mercredi, 16 juillet 2008

Entretien avec Meriam Azizi, critique de cinéma tunisienne

Un film tunisien sur nos écrans... L'occasion pour nous d'aller prendre quelques nouvelles de cette belle géographie, avec la critique de cinéma Meriam Azizi.

b684fe9d46cf4d849d357fb55f64a12c.jpg1. Quel a été votre premier souvenir en tant que spectatrice sur le cinéma tunisien ?

Mon tout premier souvenir, qui m’a bien marqué d’ailleurs, c’est, sans la moindre hésitation, Les Silences du Palais, de Moufida Tlatli. C’était une projection en plein air sous le ciel étoilé d’une journée d’été, dans la cour d’un palais beylical, et organisée par la municipalité de la Manouba, quartier périphérique au centre de Tunis. Ayant à cette époque l’âge d'Alia, jouée par Hend Sabri, je me suis tout de suite identifiée au personnage, ce qui m’a permis de vivre intensément ses souffrances et sa résistance. Je me rappelle le grand flash back qui figurait le passé de Alia vivant entre les murs d’un palais mystérieux, d’où elle s’était enfuie dix ans auparavant. J’ai admiré ce caractère combatif qu’elle mettait en avant contre la suprématie oppressive du système phallocratique, contrairement à sa mère khedija, qui protégeait sa fille des convoitises des maîtres des lieux ,quitte à supporter leur brutalité, voire même à y perdre sa vie. Les images étaient percutantes et chargées d’émotion. C’était un voyage labyrinthique dans la vie secrète des palais, une approche inédite de la société tunisienne de l’après- indépendance. Social, avec un arrière fond historique, le film est sous cet angle, foncièrement féministe. Il s’agissait, et j’en suis consciente aujourd’hui, d’un sujet tabou que la réalisatrice a eu le double mérite de révéler à l’époque où le film est sorti.

2. Selon un critique de cinéma tunisien, le cinéma dans ce pays est passé par trois étapes, La libération et la résistance tunisienne, l'indépendance, et la mémoire nationale. Que pensez-vous de ce résumé ?

Je pense qu’effectivement, l’histoire du cinéma tunisien est tripartite. En cela votre résumé est légitime. A cette différence près que, dans la phase deuxième, j’inclurais la première car le volet Indépendance englobe la résistance et la libération qui ne sont que des figures de ce mouvement. Cependant, j’ajouterais en troisième lieu une période distinctive et spécifique au cinéma tunisien : la génération des femmes réalisatrices, dont je cite les deux pionnières, Kalthoum Bornaz (Keswa, le fil perdu, 1997) et Moufida Tlatli (Les Silences du palais, 1994, La saison des hommes, 2000), qui a osé explorer d’un regard perspicace les rapports homme-femme dans la société tunisienne, en campant sa caméra dans un village traditionnel à Djerba.
La vague de l’Indépendance est représentée par les films d’Ammar Khlifi (Sourakh wa Soujana, et Dhil al Ardh), où la célébration de la résistance trouve son compte. Naturellement, après l’indépendance, le cinéma oriente ses préoccupations vers les problèmes internes du pays, ce qui a donné naissance à l’emprunt d’une approche critique des réalités sociales de l’époque. C’est les années Nourid Bouzid, dont l’esthétique et l’écriture cinématographique ont fait de lui une référence dans le cinéma tunisien. L’homme des cendres (1987), Les sabots en or (1989) puis Bezness (1992), témoignent d’une audace incomparable pour l’époque. En effet, N.B brise les tabous en transposant à l’écran des sujets comme la torture ou l’homosexualité. Malgré les problèmes de censure, ses films ont réussi à atteindre les spectateurs, bien que le contexte socio- politique, marqué par la montée de l’intégrisme, ait été des plus dévaforables. Parallèlement, Férid Boughdir a cultivé une autre écriture, moins politique si l’on peut dire, et plus intimiste. Nous référons ici à Halfaouine, enfant des terrasses qui a enregistré un succès international.

3. Le cinéma est apparu en Tunisie avec les prises de vue des frères Lumières dès 1896. Le premier film de fiction réalisé en Afrique s'est déroulé en Tunisie. La première société de distribution...en Tunisie ! Pensez-vous que ce pays ait, réellement, toujours été ancré dans l'histoire du cinéma mondial ?

La Tunisie, ancrée dans l’histoire du cinéma mondial ? C est certainement un idéal à atteindre, car avec la configuration du paysage audiovisuel actuel en matière de cinéma, je n’irais pas jusqu’à ce point. Certes l’engouement précoce pour le cinéma en Tunisie est très symbolique, sans oublier la réputation cinéphilique du public tunisien qui atteint son apogée avec la création des clubs de cinéma en 1946. En revanche, aujourd’hui, il s’agit plus d’un souvenir nostalgique que d’une réalité. Par ailleurs, ce passé glorieux ne concerne que le Maghreb, puisqu’en Afrique il y a l’éminent exemple de la puissante industrie cinématographique égyptienne. Je ne sais pas si le fait que le paysage attise la convoitise des producteurs étrangers pour en faire le décor de leurs films suffit à justifier que la Tunisie soit ancrée dans l’histoire du cinéma mondial. Personnellement, je crois que le jour où un film tunisien touchera, de par son contenu (histoire, décor, casting…), à l’universel, la Tunisie pourra, à ce moment là, s’enorgueillir de ce titre.

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10:05 Ecrit par TUNISIA Watch dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, cinéma tunisien, Meriam Azizi

vendredi, 18 avril 2008

Foire internationale du livre de Tunis : Plusieurs milliers de livres "obscurantistes" écartés

eeda015eec78ef0852f7330aff30272b.jpgTUNIS — Avant la 26e édition de la Foire internationale du livre de Tunis, qui se tiendra du 25 avril au 4 mai prochain, les organisateurs ont annoncé jeudi avoir écarté plusieurs milliers d'ouvrages religieux présentés par quelque 25 maisons d'édition et qualifiés de "médiocres" et "obscurantistes".

"La foire de Tunis ne peut en aucun cas accepter la participation d'ouvrages qui propagent des discours idéologiques obscurantistes, contraires aux valeurs essentielles de la société tunisienne", a justifié le directeur de cette manifestation, Boubaker Ben Fraj, lors d'une conférence de presse. Il a assimilé les ouvrages religieux incriminés dont il a refusé de préciser les pays de provenance, à du "charlatanisme, voire à des atteintes à l'islam". "Nous n'avons pas de problème avec le livre religieux, car la Tunisie est un pays d'islam dans son image vraie", a-t-il martelé.

Quelque 1.027 maisons d'édition venues de 32 pays arabes, européens, américains, asiatiques et africains ainsi que des organisations internationales spécialisées participeront à cette manifestation culturelle annuelle, soit plus de 25% par rapport à l'année précédente, selon les organisateurs. Avec 408 éditeurs présents, la France se taille la part du lion, aux côtés de pays européens qui seront représentés pour la première fois, tels le Portugal, la Suisse, la République tchèque et la Roumanie.

Parmi les invités de la foire du livre de Tunis qui "accordera une place importante aux supports électroniques, en plus du livre traditionnel", figurent les écrivains égyptien Baha Taher, français Eric Emmanuel Schmitt et Gilbert Sinoué et le Tuniso-suédois Jonas Hassen Khémiri, auteur du "roman à succès" "Montecore" en langue française. (AP – 17 04 2008)

jeudi, 17 avril 2008

Aimé Césaire est mort

9acd0676d2e4ccaa10979b834fa685b1.jpgEn ce 17 avril 2008, les peuples opprimés du monde, la Martinique mais aussi tous les hommes et les femmes qui luttent pour un monde basé sur la justice sociale et le respect de la dignité humaine se trouvent orphelins avec le départ d'Aimé Césaire.

Poète des mots, il  a représenté pour les peuples colonisés et opprimés une pensée ouverte  vers de nouvelles voies. Avec Aimé Césaire se sont rencontrés le rêve, les mots au service de la lutte pour la liberté et la libération. Eveilleur des consciences, Aimé Césaire reste aujourd'hui à côté de toutes celles et ceux qui se voient refuser les droits humains fondamentaux et qui sont soumis à l'arbitraire des lois pensées pour assurer la domination.

Aimé Césaire laisse, à tous ceux qui veulent le saisir, le flambeau de la lutte  afin de construire un monde de paix et de fraternité. Il laisse aussi l'héritage d'une humanité qui cherche à en finir avec les discriminations, le racisme et la domination.

La Fondation Frantz Fanon, qui remercie profondément Aimé Césaire pour avoir accepté d'assumer la charge de Président d'honneur, exprime sa profonde douleur en ces tristes moments pour les familiers et amis d'Aimé Césaire.

Pour le Bureau de la Fondation Frantz Fanon

  • Mireille Fanon-Mendès France
  • Sonia Dayan-Herzbrun
  • Hugo Ruiz Diaz Balbuena

21:32 Ecrit par TUNISIA Watch dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Aimé Césaire

mardi, 19 février 2008

Les Ksours au service du tourisme dans la région de Tataouine

1e8f5a472ad94593d682002c1e6c4f54.jpgUne vingtaine de Ksours viennent d'être restaurés à des fins touristiques par des experts en rénovation des vestiges historiques. Le département de la culture a alloué, pour ce faire, des fonds estimés, entre 100 et 400 mille dinars par Ksar (singulier de Ksour). La préservation et la valorisation du patrimoine écologique, culturel en Tunisie sont parmi les principaux facteurs qui ont contribué à promouvoir le tourisme saharien dans plusieurs gouvernorats du sud tunisien.

Les ksours, qui sont des greniers constitués de cellules d'engrangement, appelés ghorfas, sont concentrés dans le sud est du pays. Avec ses ksours, Tataouine, située 600 km au sud de Tunis, est, aujourd'hui, l'une des cités les plus pittoresques du sud tunisien. Elle compte, à elle seule, 64 Ksour sur un total de 150. Empruntés du latin Castrum (fort ou place forte), les Ksour, forteresses utilisées autrefois pour mettre à l'abri les denrées essentielles (céréales, huile d'olive, légumes secs,à) des envahisseurs, combine généralement greniers et habitations.

On les trouve communément sur des contreforts proches d'oasis afin de se protéger d'attaques venant de tribus nomades. Ils sont composés de cellules, appelées ghorfas, qui servent à stocker les denrées en prévision des années de sécheresse et des temps difficiles. Ces sites constituent une destination privilégiée des touristes.

Parmi les ksour les plus célèbres de Tataouine, figure Ksar Cheneni (20 Km de Tataouine), considéré comme le plus ancien et le plus grand des Ksour berbères et le plus visité notamment après les travaux de réfaction et l'amélioration de sa desserte.

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Vient ensuite, « Ksar Haddada », situé à environ 6 km au nord de Ghomrassen. Cette forteresse a, pour sa part, servi, en 2000, de cadre et de décor, au tournage du célèbre film américain "La guerre des étoiles", réalisé par Georges Lucas. Ce Ksar, un véritable labyrinthe composé de 567 ghorfas, couvre une superficie de 6400 mètres carrés. Il sera prochainement converti en une unité touristique de toute beauté après la rénovation et restauration de ses ghorfas.

Quant au "Ksar Ouled Debbab" (zone de Tataouine Nord), il a été valorisé par un promoteur tunisien dans le cadre de la participation des privés à l'exploitation des sites archéologiques. Ce site touristique comprend actuellement un café maure et un musée d'habits et de bijoux traditionnels.

Les travaux de restauration de plusieurs de ses ghorfas ont démarré afin d'offrir le confort nécessaire aux touristes pour un long séjour. D'autres travaux de restauration sont réalisés au niveau du "Ksar Rekhayssa Dagrara 2", "Ksar Daghrara 1 Djbel Sad", "Ksar Ouled Boujlida" et "Ksar El morra". Les Ksour ont joué un rôle central dans la vie des habitants de la zone en leur assurant équilibre et stabilité tant ils faisaient fonction à la fois de lieux servant à la conservation de la nourriture, aux activités éducatives, religieuses et commerciales.

Ces édifices font partie indéniablement du patrimoine culturel de la région de Tataouine et témoignent de son évolution historique et sociologique et suscitent un grand engouement de la part des touristes.

Le Ksar est constitué de plusieurs parties d'une dimension différentes selon sa position géographique et le nombre de personnes composant la tribu. Il se compose d'un vestibule, d'un patio et de chambres. Les Ksour peuvent être de forme rectangulaire ou circulaire. Les ghorfas ou chambres sont d'une architecture particulière qui prend en considération les conditions de conservation des récoltes, et du bétail. Chaque ghorfa donne accès à une autre à travers des escaliers acrobatiques extérieurs qui courent sur la façade fait de plâtre.

lundi, 12 novembre 2007

Tendresse du loup De Jilani Saadi : Chronique d'une nuit tunisienne

a2396883a68e34afc8bb5911f6e0b450.jpg"En Tunisie en 2000, j'ai été frappé par l'agressivité et la violence des rapports entre les gens, entre hommes et femmes. J'ai souhaité en rendre compte dans mon deuxième film." Inspiré par deux faits divers, Jilani Saadi a écrit et tourné Tendresse du loup, un film intense, efficace, chronique des codes et des contradictions avec lesquels toute une jeunesse doit composer, "déchirée entre un moralisme rigide et une forme de perversité".

Tunis, la nuit. Saloua, prostituée du genre élégante, tombe sur quatre gars qu'elle connaît. Violée, humiliée mais debout, elle va, une nuit durant, régler le compte de ses agresseurs. Sans exclure l'humour ni la cruauté, Saadi chronique cette folle nuit avec une habileté et une liberté qui réservent plus d'un rebondissement. Faisant glisser le fait divers abject vers une rencontre d'une tendresse prodigieuse, il emprunte en vrac des motifs inattendus au Fellini des Vitelloni, aux chansons pétries d'espoir de Cesaria Evora. A saluer la performance d'Anissa Daoud. Son regard dévore la pellicule et dit la difficulté de se projeter tout droit dans l'avenir quand le quotidien n'est que zigzag. Un parcours qui reflète Tunis aujourd'hui, dit-elle, "entre schizophrénie, beauté et violence, promiscuité et solitude extrême". (JDD le 11 Novembre 2007)

Ali Saidane dans une remarquable note sous le titre « Pays réel et pays fictif البـلاد الحـقّـانـية و البلاد الافـتـراضيـة» publiée sur son blog Khilwelil, livre ses impressions après avoir vu le film et met le doigt sur cette contradiction que le film lui-même cherche à dévoiler :

ec644b2dd52a363d9177a7982722bf31.jpgثمة ناس تسمعهم بالسيف عليك، كلامهم يزدم عليك زدمان لا بالك لا وسع، في القهوة في الشارع في التران في السيركولاسيون في البار في الريستوران في الحمّام في البلدية في القباضة في الجلاز في سيدي علي الحطـّاب في سيدي بالحسن في سيدي ناجي في سيدي بن نعيم في سيدي عبد الله قش في دار الانساب في دار العجايب في دار الصباح و دار العمل و دار الدنيا و دار الآخرة و دار خالتي و دار الكوميسار و دار الصابون و دار العرس و دار الشراب و دار الق....اب و دار عمي سي علالة في دار الثقافة في دار الشعب و دار الشباب و دار العجز و التكية و دار الماء و دار الظلام و دار الاولاد و في البلوقوسفار....

ما ثمة كان هومة، و ما تسمع كان هومة، و ما عادش تِفَرّز فيهم على بعضهم نساء و رجال، تسمع حكاياتهم بالباء و التاء و حتى للياء كان تحب. تروح آخر نهارك، داشوشك معبي محشي كي عصبانة تحاماو فيها الكناين و الحماة و معاهم "المعينات المنزلية متاعهم" و حدة تزيد منا و لخرى من غادي....

مخ الهدرة متاعهم: يعرفو كل شيء ما يفوتهم شي مشاو للدنيا الكل، و هومة كي تقرقش صبعين تلحق الطين، مرمى عينيهم ما يفوتش كرش الغابة، ما عادش عندهم استعداد باش يسمعو كان أرواحهم. العالم متاعهم أربعة كلمات، على أربعة ماركات، يتصوروهم منتهى الأرب، دينهم ورق و شيفون كيف دينمّهم و دينبوهم يا ما ما عنده حتى علاقة بدين جدّهم و جد بوهم.

يتصورو اللي ما ينقصهم من علم و معرفة ينجمو يهبطو للسوق يشريوه. هاذم اللي عندهم، كانك على اخوانهم من اللي ما عندهمش ما يتورعوش باش يخطفو و ينهبو باش يوللي عندهم.

هومة الكل من طينة وحد: "تونسي عربي باللية" و احد متربي في الطراوة و الخير و لاخر في الشر و الشمنطر و المقص و المشطة. ما هيش مسألة متاع صراع طبقي و الا حكاية البورج، اللي عنده يبنبي و اللي ما عندوش يعمل جهده باش يوللي عنده.

الحكاية و ما فيها خطرت عليَّ بعد ما شفنا عرس الذيب، فيلم الحيلاني السعدي. من المرّات القلايل اللي ما ظهرليش اللي نتفرج في حكاية صايرة في قارة أخرى، لقيت روحي في تونس متاعنا بخمجها بمكبوتاتها و بأحلام محروميها و بشاشية هذا على راس هذا. تونس اللي حبّو البعض تكون هكة و اللي هذيكة الصورة الأصلية و تونس اللي توصفت في الجرايد توة أيامات شي صاير في قارة ما تتوجد كان في أمخاخ اللي ملـّوه و اللـّي كتبوه.

mardi, 30 octobre 2007

La "nouvelle vague" musicale offre de beaux jours à la "darija" au Maroc

5a40033c2c3272e2e1c99f0d1d69c728.jpgJetant aux orties l'arabe classique ou le français littéraire, la "nouvelle vague" musicale marocaine préfère le dialecte national, la "darija", émaillée d'expressions empruntées à une multitude d'idiomes.

"Nous sommes une société d'hypocrites. Pourquoi les mots vulgaires ne nous choquent qu'en darija et pas dans une autre langue?", lance Bigg, rappeur star de la scène marocaine.

Ainsi, Ahmed Benchemsi, directeur de l'hebdomadaire Nichane, est poursuivi par la justice pour avoir critiqué un discours du roi dans un éditorial rédigé en dialecte, idiome jugé vulgaire par les autorités.

L'album de Bigg, "Mgharba 'tal moute" (Marocains jusqu'à la mort), en dit long sur cette envie de revanche d'une langue toujours méprisée par l'élite politique et littéraire mais qui domine aujourd'hui les festivals de musique du royaume.

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jeudi, 04 octobre 2007

Nouvel ouvrage d'Ahmed Jazouli : Islam, démocratie et gouvernance dans les pays de l'Afrique du Nord

9fccb6334499c12638b747b6c22ef46c.jpgLe chercheur marocain Ahmed Jazouli vient de publier un ouvrage intitulé "Islam, démocratie et gouvernance dans les pays de l'Afrique du Nord", qui propose une nouvelle approche des concepts dans leurs rapports avec différentes formes de promotion de l'Etat de droit.

Dans ce livre en langue anglaise, paru aux éditions de iUniverse (Etats-Unis), Ahmed Jazouli tente de décortiquer les concepts d'Islam, de démocratie et de gouvernance, estimant qu'il existe trois types d'Etats à savoir l'Etat négatif, l'Etat au degré zéro et l'Etat positif. 

L'Etat au degré zéro est, aux yeux de l'auteur, celui qui dispose d'un minimum de démocratie, du respect des droits de l'Homme et dont les institutions qui gèrent la chose publique sont issues des citoyens. L'écrivain assimile "ce minimum" de démocratie à "la bouée de sauvetage" qui garantit le développement économique et la prospérité sociale. "Il s'agit en fait des pays qui connaissent une transition démocratique", note-t-il.

L'auteur s'attelle à une analyse comparée de l'état de la bonne gouvernance dans les pays de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Libye, Egypte et Tunisie), ainsi que de la vie politique et économique, la justice, les partis politiques, la société civile et les droits de l'homme dans les pays de la région.

Le concept de bonne gouvernance repose sur la participation dans la prise de décision, la transparence, la justice et l'évaluation dans le cadre d'une vision stratégique fondée sur des projets bien définis, indique Ahmed Jazouli, qui s'arrête aussi sur le concept de l'autorité en Islam et juge "qu'il n'y a pas un seul modèle dans l'histoire, y compris l'époque des compagnons du prophète".

"Islam, démocratie et gouvernance dans les pays de l'Afrique du nord" se veut une contribution au débat mondial sur l'Islam, la démocratie et la capacité des pays arabo-islamiques à accéder à la démocratie.

Dans ce sens, Ahmed Jazouli expose les étapes décisives de l'histoire de l'Islam et les acquis démocratiques réalisés dans les pays islamiques, notamment le Maroc qui vit actuellement une transition démocratique.

Il souligne à ce propos la nécessité de fonder "l'évolution démocratique progressive sur les composantes culturelles des sociétés concernées".

Autant dire que la promotion d'un pluralisme politique sain et une bipolarité libre et efficace, le renforcement des institutions parlementaires et la société civile et la consolidation des droits de l'Homme sont, selon l'auteur, les préalables au passage à la démocratie et l'Etat de droit. (MAP -  04.10.2007)

samedi, 01 septembre 2007

Pourquoi je ne me rendrai pas à l'International School de Carthage

86ce72d61944071542b45d0a146ad17a.jpgBonjour à tous,

Je vous écris pour vous dire que je ne me rendrai pas à l’ISC.

Plusieurs raisons expliquent ma décision :

- d’abord, l’école apparaît clairement au centre de magouilles politiques, et nous savons tous que la politique en Tunisie n’est pas reluisante, pour le moins. L’une des plus fameuses péripéties du projet annoncé en grande pompe en mai dernier par Mesdames Ben Ali et Souha Arafat fut l’épisode de l’expulsion de la veuve de Mr Arafat, relatée par les médias : Madame Souha Arafat, l’associée principale de Madame Ben Ali (madame « Bac moins trois », ainsi surnomme-t-on le président tunisien) s’est vue obligée de quitter la Tunisie car son aura médiatique faisait un peu trop d’ombre à la femme du président. Peut-être ces deux femmes ne sont-elles pas entendu sur le montant de la commission qu’elles prendront sur l’ISC ? Les sommes brassées par l’ISC seront très grosses, et ridicules par rapport aux salaires du personnel, en particulier tunisien.

- Je fus surpris de l’absence de professionnalisme de mes interlocutrices, lors de mon entretien. Quasiment aucune question relative à mon travail, peu d’explications sur l’école, et un grand empressement à me signer un contrat (j’eus même du mal à avoir une soirée pour me décider). Cet empressement cachait un malaise, une situation bancale.

- Cette situation bancale apparaît bien réelle : le site n’est toujours pas près, les logements non plus, les effectifs sont très réduits. Cette école est considérée d’un très mauvais œil par le lycée Pasteur et par l’American Cooperative School of Tunis. Si le lycée Pasteur a pu refuser un jeune, membre de la famille Ben Ali, ce qui avait en son temps très irrité le pouvoir, l’ISC ne pourra refuser personne, puisque l’école est créée par ces familles qui pillent allègrement la Tunisie depuis de nombreuses années. L’ISC sera donc remplie d’élèves avec un très faible niveau académique, indisciplinés, peu motivés et n’en faisant qu’à leur tête puisque la direction et les professeurs de l’ISC ne seront que des pantins aux mains du pouvoir. Bonne chance pour établir un code de discipline digne de ce nom et pour motiver les « fils à papa » !

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mardi, 26 juin 2007

L'air du temps

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Structure d’art contemporain exposée actuellement en galerie à la Marsa (Tunisie)

13:30 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Art