« 2008-05-19 | Page d'accueil | 2008-05-21 »

mardi, 20 mai 2008

Cinq projets phares pour l'Union pour la Méditerranée

beaa0475abb36853f11a5cbeb2c4836e.jpgSTRASBOURG (Reuters) - Autoroute du Maghreb, dépollution de la Méditerranée, développement de l'énergie solaire ou coopération en matière de protection civile contre les catastrophes: la Commission européenne propose cinq projets phares pour lancer l'Union pour la Méditerranée (UPM).

L'exécutif européen, qui a présenté des propositions censées être approuvées par le sommet fondateur de l'UPM, le 13 juillet prochain à Paris, n'est toutefois pas sur la même longueur d'ondes que la France, à l'origine de l'initiative, sur son pilotage. Les principaux problèmes politiques qui divisaient profondément les Vingt-Sept ont été plus ou moins réglés au prix d'une révision à la baisse des ambitions françaises.

La France voulait initialement limiter le périmètre de l'UPM aux seuls 22 pays strictement riverains de la Méditerranée, plus le Portugal, la Jordanie et la Mauritanie, ce qui avait suscité la colère de l'Allemagne, qui évoquait une division de l'UE.

Le "processus de Barcelone" entamé en 1995 entre l'UE et les pays de la Méditerranée, qui a déjà permis de signer des accords de libre-échange avec des pays comme la Tunisie, aurait été affaibli par ce projet qui prévoyait aussi de siphonner les fonds communautaires - 4,6 milliards d'euros de 2000 à 2006.

L'appellation choisie - "Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" - illustre à elle seule les contorsions qui ont été nécessaires pour parvenir à un compromis qui maintienne l'acquis tout en donnant une impulsion à un processus dormant.

AUTOROUTE du Maghreb arabe (AMA)

L'accord s'est fait selon cinq axes: accent sur la parité Nord-Sud, valeur ajoutée par rapport à Barcelone, participation de tous, coopération régionale, concentration de l'initiative sur des projets concrets et appel à des fonds privés. Les cinq projets présélectionnés mardi répondent à ce souci de réunir 39 pays où habitent 700 millions d'habitants.

La création d'une autoroute du Maghreb arabe (AMA) reliant la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et la Libye est déjà bien avancée sur une base nationale, mais il faudra connecter les réseaux et la Commission insiste sur le fait que, sans libéralisation des échanges, elle servira peu.

L'AMA est surtout susceptible d'attirer des capitaux privés grâce à des péages, d'où l'intérêt pour le projet. Les autoroutes de la mer, des trajets balisés et reliés à des infrastructures portuaires modernes, est un véritable projet Nord-Sud, pour assurer la fluidité du commerce.

Le projet de dépollution de la Méditerranée à l'horizon 2020 fait quant à lui l'objet d'un plan depuis 2006, mais l'UPM constitue un stimulant pour accélérer la résolution d'un problème grave, la plupart des eaux usées finissant sans traitement dans la mer. L'idée du plan solaire méditerranéen est de développer une énergie qui serait ensuite importée par l'Union européenne.

Enfin, la coopération dans le domaine de la protection civile est le seul projet qui n'est pas susceptible d'attirer des investissements privés, mais il permettra de mieux lutter contre des fléaux provoqués par le réchauffement climatique. Les autres projets en cours, comme la création d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne d'ici à 2010 ou la promotion de l'éducation, sont bien entendu maintenus pour permettre au Sud de la Méditerranée de tirer profit du marché européen.

BISBILLES INSTITUTIONNELLES

L'autre grande innovation de l'UPM est institutionnelle. La Commission, qui a beaucoup à perdre dans l'exercice, dans la mesure où le pilotage du processus par des sommets tous les deux ans et un secrétariat impliquant le Nord et le Sud, risque de lui échapper, entend marquer son territoire. Ainsi, les Vingt-Sept ont-ils décidé que l'UPM serait pilotée par deux co-présidents, un du Sud et un du Nord.

Pour le Sud de la Méditerranée, la Commission ne conteste par qu'il devra s'agir d'un chef d'Etat en exercice et la France promeut la candidature du président égyptien Hosni Moubarak. Mais du côté européen, elle rappelle qu'à partir de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le 1er janvier 2009, les relations extérieures de l'UE seront assumées par le président du Conseil européen et le président de la Commission. Nicolas Sarkozy présidera donc le premier sommet mais il cèderait la place à ce duo alors qu'il voulait qu'un pays riverain du Nord de la Méditerranée soit co-président.

La localisation du secrétariat qui sera chargé de piloter l'UPM n'est pas précisée - la France pense à Tunis mais Malte et le Maroc sont également candidats - et la Commission veut lui adjoindre un "comité de direction" composé de représentants du Sud et du Nord qui serait, lui, basé à Bruxelles.

Des interrogations subsistent aussi sur la participation des pays du Sud de la Méditerranée au premier sommet. Si l'Egypte, la Jordanie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, l'Algérie, l'Autorité palestinienne, le Liban, la Turquie, la Libye devraient en être, la participation d'Israël risque de réduire cette liste et la Syrie pourrait être absente.

Il s'agit là d'un avant-goût de ce qui risque de se passer lors des sommets de l'UPM qui se dérouleront tous les deux ans: pourront-ils adopter une déclaration politique commune, comme c'est prévu, si le conflit israélo-palestinien persiste? (Reuters - 20/05/08 Par Yves Clarisse)

La justice française fait le ménage en Tunisie

L'expédition d'un juge français à Tunis

L’opération s’est déroulée dans le plus grand secret. Selon nos informations, deux neveux par alliance du président tunisien Ben Ali ont étés mis en examen vendredi à Tunis par un juge d’instruction français dans une sombre affaire de trafic de yachts. Imed et Moez Trabelsi, neveux de l’épouse du chef de l’Etat tunisien, sont soupçonnés par le juge du tribunal d’Ajaccio, Jean Babtiste Risson, d’être les commanditaires du vol de trois bateaux de luxe. Le juge Risson, arrive jeudi soir en Tunisie flanqué du procureur d’Ajaccio, José Thoerl, a également fait procéder sur place à plusieurs perquisitions, à l’examen de documents bancaires, ainsi qu’à des auditions. Tout cela sous le contrôle et avec l’autorisation du doyen des juges d’instruction de Tunis.

f3d5a31326aa9367fa842e0427dcad01.jpg

L’affaire porte sur trois yachts qui valent plus d’un million d’euros chacun. Le premier Le Sando, a été volé le 16 décembre 2005, alors qu’il été amarré dans le port de plaisance du La vandou (Var). C’est ensuite le blue Dolphine qui a été dérobé, le 26 janvier 2006, à Cannes. En fin, le Beru Ma, le 5 mai 2006 à Bonifacio. Mais le propriétaire de ce superbe yacht n’est pas n’importe qui : il s’agit de Bruno Roger patron de la banque d’affaire Lazard ami de Jaques Chirac et de Nicolas Sarkozy.

La restitution du Beru Ma a été suivie de prés par l’Elysée

Les gendarmes de Toulon, désignés par le juge d’Ajaccio, ont assez vite retrouvé la trace des hommes d’équipage soupçonnés d’avoir commis ces vols : après avoir quitté la Corse nuitamment, le Beru Ma avait fait escale en Sardaigne, ou il avait été repéré. Parallèlement un enquêteur privé – mandaté par la compagnie d’assurance – a réussi à découvrir le yacht dans le port de Sidi Bou Said, prés de Tunis, en Juin 2006. Il été temps : le bateau allait être maquillé. La restitution du Beru Ma à son propriétaire, rapide et discrète, a été suivis de prés par l’Elysée, alors occupé par Jaques Chirac, et par le ministère de l’intérieur, ou se trouvait Nicolas Sarkozy. Quant aux deux autres yachts, que certains témoins affirment avoir vu dans le port de Sidi Bou Said, ils n’ont pas étés trouvés à ce jour.

Tensions diplomatiques après la convocation des frères Trabelsi

Huit personnes ont été mises en examen par la justice française dans ce dossier de « Vol en Bande organisée ». Le skippeur Céderic Sermant, soupçonné d’avoir volé et convoyé les trois bateaux jusqu’en Tunisie, a donné plusieurs versions des faits. Il a fini par mettre en cause les frère Trabelsi, assurant notamment les avoir rencontré en Tunisie. Un intermédiaire, Azzeddine Klaiaia, lui aussi mis en examen, s’est pour sa part montré plus prudent : il s’est borné à expliquer qu’il avait entendu dire que les yachts étaient destinés aux trabelsi. Les deux frères sont, en outre cités dans des écoutes téléphoniques de l’enquêteur privé qui a retrouvé le Beru Ma. Imed Trabelsi est soupçonné d’avoir commandité le vol des deux premiers, et son frère Moez, celui du troisième.

Mais les deux frères nient catégoriquement avoir pris part au trafic. Ils expliquent en substance, avoir étés mis au courant et s’être vu proposer les yachts, mais ne pas s’y être intéressés. Jouissant de nombreux privilèges les frères Trabelsi sont régulièrement dénoncés par l’opposition tunisienne, qui les taxe d’affairisme et leur attribue diverses tirputides. Sollicités par JDD, ni l’avocat d’Imed Trabelsi, Me Jean-Francois Velut, ni ceux de Moez Trabelsi Mes Claire Doublitz et Eric Morin, n’ont donné suite.

Le juge Risson avait initialement convoqué les frères Trabelsi au tribunal d’Ajaccio, en vain. Il avait ensuite demandé leur incarcération, dans une commission rogatoire Internationale délivrée voici un an. Cet épisode avait déclenché des tensions diplomatiques et créé une certaine crispation entre le juge d’instruction et le procureur d’Ajaccio – comme l’a rapporté le site Mediapart - . Pour finir les défenseurs des frères Trabelsi avaient fait savoir au juge et au procureur que leurs clients étés disposés à s’expliquer…mais sur le sol tunisien. Des discrètes tractations ont suivis. La mise en examen des nerveux par alliance du président tunisien intervient une quinzaine de jours à peine après la visite officielle effectué par Nicolas Sarkozy, accompagné de Rachida Dati, fin avril à Tunis.

Par Michel Deléan – Journal de Dimanche - Le 18 Mai 2008 

Les avocats marocains appellent à la normalisation entre Rabat et Alger

73a537df403a1e8ed1571087cbb9bb6c.jpgL’Association des barreaux du Maroc a appelé à la normalisation des rapports entre le Maroc et l’Algérie impliquant la réouverture des frontières terrestres fermées depuis 1994, a rapporté la presse marocaine mardi. Au terme de son 26ème  congrès à Tanger (nord), ayant rassemblé quelque 1200 avocats marocains, l’association a estimé que cette normalisation entre les deux pays maghrébins s’érige en « revendication populaire », de même que l’Union du Maghreb Arabe ( UMA) qui demeure un « choix stratégique ».

Cet appel intervient à une semaine d’une revendication similaire formulée par le parti islamiste marocain de Justice et de développement (PJD), principale force d’opposition à la chambre basse avec 46 députés sur 325 membres.

Ces appels corroborent la position officielle formulée depuis mars dernier par l’exécutif marocain. Rabat estime que la fermeture des frontières avec Alger « a été décidée de manière unilatérale » par l’Algérie en 1994, après des attentats terroristes commis sur le sol marocain par des ressortissants algériens.

 « La fermeture de la frontière entre les deux pays frères constitue de nos jours un fait singulier et exceptionnel dans le monde, contraire aux aspirations des peuples du Maghreb, des attentes de ses partenaires et des exigences régionales de paix et de développement », a fait valoir la diplomatie marocaine.

Des officiels algériens avaient laissé entendre, dans des déclarations à la presse, que la normalisation passe par le préalable d’un règlement définitif du conflit du Sahara, vieux de 33 ans, opposant le royaume chérifien au front séparatiste du Polisario, basé en Algérie.

Des négociations se tiennent depuis juin 2007 à Manhasset, à la banlieue de new York, sous l’égide de L’ONU, pour trouver un règlement à ce conflit avec la participation du Maroc, du Polisario, de la Mauritanie et de L’Algérie. (Agence de Presse Africaine - Rabat -20-05-2008)

Maroc: démantèlement d'un "réseau terroriste" visant le Maroc et la Belgique

01afe4186dbbd48f920ae29e307c0290.jpgLa police marocaine a démantelé un "réseau terroriste" de 11 personnes qui projetaient des actes terroristes au Maroc et en Belgique, a rapporté lundi l'agence marocaine Map. Les 11 personnes, dont un Marocain résidant en Belgique, ont été arrêtées dans les villes marocaines de Fès (centre) et Nador (nord). "Ce réseau (...) projetait des actes terroristes au Maroc et en Belgique", a indiqué la Map. Les personnes arrêtées sont en relation "avec des filières d'acheminement de volontaires en Irak et pour les camps d'Al-Qaïda au Maghreb islamique en Algérie", a affirmé l'agence marocaine.

En Belgique, la radio VRT a rapporté lundi soir, sans citer de sources, qu'un bâtiment de l'Union européenne et un hôtel bruxellois faisaient partie des cibles que visait ce réseau terroriste. "Le Caprice des Dieux - surnom de l'un des bâtiments du Parlement européen à Bruxelles - ainsi qu'un hôtel de la chaîne Sheraton auraient été visés", a rapporté la radio de radio publique néerlandophone.

Le parquet fédéral belge, qui centralise les dossiers de terrorisme en Belgique, n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter l'information de la VRT. Auparavant, le parquet fédéral belge avait indiqué n'avoir pas été informé de cette affaire par les autorités marocaines.

"On n'était pas au courant, on vient de l'apprendre par les médias. On ne sait absolument pas de quoi il peut s'agir", avait déclaré à l'AFP la porte-parole du parquet fédéral, qui centralise les dossiers de terrorisme en Belgique. "Nous n'avons pas été directement impliqués, même s'il se peut que les Marocains se soient basés sur des informations venant de Belgique pour construire leur dossier", a ajouté la porte-parole, Lieve Pellens, selon qui des informations sont régulièrement échangées entre les justices des deux pays. La Belgique a demandé à son magistrat de liaison en poste à Rabat "de se renseigner", mais il ne faut pas attendre de réponse dans l'immédiat, a-t-elle précisé.

Selon l'agence Map, "les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire seront présentées à la justice pour répondre de leurs actes". Leur identité n'a pas été précisée. La Map affirme que les services de sécurité ont démantelé le réseau terroriste présumé sous la supervision du parquet.

Une source proche du gouvernement marocain, contactée par l'AFP, a indiqué que le réseau dont le démantèlement a été annoncé lundi "n'avait rien à voir avec celui du (Belgo-marocain) Abdelkader Belliraj", composé de 35 personnes écrouées le 29 février à Salé, près de Rabat, et poursuivies pour "terrorisme". (AFP - le 20-05-2008) 

13:29 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Maroc, Terrorisme

Imed Trabelsi en prison!

404836bda991177f61056092d2bb18e2.jpgUn mandat d’arrêt aurait été émis aujourd’hui 19 mai par le doyen des juges d’instruction contre Imed Trabelsi, le neveu de Leila Ben Ali, après l’avoir interrogé sur le chef d’accusation de «complicité de vol en bande organisée»; et ce dernier aurait été écroué le même jour.

Ce rebondissement vient suite à l’exécution d’une commission rogatoire internationale délivrée en janvier 2008 par le juge d'instruction du tribunal d'Ajaccio, Jean-Bastien Risson, contre Imed et Moez Trabelsi dans une affaire liée à un trafic de bateaux de luxe entre la France et la Tunisie. Par ailleurs le juge d’instruction, Risson et le procureur de la République d'Ajaccio Thorel, sont actuellement à Tunis dans le cadre de l’enquête sur cette affaire et auraient assisté aux auditions des inculpés.

Sihem Bensedrine  - Kalima Tunisie - 19 mai 2008

01:22 Ecrit par TUNISIA Watch dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Imed Trabelsi

La justice française accuse deux neveux du président tunisien de recel

Deux neveux par alliance du président Zine El Abidine Ben Ali ont été mis en examen vendredi pour « complicité de vol en bande organisée ». Soupçonnés du vol de trois yachts en France, les frères Trabelsi vont devoir répondre devant la justice française pour un présumé trafic de bateaux de luxe. Encore faudra t-il une totale coopération de Tunis dans cette affaire.

Parfois, les désagréments de la famille font tâche d’huile et le président tunisien aurait bien aimé se passer de cette affaire. Une fois de plus, la belle famille de Zine El Abidine Ben Ali est pointée du doigt. Imad et Moez Trabelsi, deux neveux de Leila Trabelsi, ont été mis en examen vendredi pour avoir commandité le vol d’un yacht durant la nuit du 5 mai 2006. Manque de pot, celui-ci appartient au PDG de la banque d’affaire Lazard Frères à Bonifacio (Corse-du-Sud), lui-même proche de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy (alors ministre français de l’Intérieur).

Un joujou nommé désir

Pas question de le laisser dans la nature : le yacht vaut tout de même la bagatelle de 1,5 million d’euros. La compagnie d’assurance du bateau se lance donc à sa recherche. Le patron, Bruno Roger, retrouve quelques jours plus tard son précieux bijou - repeint entre temps – au port de Sidi-Bou-Saïd (près de Tunis). Un enquêteur y est dépêché sur place et découvre, non sans étonnement, que le yacht est enregistré dans ce port sous le nom d’Imad Trabelsi. Appréhendé, le voleur avoue, sous la pression, le vol de deux autres yachts en Côte d’Azur (sud de la France) en décembre 2005 et janvier 2006… dont l’un était « commandé » par Moez Trabelsi, le frère d’Imad. Grâce à l’intervention du président français de l’époque, M. Roger voit son bateau restituer le 26 mai 2006. Non sans mal. Imad Trabelsi aimait passionnément « son » yacht qu’il adorait exhiber. Les charges ne sont pas abandonnées pour autant. Mais il a faut attendre deux ans avant de voir l’affaire resurgir.

La justice française ne les lâchera pas… sauf intervention de l’Elysée

En mai 2007, deux mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés par le juge d’instruction du tribunal d’Ajaccio (Corse), Jean-Bastien Risson. Après des mois de tractations avec les autorités tunisiennes et quelques obstacles de l’Elysée, la tenacité de M. Risson a finalement payé. Un magistrat tunisien a finalement décidé de les inculper pour « complicité de vol en bande organisée ». Avec le procureur de la République d’Ajaccio José Thorel, M. Risson s’est donc rendu jeudi à Tunis où six autres personnes ont été entendues en tant que témoins dans cette affaire. M. Thorel a indiqué que « les frères Trabelsi devraient répondre prochainement à une convocation de la justice française ». Cependant, il a démenti toute tension diplomatique entre la France et la Tunisie. « S’il y avait eu des différends diplomatiques, la commission rogatoire n’aurait pas été exécutée par le juge d’instruction tunisien et nous n’aurions pas assisté aux auditions ainsi qu’aux perquisitions », a-t-il déclaré.

France-Tunisie : de bons amis qui font de bons comptes

Ce n’est pas la première fois que la famille du président tunisien trempe dans des affaires douteuses. Le frère ainé du président, Moncef Ben Ali, avait été condamné par contumace à Paris en 1992 à 10 ans de prison pour son appartenance à la « Couscous connection », un réseau de trafic de drogue. Il est décédé depuis 1996 sans avoir purgé sa peine. Ce n’est pas non plus une première pour Imad Trabelsi. Accusé de recel, il aurait commandité le vol, en 2005, d’une BMW à un ancien joueur de l’Olympique de Marseille, avant d’être contraint de la restituer contre un abandon des poursuites. Cependant, les relations franco-tunisiennes sont excellentes surtout depuis la récente visite de M. Sarkozy en Tunisie. Pour ne pas se froisser l’un l’autre, les deux pays se voient « contraints » de traiter ces affaires discrètement et « entre amis ». La suite au prochain épisode.

AFRIK.COM - lundi 19 mai 2008, par Hanan Ben Rhouma

Peines de prison ferme pour 18 terroristes présumés

La quatrième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a condamné lundi cinq prévenus à trois ans de prison ferme pour avoir projeté de créer une "cellule terroriste" en Tunisie, a-t-on appris auprès de l'un de leurs avocats, Me Samir Ben Amor. Cinq autres ont écopé d'un an d'emprisonnement pour n'avoir pas informé les autorités de cette entreprise à caractère terroriste.

Selon l'avocat, les accusés ont nié les faits qui leur étaient reprochés lors de leur interrogatoire. La défense a plaidé pour le non-lieu, en mettant en avant des vices de procédure et en se basant sur l'absence de preuves étayant les accusations.

Lors d'un autre procès, la deuxième chambre criminelle près le même tribunal a condamné un autre groupe, composé de huit jeunes salafistes, à des peines allant de 2 à 5 ans de prison ferme. Deux d'entre eux ont écopé de cinq ans de réclusion et quatre de trois ans pour "appartenance à une organisation terroriste", "appel à la commission de crimes terroristes" et pour avoir "fourni des informations à des personnes ayant des liens avec des projets terroristes". Les deux autres ont été condamnés à deux ans de prison ferme pour n'avoir pas alerté les autorités des "entreprises criminelles qui se tramaient".

Tous ces salafistes étaient jugés en vertu de la loi anti-terroriste adoptée en Tunisie en décembre 2003 et dénoncée par l'opposition et plusieurs associations qui la considèrent "anti-constitutionnelle". Selon, Me Ben Amor, spécialiste des affaires terroristes, un "important groupe" de 19 personnes arrêtées après un séjour en Algérie, doit comparaître le 27 mai devant la cour d'appel de Tunis. (AP - 19.05.2008)

01:14 Ecrit par TUNISIA Watch dans Terrorisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, salafistes tunisiens

Toutes les notes