dimanche, 12 octobre 2008

Le Maghreb Face à la crise financière mondiale

Une seule solution pour le Maghreb, la bonne gouvernance et l'intégration au sein de l'espace euro méditerranéen

Par Abderrahmane MEBTOUL

1428403505.JPGCette présente contribution reproduit ma communication pour la rencontre des jeunes entrepreneurs maghrébins qui s'est tenu à Burgos en Espagne du 08/10 octobre 2008, remerciant vivement les organisateurs de cette invitation, à laquelle j'ai été très sensible. Permettez moi de rappeler qu'avec de nombreux amis tant américains, européens, arabes et particulièrement maghrébins, nous sommes convaincus depuis de longues années que la symbiose des apports de l'Orient et de l'Occident par le dialogue des cultures ( le judaïsme , le Christianisme et l'Islam étant des religions de tolérance), la construction de la démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle et de l'économie de marché concurrentielle , permettront l'intensification des relations euro- méditerranéennes et américano-arabes. En Algérie nous activons depuis plus de trois décennies pour la concrétisation de ces objectifs stratégiques à savoir le respect des libertés économiques et politiques, des droits de l'homme et de la promotion de la condition féminine. C'est qu' économiquement l'Algérie et plus globalement le Maghreb, intégration économique vitale à laquelle je suis profondément attachée au sein de l'espace euro- méditerranéen, tout en n'oubliant pas le continent Afrique, les USA et l'Europe présentent l'un et l'autre des atouts et des potentialités pour la promotion d'activités diverses et cette expérience peut être un exemple de ce partenariat global devenant l'axe privilégié du rééquilibrage du Sud permettant par des actions concrètes de promouvoir la synergie de systèmes privés, politiques et administratifs, afin de développer une coopération pour un développement durable ente le Nord et le Sud.

Je suis profondément convaincu de cette vision que je défends tant dans mes conférences que mes écrits depuis de longues années et ce afin de faire du bassin méditerranéen un lac de paix où seront bannis l'extrémisme, le terrorisme et la haine, passant par une paix durable au Moyen Orient , berceau des civilisations, les populations juives et arabes ayant une histoire millénaire de cohabitation pacifique.

Aussi ma contribution s'inscrit dans ce cadre et a pour objet d'analyser la nécessaire intégration maghrébine face aux défis de la mondialisation, et la coopération entre l'Europe et le Maghreb afin de faire du bassin méditerranéen un lac de paix , notre destin étant commun , au moment de la consolidation des grands espaces économiques face au poids grandissant de l'APEC et de la NAFTA, de l'entrée des pays émergents dans le commerce mondial comme la Chine, l'Inde, la Russie et le Brésil qui risquent de bouleverser la carte géostratégique du monde. Pour ma part, sous réserve de dépasser la vision égoïste du Nord et d'une gouvernance rénovée au Sud, je vois en les pays de la rive sud de la Méditerranée et notamment de l'Afrique du Nord, comme les prochains pays émergents. Car, entre la lointaine et très présente Amérique et la proche et bien lointaine Europe, entre une stratégie globale et hégémonique, qui possède tous les moyens de sa mise en œuvre et de sa projection, et une stratégie à vocation globale qui se construit laborieusement et qui peine à s'autonomiser et à se projeter dans son environnement géopolitique immédiat, quelle attitude adopter et quels choix faire pour le Maghreb ? Interpellé et sollicité, le Maghreb s'interroge légitimement sur le rôle, la place ou l'intérêt que telle option ou tel cadre lui réserve ou lui offre, qu'il s'agisse du dialogue méditerranéen de l'Otan ou du partenariat euro- méditerranéen, dans sa dimension tant économique que sécuritaire. L'adaptation étant la clef de la survie et le pragmatisme un outil éminemment moderne de gestion des relations avec autrui, le Maghreb devant faire que celui que commandent la raison et ses intérêts.

I- Accords d'Association, Union pour la Méditerranée, une valeur ajoutée pour la consolidation des relations Europe Maghreb

1.1- Objectifs socio-économiques

Les objectifs de coopération de l'UE avec le Maghreb sont ancrés dans le processus de Barcelone et récemment lors de la rencontre à Paris dans les résolutions de l'Union pour la Méditerrané (juillet 2008) qui reflètent l'importance économique, politique et stratégique de la région méditerranéenne pour l'UE qui met l'accent sur l'urgence de l'intégration maghrébine. Les objectifs principaux sont : la création d'une zone de paix et de stabilité basée sur des principes fondamentaux, incluant le respect des droits de l'homme et la démocratie ; la création d'une zone de prospérité par le biais d'un développement économique et social durale et plus particulièrement l'établissement progressif du libre-échange entre l'UE et ses partenaires méditerranéens, et parmi les partenaires eux-mêmes, en vue de la création d'une zone euro méditerranéenne de libre-échange étendue horizon 2010/2015 , l'amélioration de la compréhension mutuelle entre les peuples de la région et le développement d'une société civile active. Prenant en considération les domaines prioritaires identifiés par la politique de développement communautaire, les principales résolutions relèvent, pour l'essentiel, de sept objectifs : Premièrement, la réforme de la justice et de l'administration publique au niveau des pays du Maghreb qui souffrent d'une bureaucratisation croissante entraînant un divorce Etat/citoyens.

Elle comprend : l'adaptation et l'harmonisation de la législation, le renforcement de l'indépendance de la justice , la spécialisation des magistrats, en particulier dans les domaines économiques, la décentralisation de la gestion des juridictions et la réhabilitation du système pénitentiaire. La réforme de l'administration publique et le renforcement des collectivités locales visent, quant à eux, de rendre l'administration plus efficace et de la réhabiliter aux yeux des citoyens. Deuxièmement le renforcement du co-développement économique entre les partenaires économiques des deux rives de la méditerrannéee. Cela concerne notamment la PMI/PME vital pour les pays du Maghreb qui accusent un fort taux de chômage,tenant compte des nouvelles mutations mondiales, devant reposer dans l'organisation en réseaux sur les nouvelles technologies en allégeant le cadre réglementaire , institutionnel et le financement et en dynamisant la privatisation. Cela implique la réforme du secteur financier , en encourageant le secteur privé par l'ouverture sélective du capital des banques publiques, qui doit viser l'assainissement des banques surtout avec les turbulences financières récentes , leur mise à niveau technique, la modernisation du système des paiements et l'amélioration de la supervision. Une plus grande attention doit être accordée aux micros crédits, le Maroc ayant une bonne expérience dans ce domaine. Lié aux problèmes financiers, le volet modernisation des finances publiques devrait permettre de combattre la fraude et d'augmenter le rendement de la fiscalité ordinaire, l'administration fiscale devant être dotée d'un statut spécial, réorganisée et modernisée. Troisièmement ces Accords prévoient la libéralisation des infrastructures, largement déficitaires au Maghreb, l'amendement des règles législatives afin de permettre aux entreprises privées d'accéder au secteur de l'énergie et des mines, y compris des hydrocarbures, de l'électricité et des télécommunications,le processus étant déjà en marche au niveau des pays du Maghreb Dans le secteur des transports la stratégie devrait combiner des investissements de réhabilitation / extension avec l'ouverture à la participation privée (notamment des activités commerciales portuaires et aéroportuaires, mise en concession progressive de la gestion des ports.)Quatrièmement, l'objectif de la coopération UE/Maghreb pour l'agriculture/environnement est d'accroître le faible rendement des exploitations et de réduire la forte dépendance du Maghreb vis à vis des importations. Les programmes identifiées doivent viser la clarification du statut foncier par un dispositif juridique adapté pour sécuriser les exploitants, l'extension de la superficie agricole , la reconversion des cultures, l'intensification des productions, la gestion durable des ressources naturelles et le développement de la pêche . Pour l'eau (l'or bleu) et l'environnement, (enjeux du XXIème siècle), il s'agit d'améliorer le service et réduire les gaspillages d'eau par un effort de mobilisation de ressources, y compris l'assainissement, et de remise à niveau des opérateurs du secteur avec la participation du privée à la gestion envisagée. La politique environmentale devrait mettre en avant une gestion économe des ressources en eau, en sol et en énergie, notamment à travers la tarification des ressources et des incitations fiscales. Cinquièmement, le développement humain impliquant l'amélioration du rendement du système et de la qualité de l'enseignement, la réduction des disparités en matière de scolarisation, le rapprochement de la formation professionnelle du monde du travail et la modernisation des statuts des établissements de formation. Sixièmement , liés à tous els aspects précédents la nécessaire cohésion sociale et la lutte contre les disparités et la pauvreté , l'emploi étant consacré comme un paramètre privilégié d'insertion sociale. Le fonctionnement du marché de l'emploi devra être amélioré, notamment par des agences de placement et le renforcement des contrats pré-emploi ; la réforme de la sécurité sociale, en particulier celle de la santé et du système des retraites ; la capacité de réponse des systèmes, la réhabilitation des équilibres financiers et l'amélioration de la gestion sont au centre des mesures des réformes. Les indices du développement humain (IRH) élaborés par le PNUD entre 2005/2007 qui incluent les volets éducation et santé beaucoup plus fiable que le PNB par habitant concept trop global et vague, montrent l'important chemin à faire pour l'ensemble des pays du Maghreb. Comme doit être accordé une importance capitale à la promotion de la femme, signe évident de la vitalité de toute société dans la participation à la gestion de la Cité. Enfin septièmement, la dépendance extérieure en énergie de l'Europe étant actuellement de 5O%, et l'on prévoit plus de 7O% horizon 2O2O, l' les sources d'importation étant principalement pour le gaz, la Russie, la Norvège et l'Algérie. Pour les pays bien dotés en hydrocarbures au Maghreb, comme l'Algérie et la Libye, la coopération énergétique tient une place importante dans les objectifs de coopération entre les deux parties et l'Union Européenne. Il est clairement indiqué la nécessité pour ce secteur : de la mise à niveau institutionnelle, législative et réglementaire pour assurer la régulation des activités et de la promotion investissements et de la mise à niveau technique et technologique afin de faire face à concurrence et du développement du partenariat entre l'entreprise algérienne et européenne dans tous les segments d'activité. A ce titre, les domaines prioritaires dans le secteur pétrolier de la coopération seront les suivantes : l'adaptation du cadre institutionnel, législatif et réglementaire ; le soutien aux efforts de restructuration des entreprises publiques du secteur ; le développement du partenariat en matière d'exploration, production et transformation des hydrocarbures., de distribution des produits pétroliers, de développement du transit de gaz et de pétrole,de soutien , la promotion de l'investissement privé et enfin l'environnement, le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

1.2- Défis fondamentaux : meilleure gouvernance et urgence de l'intégration maghrébine

Aussi les défis socio- économiques pour attirer l'investissement utile et favoriser la mise en œuvre d'affaires tournent-ils autour de deux axes directeurs : d'une part améliorer la gouvernance, d'autre part, accélérer les réformes micro- économiques et institutionnelles, en favorisant l'intégration maghrébine au sein de l'espace euro-méditerranéen , certes difficiles, car déplaçant des segments de pouvoir, les gagnants d'aujourd'hui pouvant ne pas être ceux de demain. C'est que la moralisation de la gestion de la Cité par une lutte effective contre la corruption obstacles majeurs aux investissements utiles s'avère urgente En effet, si la sécurité constitue la condition sine qua non du développement, d'où l'importance pour les pays du Maghreb d'une coopération dans ce domaine, la démocratisation de la vie politique et la restauration de la crédibilité des institutions de l'Etat ne représente pas moins une condition tout aussi fondamentale. La bonne gouvernance concerne l'ensemble des outils et des méthodes de gestion des affaires de la Cité et embrasse la totalité des actions politiques - celles des hommes comme celles des institutions qu'ils dirigent - qui ont pour vocation de servir la collectivité. La corruption dans les administrations et le système judiciaire semble constituer une entrave aux affaires au Maghreb. Ce phénomène est lié au détournement de deniers publics, du trafic d'influence dans les marchés publics. Car, ce n'est donc pas une question seulement de textes de lois si louables soient-ils mais des pratiques sociales quotidiennes qui les contredisent. La mise en place de mécanismes transparents dans la gestion des affaires, l'implication de l'ensemble des segments pour une société plus participative et citoyenne base d'une une bonne gouvernance sont les conditions fondamentales pour d'éviter que la puissance publique soit utilisée à des fins d'enrichissement privé. IL s'ensuit pour les pays du Maghreb de favoriser plus de liberté et de Démocratie, condition sine qua non de l'insertion harmonieuse au sien de la société internationale. IL faut favoriser l'indépendance du système judiciaire par rapport à l'Exécutif, cet aspect étant lié à la perception générale du niveau de démocratie. En fait il s'agit d'asseoir dans une première phase au niveau des pays du Maghreb, un Etat de droit (respect des règles) qui dans une première phase peut ne pas recouper la démocratie comme le montre les expériences historiques tant des sociétés occidentales que de certains pays émergents en Asie (Corée du Sud) et d'Amérique Latine, la démocratie étant la finalité suprême.

Concernant le deuxième aspect, les pays du Maghreb dans leur ensemble ont globalement réussi leur stabilisation macro-économique, encore que les derniers évènements 2006/2008 avec la flambée des produits alimentaires au niveau mondial (phénomène structurel et non conjoncturel) montrent leur vulnérabilité. Pourtant, ils doivent continuer leur effort pour un taux d'inflation inférieur à 3% passant par la maîtrise des dépenses publiques. La réussite de ce processus constitue un objectif des gouvernements du Maghreb aussi bien que de l'UE dans le cadre du partenariat euro -méditerranéen et le développement des échanges avec les voisins sud -méditerranéens. L'intégration maghrébine est vitale afin d'augmenter la taille des marchés et garantirait les économies d'échelles requises pour l'amortissement de l'investissement. Sur le plan de la garantie des droit de propriété , c'est plus la mise en application des textes de lois édictés qui est mise en cause, que la qualité même de ces lois. Il s'agira de le ver plusieurs faiblesses : le très faible niveau d'investissements étrangers même si une bonne progression a été constatée qui reflète une franche amélioration du cadre légal des IDE ; diversifier la production pour le Maghreb dans son ensemble tenant compte de ses avantages comparatifs au sein de l'espace à la fois euro méditerranéen et africain. En effet, la faible ouverture aux échanges relativement à la population du pays et son extrême spécialisation dans les hydrocarbures pour l'Algérie, le couple agriculture/tourisme pour le Maroc et le couple tourisme/ certains segments des PME pour la Tunisie sont un obstacle pour un développement durable et diversifiée plus soutenue afin de lutter efficacement contre le chômage. Car, les niveaux de croissance nécessaires pour entraîner une amélioration significative de la situation sont estimés à 7-8% par an sur 10 années. Et seule l'intégration économique peut lever ce s obstacles. Ce qui m'amène à analyser la situation des économies maghrébines et le nécessaire dynamisation de la coopération Europe/Maghreb.

II situation des économies maghrébines et nécessaire dynamisation de la coopération entre le Maghreb et l'Europe

1. Situation des économies maghrébines

Le Maghreb a un poids économique insignifiant au sein du commerce mondial et même les échanges intra- maghrébins sont dérisoires moins de 2/3% de leurs échanges globaux. Or l'Europe du Sud (Italie - France - Grèce - Espagne) totalisent 168 millions d'habitants (horizon 2010). L'Algérie, le Maroc et la Tunisie totaliseront 94 millions d'habitants soit un total de 262 millions d'âmes. Si l'on inclut les riverains méditerranéens dont la Syrie, le Liban, Israël, l'Egypte, Malte, la Turquie, l'Albanie, la Libye et l'ex Yougoslavie dont la stabilité conditionne le développement de l'ensemble des Balkans, nous aurons une population en 2010 qui dépassera les 500 millions. Cette région est frappée actuellement par une récession économique avec un écart croissant, les pays de l'UMA ayant un revenu PNB par tête qui représente moins de 15 % de ceux de la CEE. Cette récession s'explique par différents facteurs dont le manque d'homogénéisation économique pour des raisons essentiellement historiques et sociologiques et qui fait fuir les capitaux vers d'autres cieux plus propices à un moment où la concentration des échanges est dans le Nord, la Chine accaparant plus de 5O% pour la zone Sud. Mais la raison essentielle. Comme souligné précédemment, les pays du Maghreb ont un niveau de développement qui ne reflète pas leurs potentialités, et elles sont énormes. La majorité des entreprises publiques sont fortement imbriquées dans le système administratif lieu de relation de clientèles. Quant à certaines entreprises privées elles ne sont pas autonomes mais trouvent leur prospérité ou leur déclin dans la part des avantages financiers, fiscaux, leurs parts de marché auprès des entreprises publiques et des administrations. Cette organisation spécifique où l'autonomisation de la décision économique est faible engendre peu d'innovation, d'esprit d'entreprise. Aussi certaines entreprises publiques ou privées sous traitantes ce secteur, vivant du transfert de la rente exercent des pressions pour accroître le protectionnisme néfaste à terme et sont peu enclins à la concurrence internationale. Mais il faut reconnaître que depuis quelques temps avec la formation plus élevée, et l'ouverture sur l'extérieur, nous assistons à la naissance de nouvelles entreprises mues par de véritables entreprenants. Pourtant les multitudes pressions administratives, combinées avec l'absence de motivation ne leur permettent pas la créativité et l'imagination. Ainsi la seule sphère réellement autonome vis à vis des sphères du pouvoir est la sphère marchande ou industrielle informelle. Du point de vue des relations maghrébines, cela explique qu'au lieu que l'intégration soit dominée par des économies contractuelles ou organisées, nous assistons à une dynamique informelle caractérisée par une identité culturelle qui permet à des milliers de maghrébins surtout aux frontières de contourner la myopie des bureaucraties nationales. La raison essentielle trouve un fondement socio-historique qui rend d'actualité les analyses ibn khaldouniennes avec le poids du politique dans les sociétés maghrébines accentué par des structures familiales et des tribales qui se consolident en période de récession économique. Il s'agira impérativement d'intégrer cette sphère dominante au niveau du Maghreb par la délivrance des titres de propriété devenant citoyenne, car acquise aux réformes pouvant constituer une force sociale dynamisante. Dès lors s'impose la nécessité d'une véritable révolution culturelle pour inculquer l'esprit d'entreprise et libérer l'ensemble des énergies créatrices. Au niveau des pays du Maghreb notamment, cela passe par la création d'une monnaie maghrébine. La coordination des politiques commerciales, fiscales, douanières, des banques centrales est un objectif vital et il serait souhaitable la mise sur place d'une banque centrale maghrébine qui serait un maillon du système européen des banques centrales afin de favoriser la création de la zone de libre échange Europe - Maghreb et accélérer la convertibilité intégrale des monnaies ce qui dynamiserait les échanges. Cette action aura comme support une institution financière méditerranéenne à l'instar de la banque européenne pour la reconstruction et le développement actuellement orientée vers les pays de l'Est. Cette banque pourrait être scindée en deux compartiments en privilégiant des relations avec le Fonds Monétaire International ainsi que les structures de la Communauté Economique Européenne. Le premier compartiment fonctionnerait comme une banque normale qui se finance sur le marché international accordant des prêts aux taux du marché ; le deuxième compartiment grâce à des dons et à des crédits d'aide (aligné sur le taux d'inflation du G7) avec une période de grâce de 5 ans et une période d'amortissement entre 15 et 20 ans financerait des projets de développement notamment la formation professionnelle, favorisant l'émergence de managers et d'entreprenants par une adaptation technologique et des systèmes modernes de gestion ainsi que de projets importants aidant à la construction du réseau de l'espace économique méditerranéen par des sous-réseaux imbriqués dont les PMI - PME, le transport, les télécommunications par la promotion des nouvelles technologies, en sont la pierre angulaire.

2.1- Les relations futures concerneront entre 2OO8/2O15 l'espace Europe -Maghreb et plus globalement l'espace euro méditerranéen.

Je pense fermement et après analyse que l'intensification de la coopération entre l'Europe- et le Maghreb fondée sur un véritable co-développement, le partenariat, l'introduction de l'investissement direct permettrait, de bouleverser ces comportements et les inscrire dans une perspective dynamique profitable aux populations de la région et faire du bassin méditerranéen un lac de paix et de prospérité. C'est que l'espace méditerranéen peut être ce lieu de création de réseaux rationnels. Car l'économie de marché concurrentielle répond à des lois universelles, mais il existe des spécificités sociales nationales dont il convient de tenir compte car source d'enrichissement mutuel permettant de communiquer avec des cultures lointaines. Ce réseau doit favoriser les liens communicationnels, les ères de liberté dans la mesure où les excès du volontarisme collectif inhibent tout esprit de créativité. Comme souligné précédemment, il y a lieu d'accorder une attention particulière à l'action éducative car l'homme pensant et créateur devra être à l'avenir le bénéficiaire et l'acteur principal du processus de développement. C'est pourquoi je préconise la création d'une université euro-maghrébine ainsi qu'un centre culturel de la jeunesse méditerranéenne comme moyen de fécondation réciproque des cultures, et la concrétisation du dialogue soutenu pour éviter les préjugés et les conflits sources de tensions inutiles. Les différents programmes initiés par la communauté économique européenne devraient favoriser l'émergence de nouveaux comportements pour un devenir solidaire. C'est que le Maghreb et l'Europe sont deux régions géographiques présentant une expérience millénaire d'ouverture sur la latinité et le monde arabe avec des liens naturels et dans son ensemble porte de culture et d'influences anglo-saxonnes. Economiquement l'Europe et le Maghreb présentent l'un et l'autre des atouts et des potentialités pour la promotion d'activités diverses et cette expérience peut être un exemple de ce partenariat global devenant l'axe privilégié du rééquilibrage du Sud de l'Europe par l'amplification et le resserrement des liens et des échanges sous différentes formes. Il est indispensable que l'Europe développe toutes les actions qui peuvent être mises en œuvre pour réaliser des équilibres souhaitables à l'intérieur de cet ensemble. En fait la constitution d'espaces régionaux économiques faibles est une étape d'adaptation structurelle au sein de l'économie mondialisée. Et afin de favoriser un quadruple objectif solidaire:la démocratie politique ; l'économie de marché concurrentielle ; la concertation sociale et les échanges culturels par des débats contradictoires d'idées et enfin la mise en œuvre d'affaires communes n'oubliant jamais que les entreprises sont mues par la seule logique du profit et dans la pratique des affaires il n' y a pas de sentiments. Dans ce cadre l'émigration maghrébine ciment des liens culturels peut être la pierre angulaire de la consolidation de cette coopération. C'est un élément essentiel de ce rapprochement du fait qu'elle recèle d'importantes des potentialités économiques et financières. Car la promotion des relations entre le Maghreb et sa communauté émigrée doit mobiliser à divers stades d'intervention l'initiative de l'ensemble des parties concernées, à savoir le Gouvernement, les missions diplomatiques, les entrepreneurs, les commerçants et les compétences individuelles. L'engagement implicite caractérisant les relations entre nos communautés émigrées et les pays d'origine, ne doit pas occulter les légitimes intérêts strictement économiques des parties concernées pour garantir la rentabilité et la pérennité des opérations engagées. Les pouvoirs exécutifs devraient veiller, dans le cadre organisationnel et législatif, à alléger l'ensemble des procédures administratives, afin de favoriser la promotion de l'investissement et les échanges commerciaux, à l'instar de pays qui utilisent leurs compétences nationales localisées à l'étranger comme point d'appui au développement national.

En conclusion : entreprendre ensemble.

Les relations tant entre les pays du Maghreb qu'entre le Maghreb et l'Europe sont souvent passionnées pour des raisons historiques. Mais, soucieux de concilier la modernité et notre authenticité, je suis convaincu du fait de la densité de nos rapports culturels qu'elles seront transgressées dans le cadre des intérêts bien compris de chaque nation. L'accélération des réformes économiques, sociales, culturelles (le droit à la différence) politiques et sécuritaires le terrorisme étant une menace planétaire) conditionnent largement la réussite de cette grande entreprise qui interpelle notre conscience maghrébine et plus globalement méditerranéenne. Privilégiant en premier lieu ses intérêts stratégiques, partie prenante du dialogue méditerranéen (DM), le Maghreb se doit d'agir en fonction d'un certain nombre de principes et à partir d'une volonté avérée de contribuer à la promotion de la sécurité et de stabilité dans la région que ce soit dans le cadre d'une coopération avec l' Otan, en fait avec les USA, avec les structures de défense que l'Union Européenne entend mettre en place, la Russie ou la Chine pour ne citer que les principaux acteurs. C'est que la fin de la guerre froide marquée par l'effondrement du bloc soviétique et les attentats survenus aux Etats-Unis le 11 septembre 2001 représente un tournant capital dans l'histoire contemporaine. Aux tensions et aux conflits doivent se substituer la coopération et un dialogue soutenu pour éviter des factures douloureuses. Le Maghreb doit être un véritable espace économique, un relais puissant entre l'Europe, le Moyen Orient et l'Afrique et un lieu de brassage des cultures, la culture étant entendue comme processus historique et relationnel. Car il est suicidaire pour chaque pays du Maghreb de faire cavalier seul à l'heure des importantes mutations mondiales. Le repli sur soi serait préjudiciable à notre prospérité commune et engendrerait d'inéluctables tensions sociales. L'histoire commune nous impose d'entreprendre ensemble. Car comme le dit l'adage arabe avec une profonde philosophie, une seule main ne saurait applaudir. C'est le modeste message de cette contribution aux dirigeants européens et maghrébins.

  • Abderrahmane Mebtoul est titulaire d’un doctorat d’Etat en sciences économiques. Auteur prolifique (une dizaine d’ouvrages) dont:Bonne gouvernance - Démocratie et économie du marché - Editions Dar el Gharb, Alger, 2004. il est aussi Expert international et président de l’Association pou r le Développement de l’Economie de Marché (ADEM).


samedi, 11 octobre 2008

Crise financière mondiale: Création d'un comité de suivi sur fond d’une semaine noire à la Bourse de Tunis

1788951529.jpgLa semaine a été dure pour la Bourse de Tunis. Très dure même au regard de la chute historique du Tunindex finissant à 3 065.84 points soit une baisse de 6.53%. Du jamais vu ! 500.000 titres ont été échangés durant ces cinq jours moroses pour un volume de 66,53 millions de dinars.

Sur les 50 valeurs de la cote, 4 seules valeurs ont pu résister à la tendance baissière du marché. Dans le registre des baisses, on s’est bien bousculé cette semaine. Les replis ont varié de 14,1% (Astrée) à 1,7% (UBCI). Attijari chute de 10.9% à 13.99DT ; Assad (meilleure hausse de l’année pourtant) recule de 10% à 12.42 DT ; ATB de 9,37% à 7,16 DT, SOMOCER de 9.1% à 2.69DT ; ADWYA de 7.3% à 6.12DT ; ARTES de 5.3% à 10.90DT…

Le Président Zine El Abidine Ben Ali a, dans ce contexte, ordonné la création d'un comité, sous la présidence du Premier ministre, qui aura pour mission d'assurer le suivi de la conjoncture économique et financière mondiale et de proposer les mesures adéquates, en cas de nécessité, afin de conforter la dynamique de développement que connaît la Tunisie et de se prémunir contre les effets négatifs de la conjoncture mondiale sur l'économie nationale.

Ce comité se compose, comme suit :

  • Taoufik Baccar : gouverneur de la Banque Centrale
  • Mohamed Nouri Jouini : ministre du Développement et de la Coopération internationale
  • Mohamed Rachid Kchich : ministre des Finances
  • Afif Chelbi : ministre de l'Industrie, de l'Energie, et des Petites et moyennes entreprises.
  • Mongi Safra : ministre conseiller auprès du Président de la République.
  • Hédi Jilani : Président de l'UTICA.
  • Ridha Chalghoum : Président du Conseil du marché financier.
  • Moncef Ben Slama : Professeur universitaire.
  • Hédi Mechri : Professeur universitaire.

Le gouverneur de la BCT a beau rassurer "Les facteurs à l'origine de la crise financière internationale qui secoue actuellement le monde n'existent pas en Tunisie" au cours d'une conférence de presse, rien n’a semblé pouvoir calmer cette tendance à la baisse de la Bourse de Tunis. Il a qualifié de "psychologique" la tendance à la baisse du Tunindex qui a chuté lundi (-4,88%) et mercredi (-3,35%) avant de remonter jeudi (+0.22%). Les ressources du budget de l'Etat 2009 (17,2 milliards dinars) pour un taux de croissance projeté à 6% (5,1% en 2008) seront exclusivement puisées sur le marché local, a indiqué M. Baccar.

En cas de récession mondiale durable, il a estimé que son pays devait mener "la bataille" de la compétitivité pour améliorer ses parts de marchés, ce pays effectuant près de 80% de ses échanges avec l'Europe. Le gouverneur de la BCT est resté "prudent" au sujet du flux de capitaux émiratis investis dans l'immobilier: "on avance et on voit", a-t-il lancé. (Business news, AFP et TAP 10/10/2008)

La Tunisie fixe plus de 17 milliards de dinars comme budget-2009

Le budget de l'Etat tunisien pour l'exercice 2009 est évalué à 17,2 milliards de dinars (13,98 milliards de dollars), soit une hausse de 12% en comparaison avec les estimations de 2008 (15,342 milliards de dinars, soit 12,47 milliards de dollars), a rapporté jeudi l' agence de presse officielle tunisienne TAP.

Selon la TAP, l'année 2009 représente un tournant décisif pour l'économie tunisienne, puisqu'elle est la dernière année de l'exécution du programme présidentiel "Pour la Tunisie de demain" ainsi qu'une année référence pour l'élaboration du plan dynamique sur la période 2010-2014.

Un montant d'environ 850 millions de dinars (691,05 millions de dollars), ajoute la TAP sera consacré à la caisse générale de compensation et une subvention directe de 890 millions de dinars ( 723,57 millions de dollars) sera réservée, dans ce contexte, à la compensation des carburants afin de préserver le pouvoir d'achat du citoyen, d'une part, et d'améliorer la compétitivité de l'entreprise, d'autre part.

Les estimations des finances publiques pour l'année prochaine exigent la limitation du déficit net à 3% du PIB, sans tenir compte des opérations de privatisation. Ces mêmes estimations reposent sur la réduction de la dette publique et la mobilisation des ressources d'emprunt sur le marché local, d'autant que la Banque centrale de Tunisie (BCT) affirme qu'il n'y aura pas de sortie de la Tunisie sur le marché international tant cette année, que la suivante. Le schéma de développement sur la base duquel a été fixé le budget de l'Etat pour l'année prochaine a pour objectif de réaliser un taux de croissance de l'ordre de 6% à prix constants contre un taux de 5,1% prévu pour 2008.

Cet objectif repose sur la progression de la valeur ajoutée du secteur agricole de 2.8% contre une baisse de 0.5% attendue pour 2008 et la croissance des industries manufacturières (5%) à la faveur de l'augmentation importante de la valeur ajoutée du secteur des industries mé caniques et électroniques (IME). Le schéma de développement se base également sur la réalisation d'un taux de croissance de 9.8% pour les secteurs non manufacturiers et l'évolution du secteur des services de 8.1%.

L'accomplissement de ces objectifs, précise la TAP, nécessite l'impulsion de l’investissement, notamment dans les secteurs porteurs et à haute valeur, outre la promotion des exportations dans un contexte international marqué par une concurrence accrue. L'investissement global devrait progresser en 2009 de 9.9%, pour établir ainsi le taux d' investissement à 26.7 % du PIB contre un taux de 25.1% prévu pour 2008. (Xinhua - 9 octobre 2008)

lundi, 29 septembre 2008

Commerce parallèle : quand Tunis est envahie

Leur marchandise étalée à même la chaussé ou hissée sur des cartons ou des semblants de comptoirs improvisés, les trottoirs du centre ville sont disputés au centimètre prés, bloquant totalement toute accés, sauf à l’enjambé, aux magasins derrière eux dont les propriétaires impuissants assiste dans la désolation à une saison qui constitue pour certains le tiers de leur chiffre d’affaire complètement ratée. Ces vendeurs pirates dont la majorité sont des jeunes, mais aussi des femmes et des enfants ont totalement occupée le centre ville, un centre ville au grand C, car il s’est étendu sur tous les environs en long et en large comme il ne s’est jamais passé auparavant. Pour cette dernière semaine du Ramadan, ils gardent leur places de jours comme de nuit, dormant sur place les quelques heures du dernier quart de la nuit quand l’activité baisse et les passants disparaissent pour commencer de bonne heure à crier « Dinar…Dinar…Dinar » dans une compétition de voix le plus tonitruant donnant à la ville un vacarme indescriptible et assourdissant.

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Sous le titre « Le commerce parallèle investit le ministère du développement » le journal online African manager décrit la situation : « L’image est surréaliste, tant elle touche même à l’image même de l’Etat. L’image a été prise le vendredi dernier 26 septembre 2008, devant le siège du ministère tunisien du développement économique, un ministère couramment visité par les représentant des institutions internationales notamment. Ce ministère est désormais assiégé par le commerce parallèle, ou comme aiment l’appeler les responsables du ministère du commerce, le commerce non réglementé. Tout au long des rues amenant à la place Ali Zouaoui où se trouve le ministère, des étals et des attelages de ce commerce qui trouve ses marchandises en Chine et ailleurs et qui ne paie rien pour les services municipaux et fiscaux. Les étals sur des cartons ont carrément squatté le parking juste  devant le ministère de l’autre côté d’un trottoir qui n’existe pas. Malgré l’existence d’une large plaque municipale interdisant tout étalage de marchandise et devant le laxisme des services de la municipalité de Tunis, ceux du ministère du commerce et autres, les étals de ce commerce illégal son petits à petits monté les marches du ministère et qui sait, peut-être qu’aux premières gouttes de ces pluies d’automne, le ministère ne leur ouvrira-t-il pas aussi son hall et que le ministre qui doit certainement faire de grandes enjambées pour rentrer dans son ministère retrouvera-t-il avec l’un de ses hôtes internationaux, ces commerçants qui ne participent en rien dans le développement économique qu’il planifie, à l’intérieur même de son ministère qu’il prendront pour un hall commercial ! »

Du tout et de n’importe quoi, mais essentiellement des vêtements et chaussures pour enfant, des joués des produit scolaire des détergeant du parfum ou des ustensiles de cuisine ou de décoration. Le tout mêlé dans un désordre indescriptible, chacun cherchant à pousser son étalage le plus possible à l’avant dans la chaussé pour intercepter les passant à défaut de les intéresser car les trottoirs n’existent plus transformé en arrière boutique réservé à ces nouveau commerçant. Pour une voiture qui s’aventure de chercher à passer par certaines rues c’est le calvaire et gare à celui qui ose la bouche pour protester ou demander de le laisser passer. A la cadence des piéton le pare-choc avant collé à une rangée de jambes dont on ne sait jamais quand ils peuvent s’arrêter on glisse dans la foule, non calant ou énervé cela ne change rien.

Les responsables municipaux et les chefs de commissariats des environs, quand ils sont interrogés par les commerçants et les habitant désabusés par cette anarchie, n’ont rien à cacher «  des ordres d’en haut sont strictes de n’inquiéter personne jusqu'à la fin de ramadan ». Quand on demande « du haut jusqu'à quel niveau ? » on sent leurs visages tourner à l’ironie et on aura tout compris. La vraie question, n’est pas d’où sortent tous ces gens ? Elle est plutôt d’où viennent tous ces produits et qui les leur fournies ? (TUNISIA Watch 29 09 2008)

lundi, 22 septembre 2008

La Tunisie 179ème dans le classement « Trade freedom 2009»

La Tunisie n’a pas la cote sur tout ce qui à trait à la liberté. Ce constat c’est le dernier rapport sur la liberté de commerce dans le monde qui vient nous le confirmer. Dans une publication anticipée de son classement annuel des économies les plus libérales pour l’année 2009, la fondation Heritage a indiqué dans un article publié sur son site le 19 septembre 2008, qu’un seul pays, la Tunisie, a enregistré une chute de plus de 10 points. Avec un taux de liberté du commerce, tombant de 71.8 % à 53.0 % le classement de la Tunisie est ainsi passé de la 84ème place à la 169ème position des 179 pays dans l’index 2009.

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L’article « Trade Liberalization Continuing Despite Doha Impasse » tout en notant le cas ne fournit pas d’explication à cette position. Le rapport détaillé sera publié en janvier, mais on peut d’ores et déjà comprendre les raisons. Avec ce qui se produit dans le secteur du commerce de distribution comme il a été noté dans notre article précédent « Le secteur de la distribution se monopolise en Tunisie » on peut noter ce qui s’est passé ces derniers mois dans le secteur bancaire et particulièrement dans la Banque de Tunisie.

Le secteur de la distribution se monopolise en Tunisie

Le groupe Mabrouk premier en parts de marché dans le secteur de la distribution alimentaire à travers Monoprix et Géant, vient d’emporter la cession de 35 % de Promogros, rapporte le magazine économique African Manager. Promogros, spécialiste dans la vente au prix du gros dans le secteur de la distribution alimentaire, comme son nom l’indique représente un part de marché de 13 % dans le secteur de la distribution. Elle comte compte parmi ses actionnaires les plus en vue mais avec une part de capital bien moindre un groupe concurrent dans le même secteur appartenant à la famille Bayahi propriétaire du Magasin Général (MG).

Cette opération vient révéler l’aprété de la lutte que sont en train de mener les groupes dominant le secteur de distribution alimentaire. Un secteur dont le chiffre d’affaire représente déja 2% du produit intérieur brut PIB il y a quelques années et qui est en train d’enregistrer un taux de croissance annuel moyen supérieur à 15% durant les quatre dernières années. Les résultats du secteur restent encore largement inferieures à ses potentialités. Le poids du secteur de la distribution représente une moyenne de 23% du PIB dans les économies européenne aujourd’hui.

Avec cette acquisition le groupe Mabrouk se détache de ses concurrents en détenant 49% des parts dans le secteur elle ne fait par là qu’accentuer le caractère monopolistique qu’a pris l’évolution du secteur depuis quelques années. Aujourd’hui la distribution organisée en Tunisie s’articule autour de trois acteurs principaux :

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- Le Groupe Mabrouk, à la tête de Monoprix depuis 1999. Ce groupe a notamment racheté en 2003 la chaîne Touta puis a racheté les principaux points de ventes de la chaîne «Le passage». Parallèlement, le groupe s’est associé avec le groupe français Casino lui permettant de s’implanter dans le segment des hypermarchés (Géant). Avec une part de marché estimée à 49% avac cette acquisition, le groupe Mabrouk -toutes enseignes confondues- est le leader du secteur.

- Le Groupe Chaïbi, qui a commencé par le segment des hypermarchés (Carrefour) et qui se développe sur celui des supermarchés par le biais de l’enseigne Champion. Le groupe a récemment racheté la chaîne de supermarchés Bonprix, ce qui porterait sa part de marché estimée à 31%.

- Le consortium agroalimentaire GIAN-Poulina par acquisition de l’enseigne publique Magasin Général, privatisé en juin 2007. Magasin Général est la première chaîne de supermarchés en termes de nombre de points de ventes (43) avec un chiffre d’affaires de 152,2 MDT, elle détient 20% de parts de marché.

Il semble que cette situation qui prévaut dans le secteur soit illégale par apport à la loi régissant la distribution organisée en Tunisie. Loi n°91-64 du 29 juillet 1991, relative à la Concurrence et aux Prix dont l’objet est de définir les règles présidant à la libre concurrence et le contrôle de la concentration économique interdit « Tout projet ou opération de concentration de nature à créer une position dominante sur le marché intérieur ou une partie substantielle de ce marché » sans l’autorisation du ministère du commerce.

D’après l’article 7 sous le Chapitre 2 traitant « de la concurrence et des pratiques anticoncurrentielles » les dispositions précédentes « s'appliquent à toutes les entreprises concernées par l'opération de concentration qu'elles en soient parties ou objet ainsi qu'aux entreprises qui leur sont économiquement liées, et ce, sous l'une des deux conditions suivantes : - la part de ces entreprises réunies dépasse durant le dernier exercice 30% des ventes, achats ou toutes autres transactions sur le marché intérieur pour des biens, produits ou services substituables, ou sur une partie substantielle de ce marché. - le chiffre d'affaires global réalisé par ces entreprises sur le marché intérieur dépasse un montant déterminé par décret. » (Tunisia watch – 22 septembre 2009)

lundi, 15 septembre 2008

Tunisie: huit groupes étrangers sur les rangs pour un port en eaux profondes

Huit groupes étrangers ont été présélectionnés pour la construction et l'exploitation d'un port en eaux profondes sous forme de concession à Enfidha, dans le centre-est de la Tunisie, sur la Méditerranée. Ces entreprises originaires du Canada, Danemark, Emirats arabes unis, Italie, Koweit et Portugal n'ont pas été identifiées lors d'une conférence de présentation du projet, lundi, à Gammarth (nord de Tunis).

D’aprés "African Manager" 14 entreprises étrangères ont répondu pour le projet de Full BOT du Port en eaux profondes d’Enfida, une short-liste a été faite et qui a constituée la trame de la journée de présentation du projet. On y trouve 8 grandes entreprises, arabes et occidentales dont voici la liste :

  1. -          Al Mel & Hutchinson un duo d’entreprises, koweitienne et chinoise.
  2. -          KGL du Koweït.
  3. -          Golfe Tainer des Emirats Arabes Unis.
  4. -          Dubaï Port World.
  5. -          APM du Danemark, plus connue sous le nom Maersk.
  6. -          Tertir du Portugal.
  7. -          Intermin de l’Italie
  8. -          SNC Lavalin du Canada.

Le port dont la réalisation démarrera avant fin 2009 pour un coût global estimé à 1,4 milliard d'euros, a vocation d'être un axe économique régional et de drainer une partie des activités de transbordement des conteneurs en Méditerranée centrale.

Le port vise à intégrer la Tunisie dans le réseau des autoroutes de la mer, prévu dans l'Union pour la Méditerranée et contribuera à "combler un déficit de capacité portuaire en Méditerranée centrale", a indiqué le ministre du Transport Aberrahim Zouari. Le port sera érigé sur un terrain extensible de 1.200 hectares concédé par l'Etat, à côté d'une zone franche d'activités sur 2.000 hectares, et aura une capacité d'accueil de 5 millions de conteneurs par an.

Selon l'étude faisabilité réalisée par le Hollandais "Royal Hasa-Koning", l'Etat tunisien recevra une redevance annuelle fixe et une autre variable selon la densité du trafic du port. Le gouvernement se chargera de l'exécution de certains ouvrages hydrauliques pour parer à des risques écologiques pouvant atteindre la nappe phréatique de la région d'Enfidha, situé en aval d'une plaine agricole.

Selon le ministre du Développement et de la Coopération internationale, Mohamed Nouri Jouini, le projet appelé à créer un centre international de commerce et de services "s'inscrit dans le cadre d'un plan du gouvernement pour garantir une meilleure position et une intégration accrue" de la Tunisie en Méditerranée. (AFP et African Manager - 15 sept 2008)

dimanche, 14 septembre 2008

Tunisie : taux de croissance établi à 6,3% en 2007

La Tunisie a réalisé en 2007 un taux de croissance économique de 6,3% contre 5,5% en 2006, selon le rapport annuel de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) publié à Tunis.

Ce taux a été réalisé grâce à l'évolution des industries manufacturières (+6,7%) notamment le textile-habillement (+5,4%), le cuir et les chaussures et les hydrocarbures (+22,5% contre -4,6%).

Selon le rapport, la croissance a également été forte dans les industries mécaniques et électriques (15,9%) et les services marchands (8,4%), principalement le secteur des communications (20%).

La croissance réalisée en 2007 a permis la création de 80.000 emplois dans la pêche et les activités non agricoles, ramenant le taux de chômage dans le pays à 14,1% contre 14,3% en 2006.

Selon le rapport, l'investissement direct étranger a augmenté de 12,9% par rapport à 2006, les recettes fiscales de 12,4% et le déficit budgétaire s'est stabilisé à 3% du PIB.

Le taux d'inflation s'est situé à 3,1% en 2007 contre 4,5% en 2006.  (AFP - 10/09/08)

Sama Dubaï lance un méga-projet de 25 milliards de dollars en Tunisie

511c9c48c02c4035465db0be707b6bf5.jpgUn groupe émirati, Sama Dubaï, va construire une ville nouvelle sur les berges du lac sud de Tunis pour 25 milliards de dollars (17,6 milliards d'euros), le plus gros investissement direct étranger jamais réalisé en Tunisie.

Le lancement officiel de ce méga-projet, qui absorbera l'équivalent de plus de deux fois le budget annuel de l'État tunisien, a été annoncé lors d'une cérémonie organisée vendredi soir, au siège de la société promotrice, en présence du ministre tunisien de la Coopération internationale et de l'Investissement extérieur, Mohamed Nouri Jouini, et de hauts responsables de Sama Dubaï.

Initialement, l'investissement était estimé à 14 milliards de dollars (9,8 milliards d'euros) et devait couvrir 830 hectares. Désormais, la future "Porte de la Méditerranée", telle qu'elle a été baptisée, s'étalera sur 1.000 hectares.

Une fois achevée d'ici une quinzaine d'années, la nouvelle ville accueillera de 300.000 à 500.000 résidents et environ 100.000 visiteurs par jour, prévoit Farhan Faraïdouni, président exécutif de Sama Dubaï lors de la présentation à la presse du projet.

Pour ses promoteurs, il a pour ambition de devenir à terme une plaque tournante régionale pour la technologie, la finance et les affaires, ainsi qu'une destination attractive pour les investisseurs, touristes africains, moyen-orientaux et européens et les sociétés internationales en quête d'externalisation et d'opportunités off-shore.

Selon M. Faraïdouni, la Tunisie a été choisie pour la réalisation de ce projet en raison de sa position géographique, singulièrement sa proximité de l'Europe, ainsi que sa stabilité politique, la disponibilité d'une main-d'oeuvre qualifiée et les incitations offertes par le gouvernement.

Outre des gratte-ciels pour appartements et bureaux, plusieurs théâtres et cinémas ainsi que des hôtels seront construits. Des espaces seront réservés pour la thalassothérapie, les congrès et le golf. Le plan d'aménagement prévoit également l'édification d'un "quartier technologique ", une zone d'activité conçue pour attirer les leaders mondiaux du secteur de la technologie.

Le gouvernement tunisien escompte un impact positif sur la croissance de 0,6 point de plus, dont le taux pourrait ainsi atteindre les 6,3% durant la prochaine décennie. Il table surtout sur la création de quelque 350.000 emplois une fois le projet finalisé et environ 50.000 emplois durant l'ensemble de la phase de construction.

M. Jouini espère voir le projet contribuer à terme à la création de 10 à 15% du million d'emplois programmés par le gouvernement pour les dix ans à venir afin de venir à bout du problème du chômage. –

Par Bouazza Ben Bouazza, ASSOCIATED PRESS- Samedi 13 sep 2008

mardi, 09 septembre 2008

Tunisie : l'inflation à 4,5 pct pour le mois d’Août

La hausse des prix à la consommation a enregistré une augmentation de l’ordre de 4,5% au cours du mois d’Aout dernier d’après des données officiels révélées aujourd’hui rapporte l’agence Reuter. Ce chiffre constitue le taux le plus bas enregistré cette année.

Cette  chute après les 5,2 pour cent de Juillet découle principalement de ralentissement de la croissance  des prix des matières alimentaires, principale composante de mesurer l'inflation dans le pays.

L'inflation des prix des produits alimentaires a ralenti à 4,7 pour cent en août alors qu’il été à 6,1 pour cent un mois plus tôt tandis que la hausse du cout du transport qui  était de 5,6 pour cent, a baissé à 5 pour cent.

La Tunisie table sur le maintient de l'inflation au niveau de 5 pour cent pour l'ensemble de l'année 2008, en hausse de 3,1 pour cent en 2007.

Le Fonds monétaire international considère que les perspectives économiques de  la Tunisie à moyen terme restent favorables, mais que la  banque centrale doit être prêt à resserrer sa politique monétaire si les pressions inflationnistes persistent.