dernièrement il y a une évolution d’Internet en Tunisie. Vers le serrage de vis.» Le jugement de la journaliste indépendante Sihem Bensedrine est lapidaire. Mais l’infatigable opposante au régime de Ben Ali ne se fait pas prier pour expliquer les problèmes rencontrés par les internautes tunisiens. Et la liste est longue: «Régulièrement, les militants et les journalistes voient leur connexion coupée et quand on fait une réclamation, les opérateurs nous assurent que tout est normal. Ensuite, certains mails n’arrivent tout simplement pas (Avant de la joindre par téléphone, Liberation.fr lui avait envoyé un courrier électronique qu'elle assure n’avoir jamais reçu, ndlr). Et depuis une semaine, on voit arriver certains courriers dans notre boîte de réception mais impossible de les ouvrir, d’y répondre. Ils disparaissent complètement, ils ne se retrouvent ni dans la corbeille ni dans les spams. C’est vraiment très performant.»

L’ancien magistrat Mokhtar Yahiaoui, suspendu de ses fonctions pour avoir dénoncé dans une lettre ouverte en 2001 le manque d’indépendance de la justice, est lui aussi victime de rutpures de connexion et de la prise de contrôle inopinée de sa boîte mail. «Je sais que des gens ont accès à mon courrier électronique. De nombreux sites, et même des fils RSS, sont censurés en Tunisie. J’ai parfois l’impression d’être coupé de l’actualité.».

«Il ne sera répondu à aucune question concernant l’arrêt définitif du site»

Car bien sûr nombre de sites indépendants ont été interdits. C’est le cas du populaire mag Tunezine, uniquement disponible désormais par mailing-list (quand elle arrive...) et qui précise sur sa page d’accueil qu’«il ne sera répondu à aucune question concernant l’arrêt définitif de fonctionnement du site». Ambiance. Interdit aussi, YouTube. Et de temps à autre - quand ils évoquent le cas tunisien - les sites des journaux étrangers, dont celui de Libération en février 2007.

La responsable du bureau Maghreb de Reporters sans frontières Hajar Smouni explique que la censure est parfois plus discrète. «L’an passé, j’ai essayé de me connecter depuis la Tunisie sur le site d’Human Rights Watch, la connexion avait l’air possible, le haut de la page s’affichait... mais c’est tout. Parfois les délais de chargement sont si longs que l’internaute abandonne.» Evidemment, le site de RSF qui a déclaré le régime tunisien «ennemi d’Internet», n’est pas accessible dans le pays.

Dans les cybercafés, les restrictions sont légion

Pourtant la pénétration d’Internet progresse en Tunisie. Selon les chiffres officiels de l’Agence tunisienne d’Internet, il y avait 1.765.430 utilisateurs du web en mars 2008 pour 6.029 sites et 105.855 abonnés au haut débit. Sihem Bensedrine confirme que les jeunes «prennent d’assaut les cybercafés», qu’on appelle en Tunisie des publinets. Mais là encore, les restrictions sont légion. Impossible d’utiliser des disquettes ou des Cd-roms. Impossible de vider sa corbeille ou aussi d’effacer l’historique des sites visités. . Les téléchargements et l’emploi de clés USB se font sous le contrôle des responsables du lieu. «Et tous ces renseignements sont ensuite envoyés à ces messieurs du contrôle», assure Sihem Bensedrine. «Sur les murs des publinets, il est écrit que les sites pornographiques sont interdits mais en Tunisie, la pornographie a apparemment un sens très étendu» conclut-elle.

Mais ce n’est rien comparé aux militants ou simple anonymes emprisonnés. L’avocat Mohammed Abbou est ainsi resté sous les verrous plus de deux ans et demi pour avoir écrit sur Internet que les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie étaient comparables aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib en Irak. Ramzi Bettibi a lui été condamné à quatre ans de prison pour avoir copié un article appelant à l’organisation d’attentats terroristes à l’occasion de la visite d’Ariel Sharon en 2005.

Les «internautes des Zarzis» libérés, pas le Web

Mais le cas le plus célèbre de «prisonniers du net» est celui de huit jeunes gens et d'un professeur de la ville des Zarzis. Soupçonnés de liens avec Al-Qaïda, ils avaient été condamnés en 2004 à des peines très lourdes (près de 20 ans de réclusion pour la plupart d’entre eux) pour avoir prétendument préparé des attentats islamistes. Pour la militante des droits de l’homme Luiza Toscane qui a suivi l’affaire de près, «il s’agissait de préparer le terrain pour la loi antiterroriste qui allait entrer en vigueur.» «Preuve» de la nécessité de cette nouvelle législation, «alors que le ciel était tout bleu en Tunisie, 1.500 personnes ont été arrêtées depuis pour “terrorisme”.»

Aujourd'hui les «internautes des Zarzis» sont libres mais Internet reste verrouillé, piraté, instrumentalisé. Si, pour reprendre les mots de Nicolas Sarkozy, «l’espace des libertés progresse» en Tunisie, ce n’est certainement pas l’espace virtuel.

Rama Yade se défend d'avoir «fait tapisserie» en Tunisie


Elle assure avoir discuté «sans tabou, de tous les sujets» avec les associations et les autorités tunisiennes.
   
La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade s'est défendue vendredi d'avoir "fait tapisserie" lors du voyage du président Nicolas Sarkozy en Tunisie et a assuré avoir discuté "sans tabou, de tous les sujets" avec les associations et les autorités tunisiennes.
 
     
 

"Je ne suis pas venue pour faire tapisserie", a déclaré Mme Yade sur Europe 1. "Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait: j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'Homme", a-t-elle souligné, rappelant qu'elle avait rencontré mardi à Tunis le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.

"J'ai aussi rencontré les autorités tunisiennes avec qui j'ai discuté de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite: torture, censure, peine de mort", a-t-elle dit.

Mme Yade, qui faisait partie de la délégation accompagnant M. Sarkozy lors de sa visite d'Etat lundi et mardi en Tunisie, est restée très discrète au cours du voyage. Lors de cette visite, M. Sarkozy a affirmé que "l'espace des libertés progresse" en Tunisie, suscitant la colère des associations tunisiennes.

"Quand un président fait une visite d'Etat, il n'est pas là pour insulter ceux qui l'invitent", a déclaré Mme Yade.

"Mais à travers mes rencontres, et les sujets abordés en détail avec les autorités et les ONG, je crois qu'on a bien montré que notre intérêt se portait aussi sur les libertés et qu'il y avait des efforts importants à faire", a-t-elle dit.

 

AFP / LIBERATION.FR : vendredi 2 mai 2008

 

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