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lundi, 12 mai 2008
Hécatombe de Harragas en méditerrané
16 rescapés d’un drame d’immigration clandestine sont toujours hospitalisés à l’hôpital Tahar Sfar de Mahdia. Ils été les seul survivants des 66 immigrants clandestins parti de la localité de Zouara sur les cotes libyenne en direction de l’île Italienne de Lampedusa une semaine auparavant. Leur zodiac à court de fuel après 48 heure de leur départ à chaviré pendant des journées en méditerrané emporté par les vagues avant d’échouer sur les cotes de Bkalta de la Gouvernorat de Mahdia à quelques 190 km de Tunis samedi en fin d’après midi.
Sauvés dans des conditions extrêmes ils ont étés trouvés avec trois autres corps morts avants leur arrivés alors que 46 autres cadavres ont étés jetés en mer après leur mort ont déclarés les survivants dans un reportage publié aujourd’hui par l’hebdomadaire « Assabah El Ousbouai ». Un tunisien se trouve parmi les mort jetés en mer rapporte un survivant maghrébin.
Le quotidien, "Achourouk" a rapporté en premier dimanche l’information. Les gardes côtes et des unités de la protection civile tunisiens qui ont repêché samedi les corps de trois migrants clandestins et secouru 15 autres, dont une femme, des ressortissants d'Afrique subsaharienne dont un maghrébin, au large du littoral du centre-est de la Tunisie n’ont pas mesuré l’ampleur du drame avant d’entendre le récit des rescapés croyant que les trois cadavres retrouvés à bord sont les seul victimes enregistrés.
Il y a quelques jours une autre tentative d’immigration clandestine partie des cote de Mahdia à tourné au drame entraînant la mort des 23 jeunes tunisien à bord de la barque emprunté dont les corps de huit seulement ont étés trouvés jusqu'à présent.
D’un autre coté un balancier de pêche tunisien à pu il y a quelque jours alerté les gardes cotes italien sur la situation de 49 autres immigrants clandestins en difficulté en mer permettant ainsi de les sauver. D’autre part la brigade de la garde nationale de Jbeniana ont pu avorter une autre tentative d’immigration clandestine vers l’Italie et arrêter cinq de ses auteurs originaire de Mednine et de Gafsa alors que 12 jeunes d’une autre tentative ont étés traduit vendredi devant le tribunal de Mahdia pour tentative d’immigration clandestine rapportent les journaux aujourd’hui.
La fédération des tunisiens des deux rives a lancé un appel pour la libre circulation en Méditerrané le 10 mai (Voir en bas) dénonçant dans un communiqué « la véritable guerre menée contre les migrants par les Etat du nord et du sud de la Méditerranée. En ce jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage ». Le même jour dans la petite ville côtière de Ksibet El-Mediouni, une cérémonie d'hommage aux morts victimes des politiques de répression des migrants s’est déroulait, sous le sigle "Les embarcations de la dignité". Organisée par les sections de Sousse, Monastir, Mahdia et Kairouan de la Ligue tunisiens des droits de l’homme (LTDH)
Fédération des tunisiens des deux rives : APPEL DU 10 MAI
Les beaux jours arrivent et la saison du "brûlage" reprend (Harga en arabe, le fait d'émigrer clandestinement ou brûler la frontière, en l'occurrence maritime). Comme chaque année, des milliers d'hommes et de femmes partent où s'apprêtent à partir du sud ou de l'est méditerranéen, ou encore des côtes ouest africaine vers l'Europe.
Ils quittent des pays où, pour une part de plus en plus importante de la population, il n'est plus possible d'assurer une vie digne à soi-même et à sa famille, et où l'avenir se présente comme un chemin clos. Des pays où, s'ils réclament l'amélioration de leurs conditions de vie, s'ils s'organisent pour améliorer leur sort, ils ont toutes les chances d'être soumis à la prison, voire à la torture. Des pays où ce qu'ils subissent est perpétué avec la participation, le soutien et la bénédiction de l'Europe.
Ils se dirigent vers une Europe dont ils savent --car désormais tout se sait-- qu'elle connaît un grave vieillissement de la population et subit une forte pénurie de main d'œuvre. Ils savent que l'Europe a besoin d'eux, et que la plupart d'entre eux pourront travailler. Ils sont également conscients qu'ils seront maintenus des années dans un statut subalterne de clandestins et de travailleurs irréguliers, qu'ainsi ils seront exploités plus que les autres, dans des tâches plus dangereuses et plus pénibles que les autres, qu'ils seront moins payés, parfois pourchassés, emprisonnés, expulsés, insultés, regardés de travers... Ils savent aussi qu'ils ont de fortes probabilités de mourir sans jamais arriver à destination...
Les autorités européennes aussi savent tout cela, de même que les autorités des pays d'origine ou de transit. Et elles savent qu'elles ne pourront jamais arrêter ce flux de départs. Elles se consacrent donc d'une part à rendre plus difficile, plus long et plus dangereux le voyage : Elles le font par la militarisation à outrance du contrôle des frontières et par la mise en place d'un arsenal judiciaire et policier de répression de la mobilité, en Europe comme dans les pays d'embarquement. D'autre part, elles s'évertuent à maintenir dans une situation de sur-précarité et de peur ceux qui arrivent à destination : à travers des lois discriminatoires qui interdisent l'accès à des droits élémentaires, un verrouillage des possibilités de régularisation administrative, une persécution policière, une criminalisation des migrants et un encouragement des sentiments xénophobes et racistes par des discours mensongers.
Pourquoi?
Les raisons ne tiennent pas de l'absurdité, pas plus que de la méchanceté ou du sadisme. Elles sont rationnelles, cohérentes et intelligentes:
- Le fait que la décision de partir comporte l'acceptation de risques mortels et/ou de conditions de vie misérables fait du départ un choix difficile et qui n'est pas à la portée de tout le monde. C'est la seule manière de faire en sorte que des gens continuent à accepter de travailler pour des salaires de misère dans les pays d'origine plutôt que d'aller trouver mieux ailleurs. Et la seule manière, donc, de continuer à "délocaliser" ou à faire du chantage à la délocalisation pour les entreprises du "nord" et, pour celles du sud de continuer à payer leurs salariés au lance-pierre.
- Les risques du voyage ont également une fonction dans la doctrine de "l'immigration choisie" : Ceux qui partent et qui arrivent à destination sont souvent les plus vigoureux, les plus courageux, les plus jeunes. Une sélection toute naturelle se fait ainsi des plus aptes à être assignés à des tâches physiques pénibles et ingrates. Pour les tâches intellectuelles, la sélection se fait d'une autre façon.
- Un autre avantage de toutes ces entraves est de faire en sorte que la plupart de ceux qui arrivent en Europe ne soient que des bras! Ils travailleront à la demande et se reposeront quand c'est possible. Mais ils ne pourront pas avoir de "vie privée et familiale", cela coûte cher! Il ne pourrons pas pendant des années retourner voir leurs familles et amis sous peine d'être à nouveau bloqués au pays ou de devoir revivre l'enfer de la Harga. Ni ne pourront faire venir leurs proches car cela les exposerait à trop de dangers. Même au cas où, au bout de plusieurs années, ils arrivent à se faire régulariser, les nouvelles lois qui restreignent le regroupement familial continueront à les priver d'une vie "normale". Comme ça, ils resteront le plus longtemps possible une bonne affaire : Ils rapportent autant ou plus que tout autre travailleur, et il coûtent moins.
- L'autre volet de "l'immigration choisie", celui des quotas vantés par les discours officiels et par les VRP de la République est intimement lié à ce qui précède. Ils consiste à présenter comme un grand privilège le fait d'être sélectionné pour venir par avion travailler en Europe! Cela permet d'obtenir des jeunes les mieux formés et les plus compétents des pays du sud qu'ils viennent travailler plusieurs années en Europe "pour acquérir une expérience". Ceux qui accèdent ainsi à un territoire aux portes duquel tant de milliers crèvent et dans lequel tant d'autres vivent pourchassés sont reconnaissants. Ils travailleront avec dévouement et discipline pour ensuite "rentrer monter un projet au pays". Ils auront ainsi donné le meilleur d'eux même et auront cotisé à une économie qui ne les a pas élevés et qui n'aura pas à leur verser de retraite. Une bonne affaire…
- Par ailleurs, tout cela sert aussi à régler des problèmes autochtones: 1/ Renforcer un arsenal répressif qui est bien utile dans des sociétés où les inégalités n'ont depuis bien longtemps pas été plus profondes, et où certains finissent fatalement par se fâcher 2/ Cela permet de faire accepter aux gens de travailler plus et plus longtemps, tout en leur disant que pour la baisse du pouvoir d'achat il ne peut y avoir de miracle. Tant de pauvres bougres seraient prêt à prendre leur place pour encore moins que ce qu'ils ont 3/ Cela convainc tant d'ouvriers, d'employés et de chômeurs que le véritable ennemi n'est pas celui qui élabore les lois et l'ordre économique dont ils souffrent où celui qui en profite, mais bien l'étranger qui en veut à leur place et qui menace ce qui leur reste de confort. C'est un moyen radical, aussi bien pour déterminer un vote que pour affaiblir les mouvements de contestation sociale...
La politique de l'immigration que l'Europe élabore depuis des années est un élément clé de la perpétuation et du renforcement des inégalités de l'ordre qui prévaut dans les sociétés du sud comme dans celui prévalant dans celles du nord. Elle approfondit également les inégalités entre le sud et le nord.
Parmi les effets immédiats de ces politiques, nous comptons des dizaines de milliers d'êtres humains morts par noyade, ou par étouffement ou d'autres manières. Ceux qui en sont coupables sont ceux qui les privent de leur droit de se déplacer (garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme) et d'aller à la recherche de conditions de vie dignes.
Un autre effet immédiat est le confinement de centaines de milliers de personnes dans une condition de parias où ils sont exposés à la violence et la surexploitation, où ils vivent dans la peur et l'humiliation.
Ceux qui entravent leurs libertés et nient leurs droits mènent une politique criminelle qui doit être combattue pour l'intérêt de toutes et tous.
Nous considérons que le combat pour le droit à la mobilité et à la libre circulation est un combat pour la liberté des personnes et des peuples du sud comme de ceux du nord. C'est également un combat pour l'égalité des droits de toutes et tous.
Les migrants sont en première ligne de ce combat, nous déclarons être avec eux.
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui considèrent comme nous que la liberté et l'égalité sont constitutives de notre humanité, à faire de ce 10 mai 2008, date de commémoration de l'abolition de l'esclavage, une journée en l'honneur de tous ceux qui meurent à la recherche d'une vie digne, victimes de la politique de l'immigration.
La FTCR – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives, 3 rue de Nantes 75019 Paris
12:50 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Immigration clanestine, Harragas, méditerrané



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