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30/06/2008

Le Maghreb dans la stratégie de défense et de sécurité française d'aprés "le livre blanc"

Préfacé par le président français Nicolas Sarkozy, le Livre blanc sur la défense et sécurité nationale vient de sortir.

« - Le rapport propose la vision d’un monde marqué par l’instabilité : « La mondialisation ne crée un monde ni meilleur ni plus dangereux qu’il y a deux décennies. Elle dessine en revanche les contours d’un système international nettement plus instable, moins contrôlé, et donc plus inquiétant… » Ce qui irrigue le livre, c’est la multiplication des dangers, du terrorisme à l’islamisme, de la Russie à la Chine ;

- Selon ce texte, la France appartiendrait au monde occidental ; un monde qui n’est jamais défini, mais qui est menacé et qu’il faut défendre. Le retour de la France dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est présenté comme le moyen de faire face à ces dangers. » (Présentation faite par le journal Le monde Diplomatique)

L’incertitude stratégique au premier chapitre des préoccupations majeures du document. C’est dans ce cadre que le livre blanc traite du Maghreb. Définit dans « L’ARC DE CRISE, DE L’ATLANTIQUE À L’OCÉAN INDIEN » Le Maghreb fait partie de trois des « Quatre zones critiques » qui constitue cet arc : une zone sahélienne qui va de la Mauritanie à la Somalie, le Maghreb, le Proche-Orient (Golfe compris) et le fief Afghanistan-Pakistan. « Dans cette partie du monde, au voisinage de l’Europe, au cœur d’intérêts stratégiques pour la sécurité mondiale, des évolutions essentielles modifient les données de la sécurité de la France et de l’Europe », constate le Livre blanc.

Voici le contenu du cadre résumant le point de vue sur le Maghreb Dans le document :

 

Le Maghreb : coopération, risques et espoirs

La région du Maghreb présente une importance particulière pour la France (histoire, communautés maghrébines, langue, énergie, coopération économique), ainsi que pour l’ensemble du sud de l’Europe. Elle connaît une situation contrastée, avec des facteurs potentiellement positifs, qu’il faut encourager, et des facteurs plus préoccupants dont il s’agit de limiter le développement. En outre, il faut compter dans cette région avec la présence de nouveaux acteurs étatiques (notamment les États-Unis et la Chine) ou non étatiques (Al-Qaida).

Les facteurs les plus positifs portent notamment sur les points suivants :

  1. – la transition démographique,
  2. – le potentiel économique,
  3. – la coopération entre les deux rives méditerranéennes,
  4. – l’abandon des programmes d’armes non conventionnelles en Libye.

Les facteurs plus préoccupants sont :

  1. – les déséquilibres sociaux (taux de chômage parmi les plus élevés du monde, développement très inégalement réparti),
  2. – les insuffisances des systèmes d’éducation,
  3. – la dégradation environnementale et l’urbanisation non maîtrisée. Ce facteur sera aggravé par l’évolution climatique qui va augmenter la rareté des ressources en eau dans une région déjà proche de la pénurie (5 à 6 fois moins qu’en France),
  4. – l’augmentation de l’émigration clandestine,
  5. – l’exposition des États du Maghreb au transit, voire à l’immigration de migrants d’Afrique subsaharienne en nombre toujours plus élevé (plusieurs millions dans la zone du Maroc à la Libye),
  6. – les blocages politiques qui nourrissent l’extrémisme,
  7. – l’implantation de la mouvance d’Al-Qaida en Afrique du Nord.

Les scénarios fondés sur la poursuite des tendances négatives actuelles conduiraient en 2025 à des situations de tension et d’instabilité préoccupantes pour l’Europe et la France. Une démarche politique globale des Européens est nécessaire. Une action européenne volontariste doit être conduite dans les domaines de l’éducation, de l’ouverture économique – pour assurer le développement, encourager l’intégration régionale et rapprocher les économies maghrébines des économies européennes –, enfin dans le domaine de la coopération en matière d’immigration et de sécurité.

Cela suppose, de la part de la France et de l’Europe, une vision, des moyens et un engagement politique durable.

Les risques de conflits interétatiques de haute intensité semblent limités, mais imposent une vigilance internationale. En revanche, le risque de déstabilisation découlant des facteurs internes (successions politiques, mouvements sociaux, chômage, terrorisme, etc.) est réel. D’ici quinze ans, et au-delà, seul le développement économique, politique et social peut prémunir la région contre de tels risques.

 

13:59 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : France, Maghreb, Livre blanc

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