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mardi, 22 juillet 2008

Tunisie: confirmation des huit ans de prison d'un Tunisien extradé d'Italie

TUNIS - Le tribunal de première instance de Tunis a confirmé mardi la condamnation à huit ans de prison ferme prononcée par défaut contre un ressortissant tunisien, Essid Sami Ben Khémaïs, récemment expulsé d'Italie pour ses liens présumés avec des milieux terroristes, selon son avocat.

Selon Me Samir Ben Amor, Sami Ben Khémaïs, alias Saber, 40 ans, à l'époque établi à Varèse, était accusé d'avoir aidé une personne à se rendre en Afghanistan en 1998. Lors de son interrogatoire, le prévenu a nié connaître l'individu en question, a précisé l'avocat qui dénonce un procès "inique".

Me Ben Amor a critiqué le refus du tribunal de reporter le procès pour lui permettre de présenter une copie du jugement italien condamnant son client à six ans et demi d'emprisonnement pour le même motif. Il considère par ailleurs "illégal" que l'inculpé ait été jugé en vertu de la loi anti-terroriste datant de 2003 alors que les faits qui lui sont reprochés remontent à 2001.

Livré à la Tunisie le 3 juin par les autorités italiennes, Sami Ben Khémaïs doit comparaître de nouveau devant le même tribunal le 25 septembre prochain dans une deuxième affaire où il a écopé de sept ans de prison ferme par défaut.

Il est également impliqué dans cinq autres dossiers relevant du tribunal militaire de Tunis. Cette instance l'avait condamné par contumace à 100 ans de prison au total pour des délits liés à son "appartenance à une organisation terroriste opérant à l'étranger", en l'occurrence Al-Qaïda. Ayant fait opposition à ces verdicts, il sera rejugé en octobre. ( Associated Press, mardi 22 juillet 2008)

L’arrestation de Radovan Karadzic atténue l'attention sur le sort d'Omar El Béchir

La Serbie a enfin mis la main sur Radovan Karadzic, l'un des hommes les plus recherchés par la justice internationale. L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie a été arrêté lundi soir par les services secrets serbes, au terme d'une traque de plus de 12 ans.

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Les responsables serbes ont montré à la presse la photo d'un Radovan Karadzic méconnaissable. Radovan Karadzic, utilisait une fausse identité. "Karadzic possédait de faux documents au nom de Dragan Dabic et s'est avéré très convaincant dans la dissimulation de sa véritable identité." L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie "gagnait sa vie en s'occupant de médecine alternative et travaillait dans une clinique privée.

L'arrestation de Radovan Karadzic était réclamée par la justice internationale en particulier pour avoir été, avec Ratko Mladic, l'instigateur du génocide de Srebrenica. Près de 8.000 hommes et adolescents musulmans avaient été éliminés en juillet 1995 dans cette localité de l'Est de la Bosnie, le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

L'arrestation de Radovan Karadzic va, pour un temps du moins, atténuer l'attention qui pèse sur le premier chef d'Etat en exercice qui fait l'objet d'une demande de mandat d'arrêt international de la part de la CPI.

Mais la perspective d'une bataille diplomatique sur le sort d'Omar El Béchir reste d'actualité. L'initiative du procureur Luis Moreno Ocampo a été accueillie avec défiance par le gouvernement de Khartoum et le monde arabe a exprimé sa solidarité avec le président soudanais.

Sur le plan diplomatique l'Union Africaine a adopté une position claire en disant vouloir saisir le conseil de sécurité de l'ONU pour que la procédure déclenchée soit retardée. Pour l'UA il s'agit ainsi de sauver les négociations pour ramener la paix au Darfour.

Pour répondre à cette demande le conseil de sécurité de l'ONU a une seule possibilité : invoquer l'article 16 du statut de la CPI qui lui permet de suspendre les enquêtes ou les arrestations pendant un an.

Parmi les membres du conseil la Russie a d'ores et déjà fait savoir qu'elle serait très attentive à la requête de l'Union Africaine. Les associations de défense des droits de l'homme estiment que si Omar El Béchir bénéficie d'une suspension de la procédure judiciaire l'indépendance de la CPI pourrait être remise en cause.

Quant aux chefs d'Etat en fonction qui pourraient subir le même sort ils pourraient être tentés d'interpréter la décision comme un signal à l'impunité. (TW – Synthèse – le 22 juillet 2008)

Rachid Sfar : avant-dernier Premier ministre de Bourguiba

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Le journal Jeune Afrique a consacré dans son numéro du 13 juillet 2008 une page biographique à Rachid Sfar, avant-dernier Premier ministre de Bourguiba (08.07.1986 - 02.10.1987). Le journal revient sur les circonstances dans lesquelles a été désigné comme sur celle de son éviction :

« Le président Bourguiba, dont il sera l’avant-dernier Premier ministre (avant Ben Ali), l’a désigné en urgence - il était alors ministre de l’Économie - pour résoudre la crise financière que traversait le pays, dont les réserves en devises étaient épuisées. « J’ai été placé devant le fait accompli ! » se rappelle-t-il, le président l’ayant nommé sans lui demander son avis.

Rachid Sfar quitte ses fonctions aussi soudainement qu’il en a hérité. Il est resté en effet célèbre pour avoir essuyé un accès de rage mémorable de Bourguiba à la fin du Conseil des ministres du 1er octobre 1987. Celui-ci l’interroge au sujet d’un participant, Abdelmalek Laarif, nommé deux jours plus tôt directeur du Parti socialiste destourien (PSD, au pouvoir). « Qui est cet homme ? » Réponse du Premier ministre : « Le directeur du parti : vous l’avez nommé avant-hier et l’avez vu hier. » Le président entre dans une colère noire : « Qui t’a dit de le nommer ? Qui t’autorise à prendre des initiatives ? Tu te crois le patron ? Tu me crois déjà mort ? » Puis il déverse un flot d’insultes sur son chef de gouvernement en présence de tous les ministres, dont Zine el-Abidine Ben Ali, alors à l’Intérieur. »

Le lendemain le premier ministre est révoqué pour être remplacer par Zine el-Abidine Ben Ali ministre de l’Intérieur. Ce dernier révoqua le président Bourguiba à son tour à peine un moi après sa nomination, c’est lui aujourd’hui le président à vie.

L’affaire Tarak Dhiab : Entre protocole, black-out médiatique et Internet

La nouvelle du limogeage de Tarak Dhiab, seulement quelques semaines après sa désignation, de son poste de vice-président de l’Espérance de Tunis, chargé de la section du Football, a fait l’effet d’une bombe parmi les supporters espérantistes, en particulier, et dans l’opinion publique sportive, en général.

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Seul Tunisien à s’être vu décerner le Ballon d’or africain, l’homme jouit, en effet, d’un grand prestige et de beaucoup de respect aussi bien chez les Tunisiens qu’à l’étranger, spécialement dans les pays du Golfe où il a fait une partie de sa carrière en tant que joueur et où il est actuellement fortement estimé pour ses talents d’analyste en matière de football international sur la chaîne qatarie d’Al Jazira.

Il est aussi connu pour sa droiture et son franc-parler. Ce qui lui a valu, déjà en tant que joueur, d’être interdit d’équipe nationale, au milieu des années quatre-vingt, pour avoir refusé, en bon capitaine, de faire endosser toute la responsabilité de l’échec aux jeux méditerranéens aux seuls joueurs, ses camarades.

Pour toutes ces raisons, sa désignation – qui, pour beaucoup, n’a que trop tardé – à la tête de la section de football de son club de coeur, fut accueillie avec une grande joie de la part des supporters et fut suivie avec un grand intérêt par les médias.

Elle ne fut pas, pour autant, appréciée par tout le monde. Certains lui ont reproché, en effet, d’avoir invité, dans ses premières interviews, en des termes à peine voilés, certains dirigeants de l’Espérance à l’aider ou bien à se retirer. D’autres n’ont nullement apprécié qu’il ait imputé, sur le plateau d’une émission sportive très populaire, les échecs de l’équipe nationale non seulement à la fédération de Football, mais aussi à l’autorité de tutelle.

Ces deux « écarts de langage » peu politiquement corrects furent à l’origine des lourdes pressions – dont notre journal s’est fait l’écho – qui s’exercèrent sur Hamdi Meddeb, le président de l’Espérance, pour qu’il se sépare de son adjoint, seulement quarante-huit heures après sa désignation. Mais celui-ci, soutenu par les supporters, résista. Ce n’était, toutefois, que partie remise. Car, deux mois après et, plus précisément, après la finale de la coupe de Tunisie, Hamdi Meddeb finit par céder aux pressions, plus lourdes, dont il fit l’objet. Et il lâcha Tarak Dhiab. Que s’est-il passé au juste ? Le communiqué fort laconique du Bureau Directeur de l’Espérance nous apprend tout juste que « quelqu’un ne fait plus partie de quelque chose », sans nous éclairer ni sur le comment – cette personne a-t-elle été limogée ? A-t-elle démissionné ? A-t-elle été forcée à se démettre ? – ni, surtout, sur le pourquoi – que lui reproche-t-on exactement ?

Les médias en général et la presse écrite en particulier – à l’exception notable d’Echaâb et de Tunis-hebdo – n’ayant pas pipé mot sur cette affaire, il a fallu, comme d’habitude, aux sportifs, aller regarder les chaînes étrangères et Internet pour en savoir un peu plus sur cette affaire. Et c’est là qu’on apprend que la raison du limogeage de Tarak Dhiab serait une entorse au protocole qu’il a commise, le jour de la finale de la coupe, lors de la remise du trophée à l’Espérance en oubliant de serrer la main du ministre des sports et de l’enfance, M. Abdallah Kaabi – la scène ayant été diffusée plusieurs fois, notamment par Aljazira et la télévision saoudienne.

C’est en allant sur Internet, toutefois, et notamment sur les forums de supporters espérantistes, que le citoyen à la recherche de l’information est saisi par le contraste frappant entre le mutisme gêné des médias, d’un côté, et le dynamisme et la liberté de ton des internautes, de l’autre. En effet, le silence assourdissant des médias, d’habitude friands de ce genre d’affaires et de leurs détails croustillants, mais appliquant sans doute sagement les consignes, les met en porte-à-faux non seulement par rapport à l’information disponible sur les forums mais, surtout, par rapport aux débats libres et francs qu’ils abritent.

Ces débats ont, certes, porté sur la question du protocole : « Tarak est-il oui ou non dans l’erreur ? Si oui, cette erreur appelle-t-elle ce type de sanction ? ». Mais ils se sont surtout attaqués à des questions de fond comme celle de l’autonomie des associations sportives (le politique a-t-il le droit de s’ingérer dans les affaires des clubs en nommant un tel ou en limogeant tel autre ?) ou celle du mépris manifesté par les dirigeants du club à l’égard de leur public en le tenant dans l’ignorance totale des causes d’une si lourde – et si impopulaire – décision.

A lire les forums de supporters tels que e-speranza.net, par exemple, on a l’impression que c’est, paradoxalement, sur le virtuel que nous pouvons retrouver le pays réel, tandis que les médias classiques nous présentent un pays imaginaire, en dehors des problèmes et des conflits de l’histoire qui se fait tous les jours.

Entre-temps, et aux dernières nouvelles, le président du club et son ex vice-président seraient en butte à des tracasseries policières et fiscales comme pour mieux leur rappeler que la marge d’autonomie des associations sportives par rapport au politique est très étroite, voire inexistante.

I. K – Attariq Al Jadid - samedi 19 juillet 2008

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