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mardi, 15 juillet 2008

De troublantes manipulations entachent le congrès de la section tunisienne d’Amnesty

La section tunisienne d’Amnesty International vient d’accomplir son 20ème anniversaire d’existence. Son dernier congrès tenu à la salle el Hamra à Tunis le 5 et le 6 juillet 2008 n’en fini pas de susciter des questions sur son avenir, comme sur celui de la société civile indépendante en général en Tunisie cernée entre le marteau de la dictature et l’écume des groupuscules politiques harcelées à leur tours et qui ne trouvent plus que l'ingression des quelques ONG tolérées par le pouvoir pour exister. 

Ce congrès qui coïncide aussi avec la publication d’une série de documents par Amnesty international sur la Tunisie qui dénoncent avec une rare fermeté une situation d’atteinte systématique aux droits de l’homme par la pratique de la torture et la manipulation de la justice. Ce congrès se tenait aussi dans des circonstances exceptionnelles de blocage politique sur fond de répression politique, sociale et de toute forme de liberté d’expression. 

Le 20ème congrès été aussi appelé à statuer sur la révision des statuts de l’ONG pour se conformer avec la nouvelle stratégie d’AI appelant les sections à s’impliquer directement dans la défense des causes des droit de l’homme à l’intérieure de leurs propres pays. 

Le premier constat qu’on peut relever suite à ce congrès est la large désaffection des adhérant qui ont marqué par leur absence le plus grand échec de cette organisation. Sur 375 adhérents actifs parmi plus de 600 seuls 127 se sont déplacés pour assister au congrès dont seulement 105 ont pris part aux élections du nouveau comité directeur. 

Cette présence réduite n’a pas empêché les tensions qui ont marqués la tenue des opérations de renouvellement de la direction de la section. Présenté sur une liste bloquée d’affiliés au Parti Communiste Ouvrier Tunisien (interdit en Tunisie) seuls candidats monocolore à leur propre réélection, l’opération n’a pas manqué de délier les langues dénonçant l’hégémonie de cette groupuscule sur l’organisation et la manipulation des ses activités selon leur agenda et l’affectation de ses locaux et ses moyens au service de leurs activités de parti. 

La présence en personne du chef du parti concerné et le rôle qu’il a joué dans ce congrès allant jusqu'à payer lui-même les cotisations des adhérents appartenant à son parti, non acquittés depuis trois ans, en plus des marchandage publiques que son parti à opérer sur les votes d’autres adhérant en contre partis du payement de leur cotisations ont laissé un goût d’amertume face à ces pratiques qualifiés de milices. 

« Une Milice mobile qui se déplace de la LTDH à l’UGET à la section d’AI » disait Mohamed Khmiri rapporté par le journal Mouatinoun dans un article critique de ce qui vient de se passer dans ce congrès. 

Si le congrès n’a connu cette fois aucune mesure ou tentative de la part des autorités pour empêcher sa tenue comme ils ont l’habitude de se mobiliser chaque fois auparavant il semble que la largesse de cette ouverture trouve son explication dans la décision de la majorité au sein de l’organisation d’ajourner sine die le vote des amendement des statuts. Des amendements qui devaient ouvrir les activités de la section sur la situation des droits de l’homme en Tunisie. « Ces amendements auraient constituer un argument aux profit des autorité pour interdire les activités de la section d’Amnesty International en Tunisie » ont-ils expliqués pour justifier leur position. 

Section POCT comme prétends certains à la section Amnesty, la situation doit connaître son dénouement par les mesures que la direction internationale de cette illustre organisation ne manquera pas de prendre car il en va de sa propre crédibilité.  

Yahyaoui Mokhtar – Tunis le 12 juillet 2008