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23/10/2008

La Guantanamera des détenus tunisiens par les Etats-Unis

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Les Etats-Unis serait en train de négocier avec les autorités Tunisiennes des «  Garanties diplomatiques » en vu du transfert des dix Tunisiens prisonniers de Guantanamo que la justice militaire américaine n’a retenu aucune charge contre eux et dont la libération a été retardé à cause du risque de torture qu’il peuvent subir s’il sont renvoyé en Tunisie, leur pays d’origine.

Une juge fédérale américaine a bloqué, il y a un an, le transfert d'un détenu tunisien de Guantanamo vers la Tunisie, décidé par le département de la Défense, arguant qu'il risquait d'y être soumis à la torture. Ce jugement constitue une première dans le traitement des prisonniers soupçonnés d'actes terroristes détenus par les Etats-Unis.

La décision de la juge Gladys Kessler ne connaît aucun précédent en tant qu'intervention directe dans le sort d'un prisonnier de Guantanamo, selon Human Rights Watch et l'avocat du prisonnier tunisien. Selon la juge Kessler, Mohammed Abdul Rahman a été condamné par contumace en Tunisie à 20 ans de prison et pourrait faire face à des actes de torture s'il était rapatrié.

L’expérience des deux premiers prisonniers tunisiens transféré par les autorités américaines chez eux et remis aux autorités tunisiennes le 18 juin 2007, n’été pas étrangère à cette décision. Ce qui leur est arrivé constitue « une nouvelle démonstration que les États-Unis ne peuvent se fier aux ‘assurances diplomatiques’ pour faire abstraction d’une crainte légitime de torture ou de mauvais traitements ». avait dénoncé Human Rights Watch dans un rapport détaillé sur les exactions et le mauvais traitement qui leur été réservé depuis leur arrivé en Tunisie pour se trouver en fin condamnés à de lourdes peines de prisons qu’ils sont en train de passer.

Abdallah Hajji Ben Omar, a été condamné le 14 novembre 2007 à sept ans de prison par un tribunal militaire pour adhésion à une organisation terroriste alors que Lotfi Lagha, a été condamné en janvier 2008 par la cour d’appel à trois ans de prison ferme pour association de malfaiteurs projetant des agressions contre des personnes et des biens dans le cadre d'un projet terroriste.

Aujourd’hui, dix autres détenus tunisiens se trouvent encore à Guantanamo, dont huit au moins ont été condamnés par défaut en Tunisie pour des délits. Il s’agit de : Adel Hkimi, Hichem Sliti, Lotfi Ben Ali, Riadh Nasri, Ridha Yazidi, Salah Sassi, Hedi Hammami, Adel Ouerghui, Adel Ben Mabrouk et Rafik Hammami

Washington refuse la libération de ces détenus sur le sol américain, comme l’ordonne un juge fédéral et ne peut les refouler vers leur pays d’origine en vertu du principe de non refoulement instauré par cette décision de justice. Déclarés "libérables" ces prisonniers vivent encore en isolement.

Cette problématique concerne une cinquantaine de détenus de Guantanamo. Hormis les prisonniers tunisiens, des Chinois, des Algériens, des Irakiens, des Libyens, des Russes, des Somaliens, des Syriens et des Ouzbeks sont dans la même situation. Aucune charge ne pèse contre eux, le Pentagone leur a retiré l’étiquette de « combattants ennemis » qui prévaut dans les geôles de l’île cubaine. Certains y sont enfermés depuis sept ans. Cette situation est largement ironique. L’administration Bush garde ces hommes par crainte de mauvais traitements alors qu’elle a elle-même déplacé des gens pour qu’ils soient interrogés – donc torturés – à l’étranger et qu’elle les torture elle-même à Guantanamo.

Tunisia watch – 23 octobre 2008. (Illustration : Juan Kalvellido)

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