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jeudi, 15 mai 2008

Confirmation en appel de condamnations de terroristes présumés

Trois terroristes présumés tunisiens ont été condamnés à six ans de prison ferme et trois autres à trois ans par la cour d'appel de Tunis qui a ainsi confirmé mercredi des jugements prononcés en première instance, a-t-on appris jeudi auprès d'une association de défense des détenus.

Selon l'avocat Samir Dilou, les accusés étaient inculpés notamment d'"adhésion à une organisation terroriste" et de "collecte de fonds destinés à financer des projets terroristes". Dans un communiqué, l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), non reconnue, qualifie ce verdict de "sévère" et "non fondé", les accusés n'ayant pas bénéficié, selon elle, des conditions élémentaires d'un procès équitable.

Selon Me Samir Ben Amor, un spécialiste des affaires à caractère terroriste, près d'un millier de jeunes sont détenus en Tunisie en vertu de la loi antiterroriste adoptée en Tunisie en décembre 2003 et jugée anticonstitutionnelle par l'opposition. (AP - 15.05.2008)

Journée Mondiale des oiseaux migrateurs

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Après la journée Mondiale de la liberté de la Presse, la Tunisie vient de fêter la journée mondiale des oiseaux migrateurs, avec toujours beaucoup de joie... et de langue de bois:La Presse du 14 MAI 2008

Voir: Le Blog de Z "DEBAT TUNISIE"

Tunisie, la plaquette com’-taminée

Par Catherine Graciet

Pour vendre la Tunisie à l’étranger, le régime du président Ben Ali ne recule devant rien. Même pas éditer une plaquette mensongère frénétiquement distribuée aux journalistes étrangers de passage dans ce beau pays du jasmin et de la torture.

0dba5312212e84c4ffb5126b7596729e.jpgC’est une jolie plaquette de seize pages poétiquement intitulée « Tunisie, Démocratie & Droits de l’Homme ». Commise par l’organe officiel de propagande du régime du président Ben Ali, l’ATCE (cf. encadré), elle est distribuée à qui de droit. En l’occurrence, le mois dernier, aux journalistes français qui accompagnaient le président Sarkozy en visite officielle au pays du jasmin du 28 au 30 avril. Et avec quelle insistance ! Plusieurs fois par jour, la flicaille tunisienne garnissait le hall d’entrée de l’hôtel où étaient parqués les journalistes. Énervant au plus haut point le staff presse de l’Élysée qui, malgré les déclarations pro Ben Ali de Nicolas Sarkozy, se dépêchait de nettoyer les lieux.

Difficile en effet de ne pas rire (jaune) à la lecture de ladite plaquette. Au chapitre « Liberté politique », figure ce tissu de mensonges : « les réformes initiées depuis 1987 ont fait de la Tunisie un pays de libéralisme politique. (…). La Tunisie est ainsi passée, d’un régime de parti unique de fait à un système de multipartisme. (…) ». C’est sans doute pour cela que le général-président-à-vie Ben Ali est à chaque fois réélu avec des scores que n’auraient pas renié les dirigeants de l’ex-URSS. Mêmes inepties pour les droits de l’homme : « La Tunisie a, en outre, ratifié sans réserve la Convention des Nations Unies de 1988 contre la torture et autres formes de traitements inhumains ou dégradants. Le code pénal a ainsi été amendé, et interdit fermement tout acte de torture ou mauvais traitement, en même temps qu’il sanctionne lourdement tout manquement avéré. »

On se demande donc pourquoi le charmant régime du président Ben Ali est abonné aux rapports d’ONG de défense des droits de l’homme comme Amnesty International et Human Rights Watch. Ainsi, à l’occasion du 20è anniversaire du dictateur à la tête de l’État, fêté en 2007, Amnesty écrivait sur son site web : « les deux décennies passées au pouvoir par le président Ben Ali ont été marquées par des violations systématiques et persistantes des droits humains, notamment des arrestations et détentions arbitraires, des actes de torture et autres mauvais traitements, des procès inéquitables, le harcèlement et l’intimidation de défenseurs des droits humains, et des restrictions à la liberté d’expression et d’association ». Même constat accablant dans le rapport mondial 2007 de Human Rights Watch : « le président Zine el-Abidine Ben Ali et le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique, dominent la vie politique tunisienne. Le gouvernement utilise la menace du terrorisme et de l’extrémisme religieux comme prétexte pour réprimer la contestation pacifique. Des témoignages dignes de foi mettent continuellement en lumière l’usage de la torture et des mauvais traitements aux fins d’obtenir des dépositions de suspects placés en garde à vue. Les prisonniers condamnés sont également exposés à des mauvais traitements délibérés. »

Le plus pathétique reste toutefois les passages de la plaquette de l’ATCE dédiés à la « liberté » des médias. « Le paysage médiatique tunisien est caractérisé aujourd’hui par l’ouverture et le pluralisme. (…) Plusieurs fois, le chef de l’État a appelé les journalistes à plus d’audace et d’initiative dans leur travail. Il a également souligné la responsabilité des médias d’œuvrer à changer les mentalités, y compris parmi les responsables qui doivent « accepter les critiques » ». Bienvenu au royaume de Zine Ben Ubu ! Là encore, c’est sans doute par miracle que la Tunisie arrive à la 145è place (sur 169) dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière et que le père Ben Ali appartient au club fermé des « prédateurs de la presse » de RSF. Aux côtés du nord-coréen Kim Jong-il ou du Cubain Raul Castro. La plupart des journalistes français qui accompagnaient Nicolas Sarkozy n’ont d’ailleurs pas été dupes puisque des articles dénonçant la dictature tunisienne ont fleuri dans les médias. L’ATCE et la propagande de Ben Ali ont échoué.

Le tuteur de la presse

Détestée des journalistes étrangers qui tentent de couvrir sérieusement la Tunisie, l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE) est officiellement dotée de missions relevant du lobbying comme faire connaître la Tunisie. Dans la vraie vie, l’ATCE est un puissant office de propagande et de contrôle des médias. Comme l’écrivait Reporters sans frontières (RSF) en 1999, « dépendant directement de la présidence, qui nomme son personnel d’encadrement, et doté d’un budget autonome, cet organisme, créé en août 1990, est le véritable tuteur des journaux tunisiens ». C’est le moins que l’on puisse dire… Toujours selon RSF, l’ATCE « est notamment responsable de la répartition des budgets publicitaires entre les différents organes de presse, selon des critères totalement discrétionnaires. Une circulaire du Premier ministre, datée de janvier 1991, donne l’obligation aux ministères, aux entreprises publiques et aux collectivités locales, qui constituent les premiers annonceurs du pays, de soumettre leurs annonces à l’ATCE. » Si celle-ci excelle dans le contrôle des médias, elle rame par contre sérieusement en matière de lobbying. En effet les multiples plaquettes et autres documents de propagande qu’elle édite à l’attention des gouvernements étrangers ou grandes institutions (FMI, Banque Mondiale, ONU…) ne trompent personne. D’où quelques couinements à Carthage.

bakchich.info - Catherine Graciet - jeudi 15 mai 2008

Tunisie: Près de 6.000 pèlerins juifs attendus à la Ghriba de Djerba

09e73e491a5cf755cbb651faea18684c.jpgQuelque six mille juifs dont 1.500 Israéliens, sont attendus les 22 et 23 mai au pèlerinage annuel à la synagogue de la Ghriba sur l'île de Djerba dans le sud de la Tunisie, a-t-on appris jeudi auprès des organisateurs. "Nous attendons cette année près de 6.000 visiteurs", a indiqué à l'AFP René Trabelsi, organisateur depuis la France du pèlerinage ou "ziara" annuelle sur les lieux de la plus ancienne synagogue d'Afrique.

Près de 4.000 fidèles viendront de France, toujours en tête des pays émetteurs de pèlerins, environ 1.500 viendront d'Israël et le reste d'Italie, de Grande Bretagne et d'Allemagne, a précisé ce voyagiste, fils du chef de la communauté juive de Djerba, Perez Trabelsi.

Le pèlerinage se déroulera cette année en présence du Grand Rabbin de Berlin, Abraham Haus, et verra pour la première fois la participation d'une centaine de juifs en provenance du Canada, a-t-il ajouté. Selon lui, les juifs israéliens doivent toujours transiter par la Jordanie et par l'Europe, pour se rendre en Tunisie, ce pays n'ayant pas de liaison aérienne directe avec Israël. "Avec des vols directs, le nombre des pèlerins en provenance d'Israël aurait triplé", a-t-il affirmé déplorant l'absence d'une telle facilité.

La saison du pèlerinage donne habituellement lieu à des mesures de sécurité sur l'île de Djerba dont la synagogue avait été en avril 2002 la cible d'un attentat meurtrier revendiqué par Al-Qaïda. L'île touristique de Djerba est le lieu de résidence de la plupart des juifs de Tunisie, environ un millier actuellement contre 100.000 il y a cinquante ans, la majorité ayant préféré s'établir en France et en Israël. (TUNIS, 15 mai 2008 - AFP)

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Tunisie : Cette situation est inacceptable

 

  Par : OBSERVATOIRE LYONNAIS POUR LA DÉFENSE DES LIBERTÉS FONDAMENTALES EN TUNISIE
 
Monsieur le Président,

L’Observatoire lyonnais pour la défense des libertés fondamentales en Tunisie, ami de la Tunisie libre et défenseur des droits de l'homme,  dénonce fermement les propos que vous avez tenus lors de votre récente visite officielle en Tunisie, notamment en déclarant que "l'espace des libertés progresse".

Cette déclaration est une contre vérité, que confirment les rapports périodiques des ONG internationales crédibles comme Amnesty International, Human Rights Watch, la FIDH, l'OMCT, l'ACAT.

De même, le Département d'Etat américain ne cesse de dénoncer dans ses rapports annuels sur la Tunisie les violations des droits de l'homme et l'absence de toute perspective démocratique.

La France elle-même a dénoncé officiellement ces violations par l’intermédiaire de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme auprès du Premier Ministre le 14 novembre 1996 et le 19 octobre 1999.

Les recommandations à la Tunisie du Comité des Droits de l'Homme de l'ONU  (82e session – 4 avril 2008) soulignent sans ambiguïté ses doutes sur de nombreux points relatifs aux droits de l’homme ; pour exemple, cet extrait du § 12 « L’État partie devrait interdire l’usage d’aveux obtenus sous la torture, et ce devant toutes juridictions. Il devrait s’assurer en pareil cas que le fardeau de la preuve n’incombe pas aux victimes. ».

Le Parlement européen vote périodiquement des résolutions pour formuler ses inquiétudes sur les violations des droits de l'homme en Tunisie. En octobre 2007, la présidente de la Sous commission des droits de l’homme déclarait que « la situation des droits de l’homme en Tunisie était inquiétante »

Le Sénat français propose régulièrement des résolutions dans le même sens ; pour exemple, la proposition de résolution du 26 janveir 2005, faisant suite aux échanges initiés par la communication de Mme Alima Boumediene-Thiery, sénatrice.

Sur le plan judiciaire, Abdallah Kallel, actuel Président de la Chambre des Conseillers, a fait l'objet en Suisse d'une information judiciaire pour crimes de torture et il a dû fuir précipitamment la Suisse pour la Tunisie où le Général Ben Ali l'a nommé immédiatement Conseiller personnel.

Un autre grand criminel : le Général Habib Ammar a été protégé par le Président tunisien qui  l’a nommé président du Comité Préparatoire des Jeux Méditerranéens de Tunis en 2000.

De même, le Général Ben Ali a protégé un autre criminel, Khaled Ben Said qui a torturé de nombreuses femmes. L'une d'elles l'a poursuivi devant la justice française, mais il a pu échapper à la justice française dans des circonstances non encore élucidées alors qu'il résidait à Strasbourg en qualité de Consul de Tunisie.

Monsieur le Président,

Ce brillant palmarès, non exhaustif,  ne semble pas vous émouvoir outre mesure, pas plus que  la liste quotidienne des persécutions et harcèlements subies par la société civile tunisienne : les associations, les partis d'opposition, les syndicalistes, les journalistes, les militants des droits de l'homme, notamment les militantes féministes que Mme Rama Yade n’a pas pris le temps de rencontrer lors de votre visite en Tunisie.

L’Association des magistrats tunisiens (AMT) continue à être persécutée depuis le changement illégitime de sa direction en 2005, avec interdiction de voyager pour ses membres indépendants. Les avocats courageux défendant les persécutés du régime de Ben Ali paient un lourd tribut en harcèlements quotidiens, violences physiques et emprisonnements.

La liberté de la presse est totalement inexistante.

Pour exemple, l’Observatoire lyonnais rappelle le cas du journaliste Slim Boukhedhir qui croupit en prison depuis novembre 2OO7 pour avoir dénoncé dans ses articles la corruption entretenue par la famille présidentielle. La censure qui touche les médias a pris des proportions telles que les journalistes de La Presse, l'organe officieux du gouvernement, ont récemment protesté contre les pressions subies ; les journaux d’opposition, comme Mouatinoun et El mawkif, continuent de subir un sévère étranglement financier qui a motivé la récente  grève de la faim d’un mois de leurs militants Rachid Khéchana et Mongi Ellouz.

La répression violente des mouvements sociaux s’est récemment illustrée, lors de la révolte du bassin minier de Gafsa en réaction au traitement réservé aux jeunes diplômés et l'iniquité du recrutement des cadres miniers :  mouvement violemment réprimé, avec un mort et de nombreux blessés, suivi de nombreuses arrestations.

Mais si cette politique de terreur a pu continuer à être pratiquée contre toute velléité d'indépendance de la société civile ou de lutte pour ses droits élémentaires à la dignité, c'est surtout grâce à la torture brandie comme une épée de Damoclès sur la tête de chaque citoyen menacé à tout instant d'être arrêté par une police redoutable par son nombre et par ses méthodes brutales. Il est important d'affirmer clairement que la torture constitue la principale maladie dont souffre le corps social tunisien ; elle représente le principal obstacle à toute  amélioration dans le domaine des libertés individuelles et publiques.

Monsieur le Président,

 La torture constitue un fléau extrêmement grave en Tunisie, alors qu’elle a   ratifié la Convention contre la torture et autres traitements cruels inhumains et dégradants (le 23 septembre 1988). Vous ne sauriez ni le nier, ni le sous estimer, entre autres depuis la déclaration de la Cour européenne  (février 2008) dans l'Affaire de Nassim Saadi où elle a affirmé le caractère grave de la pratique de la torture en Tunisie. Cette déclaration européenne venant de son instance judiciaire la plus haute constitue un incontestable démenti à vos propos sur la situation des droits de l'homme en Tunisie, en soulignant non pas de simples abus, mais un « crime de droit international », systématiquement et massivement pratiqué dans tous les locaux de police du territoire tunisien et en particulier dans les locaux du Ministère de l'Intérieur à Tunis.

Alors Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan ne déclarait-il pas, le 23 juin 2000 : « La torture est un CRIME CONTRE L'HUMANITE que rien en saurait justifier et que doit combattre la communauté internationale ».

Cette situation est inacceptable.

L’Observatoire lyonnais vous demande de déclarer, à l'occasion de la prochaine présidence française de l'Union Européenne, le gel des accords signés entre l'Union européenne et la Tunisie, conformément à et en application de l'Article 2 de l'Accord d'association qui conditionne celui-ci au respect des Droits de l'homme. Ce gel sera le seul espoir de pousser le régime de Ben Ali à mettre fin à une attitude criminelle que la conscience humaine universelle réprouve et condamne fermement.

Allez vous renier, monsieur le Président, «  l’Europe protectrice »que vous aviez  promise ?

Allez-vous reprendre à votre compte le propos de votre ministre des Affaires étrangères, parlant de « péché véniel … ».

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président,  nos salutations respectueuses.

 

Source GENERATION TUNeZINE - (20minutes.fr/blog du 15 mai 2008)

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