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jeudi, 31 juillet 2008
Tunisie : Nouvelle vague de répression à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), condamne vivement la poursuite des actes de répression à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme en Tunisie.
Ainsi, le 27 juillet 2008, Mme Zakia Dhifaoui, membre de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT), membre de la section de Kairouan de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) et membre du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), a été arrêtée peu après 12 h, à Redeyef (sud ouest), qui a été le théâtre au printemps dernier d’une vague de protestation sociale sévèrement réprimée[1]. Mme Zakia Dhifaoui a été emmenée par des agents de la police politique qui ont envahi le domicile de M. Adnen Hajji - le leader de la contestation emprisonné depuis fin juin - où elle se trouvait en compagnie de Mme Hajji. Cette interpellation sans mandat et en violation des procédures légales a eu lieu suite à une marche pacifique qui s’était déroulée tôt dans la matinée à Redeyef afin de dénoncer la vague de répression dont ont été victimes les habitants du bassin minier de Redeyef et exiger la libération de tous les détenus, et au cours de laquelle Mme Dhifaoui avait pris la parole. Un mandat de dépôt a été émis contre elle et elle sera déférée aujourd’hui devant le Tribunal correctionnel de Gafsa. Trois professeurs et un instituteur ont également été arrêtés le jour même suite à cette marche de solidarité.
Par ailleurs, M. Othman Jmili et M. Faouzi Sadkaoui, membres de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), ainsi que M. Khaled Boujemaa, membre du Parti démocrate progressiste (PDP), et M. Ali Neffati, ancien prisonnier politique, ont été arrêtés dans l’après midi du 25 juillet 2008 alors qu’ils se trouvaient dans un café et écroués à la prison de Bizerte. Le 29 juillet 2008, ils ont été déférés devant le Tribunal cantonal de Bizerte et accusé d’ « attroupement sur la voie publique » et « atteinte aux bonnes mœurs ». Un dispositif policier impressionnant a quadrillé les pourtours du Tribunal cantonal et interdit aux observateurs représentant la société civile tunisienne ainsi qu’à une partie des familles de pénétrer au sein du palais de justice. Les avocats ont quant à eux été soumis à un contrôle d’identité pour avoir le droit d’accéder à l’enceinte du tribunal. Ces derniers ont évoqué devant le tribunal le fait qu’ils ont été forcés de mettre leur empreinte digitale sur les procès-verbaux qu’ils avaient refusé de signer lors de l’interrogatoire préliminaire dans les locaux de la police. MM. Jmili, Sadkaoui, Boujemaa et Neffati sont soupçonnés par les autorités d’avoir pris part à un rassemblement pacifique devant la mairie, organisé le matin du 25 juillet, en compagnie de militants défenseurs de droits de l’Homme et politiques, à l’occasion de la fête de la République où des slogans en faveur des libertés publiques, contre la vie chère et contre la présidence à vie avaient été scandés. L’affaire a été reportée au 5 août 2008, à la demande de la défense. Le juge ayant refusé leur liberté provisoire, ils restent détenus à la prison de Bizerte.
Enfin, le 28 juillet 2008, MM. Lotfi Hajji, vice président le la section de la LTDH de Bizerte et président du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), et Mohamed Ben Saïd, membre de la section de la LTDH de Bizerte, ont été arrêtés à la sortie de l’autoroute reliant Bizerte à Tunis. Après un contrôle de « routine » qui a duré plus d’une heure, la police a restitué ses papiers à M. Mohamed Ben Saïd, qui conduisait la voiture. Quelques instants plus tard, MM. Ben Saïd et Hajji ont de nouveau été interceptés par une autre patrouille. Les policiers ont, cette fois, prétendu que Ben Saïd avait refusé d’obtempérer à une injonction de la police de s’arrêter. Malgré leurs protestations véhémentes, rappelant aux agents que non seulement ils avaient obtempéré, mais qu’ils avaient été retenus plus d’une heure à la sortie de l’autoroute, le chef de poste est arrivé et a ordonné l’arrestation de M. Ben Saïd qui a alors été conduit de force par des policiers en civil au poste de police et sa voiture conduite à la fourrière. M. Ben Saïd a été écroué à la prison civile de Mournaguia de Tunis pour « refus d’obtempérer » aux ordres de la police de la circulation. Une audience est prévue le 6 août 2008 devant le Tribunal d’instance de Tunis.
A quelques minutes d’intervalle, M. Ali Ben Salem, vice-président de l’ALTT et président de la section de Bizerte de la LTDH, a été arrêté par la police de la circulation à la sortie de l’autoroute reliant Bizerte à Tunis et retenu durant plus d’une heure sans raison alors qu’il était accompagné d’enfants de sa famille qui ont attendu comme lui sous un soleil de plomb. La police a alors exigé qu’il rebrousse chemin et qu’il revienne à Bizerte s’il voulait récupérer ses papiers. M. Ben Salem a donc été obligé de rebrousser chemin alors qu’il devait subir un examen de contrôle à l’hôpital Charles Nicolle à Tunis. MM. Ben Saïd, Hajji et Ben Salem sont tous trois soupçonnés d’avoir participé au rassemblement du 25 juillet devant la mairie de Bizerte.
Les actes de harcèlement visant les défenseurs susmentionnés sont les derniers en date d’une série d’inculpations, d’arrestations et de harcèlement visant à museler les défenseurs des droits de l’Homme tunisiens, alors que le Président Ben Ali vient d’annoncer sa candidature pour un cinquième mandat à la présidence de la République. L’Observatoire demande par conséquent aux autorités tunisiennes de garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique des défenseurs susmentionnés et de procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de Mme Zakia Dhifaoui, M. Othman Jmili, M. Faouzi Sadkaoui, M. Khaled Boujemaa, M. Ali Neffati et M. Mohamed Ben Saïd dans la mesure où leur détention est arbitraire puisqu’elle vise à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme.
Par ailleurs, l’Observatoire prie les autorités tunisiennes de cesser tout acte de répression envers l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme et de rétablir les dialogues avec eux, de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et, plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Tunisie.
SOURCE : Office of the UN High Commissioner for Human Rights (OHCHR)
19:19 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Repression, défenseurs des droits de l’Homme
Les Tunisiens respirent : Ben Ali sera candidat et donc réélu en 2009
C’est dit ! Mettant fin à un suspense insoutenable, le Président Zine el-Abidine Ben Ali a annoncé ce mercredi 30 juillet à Tunis qu’il cédait à la pression populaire et qu’il acceptait de briguer un cinquième mandat présidentiel en 2009. Tous les Tunisiens peuvent enfin respirer : leur pays restera conduit cinq ans de plus par cet homme providentiel qui a initié le Changement dès son accession à la présidence, en 1987, pour diriger depuis lors un inexorable cycle d’avancées civilisationnelles qui ont isolé la Tunisie au faîte des Nations éclairées.
Mais « tous » les Tunisiens s’en réjouiront-ils ? Non, certes. Il restera toujours, çà ou là, des esprits chagrins. Ou des mauvaises langues. Quand ce ne sont pas les mêmes. Ces gens-là, qui ont hissé la mauvaise foi au rang de raison d’être, ont fait profession de dénigrer leur pays et ses nobles réalisations salvatrices.
Ceux-là trouveront toujours des officines spécialisées dans la soi-disant défense des droits de l’homme qui, cédant à quelque basse vénalité, accoucheront de vils rapports affirmant sans rire que la torture systématique est devenue méthode de gouvernement en Tunisie. Ou prétendant non sans toupet que l’espace des libertés, comme celles d’expression ou de réunion, ne serait en Tunisie qu’une fiction.
Mais foin de ces ragots abjects ! Relisons plutôt les certificats de bonne gouvernance délivrés par l’Occident. Qui sait reconnaître et même vanter les mérites présidentiels. Nicolas Sarkozy, grand ami du Président, n’a-t-il pas déclaré à Tunis en avril que « l’espace des libertés progresse en Tunisie » ? Son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait même repris son supérieur quelques jours plus tard, déclarant que la phrase de M. Sarkozy avait été « maladroite ». Il signifiait, par là, que la déclaration présidentielle manquait singulièrement d’enthousiasme dans l’expression des louanges.
Mais, infatigables, les langues les plus venimeuses n’hésiteront pas à ressortir, pour blâmer M. Ben Ali, la Déclaration du 7 novembre 1987, prononcée par le Président tunisien lui-même lors de sa prise de pouvoir : « L’époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie (...). Notre peuple est digne d’une vie politique évoluée et institutionnalisé e, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse », avait-Il dit.
Il n’y a là aucune contradiction. La présidence de M. Ben Ali n’est ni à vie ni avide. Mais Il ne veut se soustraire à la volonté populaire. Est-Il responsable des scores de 99 % dont les Tunisiens l’ont gratifié depuis vingt ans ? Les pitoyables turpitudes d’opposants envieux aussi myopes que fantomatiques n’empêcheront jamais les Tunisiens reconnaissants d’aimer toujours plus leur Président !
BAUDOUIN LOOS - Le Soir (Bruxelles), jeudi 31 juillet 2008
19:14 Publié dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali, Dictature, Présidence à vie
Tunisie: Ben Ali se remet en selle malgré une révolte et trois morts
Par Chloé Leprince | Rue89 | 31/07/2008
Mercredi, Zine Ben Ali annonçait qu’il serait candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle qui se tiendra en Tunisie l’an prochain. Elu, l’héritier de Bourguiba rempilerait ainsi pour un cinquième mandat de cinq ans. Lors de sa visite, fin avril, Nicolas Sarkozy avait officiellement estimé que « l’espace des libertés progresse » dans le pays que Ben Ali dirige depuis 1987.
A l’époque, les habitants de la région de Gafsa, à 400 kilomètres au sud-ouest de Tunis, postaient pourtant ces images sur Dailymotion. (Voir la vidéo)
Trois mois plus tard, militants des droits de l’homme et opposants politiques n’ont pas décoléré contre le président français, accusé d’avoir « fait l’autruche ». Pendant ce temps, les affrontements entre population et forces de l’ordre ont dégénéré dans le bassin minier de Gafsa. Au point que le régime lui-même a fini par infléchir sa position, par crainte de la contagion.
Invité par le PS aux rencontres des jeunes socialistes européens, Sahbi Smara était de passage à Paris cet été. Président des Jeunes socialistes démocrates en Tunisie, le militant de 28 ans a raconté à Rue89 combien la situation s’est dégradée dans la région de Gafsa, depuis le passage de Nicolas Sarkozy.
Dans la région minière, un tiers de la population est au chômage. Parmi eux, de très nombreux jeunes, qu’on appelle sur place les « diplômés chômeurs ». Sahbi Smara est l’un des fondateurs de leur mouvement à l’échelle nationale et dénombre « entre 150 et 200 000 diplômés chômeurs en Tunisie ».
Diplômés chômeurs insurgés et contagion dans la population
Ce sont eux qui s’opposent au pouvoir, depuis début janvier. Sur place, le journaliste Wicem Souissi chroniquait déjà pour Rue89 leur bras de fer, mi-avril. A l’époque, la région frontalière de l’Algérie connaissait grèves de la faim et manifestations: la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), seul gros employeur local, était accusée d’avoir truqué le recrutement pour les rares postes à pourvoir dans la région.
Cette contestation a dégénéré, révèle Sahbi Smara:
« Alors que la Tunisie compte 150 à 200 000 diplômés-chômeurs, le régime a réprimé violemment la révolte et tué des jeunes dans cette région. Un premier est mort le 6 mai, électrocuté alors que plusieurs grévistes occupaient une centrale électrique. Délibérément, le pouvoir local a rallumé l’électricité, le tuant sur le coup. »
Un mois après le départ de Nicolas Sarkozy, le soutien de la population aux diplômés chômeurs avait carrément viré à la fronde générale, les femmes de la région menaçant de quitter la zone encerclée par la police pour fuir en Algérie dans un climat hautement tendu.
Le journaliste Omar Mestiri, pilier de la défense des droits de l’homme en Tunisie, parle même de « soutien historique » de la population à un mouvement réprimé par les forces de l’ordre:
Mais, alors que les femmes du bassin minier renonçaient à fuir vers l’Algérie début mai, la situation s’est encore dégradée le 7 juin. Sahbi Smara poursuit son récit:
« La police a tiré à balles réelles sur une manifestation, tuant un jeune de 23 ans, et blessant encore 23 personnes. Le régime répond par la force pour camoufler la crise économique mais la misère et la corruption sont énormes sur place. J’ai récemment appris qu’un troisième jeune avait été tué depuis. »
Répression et accusations de coup d’Etat
Depuis, la police locale a arrêté plusieurs leaders du mouvement, poursuivis notamment pour tentative de coup d’Etat ou « déstabilisation de l’ordre républicain ». Leur procès a démarré le 22 juin, sauf pour ceux qui sont en fuite. Sahbi Smara n’a pas réussi pénétrer dans l’enceinte du tribunal pendant le procès:
« Impossible, j’ai été bloqué, comme d’ailleurs les familles des prisonniers, qui ont été empêchées d’assister à l’audience, pourtant publique en théorie. J’en ai alors profité pour rencontrer les familles, qui n’avaient aucune nouvelle des jeunes arrêtés depuis plusieurs semaines. »
Omar Mestiri, lui, a réussi à se glisser à l’audience, où il a pu assister à un procès qu’il estime « historique ». Evénement rarissime, la Cour a en effet désavoué l’enquête policière et prononcé des peines « plutôt clémentes pour la Tunisie répressive d’aujourd’hui », explique Omar Mestiri à Rue89:
Depuis la mi-juillet, le pouvoir commence cependant à infléchir sa position. Pour la première fois, le chef d’état tunisien a évoqué publiquement les troubles dans cette région d’où sont partis la plupart des grands mouvements de contestation dans le pays depuis l’indépendance.
Pour voir la séquence vidéo et entendre le témoignage sonore de Omar Mestiri:
http://www.rue89.com/2008/07/31/tunisie-ben-ali-se-remet-en-selle-malgre-une-revolte-et-trois-morts
18:40 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali, Chômage, droits de l'homme
mercredi, 30 juillet 2008
Ben Ali, de Naima Kéfi à Leïla Trabelsi
Habib Bourguiba restera comme le libérateur de la femme tunisienne. Mais Zine el-Abidine Ben Ali, son successeur, au pouvoir depuis le 7 novembre 1987, est le continuateur de cette oeuvre. Car, s’il n’est pas à l’origine du Code du statut personnel (CSP), il est directement responsable de plusieurs de ses améliorations, notamment un amendement, remontant à 1993, très important sur le plan symbolique : celui consistant à donner la possibilité à la femme de transmettre la nationalité tunisienne à sa progéniture, chose jusqu’alors impossible dans le monde arabe. Mais le plus grand des mérites de Zine el- Abidine Ben Ali est sans doute celui… de n’avoir pas abrogé, pour raisons de convenances personnelles, ce fameux CSP en réintroduisant la bigamie ! Une hypothèse pas si farfelue que cela. Explication : en 1988 : les islamistes, qui constituaient une force politique puissante, réclamaient à cor et à cris son abrogation. Et le tout nouveau président, qui était à l’époque déchiré entre deux femmes, son épouse légitime et sa maîtresse, aurait pu… couper la poire en deux, et, sans rétablir la polygamie, pour ne pas donner l’impression de renier entièrement Habib Bourguiba, autoriser, à titre exceptionnel la bigamie. Il ne l’a donc pas fait.
Zine el-Abidine Ben Ali, né le 3 septembre 1936, à Hammam Sousse, est entré dans l’armée immédiatement après l’indépendance. Avec d’autres jeunes recrues, il est envoyé en France parfaire sa formation militaire, et, à son retour en Tunisie, est affecté au service du général Kéfi, un des plus hauts gradés de l’armée. Une épaisse zone d’ombre entoure les circonstances de sa rencontre avec Naïma, la fille de son patron. Toujours est-il qu’il finit par l’épouser en 1964. Trois filles, aujourd’hui toutes les trois mariées à des hommes d’affaires en vue, naissent de cette union : Ghazoua, Dorsaf (qui a épousé Slim Chiboub, longtemps le grand manitou du football tunisien en tant que président de l’Espérance sportive de Tunis), et Cyrine. Pour Zine el-Abidine Ben Ali, c’est un mariage presque inespéré, qui donne un coup d’accélérateur à sa carrière. Le jeune sous-officier devient, la même année, directeur du renseignement militaire. Son destin de « super-flic » est tracé. Au milieu des années 1980, Zine el-Abidine Ben Ali, qui est entre-temps devenu général, rencontre Leïla Trabelsi. Cette dernière est une fille du peuple, issue d’une famille nombreuse (elle a dix frères) et exerce la profession de coiffeuse. C’est, dit-on, une femme de moeurs légères, qui multiplie les conquêtes masculines. Pulpeuse, elle subjugue son amant, qui, parvenu au pouvoir, choisit finalement de divorcer d’avec Naima, en 1988, avant de l’épouser en 1992. Là encore, comme dans le cas d’Habib Bourguiba, les épousailles s’assimilent d’abord à une opération de régularisation : leur première fille, Nesrine, est née en 1986, à Bruxelles. Elle est aujourd’hui mariée avec Sakher el-Materi, rejeton d’une grande famille tunisoise et fils d’un ancien putschiste impliqué (à un degré mineur, il est vrai) dans le complot de 1962 contre Habib Bourguiba. Moncef el-Materi, le père de Sakher, avait été condamné à mort et n’avait eu la vie sauve qu’après l’intercession de Wassila Ben Ammar, la femme d’Habib Bourguiba…
Au coeur des luttes d’influences
Leïla, devenue « présidente », ne tarde pas à prendre ses marques. L’empire qu’elle exerce sur son mari est indéniable. A l’instar de Wassila Ben Ammar, quoique moins ouvertement, elle se transforme en acteur politique de premier plan. Ses ennemis la disent manipulatrice. Une chose est sûre en attendant : mieux vaut aujourd’hui avoir les faveurs de la Première dame pour espérer durer au gouvernement. Et les observateurs croient de plus en plus discerner sa patte derrière les promotions et les disgrâces. Abdelwaheb Abdallah, le ministre des Affaires étrangères, une des éminences grises du Président, doit sa longévité à l’amitié qu’il a su forger avec Leïla et son clan. A l’inverse, tous ceux qui étaient proches de la première épouse du Président ou de ses premières filles ont fini par se retrouver éjectés du sérail. La Première dame est aujourd’hui au coeur des luttes d’influences qui ont redoublé depuis que la rumeur de la maladie du président a pris naissance, il y a un peu plus de quatre ans.
Leïla Ben Ali Trabelsi est maintenant doublement incontournable. Le 20 février 2005, elle a donné un fils à son mari, fils aussitôt prénommé Mohamed Zine el- Abidine. Mais surtout, elle est au sommet de la pyramide de l’entreprenant clan des Trablelsi, qui a littéralement fait main basse sur tout ce que la Tunisie compte de secteurs rentables. Belhassen, le frère aîné de Leïla, est aujourd’hui le « capitaine d’industrie » le plus en vue du pays. Il dirige la compagnie aérienne Karthago et vient de faire une entrée fracassante au conseil d’administration de la Banque de Tunisie, plus ancienne et plus prospère des banques privées du pays. Imed et Moez, ses neveux, âgés d’une trentaine d’années, qui ont grandi dans un inquiétant sentiment d’impunité, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par un juge français d’Ajaccio pour vol et recel. Le yacht de Bruno Roger, président-directeur général de la banque Lazard, ami intime de Jacques Chirac et proche de Nicolas Sarkozy, dérobé à Saint- Tropez, a, en effet, été retrouvé amarré à Sidi-Bou-Saïd, maquillé et immatriculé au nom d’Imed Trablesi.
La mansuétude du chef de l’Etat pour sa belle-famille s’explique difficilement. Sans doute, a-t-il au début encouragé les Trabelsi et leurs affidés dans leurs entreprises pour s’affranchir de l’establishment traditionnel des affaires et constituer une nouvelle bourgeoisie, entièrement dépendante de lui. Et sans doute, à l’instar du docteur Frankenstein, a-t-il fini par être dépassé par ses créatures et par devenir l’otage des clans. Grande, élégante, pulpeuse, s’habillant chez les plus grands couturiers de Paris et plus encore de Milan, Leïla, elle, est en quête de respectabilité. Elle reste la cible des railleries et des moqueries du petit peuple, qui l’appelle encore « la coiffeuse » et continue à se délecter de blagues à son sujet. Mais elle n’a plus grand-chose à voir avec la femme qu’elle était à la fin des années 1980. Ses activités à la tête de l’association caritative Basma sont très médiatisées. Ses prises de paroles plus fréquentes et plus assurées. Elle est maintenant présente à toutes les cérémonies officielles et lit parfois des discours à la place de son mari. Ceux qui l’ont rencontrée l’assurent : elle est intelligente, douée et apprend vite. Elle est maintenant bardée de diplômes : le baccalauréat, qu’elle a passé par correspondance, au début des années 2000, et une maîtrise en droit de la faculté de Toulouse, passée toujours par correspondance. De là à dire qu’elle vise plus haut et pourquoi pas la présidence, il n’y a qu’un pas. Que la vox populi s’est depuis longtemps empressée de franchir.
Khaled A. Nasri - Matalana - Le mercredi 30 juillet 2008
18:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali, Naima Kéfi, Leïla Trabelsi
Repression sans répit en Tunisie pendant la tenue du congrés du parti de Ben Ali
Le procés de Mme Zakia Dhifaoui, militante des droits de l’homme et responsable à Kairouan du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), devrait se tenir demain jeudi 31 juillet à gafsa d'aprés une communication du FDLT, Mme Dhifaoui à été arretée à Rdeyef, le dimanche 27 juillet 2008 et maintenu en garde à vue suite à sa participation à un marche de soutiens aux prisonniers du mouvement social de contestation dans le champs minier
Membre de l'internationale socialiste le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL) à rçu le soutien du parti socialiste français qui à dénoncé hier le caractère arbitraire de cette arrestation, “Le Parti socialiste condamne cette arrestation arbitraire alors que Mme Dhifaoui participait à une manifestation pacifique de soutien aux victimes du bassin minier” dit le communiqué,
d'autre part le procés de Othman Jmili, Faouzi Sadkaoui, membres ddu bureau executif de l'association internationale de soutien aux prisonniers politique l’AISPP), arrétés al 25 juillet ainsi que Khaled Boujemaa (membre du PDP) et Ali Neffati (ancien prisonnier politique) qui derait avoir lieu hier 29 juillet devant le tribunal cantonal de Bizerte a été reporté au 5 août à la demande de la défense.
Accusés d'’attroupement sur la voie publique et atteinte aux bonnes mœurs. Leurs avocats ont recusés devant la cour les PV de leur interrogatoire non signés, “leurs tortionnaires ont usés de leur forces physiques pour leur extraire les estampe de leurs pouces apposés sur les documents malgré leurs volentés” ont-ils déclarés au tribunal. Les empréintes dégitales ne sont d'habitude utilisé en signature que pour les illitrés incarables d'ecrire leurs noms. Tous les quatre avaient pris part à un rassemblement pacifique devant la mairie, organisé le matin du 25 juillet, en compagnie de militants défenseurs de droits humains et politiques, à l’occasion de la fête de la République où des slogans contre la présidence à vie et pour les libertés publiques avaient été scandés.
“Lotfi Hajji (vice président le la section de la LTDH de Bizerte) ainsi que Mohamed Ben Saïd (membre de la section de la LTDH de Bizerte) ont été arrêtés ce matin 28 juillet à la sortie de l’autoroute reliant Bizerte à Tunis. Après un contrôle de « routine » qui a duré plus d’une heure, la police a restitué ses papiers à Mohamed Ben Said qui conduisait la voiture. Quleques instants plus tard, Mohamed Ben Said et Lotfi Hajji ont de nouveau été interceptés par une autre patrouille. Les policiers ont, cette fois, prétendu que Ben Said avait refusé d’obtempérer à une injonction de la police de s’arrêter ; malgré leurs protestations véhémentes, rappelant aux agents que non seulement ils avaient obtempéré, mais qu’ils avaient été retenus plus d’une heure à la sortie de l’autoroute, le chef de poste est arrivé et a ordonné l’arrestation de Ben Said qui avait alors été conduit de force par des policiers en civil au poste de police et sa voiture conduite à la fourrière. Ben Said a été écroué à Bouchoucha sous le chef de « refus d’obtempérer » aux ordres de la police de la circulation.
A quelques minutes d’intervalle, le défenseur de droits humains Ali Ben Salem (président de la section de Bizerte de la LTDH) a été arrêté par la police de la circulation à la sortie de l’autoroute reliant Bizerte à Tunis et retenu durant plus d’une heure sans raison alors qu’il était accompagné d’enfants de sa famille qui ont attendu comme lui sous un soleil de plomb ; La police a exigé qu’il rebrousse chemin et qu’il revienne à Bizerte s’il veut récupérer ses papiers ; Ali Ben Salem a été obligé de rebrousser chemin alors qu’il devait subir un examen de contrôle à l’hôpital Charles Nicolle à Tunis. Rappelons que les trois défenseurs avaient participé au rassemblement du 25 juillet devant la mairie de Bizerte.” Rappore un communiqué du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT).
Ces arrestations intervenuent en meme temps que la tenue du congrés du Parti du président Ben Ali qui chechait à faire passer sa “présidence à vie” se sont en train de s'opérer dans des conditions de black-out total imposés à tous les moyens de communication dans le pays ce qui rend difficile de rapporter le nombre total de tous les détenus ces derniers jours dans tous les régions. (Tunisia Watch – Mercredi 30 juillet 2008)
17:24 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Repression, Redayef, Bizerte
Tunisie - Ben Ali pourrait être ''président à vie''
Le président Zine el Abidine ben Ali, qui est à la tête de la Tunisie depuis plus de vingt ans, a annoncé mercredi qu'il briguerait l'an prochain un cinquième quinquennat consécutif. Ben Ali, qui est âgé de 71 ans, avait accédé à la tête de l'ancien protectorat français en octobre 1987 en faisant constater par des médecins l'incapacité à gouverner de son prédécesseur Habib Bourguiba.
Aux termes de la constitution, Ben Ali, alors Premier ministre, a achevé le mandat du Combattant suprême, décédé ultérieurement, avant de se faire réélire régulièrement, dont la dernière fois, en 2004, avec 94,4% des voix.
Une réforme constitutionnelle intervenue en 2002 a supprimé la limitation des quinquennats. Ben Ali a saisi l'occasion du congrès annuel du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) au pouvoir pour confirmer, comme on s'y attendait, qu'il solliciterait un nouveau mandat l'an prochain.
Les appels publics à une nouvelle candidature du président, qui est crédité d'avoir présidé à une forte croissance économique et à la stabilité politique du pays, se multipliaient depuis 18 mois. "Je vous le dis avec beaucoup de fierté : je suis toujours fidèle à mon engagement et je réponds avec beaucoup d'honneur à votre appel : je serai votre candidat aux élections présidentielles 2009", a dit Ben Ali aux congressistes.
"Ancrer la démocratie"
"Je suis extrêmement ému et fier de la précieuse confiance placée par le peuple en ma personne", a ajouté Ben Ali, que ses détracteurs accusent de faire peu de cas des droits de l'homme et des valeurs démocratiques.
Les défenseurs des droits de l'homme et les opposants tunisiens considèrent que la réélection de Ben Ali en fera un quasi-président à vie, comme son prédécesseur Bourguiba s'était lui-même proclamé à un moment donné. Ben Ali s'en est défendu devant les congressistes en rappelant la réforme constitutionnelle de 2002. "En ce qui concerne ce qu'on entend de temps en temps sur l'alternance au pouvoir, je rappellerai que cette question a été déjà réglée par la constitution. Pour notre part, nous croyons dans ce principe fondamental de notre système républicain."
Ben Ali, qui est encensé par ses partisans pour avoir muselé les islamistes tunisiens et avoir évité au pays une expérience à l'algérienne, a promis de promouvoir les droits de l'homme et la démocratie pluraliste et de renforcer encore le rôle de la femme dans la société. "Nous nous acharnons à promouvoir la vie politique, à ancrer les fondations de la démocratie et du pluralisme et à offrir à toutes les forces nationales l'occasion d'y contribuer", a-t-il poursuivi en promettant de hisser la Tunsie au rang de pays développé.
En vertu du système politique en vigueur, 80% des sièges de députés sont réservés au RCD. Les 20% restants reviennent aux six partis d'opposition légaux.
France Soir (avec Reuters), le mercredi 30 juillet 2008
16:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali, Président à vie, Eléctions 2009, Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD)
“Ben Ali forever”:Ben Ali, candidat pour un cinquième mandat à présidence de la Tunisie
Le président de Tunisie, Zine El Abidine Ben Ali, a annoncé mercredi sa candidature à l'élection présidentielle de 2009 pour un cinquième mandat de cinq ans. "Oui, pour être votre candidat à l'élection présidentielle de 2009", a-t-il dit dans un discours à l'ouverture du 5e congrès du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir). Le président a été ovationné par des milliers de militants du parti.
Le comité central du RCD, qui avait désigné M. Ben Ali en février 2007 comme candidat à un nouveau mandat, avait renouvelé son appel à postuler le 15 juillet lors d'une réunion du comité sortant. Le RCD l'avait exhorté à "continuer de conduire la Tunisie sur la voie du progrès et de la propérité". "En toute fierté, je vous dis (que) je serai constamment fidèle à mes engagements envers vous. Avec autant de fierté je vous réponds: oui pour être votre candidat", a répété M. Ben Ali acclamé par des milliers de militants au milieu de youyous de femmes de son parti dans une salle archicomble décorée de drapeaux en rouge et blanc de la Tunisie.
Au pouvoir depuis 1987, le président tunisien devrait être réélu en 2009 pour ce cinquième mandat consécutif qui a été rendu possible par un amendement de la Constitution approuvé par référendum en 2002. Cet amendement avait déjà permis à M. Ben Ali d'être réélu en 2004 avec 94,49% des voix exprimées, face à trois concurrents de l'opposition parlementaire modérée. La Constitution modifiée supprimait la limitation à trois au maximum du nombre de mandats successifs, fixait l'âge limite à 75 ans pour la fonction de président et lui accordait l'immunité pénale à vie.
M. Ben Ali, 72 ans en septembre, est arrivé au pouvoir le 7 novembre 1987 en déposant pour cause de "sénilité" l'ancien président Habib Bourguiba, dont il était le Premier ministre.
Dans son discours, il a rejeté les critiques d'une partie de l'opposition radicale qui réclame le pouvoir. "Quant aux rumeurs qui circulent, de temps à autre, concernant l'alternance à la tête du pouvoir, je tiens à rappeler (...) que la question et d'ores et déjà tranchée par la Constitution", a-t-il dit.
M. Ben Ali a fait adopter récemment une loi exceptionnelle pour permettre à certains opposants de postuler à la présidence, une clause les exemptant du parrainage par 30 élus au moins. Une autre clause de l'amendement oblige tout postulant à la présidence du pays à être aussi le dirigeant élu de son parti depuis au moins deux ans, ce qui de fait écarte le seul candidat déclaré jusqu'ici, Ahmed Néjib Chebbi, fondateur du Parti démocratique progressiste (PDP) dont il n'assure plus la direction. M. Chebbi, qui revendique régulièrement une alternance au pouvoir, a dénoncé une "loi sur mesure" pour l'exclure de la course.
AFP - le 30 juillet 2008 - Image: Affiche de propagande RCD
15:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali, Eléctions 2009, Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD)
Pour la défense du statut progressiste des Tunisiennes
Nous, signataires de cet appel, avons appris avec stupéfaction et révolte qu'à Nabeul, à la faculté des sciences économiques et de gestion, une enseignante a tenté d'empêcher une étudiante de passer son examen au motif que la jeune fille avait « les avant-bras nus ».
Nous voulons ici condamner fermement le comportement de cette enseignante qui a outrepassé l'autorité qui lui était dévolue dans cette salle d'examen.
Nous tenons à rappeler que dans les établissements scolaires et universitaires, le rôle de l'enseignant comme de l'administration est de contribuer à dispenser le savoir et le respect de l'autre ainsi que de veiller à ce que chaque apprenant(e) puisse poursuivre ses études et passer ses examens dans les meilleures conditions.
Cet incident est symptomatique d'une dangereuse régression des mentalités sous l'influence d'un courant conservateur et obscurantiste prétendant parler au nom de l'Islam, et qui met en péril les droits précieux acquis par les femmes tunisiennes.
Cette régression, dictée par un mimétisme s'inspirant d'un mode de pensée et de comportement étrangers aux usages de la société tunisienne, vise à remettre en question le statut progressiste des Tunisiennes.
Tunisiennes et Tunisiens, nous devons tous nous mobiliser pour défendre ce statut contre toutes les tentatives de retour en arrière et pour consolider et développer les acquis d'une Tunisie ancrée dans la modernité.
Cet appel est destiné à être signé. Adressez vos signatures à: generationscsp@yahoo.fr
Liste des premières signatures:
- Lylia Brahim: enseignante
- Khadija Khader: enseignante
- Fatma Tellili: enseignante
- Neila Jrad: enseignante
- Nadia Omrane: journaliste
- Zeïneb Tellili: enseignante
- Sabiha Khedher: enseignante
- Jelila ezzili: enseignante
- Inès Abdeljaoued-Tej: universitaire
- Alia Benkahla: chercheur
- Latifa Lakhdar: universitaire
- Monia El Abed: avocate
- Radhia Dridi: enseignante
- Lobna Mlika: comédienne
- Hèdia Jrad: enseignante
- Leïla Baccouche: universitaire
- Mouna Laroussi: universitaire
- Rachida Abdeljaoued: enseignante
- Sabiha Bouguerra: inspectrice principale
- Latifa Bergaoui: universitaire
- Rakia Ben Chehida: cadre de banque
09:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 28 juillet 2008
GB: feu vert de la justice à l'extradition vers l'Italie de trois Tunisiens
La Haute cour de Londres a donné lundi son feu vert à l'extradition de trois Tunisiens vers l'Italie, estimant que leurs avocats n'avaient pas apporté les éléments démontrant un "risque réel" qu'ils soient ensuite expulsés vers leur pays d'origine. Habib Ignaoua, Mohamed Khemiri et Ali Chehidi avaient fait appel de la décision d'un juge de première instance qui avait estimé en mai que les trois hommes --alors âgés de 37 ans, 53 ans et 35 ans-- devraient être extradés.
Indiquant que l'appel était rejeté, le juge Malcolm Pill a expliqué lundi que "la partie appelante n'a pas établi qu'il existe un risque réel d'expulsion vers la Tunisie". Ils ont désormais 14 jours pour décider de se tourner vers la Chambre des Lords, plus haute instance judiciaire du Royaume-Uni.
Les trois hommes avaient été arrêtés près de Londres et Manchester fin 2007 dans le cadre d'opérations coordonnées au niveau européen contre un réseau présumé de recrutement de combattants pour l'Irak et l'Afghanistan, installé dans le nord de l'Italie. Ils étaient visés par des mandats d'arrêts européens émis par un magistrat à Milan. M. Ignaoua et M. Khemiri ont été déjà jugés et condamnés par contumace en Tunisie pour des infractions liées au terrorisme.
Anthony Lester, avocat des trois Tunisiens, avait affirmé la semaine dernière devant la Haute cour qu'il existait un risque important que les autorités italiennes utilisent la législation antiterroriste pour transférer les trois hommes vers la Tunisie avant qu'ils n'aient eu la possibilité de faire appel de leur expulsion.
Il avait accusé l'Italie d'enfreindre la législation européenne en matière de droits de l'Homme dans les affaires liées au terrorisme, soulignant que la loi italienne dite "Pisanu" avait été utilisée pour extrader un homme vers la Tunisie et qu'il aurait depuis disparu. Selon lui, ils courraient également le risque être torturés.
Les autorités tunisiennes ont de leur côté fermement démenti ces allégations de disparition et affirmé respecter les droits des détenus. Selon Tunis, cet homme, Essid Sami Ben Kemais, expulsé le 3 juin par l'Italie, a depuis été déféré devant la justice pour faire réviser sa condamnation par défaut à une peine cumulée de 115 ans de prison.
Les deux juges de la Haute cour ont estimé qu'il fallait faire confiance aux autorités italiennes et qu'elles s'assureraient que les trois hommes ne subiront pas de traitements inhumains ou dégradants. Tout en qualifiant de "troublantes" les informations concernant une éventuelle expulsion vers la Tunisie, le juge Pill a souligné que l'extradition était réclamée en vertu d'un mandat d'arrêt européen et que l'Italie devait respecter la législation européenne en la matière.
Selon lui, les autorités britanniques peuvent par conséquent avoir "un haut niveau de confiance et de certitude" que les Italiens ne vont pas expulser ces hommes. (AFP - 28/07/2008)
20:08 Publié dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Terrorisme, GB, Italie, extradition de trois Tunisiens
Deux clandestins morts et six disparus au large de la Tunisie
Deux clandestins tunisiens sont morts de déshydratation et de faim et six autres sont portés disparus au large de la Tunisie à la suite d’une tentative d’immigration illégale vers l’Italie, a révélé lundi l’hebdomadaire privé Assabah Alousboui.
Les corps des clandestins âgés de 21 et 24 ans ont été découverts avec trois survivants par les garde-côtes à bord d’une barque à la dérive au large de la ville côtière d’Echabba (200 km au sud-est de Tunis), a ajouté le journal qui publie des photos des victimes.
L’embarcation, partie le 9 juillet de la côte nord-est avec onze Tunisiens cherchant à rallier l’île italienne de Lampedusa, a eu une panne de moteur et était restée à la dérive durant onze jours, selon le récit d’un survivant cité par le journal. Selon la même source, les six disparus s’étaient jetés à la mer au fil des jours dans l’espoir de rallier la côte à la nage mais aucun d’entr’eux n’a pu être retrouvé malgré les recherches de la marine au large d’Echabba.
En Tunisie seule la presse privée fait état des opérations d’immigration clandestine, les autorités et la police ne communiquant pas sur le sujet. Selon le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni, 10.611 clandestins ont été interceptés au cours des six premiers mois de 2008, contre 5.378 de janvier à juin 2007. (AFP - 28/07/2008)
Photo: Assabah Alousboui
20:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Immgration clandestine, morts de déshydratation et de faim




