dimanche, 20 juillet 2008

Algérie: appel d'offres pour l'exploitation des eaux du Nord Sahara

ALGER - L'Algérie a lancé un appel d'offres pour l'étude et la valorisation des eaux du Sahara septentrional, a annoncé dimanche l'Office national de l'irrigation et du drainage (ONID).

L'appel d'offres vise l'élaboration d'un programme de reconnaissance hydrogéologique et les études des champs captants "Djelfa I" (275 km au sud d'Alger) et "grand Erg occidental", et le transfert d'eau à partir de Oued Djedi près de Biskra (425 km au sud-est d'Alger), selon l'ONID.

La date limite de dépôt des offres techniques est fixée au 31 août et l'ouverture des offres aura lieu le même jour, a précisé l'ONID.

Le volume des eaux contenu dans les nappes phréatiques du Sahara est estimé à 60.000 mds m3, dont 40.000 mds m3 dans le sous-sol algérien, avait indiqué le ministre algérien des Ressources en eaux, Abdelmalek Sellal.

L'Algérie, qui exploite actuellement 1,7 milliard de m3 d'eau puisée dans les nappes souterraines du Sahara, a lancé plusieurs projets de transfert de ces eaux souterraines du Nord Sahara vers des départements souffrant de pénuries d'eau.(AFP / 20 juillet 2008)

Voir sur le même sujet :

L'eau du Sahara au Maghreb

18:29 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Algérie, Eaux du Sahara

L'Algérie négocie avec le FBI et le département d'Etat

Le ministère de la Justice algérien, le département d'Etat et de la Justice américain et le FBI (Bureau fédéral des investigations) négocient pour la conclusion d'un traité d'entraide judiciaire en matière pénale. Le 2e round de ces pourparlers s'est tenu en ce mois de juillet, entre le 14 et le 17, à Washington DC. Cette rencontre a vu la participation des représentants du ministère de la Justice algérien, des responsables des départements d'Etat et de la Justice américain et du Bureau du FBI. Selon le communiqué rendu public par le ministère de la Justice, les deux parties ont examiné l'ensemble du projet en question et discuté sur les compromis nécessaires qui peuvent être conclus en tenant compte des spécificités des systèmes juridiques et judiciaires des deux pays.

Au cours de son séjour aux Etats-Unis, la délégation algérienne a rencontré une délégation américaine du département de la Justice et du département d'Etat dans le but de lancer un programme de formation des magistrats dans le domaine de la criminalité transnationale organisée et de l'entraide judiciaire.

Des juges algériens, 37 au total, ont déjà bénéficié d'une formation spécialisée, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, assurée par des experts étrangers venus de France, d'Espagne, de Suède et des Etats-Unis (FBI). Ces magistrats ont reçu une formation dans le domaine du traitement des affaires liées aux crimes du terrorisme et du blanchiment d'argent. D'autres sessions de formation sont, aussi, prévues dans le domaine des affaires de cybercriminalité, devenu un phénomène mondial.

Toujours dans le cadre de l'entraide judiciaire entre les deux parties, le FBI a annoncé, dernièrement, l'ouverture prochaine d'un bureau à Alger. La police fédérale américaine a justifié cette décision par les menaces terroristes en Algérie.

Le directeur du FBI, M. Robert Mueller, a expliqué à ce propos que les Etats-Unis entendent, ainsi, faire face aux nouvelles menaces terroristes en provenance du Maghreb et souligné que l'ouverture de ce bureau représente une étape dans la consolidation des relations de travail avec l'Algérie.

B. Mokhtaria - Quotidien d'Oran - le 20/07/2008

13:39 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Algérie, USA, Justice

lundi, 30 juin 2008

Tunisie : Des Plages de plaisance en attendant les plages de la liberté

db2d46feeb6d6dcd6438d85562aa63d8.jpgLe quotidien Algérien «L’Expression», a publié un (long) article sur «Le romantisme perdu de la belle saison ». Le journaliste qui dénonçait tous les inconvenions qui ont fait perdre à l’été son charme en Algérie disait « Tous les ennuis rencontrés sur nos plages n’existent pas là-bas. Et puis, point besoin de visa. L’avion n’est pas indispensable. C’est pourquoi chaque année, 1 million d’Algériens prennent la route de l’Est, parasol en bandoulière pour le planter à Tabarka, Sousse ou Hammamet. ». Jusque là l’article n’a rien d’exceptionnel ce n’est que lorsque l’auteur de l’article, le journaliste Zouhir Mebarki, va au fond de l’expression de sa libérté de penser et de s’exprimer en disant : «Si les Tunisiens ont tout des Algériens avec lesquels ils partagent beaucoup de points communs, qu’ils ressemblent à des Algériens, la différence est qu’ils forment une version «améliorée» de cette partie de nous-mêmes», Que son article interpelle les journalistes tunisiens loin de sentir cette aisance dans leur métier

Le Journaliste tunisien Oualid Chine de webmanger center réplique par ce commentaire à l’article de son collègue Algérien « Reste que les (journalistes) Tunisiens envient aussi les Algériens. Au moins sur un point. Imagineriez-vous un seul instant, la même phrase, aussi flatteuse soit-elle pour notre petit amour-propre national, réécrite en faveur de nos frères maghrébins ? Peut-on imaginer un journaliste tunisien écrivant que les Algériens sont une version améliorée des Tunisiens ? Une liberté de ton, une franchise, que peu de chroniqueurs oseraient se permettre. De quoi nous donner des envies de planter nos parasols tunisiens, sur les plages de nos voisins. Après tout, Albert Camus n’a-t-il pas chanté la beauté de la mer, à Tipaza ? Et leurs journaux (qui ne manquent décidément pas de piquant) pourraient constituer une excellente lecture d’été. »

Il est vrai que les journalistes algériens sont en passe de gagner haut la main leur combat pour la liberté de la presse et de l’expression. Aujourd’hui on peut lire sur le journal « El Watan » que La cour d’appel d’Oran a prononcé samedi après-midi l’acquittement en faveur du directeur d’El Watan, Omar Belhouchet, et de la journaliste du même quotidien, Salima Tlemçani, dans l’affaire qui les opposait à l’ex-wali d’Oran, Mostefa Kouadri. Le wali (Giouverneur) d’Oarn avait porté plainte pour diffamation suite à la publication d’une enquête sur le trafic de drogue dans la capitale de l’Ouest, réalisée par la journaliste Salima Tlemçani, ainsi qu’un entretien avec Kada Hezil, ex-DAS de la wilaya d’Oran. maître Khaled Bourayou, avocat d’El Watan à déclaré : « Je considère que depuis ces dernières années, c’est l’une des premières décisions sinon la première décision de justice qui consacre le bien-fondé de la légitimité de la presse dans la dénonciation des fléaux sociaux tels que la drogue et la corruption ». Ce dernier ajoutera que « les magistrats ont fait une perception juste sur le rôle d’El Watan et son professionnalisme dans cette affaire. Il s’agit tout de même d’une enquête sur un sujet d’une très grande importance ». Cela se passe de tout commentaire sur le lien entre liberté de la presse et indépendance de la justice et que l’expérience algérienne ne fait que confirmer.

Du coté Marocain aussi, une avant première vient d’être réalisé dans l’histoire de la presse dans ce pays. Le journal ea1a55dcf6d0b154c951c2c17d99646e.gifMarocain Tel Quel du célèbre journaliste Ahmed Benchamsi vient de publier dans son avant dernier numéro Un « Reportage-photos exclusif Au cœur du polisario » sur la situation dans le camp de réfugiés sahraoui de Tindouf en Algérie. C’est la première fois depuis le début du litige sur le Sahara occidental que des journalistes marocains effectuent un reportage dans les camps du réfugiés Sahraoui en dehors des zones contrôlés par leur pays. Indépendamment du jugement qu’on peut porter sur le résultat du reportage publié par le journal, il est clair que le journal vient de réussir à faire tomer un important tabou sur une question d’importance primordiale pour son pays comme pour tout le Maghreb.

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En Tunisie le journal algérien « El watan » comme le journal Marocain « Tel Quel » sont toujours censurés. C’est par Internet que la liberté d’expression cherche à se frayé son chemin. Les journalistes en lutte sont encore les otages de leur salaire dans un système qui continue à faire la chantage de la faim ou la liberté à tout un pays sans se rendre comte que sa propagande usée ne sert plus qu’a faire  prendre conscience à ceux qui doute encore de son anachronisme et de son discours dépassé. Le premier juillet à été déclaré journée pour la liberté d’expression par les bloggeurs Tunisien depuis l’année dernière, aujourd’hui on doit prendre conscience qu’en Tunisie Chaque journée est une journée de revendication de liberté.

Comme nos plages sont un défit à relever pour leur tourisme, leur journaux sont un défit plus relevant pour nos médias et notre combat pour la liberté d’expression.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis 30 Juin 2008

lundi, 23 juin 2008

L'Algérie change de premier ministre

9be0c847a3334f35b06224de33a1eea7.jpgLe président algérien Abdelaziz Bouteflika a remanié son gouvernement, lundi 23 juin, en nommant premier ministre Ahmed Ouyahia, en remplacement d'Abdelaziz Belkhadem.

M. Ouyahia, qui dirige le Rassemblement national pour la démocratie (RND), occupera ce poste pour la troisième fois. Agé de 56 ans, originaire de Kabylie, il a d'abord fait carrière dans la diplomatie avant de diriger le gouvernement algérien de 1996 à 1998. Rappelé en 2003 au poste de premier ministre par le président Bouteflika, il avait démissionné en 2005.

L'ancien Premier ministre est nommé ministre d'Etat, représentant personnel du chef de l'Etat.

Trois personnalités quittent le gouvernement: Mohamed Maghlaoui, ministre du Transport, Boudjemaa Haichour, ministre de la Poste, des Technologies de l'Information et de la Communication, et Fatiha Mentouri, ministre déléguée auprès du ministre des Finances chargée de la Réforme financière.

Les ministres suivants changent de portefeuille :

  • - Amar Tou quitte le ministère de la Santé et de la Population et de la Réforme hospitalière pour celui des Transports
  • - Said Barkat quitte le ministère de l'Agriculture et du Développement rural pour le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière
  • - Djamel Ould Abbes, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille, prend également en charge le département de la Communauté nationale à l'étranger.
  • - Rachid Benaissa devient ministre de l'Agriculture et du Développement rural en remplacement de Said Barkat, après avoir été ministre délégué au Développement rural.
  • - Nouara Saadia Djaafar, qui était rattachée au ministère de la Santé, garde les mêmes fonctions de ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine, mais auprès du ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger.
  • - Un nouveau ministre fait son entrée au gouvernement: Hamid Bessallah nommé au portefeuille de la Poste, des Technologies de l'Information et de la Communication. (LEMONDE.FR - AFP - 23.06.08)
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23:05 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Algerie, Ahmed Ouyahia

dimanche, 22 juin 2008

Alger entretient le suspense sur l'Union pour la Méditerranée

656bfdc8a9b031ef15bf66201e9bc4d5.jpgAbdelaziz Bouteflika entretient le suspense quant à la participation de l'Algérie au lancement de l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet à Paris, malgré les plaidoyers répétés de François Fillon. Au dernier jour de sa visite officielle en Algérie, le Premier ministre français s'est entretenu avec le président algérien durant 02h20, en présence notamment de son homologue Abdelaziz Belkhadem.

Alors qu'un journaliste interrogeait François Fillon, à l'issue de l'entretien, sur la venue d'Abdelaziz Bouteflika au sommet de l'UPM, le dirigeant algérien a répondu lui-même, laconique: "Chaque chose en son temps". "Nous avons évoqué ensemble tous les sujets, les sujets de coopération bilatérale, les sujets de coopération multilatérale comme l'Union pour la Méditerranée", a déclaré le chef du gouvernement français. "Il y a un climat de très grande franchise entre la France et l'Algérie, il y a un climat de confiance qui s'est instauré", a-t-il souligné.

L'Algérie réserve sa réponse sur sa participation au sommet du 13 juillet, réclamant des "clarifications" sur un projet "flou" dont elle craint qu'il ne couvre une "normalisation rampante" avec Israël, où Nicolas Sarkozy est attendu dimanche. François Fillon n'a eu de cesse durant sa visite de convaincre les autorités algériennes de l'utilité de l'UPM pour désamorcer les tensions au Proche-Orient. "Il n'y a aucune chance de résoudre les problèmes de la Méditerranée si on ne se parle pas", a-t-il déclaré samedi devant des étudiants algériens.

Le "pari" de l'UPM est "impressionnant". "Il est donc audacieux, il est donc difficile. Mais quand je regarde l'intégration européenne, je me dis que c'est le propre des paris qui réussissent que d'être audacieux et d'être difficiles", a-t-il dit. Même si le plaidoyer a été appuyé, l'objectif de la visite de François Fillon n'était pas de "décrocher la timbale", souligne-t-on dans la délégation française, où l'on prend en compte les incertitudes liés à la santé d'Abdelaziz Bouteflika.

"C'EST TOUT LE MONDE OU PERSONNE"

"Le climat, c'est celui d'une participation de l'Algérie", précise-t-on dans l'entourage du Premier ministre. Les Algériens s'irriteraient de la place dévolue au Maroc et à la Tunisie dans la future organisation méditerranéenne. L'Égypte a été choisie pour la vice-présidence, le Maroc serait pressenti pour le secrétariat et la Tunisie a été évoquée pour abriter le siège de l'UPM. "Il n'y a pas de position de blocage par rapport à l'implantation du secrétariat général", indique-t-on de source diplomatique française.

Le numéro un libyen Mouammar Khadafi, qui dénonce l'UPM comme un "affront" aux pays de la rive Sud, serait le seul dirigeant arabe décidé à boycotter le sommet du 13 juillet. La venue du président syrien Bachar al Assad, et son invitation consécutive aux festivités du 14-Juillet, suscite la polémique en France. L'absence de l'ancien président Jacques Chirac, dont le vif antagonisme avec les dirigeants syriens est notoire, aux cérémonies de la fête nationale est imputée à la présence de Bachar al Assad.

"C'est tout le monde ou personne", plaide un diplomate français. "C'est l'honneur du président de la République d'avoir eu le courage d'inviter tous les dirigeants", a affirmé samedi François Fillon lors d'un discours devant la communauté française. "Nous prenons des risques, mais c'est justement parce que nous prenons des risques que nous avons une chance d'obtenir des résultats", a-t-il dit.

Si François Fillon repart sans l'assurance de la visite d'Abdelaziz Bouteflika, le rapprochement militaire et nucléaire opéré sous son égide devrait remplir la timbale française. Les autorités algériennes comptent acquérir quatre frégates multimissions Fremm, assemblées par le groupe de défense naval DCNS, dont deux seraient construites en Algérie, a-t-on confirmé dans l'entourage du Premier ministre.

Des négociations sont également engagées avec le spécialiste de l'électronique de défense Thales, qui contrôle à 25% la DCNS. Eurocopter serait sur les rangs pour la vente d'hélicoptères, mais elle est notamment confrontée à la concurrence des Super-Lynx d'Agusta Westland, société contrôlée par l'italien Finmeccanica.

Sophie Louet - Reuter - Dimanche juin 22, 2008

samedi, 21 juin 2008

Algérie : Refoulement à la frontière de deux opposants tunisiens

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la FIDH et de l’OMCT, a publié aujourd’hui une action urgente de soutien à Mme Sihem Bensedrine et de M. Omar Mestiri suite aux actes de harcèlement et du refoulement dont ils ont fait objet le 18 juin 2008 quand ils se sont présentés au postes de contrôle frontalier en route vers l’Algerie.

D’après le communiqué : « Mme Sihem Bensedrine et M. Omar Mestiri, son mari, ont été refoulés par la police des frontières algérienne alors qu’ils franchissaient le poste frontalier de Oum Tboul à proximité de Tabarka (nord-ouest de la Tunisie), pour une visite privée en Algérie. Mme Bensedrine et M. Mestiri ont été retenus durant plus de deux heures et demi et se sont finalement vus notifier cette mesure de refoulement, sans qu’aucune explication sur la raison qui a motivé ce refoulement ne leur ait été fournie. Sur leur route vers l’Algérie, Mme Bensedrine et M. Mestiri ont constaté une surveillance policière ainsi qu’une présence de la police politique tunisienne inaccoutumée au poste frontière côté tunisien. Cette surveillance s’est également poursuivie sur le chemin du retour. Ils ont également noté des échanges téléphoniques entre les deux polices alors qu’ils attendaient au poste frontière. »

L’Observatoire note qu’il considère ces actes de harcèlement à l’encontre de Mme Sihem Bensedrine et de M. Omar Mestiri, visent uniquement à sanctionner leurs activités en faveur des droits de l’Homme. (TW-20/06/2008)

jeudi, 19 juin 2008

Maghreb : Le mal-être des jeunes

Chômage, vie chère, inégalités, clientélisme... Les nouvelles générations expriment leur ras-le-bol face à l'absence d'avenir. Des émeutes - partout réprimées - secouent le Maroc, l'Algérie et la Tunisie.

45e103acc115f7b5ced41f2d2cd036d8.jpgMêmes causes, mêmes effets. A Sidi Ifni, un petit port du Sud marocain, les forces de l'ordre sont intervenues, le 6 juin, pour disperser sans ménagement de jeunes manifestants qui bloquaient depuis une semaine l'accès aux quais à la suite d'un tirage au sort organisé par la municipalité pour l'embauche de trois personnes. Bilan : 44 blessés, selon les autorités.

La veille, à Redeyef, une ville minière proche de Gafsa, dans le centre de la Tunisie, un chômeur de 25 ans a été tué lors de très violents accrochages opposant la police à de jeunes protestataires. Traditionnellement frondeuse, cette région est en ébullition depuis la publication, au début de l'année, des résultats d'un concours d'entrée à la Compagnie des phosphates de Gafsa, le seul employeur (public) du bassin (voir L'Express du 15 mai).

L'Algérie n'est pas en reste. Régulièrement, des jeunes y brûlent des pneus, barrent des routes et s'en prennent aux bâtiments publics pour protester contre la "malvie". Le détonateur est souvent anodin : la défaite d'une équipe de foot, une rixe avec des policiers, la distribution, au compte-gouttes, de logements sociaux... Les émeutes durent quelques heures, ou quelques jours. Ces coups de colère accompagnés d'actes de vandalisme sont, depuis le début du printemps, de plus en plus fréquents. Au point d'être devenus l'unique forme de contestation sociale.

La colère des "diplômés chômeurs"

En avril, la ville de Tiaret, dans le centre du pays, s'est enflammée parce qu'un ministre s'était rendu sur place afin d'assister aux obsèques de jeunes harraga - candidats à l'émigration clandestine - dont les corps avaient été repêchés quelques jours plus tôt.

En mai, des émeutes ont éclaté en plusieurs endroits : à Gdyel, près d'Oran, après un suicide et la noyade d'autres harraga ; à Ouargla, dans le Sud, parce que des jeunes s'étaient sentis insultés par des propos du préfet ; à Chlef, à mi-chemin d'Alger et d'Oran, à cause du retard pris dans un programme de construction de logements. A Oran, enfin, des troubles ont agité la deuxième ville du pays : les violences, qui ont fait 300 blessés, ont été déclenchées par la relégation en deuxième division du club de foot local ! Plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés.

Chômage, vie chère, inégalités, clientélisme, absence d'avenir : les jeunes Maghrébins expriment dans la rue leur mal-être et leur ras-le-bol. Quand ils ne décident pas de « brûler » leurs papiers et les frontières en embarquant pour l'Europe à leurs risques et périls. Ou de s'engager dans un jihad mortifère.

La flambée des prix des denrées alimentaires, que les subventions des Etats ne suffisent plus à contenir, et la dégradation des conditions de vie qui en résulte alimentent la crise sociale. Le Maroc aura sans doute dépensé, en 2008, 40 milliards de dirhams (3,5 milliards d'euros) pour soutenir les prix des carburants, des céréales et du sucre, soit 5 % de son PIB. A long terme, c'est évidemment insoutenable.

En Algérie, la hausse du cours des hydrocarbures, qui a propulsé les réserves de change au-dessus de la barre des 80 milliards d'euros, est un motif supplémentaire d'exaspération. Mais c'est surtout le chômage des jeunes, endémique, qui ronge les trois pays, malgré une croissance soutenue.

En Tunisie, où 60 000 diplômés arrivent chaque année sur le marché du travail, le chômage des moins de 25 ans se situerait aux alentours de 20 %, au lieu de 14 % en moyenne. Plusieurs dispositifs ont pourtant été mis en place qui permettent la prise en charge par l'Etat des premiers mois de salaire, le financement de microentreprises et l'accès à des programmes de formation. Les experts estiment qu'il faudrait une croissance de 8 % pour absorber les nouveaux demandeurs d'emploi.

En outre, une bonne partie des 150 filières proposées par l'université tunisienne ne sont pas adaptées au marché du travail. Le constat est le même au Maroc, où seules quelques formations sélectives préparent aux métiers dont le secteur privé a besoin. Le pays, en plein développement, manque d'ingénieurs et d'informaticiens. Mais, selon les chiffres du Haut-Commissariat au plan, 4 demandeurs d'emploi sur 10 ont moins de 25 ans et le taux de chômage à la sortie de l'enseignement supérieur s'établit à 20,8 %.

En ville, 20 % des ménages mettent l'emploi en tête de leurs préoccupations. Depuis dix ans, chaque jour ou presque, des dizaines de "diplômés chômeurs" expriment leur colère, à l'appel de l'une ou l'autre de leurs associations, devant le Parlement de Rabat.

L'Algérie est riche... mais pas les Algériens

La violence des incidents de Sidi Ifni a été dénoncée avec vigueur par les associations de défense des droits de l'homme, ainsi que par une grande partie de la presse du royaume. Personne, au Maroc, n'a oublié les "émeutes de la faim" qui avaient fait une soixantaine de morts à Casablanca en 1981... "Les gens ont peur de l'avenir, commente Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au plan et figure de l'Union socialiste des forces populaires, principal parti de la gauche marocaine et membre de la coalition gouvernementale. Or les Marocains, après avoir longtemps vécu dans une société bloquée, ont pris l'habitude de manifester. Les forces de l'ordre ne savent pas toujours faire face.

Il arrive qu'il y ait des bavures. Je n'en suis pas moins convaincu que c'est en laissant les gens s'exprimer, même dans la rue, que l'on évitera une explosion sociale." L'emploi est au coeur des politiques publiques et de l'Initiative nationale pour le développement humain, un programme de lutte contre la pauvreté lancé il y a trois ans. La croissance reste cependant largement tributaire des aléas climatiques, même si la situation s'est sensiblement améliorée ces dernières années. "Je n'ai pas de baguette magique", avait prévenu Mohammed VI en 1999, peu après son accession au trône.

L'Algérie, elle, est riche. Mais les Algériens, eux, continuent à tirer le diable par la queue, à s'entasser dans des appartements exigus, à vivre de petits boulots. Le taux de chômage des jeunes atteint 25 % (13 % en moyenne), le pays manque de 1,5 million de logements. Il y a aussi la hogra, un mot propre à l'Algérie, presque intraduisible, qui exprime le sentiment qu'ont les citoyens d'être méprisés par un Etat autiste face à leurs revendications. Pétrole, gaz, plaines fertiles, plages ensoleillées à deux heures de l'Europe... Les Algériens n'ignorent rien de cet énorme potentiel. Et ils enragent de vivre aussi mal alors que leur pays était celui de tous les possibles.

L’EXPRESS - Par Dominique Lagarde avec Baya Gacemi (à Alger) - le 19/06/2008

mercredi, 18 juin 2008

Le non-Maghreb marginalise l’Afrique du Nord

Par Francis Ghilès*

Depuis le 11 septembre 2001, des voix influentes en Occident tentent de convaincre qu’il existe une malédiction économique islamique. La réussite de la Turquie et de la Malaisie, tout comme les projets ambitieux de certains pays du Golfe, démontrent amplement que modernité et croissance, créativité et distribution équitable des richesses peuvent parfaitement se conjuguer au présent en terre d’Islam – il ne s’agit pas de dogme mais de géopolitique.

· Ouvrir les frontières

Force est pourtant de reconnaître les défis considérables auxquels font face de nombreux pays musulmans. Le désarroi, le désenchantement et la fragilité des jeunes, leur confrontation au chômage, et surtout le sentiment qu’ils ont d’être exclus d’une mondialisation qui se fait sans eux (et, à les entendre, contre eux!), les rend sensibles aux sirènes des extrémistes. N’est-il pas temps que ceux qui ont eu l’avantage d’une éducation supérieure et l’occasion de connaître le monde, prennent la relève? Si les frontières étaient ouvertes, les peuples pourraient peut-être prendre en charge leur destinée. Or les frontières restent closes, les hommes fuient, surtout les plus pauvres (quand certains de ceux qui sont éduqués à l’étranger ne rentrent pas), et les capitaux s’exportent par dizaines de milliards de dollars. Ainsi, les bourgeoisies et les jeunes construisent leur avenir ailleurs.

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Ouvrir les frontières des pays d’Afrique du Nord, encourager la libre circulation des personnes, des idées, des investissements et de l’énergie, encouragerait les hommes et les femmes - et notamment les entrepreneurs - à relever le défi de la mondialisation. Quand on confronte les intérêts économiques des pays maghrébins en analysant les secteurs de l’énergie, du transport aérien, du système bancaire et de l’industrie agroalimentaire, on conclut très vite que les intérêts sont complémentaires et beaucoup plus importants qu’il n’y paraît à première vue.

Les défis auxquels fait face l’Afrique du Nord, offrent une formidable occasion pour moderniser des systèmes de production et de gouvernance souvent obsolètes et construire un monde nouveau, basé sur des produits et des manières de travailler au diapason du XXIe siècle qui offriront à des chômeurs l’opportunité de découvrir des idées et des mondes qu’ils ignorent. L’entreprise privée, l’éducation et une justice équitable sont au cœur de cette révolution, mais, sans une ambition politique forte, rien ne se fera.

Ce diagnostic est sévère car il se voudrait au service d’une grande ambition, celle de construire le Grand Maghreb de bas en haut, de donner aux entreprises, grandes ou petites, privées ou publiques, le rôle central qui leur revient. Tant que le Maroc ne sera pas en mesure d’acheter du gaz et de l’ammoniaque algériens, comment voulez-vous que ses grandes entreprises puissent se battre sur les marchés d’exportation avec des chances de réussir? Et tant que l’Algérie importe des biens et services de Chine plutôt que du Maroc, comment voulez-vous créer des emplois? L’eau est un défi régional, tout comme l’énergie renouvelable. Si vous ne réduisez pas vos coûts de production, pourquoi voulez-vous que les investissements étrangers affluent? Peut-on prévoir le jour où l’Algérie, dont les réserves de change se chiffrent aujourd’hui à 160 milliards de dollars, investira ses capitaux grâce a un fonds souverain au Maghreb plutôt que d’accumuler des milliards de dollars, vite dévalués, dans des banques occidentales? Est-ce rêver que penser que le Maroc n’aura plus peur que l’Algérie lui coupe un jour le gaz si elle lui en achetait, scénario au demeurant fort improbable?

Nulle part, ne flotte un drapeau du Maghreb. C’est aux jeunes générations de relever ce défi que leurs aînés semblent refuser.

Pourquoi l’avenir est-il illisible?

Les pays d’Afrique du Nord se ressemblent plus qu’il n’y paraît: les systèmes bancaires servent essentiellement les nomenclatures, rarement les jeunes entrepreneurs qui ne disposent pas de réseau. Les capitaux s’expatrient, peu ou prou, partout. Pourquoi les élites politiques de cette région se voilent-elles la face? L’absence de dirigeants ayant une vision stratégique explique pourquoi l’avenir de cette région reste flou, sinon illisible.

Les élites politiques ont fait de la prudence et du manque d’imagination leur règle de conduite, et de la fuite des capitaux leur medium. Voici un demi-siècle, le 28 avril 1958, dans un appel lancé de Tanger, les dirigeants politiques nord-africains dont Mehdi Ben Barka (Maroc), Omar Boussouf (Algérie) et Taïeb M’hiri (Tunisie) exprimèrent la «volonté massive des peuples du Maghreb Arabe d’unir leur destin» et proclamèrent le droit du peuple algérien a l’indépendance. Vous ne trouverez aujourd’hui que de très pâles copies de ces géants tant les partis politiques qui, en 1958, représentaient les forces vives de la région, ont été émasculés.

Le verre au quart plein

Le lancement de l’Union pour la Méditerranée doit, dit-on, aider à relancer le Processus de Barcelone, au-delà de la politique de proximité proposée par l’Union européenne.

Celle-ci reste tout à fait d’actualité, mais il faut d’abord voir le verre comme un quart plein et pas aux trois quarts vide. Ensuite, se poser deux questions: L’Europe ne devrait-elle pas oser une politique beaucoup plus ambitieuse vis-à-vis du Maghreb sur deux ou trois questions, dont celle de l’énergie qui est sans doute la plus importante? Est-ce trop demander aux élites politiques du Maghreb de reconnaître que les politiques nationales détruisent de la valeur à toutes les étapes de la chaîne économique et sont dénuées de rentabilité? Le Processus de Barcelone reste un outil utile mais insuffisant. Peut-être qu’une plus grande concertation des politiques extérieures de la France, de l’Italie et de l’Espagne (mais aussi de l’Allemagne et du Royaume-Uni) dans la région maghrébine, en tirant les leçons positives de l’expérience conjointe au sud du Liban, viendrait renforcer un nouvel élan...

Il faudrait encourager davantage les pays d’Afrique du Nord, qui s’avèrent incapables de constituer des partenariats à part entière, d’accélérer le pas.

*Francis Ghilès est Senior Fellow de l’Institut européen de la Méditerranée à Barcelone. Correspondant chargé de l’Afrique du Nord au Financial Times, consultant international, il collabore régulièrement au BBC World Service

Source : Journal « L’ECONOMISTE » du Maroc

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dimanche, 15 juin 2008

COMMENT LA BERBÉRIE EST DEVENUE LE MAGHREB ARABE

Gabriel CAMPS

Résumé. Comment expliquer que les anciennes provinces romaines d’Afrique, en grande partie christianisées et constituant la région la plus prospère de l’Occident latin, soient devenues en quelques siècles le Maghreb arabe. L’islamisation et l’arabisation ne furent pas contemporaines. La conquête arabe, au VIIe siècle, fut le résultat d’une suite d’opérations militaires sans véritables tentatives de peuplement. La plus grande partie des populations berbères se convertit assez rapidement à l’Islam mais les dernières communautés chrétiennes ne disparurent qu’au XIIe siècle. L’arabisation par la langue et les coutumes fut plus tardive ; elle affecta massivement, en premier lieu, les Berbères du groupe zénète, pour la plupart nomades, qui s’assimilèrent aux tribus arabes bédouines (Béni Hilal, Béni Soleïme, …) à qui, en 1050, le Maghreb avait été « donné » par le calife fatimide du Caire. Alors que l’Islam a triomphé totalement depuis longtemps, l’arabisation est loin d’être achevée.

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Les pays de l’Afrique du Nord sont aujourd’hui des États musulmans qui reven­diquent, à juste titre, leur double appartenance à la communauté musulmane et au monde arabe. Or ces États, après bien des vicissitudes, ont pris la lointaine succes­sion d’une Afrique qui, à la fin de l’Antiquité, appartenait aussi sûrement au monde chrétien et à la communauté latine. Ce changement culturel, qui peut passer pour radical, ne s’est cependant accompagné d’aucune modification ethnique importante : Ce sont bien les mêmes hommes, ces Berbères dont beaucoup se croyaient romains et dont la plupart se sentent aujourd’hui arabes.

Comment expliquer cette transformation, qui apparaît d’autant plus profonde qu’il subsiste, dans certains de ces États mais dans des proportions très différentes, des groupes qui, tout en étant parfaitement musulmans, ne se considèrent nullement arabes et revendiquent aujourd’hui leur culture berbère [1] ?

Il importe, en premier lieu, de distinguer l’Islam de l’arabisme. Certes, ces deux concepts, l’un religieux, l’autre ethno-sociologique, sont très voisins l’un de l’autre puisque l’Islam est né chez les Arabes et qu’il fut, au début, propagé par eux. Il existe cependant au Proche-Orient des populations arabes ou arabisées qui sont demeurées chrétiennes, et on dénombre des dizaines de millions de musulmans qui ne sont ni arabes ni même arabisés (Noirs africains, Turcs, Iraniens, Afghans, Pakis­tanais, Indonésiens…). Tous les Berbères auraient pu, comme les Perses et les Turcs, être islamisés en restant eux-mêmes, en conservant leur langue, leur organisation sociale, leur culture. Apparemment, cela leur aurait même été plus facile puisqu’ils étaient plus nombreux que certaines populations qui ont conservé leur identité au sein de la communauté musulmane et qu’ils étaient plus éloignés du foyer initial de l’Islam.

Comment expliquer, aussi, que les provinces romaines d’Afrique, qui avaient été évangélisées au même rythme que les autres provinces de l’Empire romain et qui possédaient des églises vigoureuses, aient été entièrement islamisées alors qu’aux portes de l’Arabie ont subsisté des populations chrétiennes : Coptes des pays du Nil, Maronites du Liban, Nestoriens et Jacobites de Syrie et d’Iraq ?

Pour répondre à ces questions, l’historien doit remonter bien au-delà de l’évé­nement que fut la conquête arabe du VIIe siècle. Cette conquête, si elle permit l’islamisation, ne fut pas, cependant, la cause déterminante de l’arabisation. Celle-ci, qui lui fut postérieure de plusieurs siècles et qui n’est pas encore achevée, a des raisons beaucoup plus profondes ; en fait, dès la fin de l’Empire romain, nous assistons à un scénario qui en est comme l’image prophétique.

La fin d’un monde

Rome avait dominé l’Afrique, mais les provinces qu’elle y avait établies : Africa (divisée en Byzacène et Zeugitane), Numidie d’où avait été retranchée la Tripolitaine, les Maurétanies Sitifienne, Césarienne et Tingitane, avaient été romanisées à des degrés divers. En fait, il y eut deux Afrique romaines : À l’est, la province d’Afrique et son prolongement militaire, la Numidie, étaient très peuplés, prospères et large­ment urbanisés ; à l’ouest, les Maurétanies étaient des provinces de second ordre, limitées aux seules terres cultivables du Tell, alors qu’en Numidie et surtout en Tripolitaine, Rome est présente jusqu’en plein désert. Après le 1er siècle, toutes les grandes révoltes berbères qui secouèrent l’Afrique romaine eurent pour siège les Maurétanies.

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15:40 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Algerie, Maroc

samedi, 14 juin 2008

L'eau du sahara au Maghreb

L`Algérie, la Tunisie et la Libye exploitent actuellement 2,7 milliards de m3/an d`eau puisée dans les nappes souterraines du Sahara. Après la réunion organisée par l’Observatoire du Sahara et du Sahel à Alger en début de semaine, les trois pays ont conclu un accord  « Projet Géo-aquifer » prévoyant un mécanisme de concertation permanent sur la gestion du système des eaux souterraines dans la région Nord du Sahara, afin de garantir la préservation de ces ressources. L`accord prévoit l`échange de données et d`informations permettant l`exploitation commune de l`eau dans la région.

Le Journal « El watan » à consacré dans son numéro du 13/14 Juin un dossierà ce sujet :

La nappe saharienne sous pression

A l’image d’une citerne dans laquelle on prélève de l’eau, le système aquifère du Sahara septentrional, un ensemble de deux nappes profondes que se partagent l’Algérie, la Libye et la Tunisie, a connu, depuis trente ans, des prélèvements continus et de plus en plus importants, conséquence du développement économique des pays.

 1 million de kilomètres carrés. C'est la surface totale du Système aquifère du Sahara septentrional (SASS). Il s'étend en majorité en  Algérie, sur 700 000 km2, puis en Libye, sur 250 000 km2, et enfin en Tunisie, sur 80 000 km2.

8 800 points d'eau exploitent ces eaux souterraines : 6500 en Algérie, 1200 en Tunisie et 1100 en Libye.

4,8 millions d'habitants vivront sur la zone algérienne du SASS d'ici 2030 contre 2,6 aujourd'hui. Plus que les Tunisiens (1,7) et que les Libyens (2,2).

 2,5 milliardsde mètres cubes L'exploitation totaleaujourd'hui qui pourrait être portée à 7,8 milliards d'ici 2050, : 1,7milliard C'est la quantité d'eau que l'Algérie prélève dans la nappe. Contre 600 000 m3 pour la Tunisie et 400 000 pour la Libye..

 

Problème : il s’agit d’un milieu extrêmement fragile, qui ne se recharge que d’environ 1 milliard de mètres cubes par an. Alors que les trois pays viennent de conclure un accord pour une gestion durable de ce bassin, les experts de l’Observatoire du Sahel et du Sahara font le point sur ce qui nous attend si les ponctions se poursuivent à ce rythme.

Les Tunisiens prélèvent plus d’eau que les Algériens alors qu’ils ont moins de surface de nappe.

OUI MAIS comparer les pays sur un rapport mètres cubes prélevés/kilomètre carré, selon l’Observatoire du Sahel et du Sahara, ne correspondrait à rien. Si on s’en tient aux simples chiffres, c’est vrai, la Tunisie prélève plus d’eau que l’Algérie puisqu’elle en prend 600 millions de mètres cubes sur 80 000 km2 alors que l’Algérie n’en prélève que 1,7 milliard sur 700 000 km2. « Mais en Tunisie, la concentration d’habitants au kilomètre carré est plus importante puisque le pays est plus petit, explique Rachid Khanfir, coordinateur de Géo-aquifer à l’OSS. La demande est donc plus importante. » Djamel Latrech, hydro-géologue algérien chargé du projet SASS, ajoute : « Selon la géologie, les contraintes d’exploitation de la nappe ne sont pas les mêmes partout. Par exemple, chez nous, il est impossible d’exploiter les ressources sous l’erg occidental ou l’erg oriental. » D’après les études, l’Algérie pourrait encore prélever jusqu’à 5 milliards de mètres cubes, alors que la Tunisie, en raison de sa petite superficie, a déjà atteint ses limites.

Les réserves de 30 000 milliards de mètres cubes nous permettent de puiser à l’infini dans la nappe.

FAUX. Au cours des trente dernières années, l’exploitation des eaux du SASS par forages est passée de 0,6 à 2,5 milliards de mètres cubes par an (1,50 en Algérie, 0,55 en Tunisie et 0,45 en Libye). « Si cette exploitation continue à ce rythme, il y aurait de sérieuses raisons de s’inquiéter pour l’avenir des régions sahariennes où les premiers signes de détérioration de l’état des ressources en eau sont visibles », souligne un rapport de synthèse de l’OSS publié cette année.

Des scénarii ont même été élaborés : si les prélèvements jusqu’en 2050 restent constants, il n’y aurait pas de répercussion significative sur le comportement de la nappe, mais les rabattements dans la couche la plus profonde seraient supérieurs à 40 mètres dans le Bas-Sahara algérien et dépasseraient 30 mètres autour des chotts (risque de contamination de la nappe en eau salée). Si les prélèvements passent de 42 à 143 m3/seconde entre aujourd’hui et 2030, les rabattements de 300 à 400 mètres dans la couche la plus profonde provoqueraient la disparition totale de l’artésianisme (quand l’eau jaillit naturellement des puits). Il faudrait donc procéder à des pompages. Il y aurait aussi un risque de salinisation de la nappe par l’eau des chotts (voir schéma).

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La pression sur la nappe sera de plus en plus forte.

VRAI. D’une part, parce que nous allons être de plus en plus nombreux : 4,8 millions d’habitants vivront sur la zone algérienne du SASS d’ici 2030 contre 2,6 aujourd’hui. Notre demande en eau domestique va aussi augmenter et pourrait atteindre en 2030 entre 400 et 600 millions de mètres cubes par an. 80% de la zone du SASS étaient connectés à un réseau d’eau potable en 1998 et ce taux a fortement augmenté depuis. « Les estimations de la consommation en eau dans la zone du SASS algérien varient, selon les communes, de 62 à 295 litres par jour et par habitant ! Le nombre d’hectares irrigués en Algérie passerait quant à lui de 170 000 à 340 000 d’ici 30 ans. Il faut savoir que la demande en eau agricole est aujourd’hui d’environ 1,7 million de mètres cubes par an », peut-on lire dans le rapport.

Enfin, l’industrie pétrolière exerce aussi une forte pression puisque, selon un inventaire de l’Agence nationale des ressources hydrauliques algérienne (2000), le secteur aurait prélevé 146 millions de mètres cubes à partir de 177 forages. L’intensification de cette exploitation pourrait entraîner un accroissement de cette demande à hauteur de 262 millions de mètres cubes en 2025.

Mélanie Matarese – El Watan* - 14 juin 2008

*El Watan est censuré en TUNISIE 

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