« 2008-05-08 | Page d'accueil | 2008-05-10 »
vendredi, 09 mai 2008
L’affaire Hedi Oueld Baballah ou comment dire merci après le lynchage et la prison
Avez-vous jamais entendu parler en Tunisie de quelqu’un appréhendé en possession de drogues et accusé en plus de ça de trafic de devises libéré au bout de deux mois de son arrestation ? C’est la question qu’est venu poser l’humoriste tunisien Hedi Oueld Baballah le 3 mai dernier au siège du syndicat national des journalistes aux nombreux journalistes présents à l’occasion de la parution de leur rapport annuel sur la liberté de la presse en Tunisie.
Victime d’une manipulation politico-judiciaire ce dernier alors qu’il circulait en voiture a été arrêté par un contrôle de police de routine qui tourna à une fouille de la voiture d’ou on lui dira avoir sorti un morceau de came « Zatla » pour justifier son embarquement et sa mise sous écrous. Plus tard on l’informa de faire l’objet d’une autre poursuite pour détention illégale et trafic de devises résultat d’une autre prétendue fouille effectué dans sa maison.
Les deux chefs d’accusation constituent les deux crimes les plus sévèrement réprimés en Tunisie. Arrestation automatique, aucune possibilité de libération conditionnelle, aucune prise en considération de circonstances atténuantes et impossibilité de réduction de peine. L’accusé et condamné à la peine maximale et ne peut être libéré qu’après l’expiration de la totalité de sa sanction. Quand on ajoute à tout cela que la preuve du délit soit saisi par la police directement qui devient par ce fait plus témoin qu’enquêteur ne laissant ainsi aucune marge de doute possible au juge qui doit se contenter de prononcer la sanction fut-il indépendant, on comprend ces délit sont les plus prisés par la police politique en Tunisie pour détruire ceux qui s’aventure de se mettre au travers du parcours de leur patron.
Une fois l’affaire ainsi bouclé l’information est transmise à la presse qui en fait un scoop qui se charge du reste et le scandale ainsi publicité devient prend des proportions pires que la sanction attendue car ce sont les enfants la famille et tous les parent qui se trouvent directement lynchés publiquement.
C’est principalement sur cet aspect qu’a voulu Hedi Oueld Baballah attirer l’attention des journalistes en se présentant directement à leurs syndicats. « L’information le concernant rapporté par le journal à grande distribution « Al Chourouk » en février dernier été présenté dans une formule qui ne souffrait aucun conditionnel alors qu’il n’avais même pas été présenté au ministère public lors de sa publication. » à déclaré l’humoriste.
Plus grave encore l’humoriste dans une plainte déposée auprès du syndicat accuse le journaliste Samir El wafi animateur de l’émission « Essaraha Raha » sur Hannibal Tv d’avoir fabriqué de toute pièce une interview qui lui a attribué et de l’avoir publié sur le journal « Assarih » du 4 avril 2008 dans le quel il lui ampute des propos qu’il n’a jamais tenu du genre « Certains ont voulu exploiter mon affaire contre mon propre pays, ce que je refuse catégoriquement » ou on me prêtant d’avoir dit qu « j’ai envoyé un message de gratitude et de reconnaissance au président de la république dans laquelle je lui exprimait ma fidélité, mon soutien et mes remerciements ». Hedi Oueld Baballah précise avoir repoussé avant la publication de cet interview une invitation de l’animateur pour être l’hôte de son émission et que le journaliste en question lui aurait dit quand il a voulu savoir les raisons de ses agissements « qu’a voulu lui rendre service en lui prêtant de tels propos ».
Cette affaire jette la lumière une autre fois de plus sur la nature et les prolongements des tentacules du système d’oppression sur lequel contenue à reposer notre dictature.
Pour consulter l’article du journaliste Tawfik Ayach publié par Mouatinoun sur la question :
17:49 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Hedi Oueld Baballah, Médias
Bertrand Delanoë confronté à la "bande de Gaza" tunisienne
Bertrand Delanoë tente de programmer aujourd'hui en Tunisie une aide d'urgence aux "villes victimes des émeutes de la faim" dans ce pays. En sa qualité de président de l'association internationale des maires francophones (AIMF), réunis en congrès du 8 au 10 mai à Tunis avec l'organisation des villes arabes (OVA), le maire de Paris a annoncé cette aide. Mais la difficulté d'accès est, en réalité, un obstacle de taille au déploiement de cette générosité.
Une zone d'ombre du prétendu "miracle économique" tunisien
Selon des sources concordantes, l'isolement de la ville de Redeyef au sud-ouest de la Tunisie est total. Opérant un filtrage tatillon des entrées et des sorties, les forces de l'ordre encerclent cette sous-préfecture de la région de Gafsa depuis un mois. Au point que, dans un pays où, hormis le journal d'opposition Al Mawkef en butte à des tracasseries de toutes sortes, la presse ne souffle mot de ces événements, cette commune isolée a pris le nom populaire de "bande de Gaza".
Le bassin minier de Gafsa connaît un chômage massif, évalué à près de 30%, le double de la moyenne nationale. Cette région apparaît comme la principale zone d'ombre du prétendu "miracle économique" tunisien.
Selon le Comité, basé à Paris, de soutien aux luttes du bassin minier de Gafsa, un jeune diplômé-chômeur est mort, le 7 mai, dans la localité de Oued Jmel, électrocuté à la suite d'une intervention musclée de la police. Celle-ci entendait le déloger, ainsi que plusieurs de ses camarades de condition, d'un générateur électrique dont ils avaient bloqué la distribution d'énergie en direction du principal pourvoyeur d'emploi de la région. A Tunis, le parti d'opposition légale Ettajdid (ex-communiste) a demandé ce jour une enquête officielle sur ce décès, que le pouvoir présente, de son côté, comme la suite accidentelle d'une tentative de franchissement d'une barrière électrifiée par ce jeune chômeur de vingt-quatre ans.
Népotisme à l'embauche et clientélisme comme système de gouvernement
Entreprise publique, la compagnie d'exploitation des phosphates est la cible d'un mouvement de protestation entamé début janvier contre son népotisme à l'embauche. En fait, sous le régime de Zine Ben Ali, le clientélisme, qui repose sur l'allégeance au chef de l'Etat, fait figure de système de gouvernement.
La contestation est, dans ce pays, constamment réprimée. Mais, le 9 avril dernier, une manifestation massive de la population locale avait cependant contraint le pouvoir à libérer des prisonniers arrêtés quelques jours auparavant. Il s'agissait de syndicalistes et de jeunes chômeurs à la pointe de la protestation. Leur « tort » avait été d'aller chercher et d'avoir obtenu dans la capitale, Tunis, l'appui des associations de défense des droits humains, qui font elles-mêmes l'objet d'un harcèlement permanent des autorités.
Depuis, la population de Redeyef, paupérisée, subit les affres d'un huis clos que, natif de Tunisie, Bertrand Delanoë semble vouloir rompre. L'aide de la Ville de Paris et de ses consoeurs francophones et arabes arrivera-t-elle toutefois à bon port?
PRÉCISION de l'attaché de presse de Bertrand Delanoë
L'attaché de presse de Bertrand Delanoë me demande de préciser que ce dernier n'englobait pas la Tunisie, ni a fortiori ses régions du sud-ouest, dans l'aide en faveur des populations "victimes d'émeutes de la faim" dans le monde entier. Lionel Bordeaux, qui accompagne le maire de Paris à Tunis ces 8, 9 et 10 mai, relève une mésinterprétation de ma part dans l'annonce de soutien de l'AIMF et de sa consoeur des villes arabes: le sud-ouest tunisien n'est pas concerné. Président d'une association comptant 167 villes francophones, Bertrand Delanoë, dans un souci d'équité, ajoute-t-il, n'entendait pas faire l'objet d'un reproche de favoritisme au regard de ses attaches tunisiennes bien connues.
Autre précision: c'est uniquement à la demande de ses membres que l'AIMF peut ou non octroyer des aides; or, contrairement par exemple à celui d'Haïti ou du Burkina Faso, le maire de Tunis, secrétaire général de l'AIMF, n'en a pour sa part pas fait état. Fallait-il pour autant parler, en plein Tunis, ce cette aide après que le bassin minier de Gafsa eut connu, depuis le mois de janvier, un vaste protestation contre ses conditions de vie? Réponse: la réunion du bureau exécutif de l'AIMF avait été décidée depuis six mois.
Quand nous l'interrogeons sur la différence entre l'avis de Nicolas Sarkozy, qui avait récemment donné un satisfecit dithyrambique à Zine Ben Ali en matière de droits de l'homme, et la position de Bertrand Delanoë, possible candidat à la présidentielle de 2012, le responsable de la communication de ce dernier, qui connaît très bien à l'en croire ce qui se déroule en Tunisie, me prie avec insistance d'alerter plutôt les lecteurs et les internautes sur des situations bien plus graves et bien plus dramatiques, comme en Birmanie. Une manière de botter en touche identique à celle employée, sur France Inter, par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner.
Source Rue89
12:05 Ecrit par Wicem SOUISSI dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Tunisie: 14 salafistes condamnés à de la prison pour avoir tenté de fabriquer une "bombe à hydrogène"
TUNIS - Quatorze jeunes salafistes tunisiens présumés ont été condamnés jeudi par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis à des peines allant de cinq à 14 ans de prison ferme pour appartenance à une organisation terroriste et tentative de fabrication d'une "bombe à hydrogène" destinée à des actes de sabotage, a-t-on appris auprès de l'un de leurs avocats, Me Samir Ben Amor.
Originaires du sud du pays, les accusés, âgés de 19 à 30 ans, ont été arrêtés en novembre 2006. Selon les procès-verbaux de l'affaire, le chef de file du groupe aurait avoué avoir expérimenté à deux reprises au Jebel Metlaoui, une montagne du centre-ouest tunisien, l'engin que le groupe s'employait à fabriquer. L'accusation a été niée par le prévenu lors de sa comparution devant le tribunal, a précisé l'avocat.
La défense a plaidé le non-lieu en faisant valoir que les griefs retenus contre les accusés relevaient de "l'irréel", en se basant notamment sur les objets saisis "inconsistants", à savoir un morceau de bois rectangulaire sur lequel étaient posés trois transformateurs électriques, selon Me Ben Amor qui compte interjeter appel de ce jugement.
Des procès en série de centaines présumés salafistes sont régulièrement examinés par les tribunaux tunisiens en vertu de la loi anti-terroriste adoptée en décembre 2003 et décriée par l'opposition et nombre d'associations pour "atteinte aux droits humains". (AP - Jeudi 8 mai 2008)
10:57 Ecrit par TUNISIA Watch dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, salafistes tunisiens
Tunisie: L'opposition veut la lumière dans le décès du jeune électrocuté
L'opposition légale tunisienne, Mouvement Ettajdid, a demandé au pouvoir d'aller plus loin dans l'enquête sur le décès d'un jeune tunisien, mort électrocuté dans le bassin minier de Gafsa, dans le centre-ouest tunisien, théâtre récemment de troubles sociaux.
Selon les autorités, l'accident s'est produit lundi dernier au village de Tabadit, de la délégation de Rédeyef, une des principales villes de la région de Gafsa qui renferme les mines de phosphate. Le jeune Hichem Aleimi, 24 ans, a trouvé la mort sur le coup lorsqu'il a tenté de stopper le courant électrique du générateur alimentant le système de pompage des eaux de puits utilisées pour le lavage du phosphate, en escaladant la clôture de l'installation, selon un communiqué officiel transmis à la PANA.
Le communiqué précise que le procureur de la République près le tribunal de première instance de Gafsa, à environ 400 km de Tunis, s'était rendu sur les lieux pour faire les constations nécessaires et a ordonné l'ouverture d'une enquête judiciaire pour déterminer les circonstances de cet accident mortel.
Un communiqué du Mouvement Ettajdid, une formation de l'opposition légale, avance cependant que "le choc électrique (serait) dû à la remise en état du courant électrique après son interruption par les jeunes chômeurs du village occupant les lieux". Il déplore que les dangers de cette opération qui, selon le communiqué, a eu lieu "en présence du délégué", représentant l'autorité locale, n'aient pas été pris en considération.
Tout en faisant part de sa "préoccupation quant à la dégradation de la situation à laquelle est parvenue le bassin minier", le Mouvement Ettajdid appelle les autorités à "engager des mesures urgentes de nature à répondre aux revendications des citoyens, de donner suite aux problèmes chroniques de la région et de mettre en oeuvre les promesses qu'elles ont faites".
Début avril dernier, des heurts avaient opposé forces de sécurité et manifestants, la plupart des jeunes chômeurs, dans ce bassin minier, notamment dans la ville de Rédeyef, une des principales villes de cette région. L'agitation sociale avait été provoquée par la publication des résultats contestés d'un concours de recrutement à la compagnie de phosphate de Gafsa, principal employeur dans la région. Des associations avaient fait état de manifestions de protestation, de sit-in et de grèves dans plusieurs secteurs d'activité.
Outre le problème de l'emploi des diplômés chômeurs, les revendications sociales portent sur les conditions de vie difficiles des populations. (Panapress - Tunis - 08/05/2008)
10:40 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Gafsa, Hichem Aleimi




