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mercredi, 16 juillet 2008
Tunisair confirme une commande de 16 Airbus
FARNBOROUGH (Angleterre) (Reuters) - Tunisair confirme une commande de 16 avions à Airbus et la signature d'un partenariat industriel qui permettra de créer 200 emplois en Tunisie dans le secteur aéronautique.
La compagnie aérienne a signé au cours d'une conférence de presse organisée au salon de Farnborough l'achat de trois A350 XWB-800, de trois A330-200 et de dix A320. Sur la base des prix catalogues, purement indicatifs, la transaction est évaluée à près de deux milliards de dollars.
Un accord de principe sur cette vente avait été conclu fin avril à l'occasion de la visite du président Nicolas Sarkozy en Tunisie .
"Dans cette conjoncture difficile, cette commande prouve notre confiance dans les avions que nous avons achetés, notre stratégie de long terme et le marché du transport aérien", a déclaré Nabil Chettaoui, P-DG de Tunisair.
La hausse quasi continue des prix du pétrole ces douze derniers mois exerce une pression forte sur les compagnies. Plusieurs d'entre elles ont dû réduire leur activité depuis le début de l'année.
Nabil Chettaoui a souligné que les nouveaux avions commandés permettraient à son groupe de renforcer son offre vers l'Asie et l'Amérique du Nord ainsi que son positionnement régional.
Le dirigeant a également confirmé la signature d'un partenariat industriel entre Tunisair et Airbus grâce auquel 200 emplois seront créés dans le secteur aéronautique en Tunisie. Une porte-parole du constructeur européen a déclaré à Reuters que le partenariat porterait sur les composants, sans donner davantage de détails.
Matthias Blamont - Nouvel Obs
09:06 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, airbus, tunisie
Entretien avec Meriam Azizi, critique de cinéma tunisienne
Un film tunisien sur nos écrans... L'occasion pour nous d'aller prendre quelques nouvelles de cette belle géographie, avec la critique de cinéma Meriam Azizi.
1. Quel a été votre premier souvenir en tant que spectatrice sur le cinéma tunisien ?
Mon tout premier souvenir, qui m’a bien marqué d’ailleurs, c’est, sans la moindre hésitation, Les Silences du Palais, de Moufida Tlatli. C’était une projection en plein air sous le ciel étoilé d’une journée d’été, dans la cour d’un palais beylical, et organisée par la municipalité de la Manouba, quartier périphérique au centre de Tunis. Ayant à cette époque l’âge d'Alia, jouée par Hend Sabri, je me suis tout de suite identifiée au personnage, ce qui m’a permis de vivre intensément ses souffrances et sa résistance. Je me rappelle le grand flash back qui figurait le passé de Alia vivant entre les murs d’un palais mystérieux, d’où elle s’était enfuie dix ans auparavant. J’ai admiré ce caractère combatif qu’elle mettait en avant contre la suprématie oppressive du système phallocratique, contrairement à sa mère khedija, qui protégeait sa fille des convoitises des maîtres des lieux ,quitte à supporter leur brutalité, voire même à y perdre sa vie. Les images étaient percutantes et chargées d’émotion. C’était un voyage labyrinthique dans la vie secrète des palais, une approche inédite de la société tunisienne de l’après- indépendance. Social, avec un arrière fond historique, le film est sous cet angle, foncièrement féministe. Il s’agissait, et j’en suis consciente aujourd’hui, d’un sujet tabou que la réalisatrice a eu le double mérite de révéler à l’époque où le film est sorti.
2. Selon un critique de cinéma tunisien, le cinéma dans ce pays est passé par trois étapes, La libération et la résistance tunisienne, l'indépendance, et la mémoire nationale. Que pensez-vous de ce résumé ?
Je pense qu’effectivement, l’histoire du cinéma tunisien est tripartite. En cela votre résumé est légitime. A cette différence près que, dans la phase deuxième, j’inclurais la première car le volet Indépendance englobe la résistance et la libération qui ne sont que des figures de ce mouvement. Cependant, j’ajouterais en troisième lieu une période distinctive et spécifique au cinéma tunisien : la génération des femmes réalisatrices, dont je cite les deux pionnières, Kalthoum Bornaz (Keswa, le fil perdu, 1997) et Moufida Tlatli (Les Silences du palais, 1994, La saison des hommes, 2000), qui a osé explorer d’un regard perspicace les rapports homme-femme dans la société tunisienne, en campant sa caméra dans un village traditionnel à Djerba.
La vague de l’Indépendance est représentée par les films d’Ammar Khlifi (Sourakh wa Soujana, et Dhil al Ardh), où la célébration de la résistance trouve son compte. Naturellement, après l’indépendance, le cinéma oriente ses préoccupations vers les problèmes internes du pays, ce qui a donné naissance à l’emprunt d’une approche critique des réalités sociales de l’époque. C’est les années Nourid Bouzid, dont l’esthétique et l’écriture cinématographique ont fait de lui une référence dans le cinéma tunisien. L’homme des cendres (1987), Les sabots en or (1989) puis Bezness (1992), témoignent d’une audace incomparable pour l’époque. En effet, N.B brise les tabous en transposant à l’écran des sujets comme la torture ou l’homosexualité. Malgré les problèmes de censure, ses films ont réussi à atteindre les spectateurs, bien que le contexte socio- politique, marqué par la montée de l’intégrisme, ait été des plus dévaforables. Parallèlement, Férid Boughdir a cultivé une autre écriture, moins politique si l’on peut dire, et plus intimiste. Nous référons ici à Halfaouine, enfant des terrasses qui a enregistré un succès international.
3. Le cinéma est apparu en Tunisie avec les prises de vue des frères Lumières dès 1896. Le premier film de fiction réalisé en Afrique s'est déroulé en Tunisie. La première société de distribution...en Tunisie ! Pensez-vous que ce pays ait, réellement, toujours été ancré dans l'histoire du cinéma mondial ?
La Tunisie, ancrée dans l’histoire du cinéma mondial ? C est certainement un idéal à atteindre, car avec la configuration du paysage audiovisuel actuel en matière de cinéma, je n’irais pas jusqu’à ce point. Certes l’engouement précoce pour le cinéma en Tunisie est très symbolique, sans oublier la réputation cinéphilique du public tunisien qui atteint son apogée avec la création des clubs de cinéma en 1946. En revanche, aujourd’hui, il s’agit plus d’un souvenir nostalgique que d’une réalité. Par ailleurs, ce passé glorieux ne concerne que le Maghreb, puisqu’en Afrique il y a l’éminent exemple de la puissante industrie cinématographique égyptienne. Je ne sais pas si le fait que le paysage attise la convoitise des producteurs étrangers pour en faire le décor de leurs films suffit à justifier que la Tunisie soit ancrée dans l’histoire du cinéma mondial. Personnellement, je crois que le jour où un film tunisien touchera, de par son contenu (histoire, décor, casting…), à l’universel, la Tunisie pourra, à ce moment là, s’enorgueillir de ce titre.
09:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, cinéma tunisien, Meriam Azizi
Chebbi participera aux élections présidentielles en Tunisie malgré les blocages juridiques
Le Parti Démocratique Progressiste (PDP) de Tunisie est déterminé à désigner Nejib Chebbi comme son candidat officiel pour les élections présidentielles de 2009. Mais aux termes d'un projet de loi actuellement à l'étude, sa candidature pourrait être illégale.
Un projet de loi qui devrait être ratifié par le parlement tunisien exige en effet que tout candidat à l'élection présidentielle soit le secrétaire général élu d'un parti autorisé.
Chebbi, ancien secrétaire général du PDP et actuel rédacteur en chef du magazine Al Mawkif, a entamé une campagne non officielle dans plusieurs gouvernorats tunisiens en début d'année. Sa candidature à la présidence – et l'opposition au projet de loi en cours d'examen qui rendra cette candidature illégale – bénéficie du soutien total de l'actuelle secrétaire générale du mouvement, Maya Jribi.
S'exprimant le 5 juillet lors d'un colloque organisé à Tunis, Mme Jribi a déclaré que le rejet par son parti de ce projet de loi "ne résulte pas du désir d'insister sur certaines personnes ou décisions particulières [mais plutôt] de la croyance profonde dans le droit du peuple tunisien au libre arbitre".
Mme Jribi a expliqué : "Notre objectif a toujours été de mettre en place un système politique et légal qui respecte l'intelligence du peuple tunisien et se rapproche des normes généralement acceptées en matière de processus électoral."
Nejib Chebbi a déclaré à Magharebia : "Nous avons deux options : la réforme ou le chaos. Dans cet environnement politique totalement fermé, nous n'avons pas d'autre choix que de rejeter ce projet de loi, de faire entendre notre opposition et de mobiliser l'opinion publique contre lui."
"Nous ne pouvons poursuivre ce statu quo", a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant qu'il sera difficile d'aller à l'encontre de la loi électorale, M. Chebbi reste optimiste.
"L'immense vague démocratique qui submerge le monde entier ne peut exclure notre pays. Nous souhaitions résolûment participer à la bataille des élections avant son lancement. Nous avons forcé les autorités et l'opposition à inscrire la question des élections sur leur agenda politique", explique-t-il.
Par ailleurs, en réponse aux accusations soulevées par des militants de l'opposition affirmant que le Code électoral avait été modifié spécialement pour exclure des candidatures comme celle de Chebbi, le Ministre de la Justice Bechir Tekkari a déclaré aux journalistes le 4 juillet que "tous les pays du monde imposent certaines conditions aux candidats aux élections présidentielles, afin de garantir la crédibilité de leurs candidatures".
En fait, cet amendement au Code électoral renforcera la démocratie, a ajouté M. Tekkari, parce que les élections précédentes n'avaient autorisé que des candidatures de responsables de partis comptant des représentants au parlement.
Alors que les députés hésitent à modifier les règles d'éligibilité des candidats aux élections, les membres du PDP ont appelé lors de leur rassemblement du 5 juillet à "apurer" le climat politique.
Le PDP a proposé d'adopter un "important amendement constitutionnel" limitant le nombres de mandats présidentiels à deux, ce qui mettrait fin au régime de présidence à vie.
Le Président Zine El Abidine Ben Ali est au pouvoir depuis 1987. Il devrait annoncer son intention de se représenter lors du congrès du parti au pouvoir, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique, qui se tiendra fin juillet.
Malgré les défis juridiques et les rassemblements de partis, la controverse sur ces élections semble n'avoir que peu d'impact sur le citoyen de la rue. Selon Samir Hzami, la seule chose qui le préoccupe est de pouvoir assurer une vie décente à lui-même et à ses enfants. "Laissons la Présidence de la République à qui la veut", a-t-il déclaré à Magharebia.
Makrem Dridi, âgé de 18 ans, se préoccupe surtout de savoir comment il va pouvoir payer ses vacances cet été. Il n'a pas encore décidé s'il irait ou non voter.
"Je ne pense pas que nos élections soient une course acharnée, comme c'est le cas en Europe et aux Etats-Unis… Elles ne changeront rien à ma vie", explique-t-il.
Selma, une salariée de 50 ans, pense au contraire que les prochaines élections seront importantes pour tous les Tunisiens. Jusque-là, elle espère que l'actuel Président prendra des mesures importantes, comme des augmentations de salaires. "Je ne sais pas grand-chose de Chebbi", admet-elle.
Son amie Meryam n'a montré aucun intérêt pour cette discussion.
"Laissons les politiques parler politique", s'est-elle contenté d'affirmer.
Jamel Arfaoui - Maghrebia
09:02 Publié dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chebbi, tunisie, ben ali


