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samedi, 10 mai 2008

Les deux journalistes d'Al-Mawkif cessent leur grève de la faim

f475e8497a18c8a97b0d1a879ea45e5b.jpgDeux journalistes de l'hebdomadaire d'opposition tunisien Al-Mawkif ont cessé samedi une grève de la faim commencée le 26 avril pour protester contre des pressions attribuées au pouvoir et visant, selon eux, à étouffer leur journal. "Nous avons décidé de rompre le jeûne afin de poursuivre autrement notre combat pour la survie d'Al-Mawkif", a annoncé en conférence de presse Rachid Khechana, rédacteur en chef de cet organe du Parti démocratique progressiste (PDP, légal). "Les objectifs de la grève ont été pleinement atteint aux plans politiques et médiatiques", a affirmé de son côté Maya Jribi, secrétaire générale du PDP, faisant état d'un "retour à la normale" des ventes du journal, qui titre à 10.000 exemplaires.

Les grévistes ont rompu leur jeûne avec des dattes offertes par Souhayr Belhassen, présidente tunisienne de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH). Mme Belhassen, qui a fait le déplacement depuis Paris, a notamment salué "la résistance des démocrates tunisiens, qui vivent sous pression", selon elle.

Le début de la grève, qui intervenait 48 heures avant la visite d'Etat du président français Nicolas Sarkozy en Tunisie avait été qualifiée de "manoeuvre démagogique et opportuniste" par le gouvernement. M. Khechana et Mongi Ellouze avaient annoncé une grève "illimitée" pour dénoncer des "manoeuvres politiques" contre Al-Mawkif, selon eux, cible de saisies répétées, blocus financier et obstacles à sa distribution.

Les deux journalistes étaient entourés de nombreux avocats mobilisés pour la défense du journal, dont le rédacteur en chef et directeur Ahmed Nejib Chebbi, étaient appelés à comparaître en justice samedi. Le tribunal a reporté au 30 mai l'examen de plaintes déposées contre eux par cinq sociétés réclamant 300.000 euros de dédommagements pour des pertes présumées après la publication d'un article sur la distribution d'une huile de table frelatée.

Dans un communiqué, son comité de rédaction a affirmé que Al-Mawkif n'avait fait que "commenter" une information publiée le 30 mars par le journal algérien Al-Khabar concernant la distribution en Algérie de cette huile en provenance de Tunisie. Il considère que les poursuites engagées contre le journal relèvent d'un "procès d'opinion" et s'inscrit "dans la série d'exactions qui avait contraint deux de ses journalistes à la grève de la faim". Les autorités avaient formellement démenti avoir provoqué ces poursuites et accusé les dirigeants du journal de vouloir "se dérober à leurs responsabilités légales". (AFP – 10 Mai 2008)

Aziz Miled , patron du huitième groupe en Tunisie

Aziz Miled grand homme d’affaires, patron du huitième groupe en Tunisie de par son chiffre d’affaires. Avec 451 millions de dinars de chiffre d’affaires (Chiffres 2006 – L’Economiste Maghrébin), ses actifs et ses grandes marques, le groupe TTS de Aziz Miled est incontestablement un acteur majeur de l’économie tunisienne. Présent dans l’hôtellerie (TTS, Laico), dans le transport aérien (Nouvelair), dans le secteur bancaire (8% de la BIAT), le groupe qui fête ses 40 ans, ne cesse de grandir et de voir l’avenir avec grand optimisme d’après Business News dans un article commentant le récent interview accorder par l’homme d’affaire à Hichem Ben Yaïche, pour le magazine trimestriel paraissant en France, New African, et publié dans le numéro de juin 2008.

Le groupe  Miled est au centre de l’actualité économique par l’annonce de la prochaine introduction en bource de sa compagnie aérienne « Nouvelair » et l’ projet de sa fusion avec « Karthago Airlines » de Belhsan Trabelsi. Dans l’article suivant  paru sur African Manager K. Boumiza apporte plus d’éclaircissement

Tunisie : Aziz Miled ira en bourse. Qui est-il ?

par : K. Boumiza.

c34d702081cb73533f7169b165682142.jpg«Nouvelair ira en bourse. Et ce sera la loi du marché qui régulera le mouvement», c’est en substance ce qu’avait déclaré l’homme d’affaire tunisien Aziz Miled dans une interview accordée à notre collègue Hichem Ben Yaïche pour le compte du Magazine «New Africa ».

L’homme d’affaire qui déclare gérer son groupe en «bon père de famille», a aussi parlé du projet d’alliance de Nouvelair avec Karthago Airlines. «Le choix a été fait par M. Trabelsi, PDG de cette compagnie, pour être plus grand et plus fort, afin de faire face à l'ouverture du ciel. Nous avons estimé, à mon avis à juste titre, que, chacun seul, nous serons tout petits. En revanche, ensemble, nous serons mieux outillés et pourrons mieux résister », dit-il.

L’interview jette ainsi une nouvelle lumière sur ce projet d’alliance. Et si l’on comprend bien les déclarations de A. Miled, le scénario de fusion entre Karthago et Nouvel se ferait ainsi après l’entrée du premier avionneur privé tunisien sur la bourse de Tunis !

Parlant de l’activité de transport aérien de son groupe, Aziz Miled déclare que «Nous louons quatre avions en wet lease (avec équipage) à la Libye. Ce pays se développe et manque d'avions et depuis 5-6 ans, nous servons de support aux compagnies libyennes, Afriquiyah et Libyan Airways... ». Questionné sur sa stratégie pour profiter de la libéralisation de l'espace aérien et s’il compte pour cela se redéployer, A. Miled dont la compagnie est actuellement pur charter, indique que «nous allons nous réadapter » et explique que «nous ne serons plus spécialisés sur les charters purs ; nous serons obligés d'aller sur le marché dérégulé, et y prendre notre part. On ne va pas rester spectateur ».

Notons que Nouvelair, c’est 11 avions qui transportent un million de voyageurs par an, ses 20 % de part de marché charter et un chiffre d’affaire de 150 MDT.

Qui est le groupe Aziz Miled ?

Le groupe Aziz Miled, c’est un chiffre d’affaire, déclaré, de 343 MDT, pour un volume de capitaux propres de 299 MDT. A. Miled, c’est essentiellement le groupe TTS (Tunisian Travel Service) de Aziz Miled, dont l'activité principale est le tourisme. Fondé en 1968 à partir d'une société de transport touristique, il s'est diversifié dans la filière touristique avec notamment l’agence de voyages TTS avec sa flotte de 80 autocars touristiques et l’hôtellerie où il dispose de 4000 lits représentant 20 % de la capacité hôtelière tunisienne.

Le groupe TTS est le 1er prestataire touristique national à travers des activités de transport (flotte de 80 autocars pour touristes et compagnie aérienne Nouvelair Tunisie), de tour opérateur (exploite une capacité hôtelière de 40 000 lits soit près de 20% des capacités nationales), d'hôtellerie (possession en direct de 6 hôtels de standing d'une capacité de 4000 lits) et partenariat avec le groupe hôtelier espagnol Iberostar fortement implanté en Tunisie, ainsi que des participations dans des sociétés de loisirs touristiques dans le golf à Hammamet et à Tabarka. Dans le secteur touristique, le groupe déclare un chiffre d’affaires de 45 MDT et un résultat d’exploitation de 16,5 MDT.

Miled c'est aussi dans l'industrie et l'agriculture. Dans l'industrie, le groupe est actionnaire dans la société d'emballages, le Complexe Industriel des Produits d’Accueil et du Papier (CIPAP). La société a été créée en 1978 «dans le but de satisfaire un nouveau marché alors en plein essor la transformation de la ouate de cellulose en produits d’accueil et de protection », selon la présentation qui en est faite. L’entreprise est dirigée par Arbi Milad, Président Directeur Général et frère de l’homme d’affaire Aziz.

L’entreprise Cipap est présente en Afrique de l’Ouest par l’intermédiaire de deux sociétés de négoce international et exporte aussi directement vers la Libye, l’Algérie, le Maroc, Djibouti, la France, et l’île de la Réunion notamment L’exportation représente d’ailleurs plus de 70% de son chiffre d’affaires. Avec l’autre unité industrielle du groupe, la SIED, ces deux unités réalisent 20 Millions de Dinars de Chiffre d'Affaires dont 40 % est destiné à l'exportation.

Miled n’oublie pas les services informatiques. Infolog est  la société concessionnaire de marques telles que IBM Compaq et HP. Elle procède à la vente de matériel informatique et développe les solutions les plus adaptées aux besoins des entreprises dans ce domaine.

Aziz Miled est aussi présent dans l'agriculture. Le Groupe T.T.S est y en effet  présent à travers la STPA qui exploite deux domaines agricoles totalisant 1.400 hectares dont 750 en irrigués et une étable de 800 têtes de bovins dont 500 vaches laitières.

13:08 Ecrit par TUNISIA Watch dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Aziz Miled, Nouvelair

Congrès du MDS : La fièvre électorale monte d’un cran

A plus de trois mois du prochain congrès du Mouvement des Démocrates Socialistes (MDS), les enjeux électoralistes ont mis en sourdine le débat sur le positionnement «peu enviable» du parti sur l’échiquier politique national.

Tunis-Le Quotidien -La fièvre électorale monte d’un cran au MDS d'autant plus que le doute plane sur la candidature de l’actuel secrétaire général, Ismaïl Boulehya, qui pourrait être amené pour des raisons de santé à ne pas briguer un deuxième mandat.

Même si aucune candidature n’a été jusqu’ici présentée officiellement, les bruits de couloirs font état d’un nombre record de candidats au poste de premier responsable du parti. Parmi les noms cités figurent notamment Taïeb Mohsni, Aroussi Nalouti et Sahbi Bouderbala, membres du Bureau politique et députés du parti.

La liste des candidats potentiels comprend également les noms de Mohamed Ali Khalfallah, ancien président du Conseil national, et Jalel Lakhdhar, ex-membre du Bureau politique, actuellement ambassadeur de Tunisie au Sénégal.

Griefs

Quoi qu’il en soit, plusieurs militants déplorent le fait que les enjeux électoralistes volent déjà la vedette au débat lancé récemment sur la ligne politique du parti fondé en 1978 par des personnalités libérales dissidentes du Parti Socialiste Destourien (PSD), dont notamment Ahmed Mestiri.

Les appels se sont en effet multipliés ces derniers mois pour «renouer avec les traditions démocratiques». De nombreux militants dont Ahmed Khaskhoussi, ancien membre du Bureau politique, et Mohamed Ali Khalfallah ont plaidé pour «un retour aux sources» à même de permettre à ce parti qui était, jusqu’à la fin des années 90 du siècle dernier, de tous les combats pour la défense des droits de l’homme et l’instauration du pluralisme. En d’autres termes, ces militants souhaitent redonner au MDS son rôle de parti d’opposition.

 «Le parti n’arrive toujours pas à sortir d’un état de déliquescence avancée dans lequel il se trouve depuis le retrait de son fondateur Ahmed Mestiri au début des années 90», s’inquiète un ancien membre du Bureau politique. Et d’ajouter: «Les activités du parti se réduisent désormais à la publication de communiqués de soutien aux actions du Gouvernement».

Ambitions

Du côté de la direction du parti, on assure que la ligne politique du parti sera au centre des débats lors du congrès prévu du 12 au 14 août prochain.

Le congrès doit également se prononcer sur les élections présidentielle et législatives de 2009.S’agissant de la présidentielle, on s’attend à ce que le MDS soutienne la candidature du président Zine El Abidine Ben Ali. «Notre parti a soutenu la candidature du Chef de l’Etat depuis 1989. A nos yeux, son programme réformiste Selon lui, le parti —qui avait fait jeu égal avec le Parti Socialiste Destourien rebaptisé, en 1987, Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD, au pouvoir) lors des premières législatives pluralistes en 1981— aspire à améliorer sa présence au Parlement, d’autant plus que 25% des sièges de la Chambre des députés reviendront automatiquement à l’opposition.

Walid KHEFIFI - Le Quotidien – 10 Mai 2008

Le chanteur algérien Baâziz refoulé de Tunisie

bc45e76b9c12c041f2ea9a76fd499573.jpgLe chanteur algérien Baâziz a été refoulé hier du sol tunisien sans aucun motif. Arrivé hier matin à l’aéroport de Tunis dans l’objectif de passer un week-end en touriste avec un ami, le chanteur s’est vu accoster par des policiers qui lui ont intimé l’ordre de quitter le territoire tunisien. Contacté par téléphone, le chanteur s’est dit outré par une telle attitude de la police tunisienne. « C’était très humiliant de me voir refouler comme un vulgaire criminel, j’exige des explications et je suis en droit de savoir pourquoi on m’a refusé l’accès à ce pays », nous dit-il avec force détermination à ne pas se taire. « Je n’ai rien fait pour mériter un tel accueil, si au moins j’avais commis un délit, j’aurais parfaitement assumé, qu’ils me disent ce qu’ils me reprochent. Je ne vais pas me taire, je vais aller voir l’ambassadeur de Tunisie en Algérie pour lui demander de me notifier par écrit la raison de mon refoulement », souligne Baâziz qui parle de mépris à l’égard des artistes algériens de la part des autorités tunisiennes.

L’artiste connu pour ses chansons engagées et subversives n’est pas à son premier refoulement de ce pays voisin. Le 2 février dernier, au lendemain d’un concert donné dans le cadre du festival du rire en Tunisie, Baâziz s’est vu convier par la police, qui s’était présentée à son hôtel, de quitter le territoire tunisien alors qu’il devait donner un autre spectacle le jour même.

« A aucun moment lors de ce spectacle je n’ai critiqué le régime tunisien, j’ai même eu droit à des articles élogieux dans la presse tunisienne. Les policiers se sont contentés de me dire de quitter la Tunisie sans aucun justificatif », précise-t-il, en notant qu’à l’époque certains avaient lié ce refoulement à la visite que devait effectuer Bouteflika en Tunisie. « Sous-entendant que la décision venait d’Alger. Mais en rentrant à Alger, je n’ai point été dérangé, je suis même passé à la télé et je n’ai pas été inquiété », note l’artiste.

Ce dernier qui a mis fin au contrat qui le liait à la société tunisienne Karoui & Karoui n’exclut pas que ses ex-employeurs soient derrière cette série de refoulements et le fait d’avoir acquis une notoriété certaine dans ce pays voisin est une autre piste à creuser, note notre interlocuteur. « Je ne suis pas le premier artiste à qui on a réservé un tel mépris, il y a quatre mois de cela Lotfi double Kanon a eu droit aussi à un refoulement, d’autres artistes ont eu droit même à un emprisonnement. Qu’est-ce qu’ils ont contre les artistes algériens en Tunisie ? Je tiens à dénoncer ce mépris, j’ai été humilié et je ne vais pas laisser passer cela », estime-t-il. Le ton moqueur et critique adopté par le chanteur vis-à-vis du régime algérien fait-il craindre un effet de contagion et d’écho de l’autre côté des frontières de l’Est ? Nous attendrons comme Baâziz la réponse de l’ambassadeur de Tunisie.

Nadjia Bouaricha – El Watan – 10 Mai 2008

Le théâtre de Sarkozy

Par : Taoufik Ben Brik

76ff968425975bf6d7b9b461065cb060.jpgBouchez-vous le nez et dites : "Vous nous barbez !" Car il se passe apparemment un drôle de manège entre Ben Ali et Sarkozy. Les stratèges politiques s'adressent aux stratèges politiques, les éditorialistes aux éditorialistes, un mécanisme qui tourne à fond pour vendre la révélation du printemps 2008 : la démocratie "made in Tunisia".

Petits extraits présidentiels : "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer", a déclaré en substance le chef de l'Etat français lors du dîner offert le 29 avril par son homologue tunisien. "Ces signaux, ces réformes s'inscrivent sur un chemin étroit et difficile, celui du respect des individus. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement et personne ne peut se poser en censeur (…). Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans ce pays où je suis venu en ami, de m'ériger en donneur de leçons. J'ai pleinement confiance, Monsieur le président, en votre volonté de continuer à élargir l'espace des libertés."

Qui dit mieux. Du Beaumarchais. "C'est le mariage du Figaro !" s'esclaffe Ouled Ahmed, le poète tunisien du vin et de l'amour. Aucune comparaison n'est trop stupide, aucun geste trop démagogique lorsqu'il s'agit de faire croire qu'on tient enfin le "Karzai maghrébin" et qu'il n'a pas son pareil. Telle la forêt de Birnam dans Macbeth, nous inflige-t-on, la démocratie à la tunisienne s'est mise en marche. Les grincheux n'y changeront rien.

Et il importe peu que Ben Ali soit président à vie, corrompu et tortionnaire. Hélène Flautre, présidente de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen fait remarquer que "dans la Tunisie de Ben Ali, pas un jour ne se passe sans qu'un défenseur des droits de l'homme ne soit opprimé ou harcelé… " La récente grève du bassin minier de Radeyef et d'Oum Laarayess dans le centre-ouest du pays témoigne sans peine du désarroi tunisien.

"Il a du culot Sarkozy. Ou plutôt un bon décimètre pour mesurer 'l'élargissement' de l'espace des libertés", dit Oum Ziad, la plus célèbre chroniqueuse du pays. "C'est vrai, cet espace a été élargi, mais au profit de Ben Ali et aux dépens des Tunisiens. Il s'en met plein la poche, il brigue un cinquième mandat sans souci ni tracas, et il a le don d'avoir toujours le un millième des Tunisiens sous les verrous !" ajoute-t-elle. "La Tunisie n'étant pas le Tibet, Paris s'efforcera de ne pas irriter le chef tunisien", réplique-t-on du côté français.

D'ailleurs, Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme française, si prompte à s'enflammer sur la Libye de Kadhafi, s'est montrée peu loquace sur la réalité des droits de l'homme au pays du jasmin. "Ce n'est pas à l'ordre du jour", a-t-elle déclaré. En tout cas, le rendez-vous initialement prévu avec l'avocate et militante des droits de l'homme Radhia Nassraoui, a bel et bien été annulé.

Pis, des journalistes connus pour être le bouclier médiatique de la Tunisie résistante ont été parqués dans un hôtel cinq étoiles (le Golden Tulip) à 25 kilomètres du centre de Tunis, comme de vulgaires attachés de presse. Christophe Ayad de Libération, Florence Beaugé du Monde, Mouna El Bana de RFI, "Régis" de France 3 n'ont pas eu même le loisir de téléphoner aux "têtes brûlées" et aux "enfoirés" du pays.

Une telle attitude choque ? Pas du tout. On s'attendait à pire. D'autant que nous avons été déjà leurrés par les prédécesseurs de Sarkozy. Mitterrand est le père de la formule "Tunisie amie" et Chirac enfante "le miracle tunisien". "On s'attendait de Sarkozy propagandiste de première et ancien ministre de l'intérieur, une formule qui claque au vent : la Tunisie, paradis fiscal, ou Tunisie prison sans barreaux ! C'est décevant", dit Hamma Hammami, opposant tunisien. De qui se moque-t-on. Les Tunisiens ont cru pendant un long moment que la France, terre de La Boétie, pourrait aider à la liberté. Aujourd'hui, on assiste plutôt à L'Avare de Molière.

Taoufik Ben Brik – Courrier International- 9 mai 2008

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