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dimanche, 18 mai 2008

Tunisie : L’UGTT accuse l’UTICA et jette le pavé de la grève dans la marre !

par : K. Boumiza.

f40e41549fa136065d379006c19a143a.jpgLes négociations sociales piétinent. Alors que les patrons veulent débattre au plus vite des augmentations salariales afin de préserver le pouvoir d’achat du citoyen, voire l’améliorer, les responsables de la centrale ouvrière ont le souci ailleurs.

Dans un communiqué en date du 6 mai, le groupement du secteur privé de la commission centrale de négociation impute toute la responsabilité du retard des négociations à la centrale patronale, l’Utica. Ce communiqué parle cependant de négociation à propos des conventions collectives cadres. Il n’évoque pas encore les négociations salariales. «L’Utica n’a pas respecté le texte de l’accord cadre qui indique qu’on doit travailler pour élever la négociation sociale à un niveau qui permette de faire évoluer les cotés réglementaires dans un sens de la mise au point d’outils qui permettent d’assurer la stabilité de l’emploi». La centrale syndicale ouvrière reste cependant muette sur les points d’achoppement de ce round des négociations qu’elle a mis, depuis le début des discussions, en à priori à la négociation sur l’augmentation salariale qu’elle considère acquise.

On le sait, 5 points de cette convention cadre, constituent le différents que l’Ugtt impute à l’Utica. D’abord

  1. La question du bureau pour le responsable syndical, au sein de l’entreprise. Ensuite,
  2. L’équipement bureautique complet de ce bureau.
  3. La libre circulation pour le délégué syndical dans les bureaux et dans l’usine,
  4. La question des horaires payés de formations syndicale,
  5. La question des CDD et CDI et enfin la question de la retenu des cotisations syndicales.

Ces 5 points, sont pour l’instant refusés par l’Utica. L’Ugtt ne dit, de son côté rien sur ses propositions, ni d’une manière officielle, ni officieuse.

Des demandes injustifiables, selon le patronat.

Officieusement, le patronat indique pourtant que «ces demandes vont parfois à contre-courant de l’environnement économiques et social local et international, qu’elles sont injustifiables et tournent dans certains cas au ridicule». Selon ces sources officieuses «les responsables syndicaux ouvriers veulent en effet des bureaux confortables au sein de l’entreprise pour pratiquer leurs activités syndicales, des plages plus larges d’horaires improductives pour exercer ces mêmes activités, et, aussi bizarre que cela peut paraître, que le patron collecte les cotisations syndicales de ses ouvriers pour le compte de la centrale ouvrière ». Il paraîtrait même que le syndicat ouvrier demande à donner son accord pour tout recrutement au sein de l’entreprise !!

Officieusement encore, les négociateurs du patronat tunisien font remarque que «un pareil comportement ne bloque pas seulement les salaires, mais aussi la consommation, et par conséquent la production et peut mettre en péril la survie de l’entreprise et la pérennité des emplois».

Il est vrai que la Tunisie affronte une hausse des prix des matières premières essentiellement les matières alimentaires, outre celle du pétrole sans précédent, des phénomènes aggravés par la hausse du dollar (monnaie dans laquelle on paye le pétrole) par rapport à l’Euro (monnaie constituant la majorité des recettes), les cours internationaux des produits de base sont en hausse et les mouvements spéculatifs ne permettront pas, selon les experts, des baisses des prix tant souhaitées. Pour le syndicat patronal, le moment est très mal choisi pour des exercices de vieilles stratégies abandonnées même dans les pays jadis socialistes et déjà couvertes par les sables de l’oubli.

Début fin mai de mouvements sociaux ?

On notera que ce fameux communiqué «accusateur» de l’Ugtt se termine par une phrase très significative d’un possible début d’un mouvement social, pour faire plier la position du patronat. «Nous annonçons la disposition des syndicalistes et des ouvriers, dans le secteur privé, d’entrer dans mouvements de lutte, sous toutes les formes légales».

Cette phrase prend toute sa signification, lorsqu’elle est complétée par cette déclaration du Secrétaire Général de l’Ugtt, Abdessalem Jrad, dans la dernière édition du journal «Achaab» de la centrale syndical. «La grève est un droit et un moyen de lutte pour atteindre les revendications ouvrières, un moyen auquel on recours lorsqu’on arrive à une situation de cul-de-sac». Delà à parler d’une prochaine action de grève ou d’une simple menace de grève, le pas est vite franchi par les observateurs de la scène sociale en Tunisie. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a actuellement un appel à un important rassemblement ouvrier, avant la fin du mois de mai, devant le siège de l’Ugtt à la Place Mohamed Ali à Tunis.

K. Boumiza  - African Manager - 19-05-2008

Voir Le communiqué de l'UGTT du 6 mai 2008 :

لائحة الهيئة الادارية الوطنية للاتحاد العام التونسي للشغل

Trafic de yachts: deux neveux du président tunisien Ben Ali mis en examen en Corse

055501a8bdf8af5b0a1f5e19cc0675ca.jpgAJACCIO (AFP) — Deux neveux par alliance du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali ont été mis en examen dans le cadre de l'enquête sur le vol du yacht du banquier Bruno Roger à Bonifacio (Corse-du-Sud) en 2006, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

Les deux frères Imed et Moaz Trabelsi, ont été mis en examen vendredi par un magistrat tunisien pour "complicité de vol en bande organisée", dans le cadre d'une commission rogatoire internationale délivrée début 2008 par le juge d'instruction du tribunal d'Ajaccio, Jean-Bastien Risson. "Les frères Trabelsi devraient répondre prochainement à une convocation de la justice française", a déclaré à l'AFP le procureur de la République d'Ajaccio, José Thorel, joint par téléphone en Tunisie.

Le Journal du Dimanche, qui a révélé l'information, a précisé que MM. Risson et Thorel étaient arrivés jeudi à Tunis. Six autres personnes ont été également entendues par la justice tunisienne en tant que témoins dans cette affaire liée à un trafic de bateaux de luxe entre la France et la tunisie, a-t-on ajouté de même source.

Le procureur a démenti toute tension diplomatique entre la France et la Tunisie. "S'il y avait eu des différends diplomatiques, la commission rogatoire n'aurait pas été exécutée par le juge d'instruction tunisien et nous n'aurions pas assisté aux auditions ainsi qu'aux perquisitions", a-t-il déclaré.

Les frères Trabelsi, soupçonnés d'être les commanditaires du vol en France de trois yachts, avaient été mis en cause par les convoyeurs du yacht de M. Roger, lors de leur interrogatoire en 2006 à Ajaccio. Deux des yachts avaient été volés sur la Côte d'Azur. Le troisième, volé à Bonifacio (Corse-du-Sud) et retrouvé à Sidi Bou Saïd (Tunisie) a été restitué à son propriétaire, le patron de la banque Lazard, Bruno Roger. (AFP – 18 Mai 2008)

Espérance de Tunis : Quelle marge d’autonomie des associations sportives en Tunisie

Les supporters espérantistes ont accueilli avec une grande joie la nomination de Tarek Dhiab au poste de vice-président de l’Espérance Sportive de Tunis, chargé de la section de Football, tant le nom de ce grand joueur (seul Tunisien à avoir remporté le ballon d’or africain) évoque l’attachement au club et la compétence en matière footballistique et tant ce retour était attendu. Il est, en effet, pour beaucoup l’homme qui pourra, par sa vision stratégique et par sa connaissance du club, lui assurer un avenir radieux.

e64e49be7f16265d0691e2597c8b5462.jpgCependant, deux jours seulement après sa nomination et un jour après avoir accordé ses premières interviews, la rumeur faisant état de son limogeage a fait le tour du parc B et de tout Tunis.

Car, lors de sa première conférence de presse, et tout en sacrifiant aux formules d’usage, Tarek Dhiab n’a pas fait dans la langue de bois et l’euphémisme. Il a évoqué un programme d’action et a signifié à ceux qui ne veulent pas y participer et à certains fauteurs de troubles de s’éloigner pour la bonne marche du club.

Ce franc-parler aurait été manifestement la goutte qui a fait déborder le vase pour ceux qui ont longtemps brandi un droit de veto contre le retour de Tarek Dhiab dans la gestion du club.

Car dès lundi, de lourdes pressions auraient été exercées sur le président de l’Espérance, M. Hamd Meddeb, pour qu’il se rétracte et qu’il limoge séance tenante, sa nouvelle recrue. Ces pressions émaneraient aussi bien de membres fédéraux que de la «tutelle» (1).

A l’heure où nous écrivons ces lignes, la partie semble encore loin d’être jouée entre le président du club et la majorité des supporters, d’un côté, et la «tutelle» poussée par certaines forces occultes, de l’autre.

Mais au-delà des détails de cette partie de bras de fer, cet épisode soulève, encore une fois, et de manière aigue, la question de l’autonomie des associations sportives dont la marge de manoeuvre semble se rétrécir d’une année à l’autre dans notre pays.

Toutefois, peut-être que la mobilisation des espérantistes (comme le montre, notamment, le formidable élan de solidarité avec le président du club sur les forums de supporters) augure d’une nouvelle ère pour toutes les associations sportives en Tunisie...

Par I. K – Attarik Al Jadid – Samedi 17 Mai 2008

1- La tutelle signifie en langage local le ministère de la jeunesse et des sports.

Voici un article de dénigrement du Journal "Assarih 16 05 2008"

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L’administration tunisienne encore à la traîne dans la e-gouvernace

Les services publics tunisiens en ligne sont encore loin d’être performants, selon une étude mondiale rendue publique cette semaine à Tunis, la capitale.

f11d1f37712a5592b8a1b0afdef4a5b2.jpgUne étude financée par la Banque Mondiale, pour le développement du projet ’e-gov’ (gouvernement électronique) en Tunisie, a classé la Tunisie à la 106e place mondiale, une place médiocre qui a départagé les avis des responsables tunisiens.Tout en avouant qu’il y a «quelque chose qui ne va pas », même si «beaucoup de choses ont été faites en Tunisie » pour améliorer la situation, Khadija Zammouri, haut cadre au cabinet du Premier ministère tunisien chargée du dossier de l’Administration électronique pense «sur certains aspects, que le diagnostic de l’étude n’était pas réel».

«Nos services en lignes ne sont pas performants et l’accès du citoyen y est limité », a regretté M. Zouhaier Moudhaffer, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la fonction publique et du développement administratif. Les services, dit-il, ne sont même pas utilisés par les usagers de l’Administration et qu’il «n’y a pas de formation au sein des différents ministères», alors qu’un budget de 5 Millions de Dinars (environ 4 millions de dollars), alloué par l’Etat «n’est pas exploité ».

Selon M. Moudhaffer, l’Administration tunisienne n’a pas encore réussi à développer la bonne stratégie pour promouvoir les services en ligne à tous les niveaux. "Une Administration sans papier est « la seule voie pour éradiquer tous les maux du service public et éviter les va et vient du citoyen", a-t-il ajouté, précisant que cela contribuera à réduire le coût des prestations administratives et qui représentent actuellement 13 % du PNB. «Nous avons le cadre juridique qu’il faut, mais l’infrastructure et la pratique de l’Administration ne suivent pas», pense-t-il.

En ce qui concerne le paiement électronique, l’expérience Tunisienne a commencé dès 1998 par la mise en place d’une plate-forme expérimentale par l’Agence Tunisienne d’Internet (ATI) dans le cadre des projets pilotes lancés à cette époque. La plate-forme utilise comme monnaie de paiement le e-dinar (ou dinar électronique) et les deux cartes internationales Visa et Mastercard. En 2001, la Poste Tunisienne a lancé sa propre plate-forme utilisant comme moyen de paiement le e-dinar, la carte poste-dinar et enfin la carte internationale Visa.

Le secteur bancaire a réagi en lançant le système de paiement électronique consistant en un serveur de paiement sécurisé (SPS) piloté par la Société Monétique de Tunisie (SMT) et utilisant les cartes bancaires nationales et les virements. La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a lancé le 4 novembre 2006, un Système de virement de gros montants tunisiens qui permet l’échange électronique des virements, des prélèvements, des chèques et des lettres de change entre les diverses institutions financières et leur compensation à travers la société internationale de télé-compensation (SIBTEL) dans les 48 heures. (APA- 18-05-2008)

Que vaut un Arabe ?

«L’artifice se dément toujours, et ne produit pas longtemps les mêmes effets que la vérité».

Louis XIV

6d3942a067fbcaaabaffc1da71de6b87.jpegLes régimes arabes sont impayables, incorrigibles, et, de plus, la majorité d’entre eux ont tellement de ressemblances et d’affinités qu’ils seraient interchangeables. Le premier prêterait son pays à un autre, le troisième ferait un stage de zaïmisme au pays du quatrième qui irait se reposer en Europe, les gens ne verraient aucun changement, ne seraient pas surpris pour un centime dans la monnaie de n’importe quel pays arabe. Leur monnaie n’étant vendable dans aucune Bourse au monde pourrait, elle aussi, servir dans n’importe quelle capitale arabe. Mais pourquoi ne choisissent-ils pas une seule monnaie ? Le dihari par exemple. Même sur une simple détermination d’une monnaie, ils ne tomberont jamais d’accord.

Les citoyens arabes n’ont pas les mêmes droits que les électeurs qui habitent l’Europe, les USA, l’Australie ou la Norvège. Sur l’échelle des êtres humains, les citoyens arabes sont au bas de l’escalier. Combien y a-t-il d’Arabes dans des prisons à travers le monde pour divers motifs ? La Ligue arabe n’a évidemment aucun recensement, aucun fichier, aucune diplomatie pour rechercher et défendre ses ressortissants qui croupissent sur la vaste terre des pays développés. Une franco-colombienne, donc Française à moitié, est retenue prisonnière, captive des Farc. Toute la France, gouvernement, médias, partis, intellectuels, société civile, ONG, tout un pays s’est concentré pour faire bouger le monde entier, pour une seule personne dont personne, à part sa famille et des cercles restreints, ne sait si elle a un seul passeport ou deux. Des otages européens ont été retenus dans un pays ou un autre. Toute l’Europe se lève comme un seul homme pour faire pression tous azimuts pour faire libérer des femmes et des hommes et les ramener dans leur famille, dans leur pays, dans leur profession. Selon la presse algérienne, des Algériens sont détenus dans un pays «frère» sans que l’on sache pourquoi et comment. Dans un pays «frère», les choses peuvent paraître plus aisées pour que des avocats et les familles leur rendent visite, voient leur état de santé et exigent un procès équitable selon les charges qui pèsent sur eux. En France, les aventuriers de «l’Arche de Zoé» ont été rapidement transférés en France pour y purger des peines, être «graciés» et parler librement dans les médias de leur pays, en ayant au préalable fait un pied de nez à un gouvernement africain. Les leçons et les exemples sont très nombreux et attestent de l’importance accordée à l’être humain, à un citoyen selon qu’il soit arabe, africain ou «toubab».

La guerre civile est sporadique au Liban. Des hommes en uniforme sont tués chaque semaine en Algérie. La famine et les émeutes sévissent en Egypte. Le Soudan et le Darfour sont des zones dangereuses pour leurs habitants et pour les étrangers. La Syrie, dont une partie du territoire est toujours occupée, est prise en tenaille par les Israéliens et l’Amérique officielle. Les Palestiniens, pour manger, s’éclairer, se soigner, se marier ou enterrer leurs morts, dépendent du seul bon vouloir de l’armée israélienne qui, un jour, va leur rationner l’oxygène. Que font les zaïms arabes du haut de leur superbe impuissance ? Ils regardent, impuissants, répriment leur jeunesse, leurs chômeurs et leurs affamés, tout en regardant d’autres pays aller à pas de géant vers l’avenir qui sera de plus en plus indépendant des énergies fossiles, grâce à la recherche et à l’innovation.

Pris sous n’importe quel angle, le monde arabe est prisonnier de gouvernances «royales», foncièrement tournées vers le passé, la zaouïa du coin qui ne produit aucune réflexion, aucun brevet, aucun projet pour l’environnement, aucune réforme pour le sport national qui aurait bien besoin de l’argent que les doctes chefs d’appareils spirituels et «politiques» se disputent à coups de scissions comme n’importe quelle formation politique de pays sous-développés. De rares pays échappent aux normes archaïques. Il y a ceux qui construisent le plus long pont du monde, de quarante kilomètres, planté dans la mer, alors que d’autres cumulent les bidonvilles et des transports collectifs répugnants. Ces rares pays peuvent faire la fierté de leur jeunesse et faire rêver celle de la Tunisie, de l’Egypte, de l’Algérie, du Maroc, du Soudan, etc.

Lorsque des franges d’une population juvénile sombrent dans les rêveries d’exil, la drogue, avec des taux de suicides terribles, les gouvernants regardent avec superbe leur nombril, la cohorte de courtisans avides de postes dont l’ambition suprême est de côtoyer ceux d’en haut enfermés dans des réduits à forte teneur consanguine au plan des appétits. Lorsque les élites s’en vont là où le travail et la créativité sont respectés, où les enfants s’épanouissent, où les hôpitaux sont propres et humanisés, les décideurs arabes cultivent le béton, la pollution et la dépendance alimentaire, médicale... Alors, imaginons que la Ligue arabe, sur un budget spécial consenti par les Etats, recrute une pléiade des plus grands avocats du monde pour défendre chaque arabe enfermé en Europe, aux USA, en Australie ou n’importe où dans le monde, et donner un peu plus de dignité aux citoyens qui seraient fiers d’être arabes. Imaginons un réseau de TGV financé par les entreprises privées et publiques qui relierait toutes les capitales du monde arabe, sans visa, sans tracasseries et humiliations policières aux frontières. Si les rêves sont permis, il leur faut des leaders politiques qui aient ces mêmes rêves.

Le Quotidien d’Oran - par Abdou B.

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