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samedi, 26 juillet 2008

Le tourisme exerce une pression croissante sur les ressources en eau des pays méditerranéens

En temps normal, environ 150 millions de personnes vivent sur le littoral méditerranéen. En juillet et août, la population explose: quelque 250 millions de visiteurs convergent sur les côtes, faisant de la Méditerranée la première région touristique au monde. Cet afflux constitue une source de revenus indispensable pour les pays concernés, mais exerce une pression de plus en plus forte sur l'environnement, au point qu'écologistes, experts et élus s'en alarment. La surexploitation des ressources en eau les inquiète particulièrement. 

De 1995 à 2004, certains pays ont connu des taux de croissance annuels du tourisme très élevés, comme la Croatie (+ 20 % par an), la Syrie (+ 15,7 %), l'Egypte (+ 11,7 %), l'Algérie et la Turquie (+ 10 %). Selon les projections effectuées par le Plan Bleu, organisation dépendante du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) chargée de la Méditerranée, la fréquentation touristique de la région pourrait atteindre 637 millions de personnes en 2025. Pour Paolo Lombardi, directeur du bureau méditerranéen de l'organisation écologiste WWF, le tourisme sera dans les années à venir "le principal facteur de dégradation écologique des côtes méditerranéennes".

Une première conséquence saute déjà aux yeux des visiteurs : 42 % du littoral sont bétonnés. Hôtels, résidences secondaires, commerces et infrastructures se concentrent sur la bande côtière, détruisant des écosystèmes particulièrement riches. Les embouteillages génèrent pollution atmosphérique et gaz à effet de serre. Les ressources halieutiques, trop sollicitées, souffrent. Les déchets, abondants, finissent la plupart du temps en mer.

Les touristes arrivent en été, au moment où l'eau se fait rare, dans des pays où la ressource est déjà limitée. "La concentration des visites, à la fois dans le temps et dans l'espace, aggrave les situations existantes", relève Pierre Icard, du Plan Bleu. Chaque touriste consomme environ 300 litres d'eau par jour, soit le double des populations locales (jusqu'à 880 litres pour le tourisme de luxe). Le remplissage des piscines, l'arrosage des golfs et des espaces verts réclament également beaucoup d'eau.

Dans les Cyclades, en Grèce, la consommation d'eau estivale est de cinq à dix fois plus élevée qu'en hiver. Cette demande, ajoutée à la consommation locale, conduit à une surexploitation des nappes souterraines qui entraîne une salinisation croissante des eaux douces. L'afflux de population contribue également à la pollution de celles-ci, les eaux usées étant souvent rejetées sans traitement dans le milieu naturel.

L'EXEMPLE DU CLUB MED

L'augmentation conjointe de la population locale et de la fréquentation touristique à venir fait craindre des conflits d'usage. Si la demande en eau est stabilisée, voire en baisse sur une partie de la rive nord de la Méditerranée, elle devrait doubler en vingt ans en Turquie, en Syrie, en Libye, au Maroc et en Algérie. La concurrence avec le secteur agricole, principal consommateur d'eau (63 % des volumes), est redoutée. "L'Espagne ou la Tunisie doivent déjà arbitrer entre les différents usages, ce qui sera de plus en plus fréquent, explique Pierre Icard. Les gains liés au tourisme sont évidents, mais on ne calcule pas ce qu'on perd en sécurité alimentaire, par exemple."

Certaines solutions sont déjà mises en oeuvre. La Tunisie, par exemple, qui accueille 7 millions de touristes par an, veut ramener la consommation de 560 litres par lit occupé et par jour à 300 litres. "Si nous ne maîtrisons pas la consommation, nous aurons des problèmes d'ici une quinzaine d'années", affirme Jean Mehdi Chapoutot, expert en développement touristique dans ce pays.

La modernisation des réseaux de distribution, où les fuites entraînent le gaspillage de 30 % à 40 % de l'eau, est encouragée financièrement par l'Etat. Les eaux issues de 45 des 75 stations de traitement du pays sont réutilisées pour l'arrosage des terrains de golf et des jardins ou la recharge des nappes souterraines. La réutilisation est également très développée en Egypte et en Israël, et elle a commencé à Chypre, en Syrie, à Malte, en Libye et en Espagne.

La généralisation d'appareils économiseurs d'eau pourrait permettre de diminuer de moitié la consommation, selon l'Agence européenne de l'environnement. Relever les tarifs est un autre levier. Mais cela peut conduire les hôteliers à effectuer des forages et à pomper sans contrôle dans les nappes. "Il existe plusieurs niveaux d'action possibles : les Etats, les collectivités, les entreprises, note Pierre Icard. Mais dans un contexte très concurrentiel, où l'on peut changer de destination facilement, le pouvoir des politiques publiques est assez faible."

Pour Paolo Lombardi, du WWF, il revient aux Etats de "fixer un cadre qui permettra de mieux équilibrer les différents usages du territoire, sans oublier la biodiversité". "Mais les entreprises ont un grand rôle à jouer ; certaines avancent", ajoute-t-il.

Le Clud Med, par exemple, dont une trentaine de villages sont implantés en Méditerranée, utilise des économiseurs d'eau, des détecteurs de fuites, et réutilise les eaux usées. Selon Agnès Weil, responsable du développement durable de l'entreprise, la sensibilisation des touristes au respect de l'environnement est importante. "C'est un travail sur le long terme : les statistiques ne vont pas bouger d'un coup, mais c'est un discours que les gens sont prêts à entendre aujourd'hui, et qui est même attendu", affirme-t-elle.

Gaëlle Dupont
 
 
Une ressource mal répartie
 

Malte, la Libye, les territoires palestiniens, Israël, l'Algérie et la Tunisie sont en situation de pénurie, avec moins de 500 m3 d'eau par an et par habitant.

Le Maroc, l'Egypte, Chypre et la Syrie sont considérés comme pauvres en eau, avec une ressource comprise entre 500 et 1 000 m3/an/habitant.

Les autres pays du bassin disposent de plus de 1 000 m3/an/habitant et sont considérés comme riches en eau, ce qui n'exclut pas des tensions localisées dans le temps et l'espace.

 

Source "Le Monde" 25-07-2008

 

Tunisie : Cette république dont personne n’ose plus en parler

Le 25 juillet 1957 l'Assemblée nationale française vote l'indépendance de la Tunisie, c’été le même jour qu’en Tunisie l’assemblée constituante abolit la monarchie en Tunisie et proclame le régime républicain. Depuis,

La république en Tunisie, du temps de Bourguiba comme celui de Ben Ali aujourd’hui n’a pas signifié autre chose pour les tunisiens qu’un qualificatif de propagande que ceux qui sont au pouvoir ont choisi pour se désigner sans que la nature du pouvoir ni le mode de son exercice changent pour autant.

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Cette année la « fête » de la république a presque passée sans que personne n’ose parler. Dans les médias comme dans la rue la journée est passée sans que personne ou presque ne sent que c’est autre chose qu’un jour chromé. Après l’annonce hier soir de l’adoption du parlement du nouveau amendement « exceptionnel » de la constitution avec le quel le président Ben Ali fait conforter sa présidence à vie, tout le monde sait que le pouvoir à la tête ailleurs.

2009 est pour la nomenclature et les familles plus qu’une simple échéance à passer, mais, un statut de privilège à sauvegarder. Entre ceux qui se partagent le gâteau et la meute qui se dispute les miettes autours d’eux la vraie république va se décider dans la fin du mois pour les prochains cinq ans. Alors que pour tout le reste, peu sont ceux arrivent à croire encore que la « République de demain » est pour demain..

En fin, tant que les règles du jeu sont truquées.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis le 25 juillet 200 - Caricature: Blog de Z

Le tribunal administratif annule la mise en assignation à résidence d’Abdallah Zouari

c89732521c685ab28fc3e7482bba83f2.jpgLe tribunal administratif de Tunis a annulé le 23 juillet 2008 l’assignation à résidence du journaliste Abdallah Zouari, à Zarzis dans le sud du pays. Par arrêté du Ministre de l’intérieur N° 16944 du 15 juillet 2002, M. Zouari fut contraint de résider à Hassi Jerbi Zarzis, village situé à plus de 500 km de Tunis, lieu de sa résidence et de sa famille habituelle.

Cette assignation à résidence a été assortie depuis sa mise en application par une surveillance policière appliquée au journaliste dans sa résidence et dans tous ses déplacements dans le cercle restreint qui lui a été réservé. Le jugement du tribunal administratif de Tunis confirmant l’arbitraire de ce traitement n’est intervenu qu’après plus de cinq ans du présentation du recours en annulation, ce qui a semblé un déni de justice caractérisé vu le bien fondé des arguments soulevés.

Au cours de cette attente le journaliste à été condamné à la prison sous pretexte d'avoir enfreint les dispositions d’assignation à résidence pour s’être rendu au souk Ben Guerdene à 20 Km dans le même gouvernorat. Le journaliste à été condamné pour cette affaire le 23 août 2002 par le tribunal cantonal de Zarzis à huit mois de prison qu’il a intégralement passé. L'acharnement contre le journaliste ne s'été pas arrété là, à la fin des cinq ans d'assignation à residence les autorités persiste à refuser de mettre fin à cet exil interieur dont il fait l'objet.

Contacté par Reporters sans frontières, le journaliste s’est dit déçu par la décision des autorités administratives, qui survient six ans après sa demande de levée de l’assignation. Il espère que les autorités tunisiennes vont s’y conformer. Abdallah Zouari de Al-Farj, publication islamiste suspendue, a été condamné le 9 octobre 2003 pour deux affaires différentes et libéré le 10 septembre 2004. Le 6 juin 2002, Abdallah Zouari avait été libéré après avoir purgé une peine de onze ans de prison pour “appartenance à une organisation illégale” et placé depuis en résidence surveillée.

Le journaliste est actuellement toujours à Zarzis en résidence surveillée.

RSF et TW – 25 juillet 2008

Voir sur le sujet :

Un cas typique d’illégalité flagrante : Le cas du journaliste Abdallah Zouari

Tunisia Caucus Co-Chair Calls Despot Moderate and Wise

e38a713da38efba3ca6556b6a3650fa0.jpgBetty McCollum told her constituents she was going to honor the dead. “Congresswoman Betty McCollum (D-MN) will spend the Fourth of July holiday visiting the NorthAfricanCemeteryand Memorial in Tunisiato pay tribute to American troops, including 138 Minnesotans, who lost their lives in World War II,” reads a July 1 statement on her website. “It is an honor for me to have the opportunity to pay tribute to these courageous men on behalf of Minnesotans and the nation.

But the state-run Tunisian press agency reported something else. The next day, on July 2, Rep. McCollum met with the Tunisian Foreign Minister, Abdelwaheb Abdallah, in Tunis. “The Foreign Minister briefed his guest about the comprehensive development work carried out in Tunisia, under the impulse of President Zine el Abidine Ben Ali, and stressed Tunisia’s will to further reinforce its relations with the United States, highlighting the role [of the] ‘Tunisia Caucus’ in strengthening these relations,” reads a Tunis-Afrique Presse news agency report.

 Mrs. McCollum affirmed in turn that ‘Tunisia holds a strategic position between Europe, Africa and the Middle East and it represents the voice of moderation and wisdom in the world, a voice we must listen to,’” according to the Tunisian state news report.

McCollum’s chief of staff Bill Harper later clarified to the Committee to Protect Journalists (www.cpj.org) that she made this remark in the context of foreign policy, and, in particular, Tunisia’s advice more than five years ago to the United States. While long cooperating with Washingtonin the war on terror, Tunisiaearlier in this decade (quietly) opposed the Bush administration’s intervention in Iraq. “The premise of her visit was security,” he explained.

But Iraqwas not mentioned in the Tunisian government news report about McCollum’s visit. Instead, the Tunis-Afrique Presse agency went on, “The meeting allowed as well to highlight the role of [the] ‘Tunisia Caucus,’ a group within the U.S. House of Representatives including congressmen who want to learn more about Tunisia, its culture, traditions, history and people and to further strengthen bilateral relations.

Apparently the bipartisan Tunisia Caucus has little or no interest in learning about, or even acknowledging, Tunisia’s abysmal record on press freedom and human rights. The so-called moderate and wise leader, President Ben Ali, is a dictator who has monopolized power for no less than 21 years. He runs Tunisiaas a police state, where the country’s large, Soviet-style press does little more than laud the despot and his tight-fisted regime.

Only a handful of Internet publications and small-circulation opposition papers have attempted to seriously criticize the government or hold it accountable. But journalists writing for these outlets have been placed under surveillance, assaulted by plainclothes police, had their phone and Internet lines cut, and been prevented from leaving the country. Enough have been imprisoned since 2001 to make Tunisiathe Arab world’s worst nation for jailing journalists.

Of course, Tunisia’s admirers are right to point out that it is a highly secular as well as modern nation. Not only does it have a literate population, but one in which women largely enjoy the same rights as men. The sunny Mediterranean state is also one that has little or no history of ethnic or sectarian strife. No wonder the nation seems like a natural “friend,” as U.S.diplomats prefer to call it, if not ally of the United States.

But members of congress seeking to strengthen such ties should neither sidestep nor dismiss Tunisia’s utter lack of democratic rights and norms. Unfortunately, McCollum is hardly the first to do so. Earlier this year, the other Tunisia Caucus co-chair, Rep. Bud Cramer, Jr. (D-AL), went to Tuniswhere he also pledged to strengthen bilateral relations without mentioning either press freedom or human rights. The Tunis-Afrique Presse agency quoted Cramer saying, “He voiced his readiness to exert more influence…to better publicize the opportunities offered by Tunisiaso as to hoist bilateral co-operation to higher levels.

Cramer’s press officer Jennie Gibson did not return calls asking for comment.

Nor should members of congress allow their statements to be used for propaganda by a police state. On Wednesday, the Committee to Protect Journalists’ Middle East Program Coordinator Joel Campagna wrote an op-ed (http://www.twincities.com/opinion/ci_9962056) about McCollum’s recent visit to Tunisin The St. Paul Pioneer Press, her hometown paper. McCollum has yet to respond to the op-ed. Her press officer, Cleve Mesidor, also did not return calls asking for comment for this blog.

Other members of the Tunisia Caucus include Rep. Mark S. Kirk (R-IL), Ben Chandler (D-KY), Henry E. Brown, Jr. (R-SC) and Rep. Solomon P. Ortiz (D-TX).

By Committee to Protect Journalists Washington Rep. Frank Smyth - The Hill, a Washington D.C.-based newspaper - July 25th, 2008

Note: CPJ is a worldwide watchdog that accepts no government funds as it defends the rights of journalists everywhere to report the news without fear of reprisal.

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