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lundi, 14 juillet 2008

La CPI inculpe le président soudanais Bachir de génocide

9e4fe2ea9ec54aeb5e65875d99572a04.jpgLe procureur de la Cour pénale internationale de La Haye a inculpé le président soudanais Omar Hassan Bachir de génocide au Darfour et requis de la CPI un mandat d'arrêt international à son encontre ainsi que le gel et la saisie de ses biens.

Troisième chef d'Etat en exercice à être poursuivi par la justice pénale internationale après le Yougoslave Slobodan Milosevic et le Libérien Charles Taylor, Bachir s'est aussi rendu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité a estimé le procureur Luis Moreno-Ocampo.

Selon ce dernier, les "forces et des agents" aux ordres de Bachir ont tué au moins 35.000 civils et causé la "mort lente" de 80.000 à 265.000 autres personnes déplacées par les combats qui ensanglantent la province occidentale soudanaise depuis 2003. "Bachir a commis, à travers d'autres personnes, un génocide contre les ethnies Four, Massalit et Zaghawa au Darfour, en utilisant l'appareil d'Etat, les forces armées et les milices djandjaouids", déclare l'acte d'inculpation du magistrat argentin.

Il relève en outre contre le président soudanais des crimes contre l'humanité et crimes de guerre - meurtres, extermination, déportation de 2,9 millions de civils, tortures et viols.

A Khartoum, le gouvernement a rejeté la compétence de la CPI. "Nous ne reconnaissons nullement ce qui vient de la CPI, qui n'a pas d'existence à nos yeux", a déclaré à Reuters un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Mais il a affirmé que le gouvernement de Khartoum restait résolu à poursuivre le processus de paix et à protéger les milliers de militaires de l'Union africaine et des Nations unies déployés dans la province en guerre.

PAS DE MANDAT D'ARRÊT AVANT DES SEMAINES

Néanmoins, l'affaire pourrait entraver la fin du déploiement de la force conjointe UA-Onu, dont des milliers d'hommes ne sont pas encore à pied d'oeuvre. Le ministre de la Justice soudanais Abdel Bassit Sabderat avait déclaré dimanche que l'inculpation de Bachir "pourrait bien tuer le dernier espoir d'un règlement pacifique".

Les organisations humanitaires qui travaillent au Darfour ont renforcé ces jours derniers leurs mesures de sécurité en prévision de l'inculpation - attendue - de Bachir, susceptible d'enhardir les rebelles darfouris et de mettre en rage les forces gouvernementales.

Créée en 2002, la CPI, premier tribunal pénal international permanent, est également saisie des crimes de guerre commis au Darfour, en Ouganda, en Centrafrique et en République démocratique du Congo. Mais elle ne dispose d'aucune instrument de coercition pour faire appliquer ses décisions.

Concernant le Darfour, où la guerre aurait fait selon les experts quelque 200.000 morts depuis cinq ans - seulement 10.000 selon Khartoum -, la CPI a déjà lancé deux mandats d'arrêt contre un ministre soudanais, Ahmed Haroune, et un chef de milice armée arabe, Ali Kouchaïb.

Les juges de la CPI vont probablement se donner plusieurs semaines, voire quelques mois, avant de lancer un mandat d'arrêt international contre Bachir, puis les alliés du Soudan aux Nations unies tenteront vraisemblablement de le faire suspendre.

Le Soudan compte sur le soutien de la Chine et sur la Russie au Conseil de sécurité pour bloquer toute tentative d'arrestation de son président. Pékin est le principal pourvoyeur d'armes du régime islamiste de Bachir, au pouvoir depuis 1989.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tiendront samedi prochain au Caire, siège de l'organisation, une réunion extraordinaire pour débattre des poursuites engagées par la CPI contre le président d'un de ses 22 pays membres.

(Reuters - Lundi 14 juillet, 15h00 par Emma Thomasson, Version française Marc Delteil)

La lampe d’Aladin de ben Ali prend sans rien donner à la Tunisie

La lampe d’Aladin de ben Ali prend sans rien donner à la Tunisie 

 

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C’est la troisième fois au cours des deux dernier mois que je viens à être coupé de connexion Internet suite à la publication d’un article critique de la politique du président ben Ali sur mon blog Tunisia Watch (http://tunisiawatch.rsfblog.org). Cette forme d’obstruction à mon exercice de ma liberté d’opinion et d’expression est devenue le moyen ultime utilisé par la censure à mon encontre ces denier temps.

Mon blog censuré depuis sa création, haké et détruit à plusieurs reprises au cours des deux dernières années est mon dernier refuge pour dénoncer la répression dont je fait l’objet depuis ma révocation de mon statut de Magistrat en Juillet 2001 et la dictature avec toutes ses répercussions néfastes sur la vie et l’avenir de tous mes concitoyens. 

Depuis cette date :

  • Je suis étroitement suivi dans mes déplacements, mis sous écoute à mon domicile et dans toutes mes communications
  • Interdit de quitter le pays depuis sept sans aucun motif sérieux, toutes mes tentatives de faire revenir les autorités sur cette mesure discriminatoire n’ont pu aboutir.
  • Tous mes comptes mails sont bloqués, mon courrier postal est automatiquement intercepté et s’il n’est pas séquestré il ne me parvient qu’après des semaines après avoir été ouvert et consulté. Mes communications téléphoniques avec l’étranger sont coupé en milieux de communication dans les rares fois qu’ils arrivent à aboutir, une fois coupé il est impossible d’avoir le numéro demandé ou de m’avoir si je suis appelé.
  • Je suis pratiquement interdit d’exercer un travail pour subvenir au besoin de ma famille. Un petit hôtel de centre ville (Hotel Royal - 19 rue d’Espagne – Tunis 1000) qui me revenais en héritage avec mes frères a été fermé par mesure de rétorsion depuis presque cinq ans maintenant et toutes les tentatives de le rouvrir n’ont pu aboutir. Il y a deux ans j’ai voulu exploiter une partie pour exercer en tant qu’avocat, toute personne qui venait me voir été interpellé et grossièrement menacé au point que j’été contraint de renoncer.
  • Tous les membres de ma famille ont fait l’objet de mesures discriminatoires qui ont gravement affectés leur ascension professionnelle, leur accès à l’emploi et leurs moyens de subsistance matérielle.
  • La décision de ma révocation de mon statut de magistrat ne m’a jamais été signifiée jusqu'à présent. Mon recours devant la justice pour obtenir son annulation reste bloqué devant le tribunal administratif et témoin du déni de justice dont je fais l’objet par le régime du président Ben Ali dans mon pays.
 

Ma situation n’est qu’un exemple de ce que subit des milliers et des milliers de tunisiens aujourd’hui en Tunisie s’ils ne sont pas condamnés à la prison ou à l’exil. J n’ai jamais cherché à en faire un cas particulier Mais notre refus de se soumettre à la dictature en Tunisie se paye par une répression implacable et continu dont le président Ben Ali est l’ordonnateur et le maître en chef d’exécution. Le dépouillement de tous nos concitoyens des prérogatives les plus élémentaire de leur citoyenneté aujourd’hui est à ce prix, les tunisiens silencieux ne sont pas avec Ben Ali il ont peur de lui.

Ben Ali a ainsi fini par instaurer une société duelle fondé sur une minorité tyrannique de privilégiés inconditionnels remontés contre le reste de leur société. Cette dualité est en train de se réduire dans ses expressions familiales, régionales et ploutocratiques les plus vulgaires dont seule une reconnaissance étrangère peut servir sa légitimité perdue dans son propre pays.

Le blocage de mon accès à Internet intervient cette fois comme lors de la visite du président Sarkozy en Tunisie à l’occasion de la tenue du sommet de l’Union Pour la Méditerrané pour empêcher le journal citoyen qu’est devenu TUNISIA Watch avec ses 45 000 lecteurs et 160 000 page consultés en juin d’accéder à une source alternative d’information sur la Tunisie. C’est le président Ben Ali par la société de sa fille Planet-wanadoo qui accorde ou bloque l’accès à l’Internet en Tunisie, c’est lui aussi à l’aide d’autres membres de sa famille qui décrète la censure de nos voix et toute les formes d’harcèlement que subies ceux qui refusent de se taire et d’accepter sa politique de répression et de pillage de notre pays. 

Pour illustrer le tempérament populaire la dernière blague qui se raconte en Tunisie concerne un jeune couple d’immigrés qui arrive au pays pour passé l’été. A peine arrivée dans leur voiture devant la nouvelle maison qu’il se sont fait bâtir le mari remarque dans un tas de gravas non encore enlevé une lampe usée qui lui rappelle l’histoire de la lampe d’aladin. Il se saisi de l’objet et le frottait pour le dépoussiérer quand soudain un épaisse traînée de fumée ressortait et se transforma en un génie qui le saluait :

  • Chobbik lobbik qu’est ce que vous désirait
  • Débarrassez moi de cette maison et mettez moi à la place un palais. Dit le jeune homme extasié.

Aussitôt dit la maison disparaît laissant la place à un terrain vague désolant, le génie pointe du doigt la voiture en lui demandant si elle lui appartient aussi. A peine a-t-il rependu oui qu’elle disparaît aussi. Le jeune homme avant hébété, il ne trouve pas le temps de placer un autre mot quand le génie lui demanda si la jeune femme qui accourait dans leur direction été sa femme et la voir disparaître à son tour et le génie se transformer en fumée vite aspirée par la lampe qu’il tenais.

L’homme se met à frotter furieusement la lampe sous l’effet de ce qui s’est passé et le génie se dressa de nouveau devant lui : «  je crois que vous avait mal compris, ce n’est pas la lampe d’ Alaiddine (Aladin) c’est la lame de Zine-el-abidine, ici, on prend, on ne donne rien. » 

Les Tunisiens ne sont pas contre l’union pour la méditerranée ni contre aucune union même si elle prétend rassembler la terre entière ; ils sont seulement contre toute union dont le seul résultat concret est de faire perdurer leur clavaire sous la dictature et d’aggraver tous les formes de répression et de privation qu’ils sont entrain d’endurer.

Yahyaoui Mokhtar – samedi 12 juillet 2008