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lundi, 12 mai 2008
Les Casques bleus tunisiens au Congo décorés avant leur retour
Le Contingent tunisien de la MONUC sur le départ ainsi que des observateurs militaires et officiers de l’État-major ont été décorés, le 09 mai 2008, de la médaille des Nations unies, pour bons et loyaux services rendus à la MONUC. Prenant part, pour la première fois à une telle cérémonie en RDC, Alan Doss, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies (RSSG) et Chef de la MONUC avait à ses cotés, le commandant des forces de la MONUC, le général Babacar Gaye, le commandant de la Brigade Ouest et le Chargé d’affaires de la République de Tunisie en RDC.
Le Commandant du contingent tunisien, a rappelé la tradition de maintien de la paix de son pays, avec 17 missions de l’ONU à son actif, et évoqué ses liens historiques avec la RDC. C’est en 1960 que la Tunisie participé à la première mission de paix en RDC, avec 2200 hommes déployés au Katanga.
Les Casques bleus tunisiens assurent, entre autres, la protection des installations onusiennes à Kinshasa et la conduite de patrouilles, tandis qu’une unité est actuellement dans la province du Bas Congo, suites aux récents incidents dans cette région.
M. Doss, réitérant la politique des Nations Unies en matière d’exploitation et d’abus sexuels, a félicité les soldats tunisiens pour leur comportement exemplaire: «votre digne comportement vous vaut d’avoir enregistré un niveau zéro en matière d’abus et d’exploitation sexuels, qui fait l’objet de nombreuses directives de ma part. Ce faisant, vous pouvez êtres fiers d’être de dignes représentants de votre pays».
Le Représentant spécial du Secrétaire général en RDC a saisi cette occasion pour remercier l’ensemble des militaires de la MONUC, qui œuvrent au quotidien sur le terrain, pour que la RDC et sa population vivent en harmonie, tout comme il a félicité les observateurs militaires et les officiers de l’État major, aussi honorés ce jour, et qui jouent un rôle important au sein de la MONUC.
«Vous pouvez être fiers – leur a-t-il dit en concluant de porter cette médaille qui représente certainement pour chacun d’entre vous une période intense de votre vie, mais aussi et surtout la reconnaissance des Nations unies pour l’action que vous avez menée ici, en République Démocratique du Congo».
La remise des décorations a été suivie d’une parade militaire, d’une démonstration de danses tunisiennes et d’un repas offert par le commandant du contingent aux invités, pour clôturer la cérémonie.
Source : Mission de l’ONU en RDC Kinshasa, le 12 mai 2008
21:47 Ecrit par TUNISIA Watch dans Afrique Sub-saharienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Contingent tunisien de la MONUC
Divorce, quand l’idylle conjugale vole en éclats
En Tunisie, un mariage sur sept finit par un divorce. Le Grand Tunis et le Centre-est, sont les régions où les couples ont de plus en plus de mal à préserver leurs liens matrimoniaux.
Qu’est-ce qui fait qu’une idylle conjugale tourne court et se brise ? Qu’est-ce qui fait qu’une femme et un homme qui se sont dits oui pour le meilleur et pour le pire, se trouvent amenés à aller chacun de son côté, laissant derrière de profonds traumatismes et des familles décomposées ? Les réponses à ces questions sont difficiles, car, il y a autant de causes de divorces que de couples divorcés.
Le divorce se produit dans toutes les couches de la société. Au-delà d’une incompatibilité d’humeur découverte sur le tard, la séparation prend l’allure d’un signe d’époque. Le changement de la structure du couple, la mobilité sociale, le changement de statut, les nouvelles conditions de vie sont autant de facteurs qui interagissent, créant des problèmes d’adaptation qui finissent par sonner le glas d’années de vie commune. Le dernier cercle de la population et de la santé de la reproduction organisé récemment par l’ONFP, a examiné le divorce sous ses différentes coutures, selon un intitulé évocateur : «séparation du couple, différences de genre : rompre sans tout casser».
Les études montrent qu’environ la moitié des mariages rompus l’ont été pendant les quatre premières années du mariage et un tiers au bout de la 10ème année. Elles révèlent, par ailleurs, une recrudescence des divorces au cours de ces dernières années. De 4695 en 1960, le nombre de divorces est passé à 9127 en 1998 et à 11 576 en 2007. Le Grand Tunis et le Centre-est restent les régions où l’on se sépare le plus avec 60 % en 2005, le centre-ouest (10,8%) et le Sud-ouest (4,8%).
Généralement, la demande de divorce émane des hommes. Pour l’année judiciaire 2004-2005, le pourcentage des jugements de divorce prononcés à la demande du mari atteignait (64,90%), 2005-2006 (61,9%) et 2006-2007 (61,3%). Mais, les femmes sont de plus en plus nombreuses dans le Grand Tunis et les zones littorales à vouloir mettre fin à leur vie de couple.
Morched Chabbi, sociologue urbaniste qui a présenté ces chiffres, lors d’un exposé autour «de l’impact du divorce sur le couple et les enfants », a souligné que les divorces sont de plus en plus conflictuels. Sur l’ensemble des divorces, à peu près 40 % se font par consentement mutuel, 14 % sont des divorces préjudices en raison du tort subi par l’un des époux et 47 % divorces caprices (Incha). Les causes du divorce sont diverses : violence (28%), alcoolisme (24%) adultère et concubinage (11%), stérilité, handicap et chômage ( 27%).
Par ailleurs, la réduction des écarts d’âge entre les époux semble être un facteur déstabilisateur du mariage. Dans certains cas, la femme étant beaucoup plus âgée, à tendance à confisquer l’autorité, générant des rapports conflictuels qui tournent à la confrontation permanente. La vie à deux devient difficile voire impossible.
Un couple qui se désagrège, ça laisse de lourdes séquelles et fait beaucoup de malheureux. A fortiori, les enfants qui voient leurs relations avec leurs parents se dégrader profondément. Avec dans la majorité des cas des pères absents et des mères, doublement sollicitées, se trouvent incapables de subvenir à leurs besoins matériels et affectifs.
Les femmes vivent aussi mal la séparation, souvent synonyme pour elles, de précarisation économique. Celles qui ne travaillent pas voient leur subsistance suspendue à une pension alimentaire infime, ou qui fait défaut. La majorité des femmes divorcées ne perçoivent que 100dt, voire 50dt et 30 dt de pension alimentaire par mois. Inutile de dire à quoi ressemble leur quotidien avec de telles broutilles. L’impact psycho-sociologique est aussi pesant. Il reste toutefois tributaire de l’âge de la femme. Si les moins de 40 ans, éprouvent des sentiments de soulagement et de liberté, leurs aînées, elles, ont un sentiment de tristesse et de solitude, qui leur ôtent, ne serait-ce que momentanément, toute envie de se prolonger dans l’avenir.
Comment prévenir le divorce ou du moins, en limiter les dégâts ? Morched Chabbi préconise d’instituer la médiation familiale et une assistance judiciaire, d’améliorer les conditions d’accueil lors des séances de conciliation, de créer des cellules scolaires pour l’écoute psychologique des enfants et de recourir à l’arbitrage après le divorce pour parvenir au droit de garde alterné. Autant de points auxquels les textes de loi ont apporté, peu ou prou, des réponses. Mais, des textes qui restent mal compris et mal appliqués. Au grand dam de ceux qui s’y heurtent. Nous y reviendrons.
H.J. – Globalnet - 12 mai 2008
21:40 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Divorce
Hécatombe de Harragas en méditerrané
16 rescapés d’un drame d’immigration clandestine sont toujours hospitalisés à l’hôpital Tahar Sfar de Mahdia. Ils été les seul survivants des 66 immigrants clandestins parti de la localité de Zouara sur les cotes libyenne en direction de l’île Italienne de Lampedusa une semaine auparavant. Leur zodiac à court de fuel après 48 heure de leur départ à chaviré pendant des journées en méditerrané emporté par les vagues avant d’échouer sur les cotes de Bkalta de la Gouvernorat de Mahdia à quelques 190 km de Tunis samedi en fin d’après midi.
Sauvés dans des conditions extrêmes ils ont étés trouvés avec trois autres corps morts avants leur arrivés alors que 46 autres cadavres ont étés jetés en mer après leur mort ont déclarés les survivants dans un reportage publié aujourd’hui par l’hebdomadaire « Assabah El Ousbouai ». Un tunisien se trouve parmi les mort jetés en mer rapporte un survivant maghrébin.
Le quotidien, "Achourouk" a rapporté en premier dimanche l’information. Les gardes côtes et des unités de la protection civile tunisiens qui ont repêché samedi les corps de trois migrants clandestins et secouru 15 autres, dont une femme, des ressortissants d'Afrique subsaharienne dont un maghrébin, au large du littoral du centre-est de la Tunisie n’ont pas mesuré l’ampleur du drame avant d’entendre le récit des rescapés croyant que les trois cadavres retrouvés à bord sont les seul victimes enregistrés.
Il y a quelques jours une autre tentative d’immigration clandestine partie des cote de Mahdia à tourné au drame entraînant la mort des 23 jeunes tunisien à bord de la barque emprunté dont les corps de huit seulement ont étés trouvés jusqu'à présent.
D’un autre coté un balancier de pêche tunisien à pu il y a quelque jours alerté les gardes cotes italien sur la situation de 49 autres immigrants clandestins en difficulté en mer permettant ainsi de les sauver. D’autre part la brigade de la garde nationale de Jbeniana ont pu avorter une autre tentative d’immigration clandestine vers l’Italie et arrêter cinq de ses auteurs originaire de Mednine et de Gafsa alors que 12 jeunes d’une autre tentative ont étés traduit vendredi devant le tribunal de Mahdia pour tentative d’immigration clandestine rapportent les journaux aujourd’hui.
La fédération des tunisiens des deux rives a lancé un appel pour la libre circulation en Méditerrané le 10 mai (Voir en bas) dénonçant dans un communiqué « la véritable guerre menée contre les migrants par les Etat du nord et du sud de la Méditerranée. En ce jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage ». Le même jour dans la petite ville côtière de Ksibet El-Mediouni, une cérémonie d'hommage aux morts victimes des politiques de répression des migrants s’est déroulait, sous le sigle "Les embarcations de la dignité". Organisée par les sections de Sousse, Monastir, Mahdia et Kairouan de la Ligue tunisiens des droits de l’homme (LTDH)
Fédération des tunisiens des deux rives : APPEL DU 10 MAI
Les beaux jours arrivent et la saison du "brûlage" reprend (Harga en arabe, le fait d'émigrer clandestinement ou brûler la frontière, en l'occurrence maritime). Comme chaque année, des milliers d'hommes et de femmes partent où s'apprêtent à partir du sud ou de l'est méditerranéen, ou encore des côtes ouest africaine vers l'Europe.
Ils quittent des pays où, pour une part de plus en plus importante de la population, il n'est plus possible d'assurer une vie digne à soi-même et à sa famille, et où l'avenir se présente comme un chemin clos. Des pays où, s'ils réclament l'amélioration de leurs conditions de vie, s'ils s'organisent pour améliorer leur sort, ils ont toutes les chances d'être soumis à la prison, voire à la torture. Des pays où ce qu'ils subissent est perpétué avec la participation, le soutien et la bénédiction de l'Europe.
Ils se dirigent vers une Europe dont ils savent --car désormais tout se sait-- qu'elle connaît un grave vieillissement de la population et subit une forte pénurie de main d'œuvre. Ils savent que l'Europe a besoin d'eux, et que la plupart d'entre eux pourront travailler. Ils sont également conscients qu'ils seront maintenus des années dans un statut subalterne de clandestins et de travailleurs irréguliers, qu'ainsi ils seront exploités plus que les autres, dans des tâches plus dangereuses et plus pénibles que les autres, qu'ils seront moins payés, parfois pourchassés, emprisonnés, expulsés, insultés, regardés de travers... Ils savent aussi qu'ils ont de fortes probabilités de mourir sans jamais arriver à destination...
13:50 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Immigration clanestine, Harragas, méditerrané
Cinquante migrants partis de Libye ont péri au large de la Tunisie
Cinquante migrants clandestins africains partis d'un port libyen en direction de l'Italie ont péri au large de la Tunisie après une panne de carburant de leur embarcation restée ensuite cinq jours à la dérive, a rapporté lundi le journal tunisien Assabah-Ousbouîi.
Quarante-sept clandestins sont "morts de froid, de faim et de soif" durant la traversée et ont été jetés par dessus bord, a indiqué cet hebdomadaire, généralement bien informé sur l'immigration illégale. Trois autres cadavres on été découverts sur l'embarcartion qui s'est échouée samedi à Bekalta, près de Monastir sur le littoral centre-est de la Tunisie, ajoute le journal. Seize rescapés se trouvaient également sur la barque.
L'accident et le nombre de victimes n'ont pu être confirmés immédiatement de source officielle, mais une source locale a confirmé le drame à l'AFP. La barque est restée à la dérive durant cinq jours suite à la panne intervenue à quelques miles marins de l'île de Lampedusa (sud de l'Italie) après 48 heures de navigation, a ajouté Assabah-Ousbouîi.
Selon des éléments d'enquête cités par le journal, 66 migrants en majorité des Camerounais, des Ivoiriens et des Nigérians étaient partis du port de Zouara, dans le nord de la Libye. Les survivants, parmi lesquels un Marocain et un Tunisien, devaient recevoir des soins. Les étrangers devaient ensuite faire l'objet d'une reconduite à la frontière. Les clandestins tunisiens sont jugés localement.
L'hebdomadaire a par ailleurs rapporté l'arrestation de quinze Tunisiens candidats à l'émigration clandestine à Mahdia (centre-est) et à Jbeniana (sud-est). La presse tunisienne privée fait souvent état de tentatives d'émigration illégale et de découverte de corps de clandestins noyés, mais aucun décompte officiel n'a été publié à Tunis. Assabah-Ousbouîi avait rapporté la découverte fin avril de huit corps au large de Mahdia suite au naufrage d'une embarcation de migrants clandestins tunisiens.
Le littoral méditerranéen des pays du Maghreb sert de point de départ aux migrants clandestins cherchant à gagner le sud de l'Europe, souvent via les îles du sud de l'Italie. (AFP - 12.05.08)
13:30 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Immigration clanestine, Harragas, méditerrané
Liberté de la presse au Maghreb : Quelle stratégie pour faire face aux attaques contre la presse
La liberté de la presse continue d’être une chimère dans les pays d’Afrique du Nord. La conférence internationale organisée par le groupe de travail pour la liberté d’expression en Afrique du Nord, (WGFENA), l’association mondiale des journaux (WAN) et l’hebdomadaire marocain Tel Quel, « Quelle stratégie pour faire face aux attaques contre la presse en Afrique du Nord ?» les 2 et 3 mai derniers à Casablanca, en a reconduit le constat.
Un état des lieux appuyé par les témoignages de journalistes et de militants des droits de l’homme en provenance des cinq pays du Maghreb, mais aussi d’Egypte, un pays qui connaît l’émergence de plus en plus influente des bloggers dans le domaine de la diffusion de l’information et de la militance politique. La rencontre, qui s’est fixé pour objectif de définir « une stratégie pour faire face aux attaques contre la presse » dans la région, a surtout permis aux professionnels et militants présents de savoir ce qui se passe réellement chez le voisin.
Entre la ferme résolution des Etats libyen et tunisien de continuer à imposer le bâillon à toute expression libre, qui plus est celle de la presse, et les louvoiements « vicieux » et imprévisibles de leurs homologues marocain et algérien sur la question, l’exemple mauritanien apparaît comme celui qui offre le plus de conditions pour l’épanouissement d’une presse libre.
Celle-ci est déjà une réalité, à en croire Abdallah Hormatallah, jeune patron du quotidien Akhbar el Youm, qui symbolise à lui seul cette nouvelle vague de journalistes pour qui tous les horizons semblent désormais ouverts.
La Mauritanie, en plus d’avoir réalisé avec succès la transition démocratique — après le coup d’Etat qui a mis fin, en 2005, au règne de Ould Tayaa — se présente comme un pays qui possède les arguments objectifs de briguer des classements plus qu’honorables dans la liste des Etats où le journaliste est libre de faire son boulot. L’on s’y apprêterait, entre autres, à ouvrir le champ de l’audiovisuel après les facilités accordées au lancement des publications qui se suffit du seul régime déclaratif (simple dépôt au niveau du ministère public).
Euphorie mauritanienne
Notre confrère ne nie pas cependant l’existence de craintes quant à l’usage qui peut être fait de cette liberté nouvelle dans une société marquée par le poids déterminant de la tribu dans la gestion des affaires publiques. Il reste que l’euphorie mauritanienne a de quoi inspirer beaucoup d’envie aux autres confrères d’Afrique du Nord.
Les Tunisiens en premier sans doute.
Sihem Bensedrine, coordinatrice du WGFENA, nous a parlé des obstacles insoupçonnables dressés par le régime tunisien devant toute velléité d’expression libre. Obstacles et surtout répression qui, en sus des emprisonnements, va jusqu’à la filature permanente de tous ceux qui osent évoquer la gestion des « maîtres du pays ».
Des sites et adresses électroniques seraient par ailleurs parasités par les « services » passés maîtres dans le domaine. Lotfi Hajji, ancien président du Syndicat tunisien des journalistes et actuellement correspondant de la chaîne El Jazeera à Tunis, parle, lui, de « répression d’usure ».
En sus de la pénalisation du délit de presse, des moyens beaucoup moins assumés sont utilisés pour noyer et vouer au discrédit toute voix discordante. Le nécessaire est fait par Ben Ali et ses soutiens, selon Hajji, pour laisser proliférer une presse « privée » dont la tâche préférée est de « dénigrer » l’opposition au moment où la porte de l’agrément reste fermée aux projets porteurs d’ambition d’indépendance vis-à-vis des gouvernants.
Naziha Rejiba, présidente de l’Observatoire pour la liberté de la presse, de l’édition et de la création (OLPEC), regrette, quant à elle, la « tiédeur » des réactions des organisations internationales et l’amenuisement des circuits de solidarité pour des militants et des journalistes qui semblent avoir épuisé les ressorts de mobilisation intérieure.
Mises l’une face à l’autre, les expériences marocaine et algérienne, sans doute les plus épaisses au Maghreb, présentent en le domaine nombreuses similitudes et points de comparaison.
En premier lieu, cette attitude ambivalente des pouvoirs publics dans les deux pays et qui semblent, dans l’un comme dans l’autre, épouser les conjonctures. Ahmed Redha Ben Chemsi, directeur du magazine Tel Quel, rappelle que de grands espoirs sont nés à l’issue de l’accession de Mohammed VI au trône. « Des horizons s’étaient dégagés, on devait tester de nouvelles frontières à la liberté. »
Une lutte citoyenne
C’est dire l’inédit d’une situation où le journaliste voyait tomber, entre autres, le tabou sur la Sahara occidental. Juste près d’une année d’ouverture avant que les saisies de journaux ne reprennent ainsi que les poursuites contres les journalistes, expose notre confrère. Un retour en arrière qui n’empêche cependant pas un dynamisme au niveau structurel puisque les journalistes marocains, leur syndicat, puis la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) sont en pleines discussions avec leur gouvernement portant sur de nouveaux projets de loi régissant la profession.
Une corporation qui semble avoir de solides assises organisationnelles en somme, mais qui continue à souffrir d’un déficit d’ancrage dans la société. Tous tirages confondus, les rotatives marocaines ne sortent que quelque 350 000 exemplaires. Autre symptôme, sur près de 107 procès intentés aux journaux en 2007, « 4 à 5 seulement » sont le fait des administrations publiques, selon Noureddine Meftah, secrétaire général de la FMEJ.
Les autres émanant de citoyens qui découvrent l’utilité de poursuites pour diffamation engagées aux fins de faire payer des dommages et intérêts aux entreprises de presse. Un phénomène non connu en Algérie, ou pas encore, puisque, comme le défendra Chawki Amari, chroniqueur à El Watan, invité à la conférence, « la bataille de l’opinion a été gagnée par les journalistes algériens ».
C’est ce que défendra également Mohamed Benchicou en pensant que même si le journaliste venait à céder sur son « droit d’écrire » devant les pressions et les tentations, le citoyen, lui, n’acceptera point d’être privé de son droit d’être informé.
La rencontre de Casablanca a été sanctionnée par un communiqué qui condamne toutes les poursuites engagées contre les journalistes dans les pays représentés. L’engagement a été, par ailleurs, retenu d’explorer d’autres mécanismes de lutte commune d’autant que la solidarité internationale ne semble plus s’exprimer avec la même conviction qu’il y a quelques années.
Source : Le Matin d’Algérie – 09 Mai 2008
Voir les rapports 2008 sur la liberté de la prese au Maroc et en Tunisie:
12:13 Ecrit par TUNISIA Watch dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Maghreb, Liberté de la presse, Medias




