dimanche, 20 juillet 2008
Tunisian Way of Life
Vendredi saint... Samedi coquin
C’est fou ce que l’on vit chaque fin de semaine dans notre cher pays ! Une succession ambivalente voire choquante entre un vendredi saint, jour de recueillement dans les mosquées pour un grand nombre, et un samedi bien arrosé, pour un grand nombre aussi, jour «sacré» pour les fêtards et les «clubbers» invétérés.
On sait que le vendredi est le jour du culte musulman et de la prière d’Al-Joumouâa dans le monde islamique. Et aussi le jour de marché dans les pays du Maghreb. Et quand on parle de marché, on pense à deux types de souks : celui destiné à nos concitoyens (marché aux puces, friperie, vêtements prêts-à-porter, légumes et fruits, boucherie, poissons, etc.) et celui des touristes où l’on vend les articles d’artisanat comme souvenirs de voyage (babouches, tapis, orfèvreries, poteries, céramiques, etc.). Ces activités sont vitales pour les populations qui en tirent leur unique revenu. Cependant, on enregistre, en parallèle, une baisse d’activité dans notre administration et autres établissements publics. Des fonctionnaires absents, au propre comme au figuré, à partir de 11 heures du matin. Des bureaux quasi-désertés par une bureaucratie qui porte bien son nom. Et pour cause: des fonctionnaires quittent leurs postes avant l’heure pour faire la tournée des souks hebdomadaires ou, surtout, pour aller à la mosquée assister à la prière du vendredi. Prétexte commode et imparable. Qui aura donc l’audace de remettre en cause les devoirs religieux ? Quant aux citoyens demandeurs (quémandeurs ?) de services, ils n’ont qu’à s’adapter à la situation.
La quasi-paralysie des administrations dès vendredi matin ? Il faut simplement faire avec. Puisque ce jour saint est devenu par la force des choses une seconde journée de repos pour une semaine rétrécie d’autant. Reste à savoir si l’on doit renoncer au dimanche comme jour de repos hebdomadaire et le remplacer par vendredi, et suivre ainsi la plupart de nos voisins maghrébins et arabes. Surtout que de nos jours, tout porte à croire que le citoyen tunisien appréciera en toute conscience une telle initiative. Parce que les activités sociales, et le culte religieux du vendredi exigent une importante disponibilité. Et les Musulmans ne sont pas les seuls en cause. Puisque la même réflexion a été à l’origine du repos dominical, en Occident. Parce que le dimanche est d’abord le jour du Seigneur, un rituel on ne peut plus religieux en terre chrétienne. Catholiques, Protestants, et même Orthodoxes fêtent le Christ le dimanche. Et pourquoi devrait-on les imiter pour le choix de leur sainte journée? Simplement pour prolonger une fâcheuse habitude attrapée durant l’ère coloniale? Faudrait-il oublier que ce sont «nos ancêtres» Gaulois qui nous l’ont imposée en un réflexe «protecteur»?
Des questions que nous impose l’air du temps avec un retour évident de la ferveur religieuse dans notre pays. Mais peut-on pour autant se défaire aussi facilement du dimanche férié ?
C’est qu’on reste particulièrement lié, du moins économiquement, à nos partenaires Européens. Ainsi, le fait de «transférer» le jour férié du dimanche au vendredi pourra causer des pertes colossales à notre économie. En nous faisant perdre un atout majeur dans nos relations avec nos partenaires.
Que l’heure tunisienne soit réglée sur l’horloge européenne présente un avantage concurrentiel certain. Usines étrangères délocalisées sur notre territoire national, centres d’appels qui relancent sans relâche une clientèle européenne, sont autant d’éléments à prendre en compte. Ne serait-ce que pour des considérations liées au chômage que ces sociétés contribuent un tant soit peu à résorber. Mais devrait-on pour autant sacrifier notre identité musulmane sur l’autel des réalités économiques?
Pas si vite ! Les Tunisiens ne sont pas tous des piliers de mosquées ! Quand certains font leurs prières, d’autres réservent leur culte à la dive bouteille !
Débordements alcoolisés
Le samedi, jour des fêtards invétérés, est chômé, lui aussi, par tout un pan de notre économie. Les sociétés étrangères, privées et semi-étatiques, tout comme les banques, les assurances, gardent leurs portes closes en ce jour. Pas de quoi pavoiser, avec déjà un vendredi en demi teinte, question productivité. Avec ce samedi sabbatique pour beaucoup d’entreprises, et boites privées: notre économie attendra le lundi pour redémarrer cahin-caha. Parce que le dimanche férié, comme il se doit, nous permet de jouir du fameux week-end prolongé. La productivité, elle, flirte dangereusement avec le fameux chiffre d’El Khawarizmi : Zéro! Mais hauts les cœurs ! On passera le temps avec force pousse-café. L’alcool coulera à flots pour arroser l’occasion. Un samedi sous le signe de la dive bouteille. Vin rouge, rosé, ou blanc, selon les saisons, et de la bière, bien sûr. Puisque l’antique cervoise, dont Gaulois et Egyptiens antiques se disputent la paternité. Mais des débats historiques, le Tunisien s’en moque comme de sa dernière bouteille vidée. C’est la bière qu’il préfère, et peu importe le flacon, pourvu qu’il ait l’ivresse. (1)
Après un vendredi marqué par tous les signes extérieurs de la piété, le lendemain, c’est la fièvre du samedi soir qui s’empare du pays. On rejoue chez nous chaque semaine ‘‘Saturday night fever’’. Le film culte sorti en 1977 n’a pas fini de faire des émules. Les discothèques, le phénomène des night clubs et des soirées dans les boites de nuit bat son plein. Et tout le monde sait que dans de tels établissements, la consommation des boissons alcoolisées est l’âme de la soirée. Ce qui permet notamment à la Tunisie de battre des records en termes d’accidents de la route. Surtout les samedis soirs, bien sûr, et durant la saison estivale. Parce que, de juin à août, la principale cause des accidents reste le taux élevé d’alcoolémie de nos conducteurs.
Et l’on se rend compte que le culte de Bacchus a aussi ses adeptes. Qui accomplissent le pèlerinage des accros de l’alcool, équipés comme il se doit de sachets en plastique noirs, de couffins, et de sacs pour camoufler leurs acquisitions!
Question approvisionnement, ils iront faire leurs emplettes dans les quelques magasins disponibles en pleine ville. Dans des quartiers habités par des honnêtes gens, qui n’apprécient pas nécessairement les débordements exubérants de leurs concitoyens ivres morts. Le samedi, pour eux, est un plutôt un jour infernal.
A Nabeul, ville touristique au charme pittoresque apprécié, l’alcool est vendu dans les grandes surfaces et les hypermarchés. Mais aussi dans des magasins en plein centre ville, au beau milieu des quartiers, dans le voisinage immédiat des maisons. Et le samedi devient ainsi une journée de malheur, où les dérives alcoolisées sont subies par une population dégoûtée (voir encadré). Des habitants en arrivent à se barricader dans leur maison jusqu’à ce que la tempête du samedi soir se tasse.
Ainsi donc les habitudes et les coutumes des uns se télescopent aux mœurs des autres. Reste à savoir qui gagnera la partie. La ferveur du vendredi saint, fera-t-elle baisser la fièvre du samedi coquin ?
Abdel Aziz Hali – L’EXPRESSION du 11 07 2008
1- Le marché de bière tunisien et est actuellement évalué à 1 million d'hectolitre. Par personne la consommation est 10 litres, la seconde le plus haut dans la région, après la Turquie. (Audinet) – Remarque ajoutée par TW
13:03 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Way of Life
Huit morts dans un accident de la circulation entre Médenine et Ben Guerdane
Un accident de la circulation survenu, vendredi après midi, entre Ben Guerdane et Médenine, a fait huit morts dont sept décédés sur place et le huitième à l'hôpital, ainsi que trois blessés dont un dans état grave.
L'accident s'est produit dans la région de Bouhamed, sur la route nationale (GP 1) au niveau du point kilométrique 506, suite à une collision entre un camion de transport de marchandises et une voiture de louage. Le dépassement sans prêter attention aux véhicules venant en sens inverse, serait à l'origine de ce drame.
Les victimes dans cet accident sont : Deux hommes, une jeune étudiante en 3e cycle, citoyens originaires de Kairouan, un citoyen originaire d' El Hamma, un mineur originaire d'Oum El Araïes et deux Algériens. La huitième personne succomba à ses blessures après avoir été transportée à l'hôpital régional.
Quant aux trois blessés, l'un est dans un état grave et il est sous des soins intensifs alors que les deux autres (les deux chauffeurs), ils s'en sont sortis avec des blessures légères au même hôpital.
Deux semaines auparavant, un autre accident s’est produit dans des circonstances semblables dans la même région, a fait neuf morts et 4 blessés. (dimanche 20 juillet 2008)
12:59 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, accident de la circulation
lundi, 30 juin 2008
Tunisie : Force Ouvrière rencontre l’UGTT à Tunis
Le Secrétaire Général de la CGT-FO, Jean-Claude Mailly, conduisait une délégation en visite en Tunisie à l’invitation de l’UGTT (Union Générale des Travailleurs Tunisiens), les 27 et 28 juin. Cette visite s’inscrit dans le cadre de la coopération et de la solidarité syndicale internationale qui ont une longue histoire entre FO et l’UGTT. Cette coopération est matérialisée cette année par une action conjointe de défense des intérêts des travailleurs saisonniers tunisiens en France.
A cette occasion, la délégation FO a rencontré le secrétaire général et le comité exécutif de l’UGTT, ainsi que des structures syndicales locales et d’entreprises. Dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et d’importantes difficultés en matière d’emploi, notamment des jeunes, la CGT-FO a fait part de son soutien à l’UGTT engagée dans d’importantes négociations avec les employeurs, dans le privé comme dans le public, portant sur le droit syndical, les salaires et les conditions de travail.
Informée parallèlement de la situation sociale très tendue dans la région de Gafsa, la CGT-FO soutient les démarches de l’UGTT en faveur de l’établissement rapide du dialogue et de la négociation, qui ne peuvent reposer que sur le respect des libertés démocratiques et des libertés syndicales, ce qui demande la libération des personnes emprisonnées, dont les responsables syndicalistes actuellement traduits devant des tribunaux.
Pour FO, le respect de la démocratie, des droits de l’Homme et des droits fondamentaux des travailleurs, conformément aux conventions de l’OIT et une coopération des Etats sur le plan économique et social en faveur de la croissance et de la création d’emplois contre le chômage, la précarité et la pauvreté doivent être à la base du processus européen EUROMED et de l’Union pour la Méditerranée, dont le 1er sommet devrait se tenir le 13 juillet.
Source : Force Ouvrière (www.force-ouvriere.fr)
15:40 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Syndicat, Force Ouvrière, l’UGTT
Football : Incidents sur le chemin du retour de Kairouan
Des incidents lors de ce match, il y en a eu avec notamment le tollé général des responsables Gafsiens dans les vestiaires à la mi-temps à l'endroit de Yosri Saadallah. Très diplomate, Laroussi Mansri commissaire du match a accompagné Mahmoud Aboud le président du club gafsien dans les quartiers de l'arbitre pour une explication franche, histoire de décrisper l'atmosphère ; sans oublier les escarmouches somme toutes habituelles désormais dans la tribune officielle !!
Mais durant le retour, et à partir de Mitbassta, Kondar, Dar Belouaer, Ouled Ameur, etc. l'interminable cortège de voitures ramenant les supporters espérantistes vers la capitale a été systématiquement pilonné par des projectiles causant des dégâts matériels énormes aux véhicules en dépit de la présence massive des forces de sécurité. Pourtant le chemin Kairouan Gafsa est diamétralement opposé à celui emprunté par les « Sang et Or ». Allez comprendre !
Mohamed Sahbi RAMMAH – Le Temps - Lundi 30 juin 2008
15:06 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Kairouan, Gafsa
samedi, 28 juin 2008
TUNISIE : Du clivage Nord-Sud au clivage Est-Ouest
La crise sociale que traverse actuellement la Tunisie, et qui s’est manifesté par le mouvement de contestation que connaît la région sud-ouest du pays depuis le début de l’année et conduit à faire intervenir l’armée pour imposer un état de siège non déclaré depuis le début de ce mois pour contenir les émeutes du bassin minier, cette crise à révélé à grand jour un des plus important problèmes que le modèle de développement à adopté par la Tunisie depuis son indépendance à eu à affronter :
Le déséquilibre régional et l’aggravation des disparités entre le littoral et le pays intérieur pratiquement délaissée comme il revient dans tous les indicateurs intérieurs de développement humain.
Le chercheur Amor Belhedi de la faculté des sciences humaines et sociale vient de prendre la mesure de la contradiction dont souffre ce modèle de développement qui continue à être présenté comme son principal acquis du pouvoir en place depuis plus de 50 ans et qui n’est lui-même aussi que la reproduction de cette disparité par sa propre composition. L’étude effectuée par le chercheur sur « Le rayonnement spatial des villes tunisiennes à travers la diffusion des entreprises multi-établissements pour l’innovation » et qui vient d’etre publié par « la revue Européenne de géographie » dans son N° 372 du 16 avril 2008 est saisissante par son acuité et la pertinence de son constat. C’est la raison pour laquelle nous reproduison de larges extrats plus bas :
Méthode d’approche
Les activités modernes et rares marquent l’espace et préfigurent celui de demain. C’est le cas par exemple des NTIC, la mode, les grandes surfaces, les cosmétiques et la haute couture, les surfaces spécialisées, les universités et la formation ciblée, les finances et le leasing, les activités de conseil et d’études, la formation à distance et le télétravail… Elles sont le vecteur de l’ordre spatial naissant, sont très liées au marché de consommation (concentration de la population et son niveau d’urbanisation) et au niveau de vie des populations.
Ces activités organisent l’espace par leur système de représentation (succursales, agences, filiales, établissements, revendeurs…) qui assure la mise en réseau des lieux et la polarisation différentielle de l’espace au profit de certains centres qui abritent la tête de ces réseaux (les sièges sociaux) ou en assurent le relais (succursales, filiales, agences...).
Dans ce texte, on se propose d’analyser la diffusion spatiale des activités modernes, rares et récentes et leurs réseaux d’implantation sur une période de sept ans, allant de 1997 à 2004 sur la base d’un dépouillement systématique de la presse nationale1, des Pages Jaunes, des annuaires économiques et téléphoniques de la Tunisie2. Le travail a consisté à noter les lieux d’implantation et leur évolution, le lien avec l’entreprise (siège, établissement, agence, succursale, filiale, SAV, Show Room, revendeur). Les nouvelles implantations requièrent un intérêt particulier même si la nature de l’activité est ancienne comme les chaînes de distribution de grandes surfaces à l’instar de celles des magasins Monoprix ou Magasin Général dans la mesure où leur réseau d’implantation répondait aux préoccupations des années 1960 et 1970 beaucoup plus qu’à celles de la dynamique urbaine actuelle. Les créations des années 2000 reflètent la dynamique urbaine et spatiale actuelle et portent en elles-mêmes la configuration de l’espace de demain.
Il est vrai que les sources utilisées ne sont pas exhaustives mais l’analyse des données du Patronat3, montre que la représentativité de notre base de données est de près de 60%. L’Annuaire Tunisien des Entreprises TIC, publié à l’occasion du SMSI 2 de Tunis en novembre 20054 a mentionné la présence de 625 entreprises dans le domaine des TIC dont 325 dans les services et l’ingénierie informatique avec un emploi de 6124 personnes. Il dresse la liste de 360 entreprises ce qui nous donne un taux de représentativité de 57,6% du secteur si on se base sur le chiffre avancé par l’Annuaire (MTC, 2005).
Au niveau de la qualité de l’information, nous estimons que la plupart des importantes entreprises se trouvent bien représentées dans la mesure où elles figurent au niveau de la publicité de la presse écrite, dans les Pages Jaunes mais aussi dans l’Annuaire ci-dessus indiqué.
Du clivage Nord-Sud au clivage Est-Ouest
A l’inégalité Nord-Sud, plutôt imputée à la nature et à l’histoire (peuplement, colonisation), s’est substituée une inégalité Est-Ouest plus marquée et symbolique de la Tunisie indépendante (Belhedi A. 1992a, 1999, 2005).
La Tunisie est passée en l’espace d’un demi siècle d’un clivage fondamentalement Nord-Sud à un clivage marqué par l’opposition Est-Ouest. Le clivage Nord-Sud est façonné par la nature, notamment les ressources pédo-hydro-édaphiques qui régressent du Nord au Sud selon les trois régions naturelles (Tell, Steppes et Sud), l’opposition Est-ouest existe mais est moins marquée et a une origine plutôt historique liée à l’ancienneté du peuplement sur le littoral notamment oriental. La colonisation qui a concerné le Nord en particulier là où il y a les terres les plus fertiles, a renforcé ce gradient Nord-Sud tandis que l’ancienneté de l’occupation explique le gradient Est-Ouest. La carte des densités de population reflète clairement cette double gradation Nord-Sud et Est-Ouest du peuplement et la distribution des densités n’a pas été trop bouleversée depuis (carte 1).
Carte 1 : Densité de la population par gouvernorat
L’évolution de la Tunisie indépendante a été marquée par un double clivage spatial : le développement du littoral et le renforcement de la Capitale Tunis (Belhedi A. 1992a) que ce soit sur le plan agricole, industriel ou sur celui des services et des infrastructures (tourisme, ports et aéroports…).
Carte 2 : Urbanisation et villes de plus de 8000 hab. en 2004
Le taux d’urbanisation peut constituer un indicateur synthétique du niveau de développement socio-économique atteint par une région ou un espace donnés en dépit de toutes les réserves qu’on peut formuler. La carte du taux d’urbanisation exprime clairement ce clivage Est-Ouest7 avec une situation intermédiaire du Sud où l’habitat groupé et le semis urbain sont importants (carte 2).
Sur un autre plan, la distribution des villes montre clairement ce clivage littoral-intérieur et la concentration des villes sur le littoral oriental, notamment au Nord autour de Tunis et au Centre autour de Sousse, tandis que la seconde ville Sfax reste isolée (carte 2).
Que ce soit la densité de peuplement ou le niveau d’urbanisation, la consommation apparaît au centre de la dynamique de la diffusion des innovations, des activités modernes et rares et derrière le développement des réseaux d’entreprises.
Des activités modernes, anomales et de haute technologie
La majorité des activités retenues expriment en fait, un triple processus : la diffusion des innovations, l’amélioration du niveau de vie de la population et la satisfaction de nouveaux besoins sociaux :
Certaines activités reflètent plutôt la situation d’un marché de l’emploi saturé où les diplômés du supérieur ont commencé depuis quelques années à rencontrer des problèmes pour trouver du travail. Il faut signaler que l’université tunisienne délivre annuellement plus de 40000 diplômes ce qui dépasse largement les capacités du marché de l’emploi. Dans ce cadre, des programmes d’aide à l’insertion des diplômés du supérieur ont été mis en place depuis plus d’une dizaine d’années. Ainsi, de nombreux services ont vu le jour récemment pour répondre à ces nouveaux besoins, c’est le cas par exemple des Conseils pour l’Emploi (CE) ou l’Emigration (en direction du Canada en particulier).
16:15 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, déséquilibre régional, clivage Nord-Sud, clivage Est-Ouest
lundi, 23 juin 2008
Tunisie: collision entre un train et un tramway, 43 blessés
TUNIS - Un train et un tramway sont entrés en collision au niveau de l’aéroport international de Monastir (180 km au sud de Tunis), faisant 43 blessés, a rapporté lundi l’agence tunisienne TAP.
Les jours des blessés ne sont pas en danger, selon la même source citant des sources hospitalières. L’accident, qui s’est produit dimanche, a impliqué un train assurant la liaison Tunis-Mahdia (centre-est) et un tramway venant de Sousse (140 km au sud de Tunis) en direction de Monastir. Le réseau du tramway, appelé "métro du Sahel", dessert la région, dont Sousse et Monastir sont les principales villes, distantes de 40 kilomètres sur la côte touristique du centre-est tunisien. (AFP - 23 juin 2008)
Collision entre deux trains près de l'aéroport de Monastir
MONASTIR, 22 juin 2008 (TAP)- une collision entre deux trains, a eu lieu, Dimanche, à 14 heures 40 minutes au niveau de la station des hôtels, à proximité de l'aéroport de Monastir.
Le premier train venant de Tunis en direction de Mahdia et l'autre, une rame du métro du Sahel, en stationnement venant de Sousse en direction de la station de Monastir.
Des sources hospitalières responsables ont indiqué à l'Agence Tunis Afrique Presse que 43 blessés légers (écorchures et chocs psychologiques) ont été transportés aux hôpitaux de la région.
Seul le conducteur du train a été hospitalisé.
14:35 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, métro du Sahel
mardi, 17 juin 2008
Grève des étudiants de l‘IPEST : Le ministère fait machine arrière
Les étudiants de la première année de l'Institut Préparatoire des Etudes Scientifiques et Techniques « IPEST » de La Marsa ont poursuivi, hier, pour la troisième journée consécutive le boycottage de leur mini-concours. Aucun des 157 étudiants ne s'est présenté pour passer les épreuves. Ils contestent le contenu de la circulaire n°08/46 du 2 juin 2008 réduisant le nombre de bénéficiaires de la prise en charge des voyages pour passer les oraux en France à 50 % des candidats( y compris ceux qui n'ont pas les moyens) et à 30 %, celui des postulants aux bourses à l'étranger.
Les étudiants contestent surtout le fait qu'ils n'aient pas été avisés de ces décisions lors des réunions qui ont été organisées pour présenter l'IPEST en juillet 2007. Leurs parents affirment que la direction de l'IPEST avait alors catégoriquement affirmé que 85 % des étudiants étaient orientés dans de grandes écoles françaises et que tous ces candidats bénéficieraient d'une bourse d'Etat ou d'une bourse de l'Institut auquel l'étudiant a été affecté. Ce fut un motif de fierté de l'administration de l'IPEST, selon les parents. Mais, voilà que la circulaire du 2 juin remet tout en question.
Une motion à l’adresse du ministre
Les étudiants, qui tablaient, tous, sur des études supérieures à l'étranger avec des bourses d'Etat comme il l'est d'usage jusqu'à maintenant, ont rédigé des motions où ils réclament le report de l'application des nouvelles modalités à la prochaine promotion. Au moins, les nouveaux seront avertis des conditions d'accessibilité aux bourses. Par contre, ils se rappellent bien de la réunion de juillet 2007, au siège de l'IPEST au cours de laquelle, l'administration a insisté sur le fait que plus de 80 % de ses étudiants font le bonheur des grandes écoles françaises.
Tunisie : blog d'élèves mécontents
En Tunisie, des étudiants de première année de l'Institut Préparatoire des Etudes Scientifiques et Techniques (IPEST) ont ouvert un blog pour populariser leur mouvement de protestation contre la décision de ne donner une bours ed'études en France qu'à 50 % des élèves. Ils avaient décidé de ne passer un "mini-concours". Gilles Klein – Le monde des blogs - le 18 juin 2008 |
Le ministère fait machine arrière
En dernière minute, d'une source officielle du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie que l'administration considère que la circulaire du 2 juin 2008 ne concerne que la prochaine promotion de l'IPEST, celle qui sera orientée à cet institut pour l'année universitaire 2008-2009. Quant aux promotions qui poursuivent actuellement leurs études à l'IPEST (la 1ère et la 2ème année), elles ne sont pas concernées par les mesures contenues dans cette circulaire.
Plus de 90 % de ces étudiants ne rentrent pas au bercail
Pour M. Hechmi Saïed Directeur de l’IPEST « La loi 1991 de création de l'IPEST ne mentionne pas qu'elle ne donne accès qu'aux écoles françaises de formation d'ingénieurs. Elle stipule qu'elle assure la formation aux cycles d'ingénieurs, tout simplement. Donc, c'est l'usage qui a ancré dans les esprits le fait que la majorité de nos étudiants vont dans les écoles françaises. » Apparemment, le ministère veut résoudre par la même occasion la problématique du non-retour des étudiants des grandes écoles françaises. D’après M Said « plus de 90 % de ces étudiants ne rentrent pas au bercail bien que ce soit l'Etat qui a financé toutes leurs études. Les conditions économiques difficiles prévalant actuellement appellent à rationaliser les dépenses publiques. Donc, ce n'est pas de l'injustice si l'on limite les bourses aux étudiants admis dans les grandes écoles de renommée internationale et qu'on exige le remboursement des frais engagés par l'Etat. Ces diplômés décrochent des postes de notoriété internationale et c'est légitime qu'ils remboursent l'Etat si jamais ils ne travaillent pas pour lui. »
Synthèse TW : Le Temps du mardi 17 juin 2008
12:15 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Institut Préparatoire des Etudes Scientifiques et Techniques « I
vendredi, 13 juin 2008
Gafsa en Tunisie: pourquoi une telle crise?
Alors que l’industrie minière tunisienne de Phosphate affiche une santé financière arrogante grâce à l’extraordinaire augmentation de ses recettes d’exportations- une augmentation des recettes elle-même due à la hausse, du simple au double, des cours mondiaux de ce minerai-, les conditions économiques et sociales des habitants de cette région, pourtant riche en cette ressource naturelle, n’a cessé de se détériorer pour déclencher une crise qui dure depuis des mois, et qui a tendance à s’étendre aux régions voisines., causant il y a deux jours une deuxième mort.
Ces soulèvements s’expliquent par le mécontentement de la population face à la pauvreté, au chômage, à la dégradation de leur environnement et à des mesures de sécurité musclées comme seules réponses du pouvoir à leurs protestations. Les habitants dénoncent aussi la corruption, et le fait que les richesses minières considérables n’aient guère amélioré la vie de la population locale.
Cette crise révèle le paradoxe d’une région riche en phosphate, contribuant à faire de la Tunisie le 5èmeproducteur mondial de phosphate et l’un des principaux exportateurs. Cette région demeure pourtant l’une des plus défavorisées du pays. Cette crise ne révèle-t-elle pas un problème de partage des richesses?
Car la région est bien une source de grandes richesses pour le pays, et depuis longtemps. Il y a 50 ans déjà, c'est avec les revenus des phosphates que la Tunisie réussit à se doter d'un complexe sportif, à Tunis, pour les Jeux Méditerranéens dans les années 1960. Aujourd’hui, la région demeure toujours une source considérable en argent :
Toutes les exportations de différents produits phosphatiers ont rapporté à la Tunisie la somme totale de 780,8 millions de dinars (661,69 millions de dollars) et on n'en est qu'aux quatre premiers mois de cette année.
Avec une telle manne, les habitants de cette région n’ont-ils pas le droit de demander qu’une plus grande part des richesses provenant des ressources naturelles de la région de Gafsa soit affectée aux services sociaux et à des programmes de développement économique qui bénéficient directement aux communautés locales ? N’est-il pas logique d’exiger de la part de cette industrie prospère un plan de développement durable visant à protéger l’environnement et à bénéficier aux communautés locales ? Et si cela a déjà été réalisé, où sont alors les résultats ?
Les ressources naturelles peuvent être une source d’immenses bienfaits….ou de mauxépouvantables. Le cœur du problème n’est pas la ressource elle-même mais la manière dont elleest exploitée. Un régime minier ordonné, opérant dans un cadre législatif et budgétairetransparent et prévisible, peut être une source majeure de prospérité pour le gouvernement et lapopulation. Faute de cela, la richesse minérale… agira comme un aimant attirant les cupides etles corrompus qui se rempliront les poches aux dépens de la population.Nicky Oppenheimer, Président, De Beers. Discours au Commonwealth Business Forum, novembre 1999
Avec le problème de partage des richesses, se pose celui de la gouvernance et de transparence. Une des sources de colère des habitants de la région sont les faits de favoritisme qui ont caractérisé le dernier processus de recrutement à la Compagnie de Phosphate de Gafsa. Les habitants ont réclamé ces emplois, qui ont bénéficié à des candidats venant d’autres régions, comme un droit, estimant à juste titre que les recrutements doivent se produire sans fraude, et que ces opportunités doivent d’abord bénéficier aux populations locales. Certains voient en cette revendication un droit légitime, d’autres une forme de régionalisme. Le fait est que toutes ces questions ne se poseraient pas, si on avait une vraie politique budgétaire, qui définit avec transparence la provenance des recettes de l’Etat, ainsi que le montant et la destination de celles-ci :
La politique budgétaire est ce mécanisme important par lequel les sociétés s’emploient à préserver la cohésion interne et l’harmonie. Elle permet de gérer les conflits par des moyens politiques plutôt que par des moyens coercitifs. De nombreuses sociétés ont mis au point des mécanismes budgétaires pour mettre en œuvre leur modèle de justice sociale et pour maintenir l’harmonie interne -- transferts entre régions, programmes de dépenses régionales, politique de redistribution des revenus et d’assurance sociale. Source
Seules la transparence et une bonne gouvernance peuvent mettre fin aux accusations, aux favoritismes, au régionalisme et aux divers déséquilibres qui caractérisent la Tunisie et ses régions. Enfin, nous apprenons aujourd’hui que le président a lancé une nouvelle initiative pour la solidarité mondiale en proposant le prélèvement d'un dollar par baril de pétrole pour accroître les ressources d’un Fonds Mondial et les consacrer à la lutte contre le fléau de la faim dans le monde. Bien. Commençons alors et d’abord à l'appliquer chez nous…
Le pacificateur - MEDIAPART - 13 jun 2008
Voir du même auteur : Le chômage des jeunes diplômés en Tunisie
11:56 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Gafsa, Mouvement du bassin minier, diplômés chômeurs
mercredi, 04 juin 2008
Jour J pour le bac en Tunisie
Aujourd'hui en Tunisie, 156 013 élèves débutent une épreuve annuelle attendue avec impatience et souvent redoutée par les élèves et leurs parents : le baccalauréat.
Typiquement, les familles tunisiennes commencent à se préparer plusieurs semaines à l'avance aux épreuves du bac, qui débute le 4 juin cette année. Les familles ne ménagent aucun effort pour offrir à leurs enfants un environnement adéquat pour qu'ils puissent étudier. "C'est un moment décisif pour ma fille et pour toute la famille", explique Saida Saiem à Magharebia. Saida, dont la fille, Nour, suit une filière en sciences empiriques, affirme que durant les journées qui ont précédé l'examen, toute la famille a été "en alerte pour offrir à Nour la meilleure ambiance possible, afin qu'elle réussisse et puisse poursuivre les études de son choix".
Selon les chiffres publiés par le Ministère de l'Education et de la Formation, 58 pour cent des élèves se présentant à cet examen sont des filles. Le nombre d'inscrits au bac 2008 a augmenté de près de 9 pour cent par rapport à 2007.
Les familles tunisiennes savent que le bac est le sésame qui ouvre à leurs fils et à leurs filles les portes de l'université. Pour certains parents, les préparatifs et la concurrence très sévère ont été très difficiles à vivre. "Je n'arrive pas à cacher ma peur. Mon fils passe le bac en filière artistique, une filière difficile et où les débouchés sont limités. J'ai fait de mon mieux pour tenter de créer des conditions de révision adéquates. Il a suivi des cours privés en philosophie, dans l'espoir de décrocher de bonnes notes", explique Raghia Gadour.
Pour tenter de se préparer au mieux à l'examen, certains élèves préfèrent suivre leurs cours à la maison ou dans les bibliothèques. D'autres transforment les cafés en véritables salles d'étude. Les familles aisées font appel à des professeurs pour réviser les cours avec leurs enfants.
Karima est l'une de ces élèves qui a choisi de réviser ses cours dans un café avec des amis. Chaque jour, elle se dirige vers le café, où elle reste jusqu'à 14 heures. "Je préfère étudier dans un café parce que je n'aime pas les lieux clos. Je crois aussi que mémoriser les cours est plus facile dans un café", explique-t-elle.
Ceux qui choisissent d'étudier chez eux cherchent le calme. Yasser Ben Said a expliqué à Magharebia : "Je ne vois pas comment le bruit dans un café pourrait m'aider à étudier, surtout en filière de maths. Je préfère donc réviser seul, dans un endroit tranquille." Les parcs publics sont également remplis d'élèves se préparant en groupes pour l'examen.
Durant les semaines précédant le bac, la chaîne tunisienne 21 a diffusé des cours de maths, de philosophie et de sciences sous la surveillance de professeurs spécialisés recrutés par le Ministère de l'Education. Pour sa part, la direction générale des examens au sein du Ministère de l'Education et de la Formation a préparé un document décrivant les procédures de l'examen et contenant des directives pour les élèves, les surveillants et les administrateurs.
Une règle essentielle que chaque élève doit connaître : interdiction pour un candidat d'avoir avec lui un appareil électronique ou un document contenant des informations à l'intérieur de la salle d'examen.
Mona Yahia - Magharebia – 04/06/08
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lundi, 02 juin 2008
Tunisie : Journée d’émeutes à Feriana
Après des tensions qui n’ont cessé d’augmenter au cours de la semaine dernière, des émeutes ont éclatés aujourd’hui dans la localité de Feriana depuis le matin. D’après des témoignages concordants sur les lieux la population a largement descendu dans la rue aujourd’hui pour manifester son mécontentement. Les forces de l’ordre présentes en renfort ont essayé de disperser les manifestants avec l’emploi de gaz lacrymogène et jets d’eaux bouillantes, alors que des habitants tentaient de les chasser par le jet de pierre sur les voitures de police à partir des toits de leurs maisons. Une situation confuse et un désordre total continu de régner dans la localité suivant les habitants sur place.Ces tensions semblent s’inscrire dans la vague de mécontentements populaires qui a commencés dans la région de Gafsa sans trouver de solution jusqu'à présent. Elles expriment un mécontentement généralisé contre le chômage, la marginalisation et la cherté de la vie surtout largement répandu parmi les jeunes dans ces régions et qui commence à être relayé par leurs familles. Des marches de protestation et une contestation des autorités locales jugés incapables et taxés de corruption est en train de s’installer. Le délégué de Fériana aurait fait l’objet d’une agression en pleine rue il y a deux jours alors qu’il cherchait à chasser des marchands ambulants qui occupaient les trottoirs des rues. Des marches de protestation auraient aussi étés organisés à Majel Bel abbes délégation voisine de Feriana.
Feriana est une délégation du centre ouest du gouvernorat de Kasserine proche des frontières algérienne qui comte 24 000 habitant. Située dans la partie sud de la dorsale tunisienne, à 745 mètres d'altitude, c'est l'une des villes les plus élevées de Tunisie. Elle est à 340 Km de Tunis et à 70 Km de Gafsa et de Tébessa en Algérie.
15:25 Ecrit par TUNISIA Watch dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Feriana, Mécontentement populaire








