13/04/2009

Mauritanie: le chef de la junte annonce sa candidature à la présidentielle

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NOUAKCHOTT — Le chef de la junte au pouvoir en Mauritanie depuis le coup d'Etat du 6 août 2008, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, a annoncé dimanche qu'il démissionnerait "d"ici la fin de la semaine" pour se "porter candidat à l'élection présidentielle" du 6 juin. Au cours d'une conférence de presse à Nouadhibou (nord), retransmise en direct à la radio nationale, le chef de la junte a déclaré: "J'ai annoncé que je démissionnerai avant le 22 avril, ce sera fait avant la fin de cette semaine". "Je ne démissionnerai pas pour le simple fait de démissionner. Je le ferai pour me porter candidat à la présidentielle", a ajouté le général de 52 ans.

Pour être candidat, il doit démissionner 45 jours avant le scrutin à la fois de l'armée et de la "présidence du Haut conseil d'Etat" (junte). Cette élection anticipée, voulue par la junte, est prévue dix mois après le coup d'Etat militaire qui a renversé le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Celui-ci fut le premier président démocratiquement élu du pays, en 2007. Plusieurs partis ont déjà annoncé qu'ils boycotteraient le futur scrutin qui ne fera qu'entériner, selon eux, le coup d'Etat. Ils accusent le général d'avoir verrouillé l'issue de la compétition et de mener campagne depuis des mois, au frais de l'Etat, à travers le pays.(AFP - 12.04.09)

07/03/2009

Mauritanie : expulsion des diplomates israéliens

"Les autorités mauritaniennes ont donné 48 heures au personnel de l'ambassade israélienne pour quitter le pays", a déclaré ce responsable. Un autre responsable, proche du général Mohamed Ould Abdel Aziz, a précisé que cette expulsion des diplomates fait suite au gel des relations avec Israël en janvier. "C'est la conséquence logique d'un gel des relations entre Israël et la Mauritanie... Il n'y a rien de nouveau," a précisé ce responsable."Cela était attendu. Après la décision prise par le général Aziz lors du sommet de Doha, un représentant du ministère mauritanien des Affaires étrangères a adressé une lettre à l'ambassadeur d'Israël pour lui demander de quitter le pays", a encore dit ce responsable. Un témoin de Reuters avait, auparavant, indiqué que les membres de l'ambassade avaient quitté les locaux de la représentation diplomatique.

Abdel Aziz avait décidé du gel des relations avec l'Etat hébreu lors du sommet des nations arabes au Qatar en janvier. Les relations entre Israël et la Mauritanie, l'un des trois pays arabes à entretenir des relations diplomatiques complètes avec l'Etat hébreu, se sont détériorées depuis l'intervention militaire dans la bande de Gaza en décembre.

Un responsable du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que son pays n'avait pas été officiellement informé de la décision d'expulsion de l'ambassadeur. "Nous ne savons pas ce qu'il se passe exactement là-bas. Nous continuons de vérifier. Ils ne nous avaient pas fait part de leur intention d'expulser notre ambassadeur," a dit ce responsable. Selon lui, cette décision pourrait correspondre avec la visite à Nouakchott du chef de l'Etat libyen Mouammar Kadhafi. "Ils veulent afficher leur détermination", a-t-il estimé. (Reuters)

17:30 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mauritanie, israél

04/01/2009

Algérie: L’excédent commercial des pays de l’UMA atteint une hausse de 78%

Les pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), parmi lesquels l’Algérie, ont enregistré, un excédent commercial durant les 8 premiers mois de 2008, a appris APA auprès de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex). Selon la même source, cet excédent est passé de 249,45 millions de dollars en 2007, à 445,23 millions de dollars, durant l’année écoulée.

En Algérie, les exportations vers les autres pays de l’UMA (Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie) ont connu une hausse de 59,6%, atteignant 677,7 millions de dollars, alors que les importations ont enregistré une augmentation de 32,84%, se chiffrant à 232,54 millions de dollars.

Les exportations de l’Algérie vers les pays maghrébins restent dominées par les hydrocarbures avec 78,24%, soit une valeur de 530,28 millions de dollars, contre 300,03 millions, en évolution de 76,74%.

Les exportations hors hydrocarbures ont enregistré une valeur de 147,48 millions de dollars au cours des huit premiers mois de 2008, soit une hausse de 18,49%.

Elles sont constituées, essentiellement du groupe "semi-produits" avec 113,16millions de dollars, suivis par les produits alimentaires avec 22,91 millions de dollars (+178,03%), et les biens d’équipements industriels (5,88 millions de dollars), en hausse de 138,06% par rapport aux 8 premiers mois de 2007.

Les produits de consommation non alimentaires avec une valeur de 3,28 millions de dollars ont connu une baisse de 18,52%, suivis par les biens d’équipements agricoles avec 0,52 million de dollars et enfin les produits bruts avec une valeur de 0,17 million de dollars.

S’agissant des importations, la répartition par groupes de produits fait ressortir une hausse pour la plupart des groupes de produits, à l’exception des produits alimentaires, des produits bruts et des biens d’équipements agricoles.

Les importations des semi-produits viennent en tête avec une valeur de 87,94 millions de dollars en hausse de près de 50%, suivis par les biens d’équipements industriels avec 80,36 millions de dollars (+70,98%), les biens de consommation non alimentaires avec 44,52 millions de dollars (+33,65%).

Le commerce inter-Maghrébin se caractérise par une "faiblesse structurelle" des échanges qui se situent entre 1% et 2% du commerce extérieur de la région, et par une structure "peu diversifiée" des produits échangés due à la similitude des productions et le manque de compétitivité, explique la rapport de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex).(AP - 04-01-2009)

18/11/2008

Un TGV maghrébin à l’étude : Il relierait Tripoli à Casablanca, via Tunis et Alger

Ce « projet prioritaire » de coopération entre les pays du Maghreb et l’Union européenne a été à l’ordre du jour d’une réunion des ministres des Transports maghrébins et européens qui s’est tenue, hier, à Tunis. Sa concrétisation nécessite une « implication accrue » de l’Europe, ont insisté les participants. L’étude de faisabilité d’un train à grande vitesse (TGV) devant relier Tripoli à Casablanca, via Tunis et Alger, a été au centre d’une rencontre qui a regroupé, hier, lundi, à Tunis, les ministres des Transports européens et maghrébins.

Les participants à cette 5e réunion du Groupe de travail des ministres des Transports de Méditerranée occidentale (Gtmo), un forum dit « 5+5 », qui a rassemblé les représentants de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de la Mauritanie, de la Tunisie, de l’Espagne, de la France, de l’Italie, de Malte et du Portugal, ainsi que le vice-président de la Commission européenne pour le transport, ont fait le point sur ce « projet prioritaire » de coopération entre les pays du Maghreb et de l’Union européenne (UE). De même, ils ont longuement débattu de la modernisation de l’axe ferroviaire transmaghrébin entre Tunis, Alger et Casablanca et de l’amélioration des services. Ces projets identifiés dans le cadre du Gtmo sont arrivés à l’étape de leur concrétisation, a indiqué le ministre tunisien des Transports. Mais « le financement est un élément déterminant », a-t-il souligné, déplorant, au passage, l’insuffisance de fonds en provenance de l’UE. « Le volume de cette assistance varie de 1 à 40 entre les pays candidats à l’adhésion à l’UE et les pays de voisinage », a-t-il affirmé à ce propos. Les participants ont été nombreux d’ailleurs à exprimer leur souhait de voir la Commission européenne s’impliquer dans la construction d’un réseau transméditerranéen similaire à celui de l’Europe.

« Les réseaux transeuropéens doivent, à travers l’Afrique du Nord, continuer davantage vers le Sud, en Afrique », a indiqué, pour sa part, le vice-président de la Commission européenne pour le transport, non sans promettre des aides pour l’Afrique pour qu’elle puisse réaliser son réseau transafricain afin « d’aider à la stabilité et freiner l’immigration vers le nord ». Sur ce registre, il a révélé que les projets retenus par le Gtmo seront présentés au Forum euroméditerranéen de décembre prochain à Bruxelles. Le ministre des Transports, Amar Tou, qui a pris part à cette rencontre, a exprimé sa crainte de voir la crise financière freiner le développement de l’infrastructure routière et ferroviaire dans la région.

El Annabi - mardi 18 novembre 2008.

15/09/2008

Mauritanie: 12 soldats tués dans une embuscade tendue par Al-Qaïda

e73bd7fcb7fb2937e61b487f4963542d.gifUne dépêche de l'AFP a annoncé cet-après-midi que douze soldats mauritaniens qui patrouillaient dans l'extrême nord de la Mauritanie ont été tués ce lundi dans une embuscade tendue par "des éléments de l'ex-GSPC" (rebaptisé Branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique).

La source sécuritaire a indiqué à l'AFP que L'unité mauritanienne était "en mouvement de patrouille ordinaire sur la frontière nord" quand l'attaque s'est produite, près de la localité de Tourine, à 70 km à l'est de la ville de Zouérate. Zouérate se trouve à 100 km de la frontière marocaine au sud-est du Sahara occidental. L'attaque a fait 12 morts côté mauritanien, a-t-elle ajouté, sans préciser si les assaillants avaient subi des pertes.

Ce serait intéressant de connaitre l'identité de ces assaillants et comprendre d'où ils viennent. Alqaeda a montré qu'elle peut sévir dans tout le Sahara, en Algérie notamment, mais aussi attaquer des touristes en Tunisie  ou des armées en Mauritanie, au  Mali et au  Niger.

Le Sahara, notamment le Sahel est en train de devenir l'équivalent des zones tribales du Pakistan et de l'Afghanistan. Un sanctuaire pour des terroristes qui, sans coopération entre les états,  risquent de déstabiliser la région pour longtemps.

Source:Courrier International

20/08/2008

Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne le coup d'Etat

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné mardi le coup d'Etat du 6 août en Mauritanie et exigé la libération immédiate du président déchu et le rétablissement des institutions légitimes. Le Conseil "condamne le renversement des autorités démocratiquement élues de la Mauritanie par l'armée mauritanienne", affirme une déclaration lue par l'ambassadeur de Belgique à l'ONU, Jan Grauls, président du Conseil pour le mois d'août.

Le Conseil "exige la libération immédiate du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi (BIEN: Sidi Ould Cheikh Abdallahi), et le rétablissement immédiat des institutions légitimes, constitutionnelles et démocratiques", poursuit la déclaration, dont l'adoption a nécessité l'unanimité des quinze membres du Conseil. Celui-ci "s'oppose à toute tentative de changement de gouvernement par des moyens anticonstitutionnels". Il "condamne les mesures prises par le Conseil d'Etat (mauritanien), en particulier celle consistant à s'emparer des pouvoirs de la présidence", ajoute le texte.

Le Conseil se félicite des déclarations de l'Union africaine (UA), de l'Union européenne et d'autres membres de la communauté internationale ayant condamné ce coup d'Etat. Il demande à tous "d'aider à rétablir rapidement l'ordre constitutionnel en Mauritanie".

Le coup d'Etat du 6 août, mené par le général Mohamed Ould Abdel Aziz et très largement condamné par la communauté internationale, a renversé le premier président démocratiquement élu depuis l'indépendance en 1960. Mercredi dernier, les deux tiers des parlementaires (107 sur 151) mauritaniens avaient affiché leur soutien au putsch qu'ils appellent "mouvement de rectification", tout comme 191 maires sur les 216 du pays. Samedi, 19 parlementaires ont en revanche annoncé le lancement d'une initiative "parlementaire pour la défense de la démocratie", visant le retour au pouvoir du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. (AFP - 19 août 2008)

16/08/2008

L’élite qui va à la soupe

Il faut rendre justice aux dictateurs ! Présentez des excuses aux tyrans, grands et petits, aux autocrates et aux despotes, plus ou moins éclairés ! Ils ne sont pas, seuls, responsables des maux de l’Afrique. La plupart ne seraient d’ailleurs pas parvenus, pendant toutes ces décennies, à soumettre et à dominer tant de peuples sur le continent, s’ils n’avaient eu le soutien zélé d’un certain nombre de cadres et d’intellectuels, parfois parmi les plus brillants.

Accabler les despotes n’a donc de sens que si l’on sait rendre leur part à ceux qui, faisant commerce de leur matière grise, pensent pour eux. Combien de temps auraient tenu Bokassa, Eyadéma, Idi Amin, Macias Nguema, Mobutu, s’ils n’avaient pu s’appuyer sur la réflexion stratégique de cadres intellectuels qui, par calcul ou par naïveté, se sont mis d’emblée à leur disposition ?

A la fin de la conférence nationale du Bénin, en février 1990, le général Mathieu Kérékou, les larmes aux yeux, est allé courageusement s’excuser devant le peuple, pour les dix-sept ans d’abus de son régime marxiste. A l’occasion, « le Caméléon » a confessé que lui, personnellement, ne connaissait rien au marxisme, et que ce sont les intellectuels qui l’avaient convaincu, à l’époque, que c’était là le remède qu’il fallait pour ce peuple frondeur.

Vous comprendrez donc l’appréhension que peuvent susciter les soutiens démonstratifs de quelque 150 ingénieurs, professeurs et fonctionnaires au général Abdel Aziz, en Mauritanie. Qu’ils s’inscrivent sur des listes pour proclamer leur soutien à l’interruption brutale d’un processus démocratique, si imparfait soit-il, laisse songeur. Le président Abdallahi n’était, certes, pas sans reproche. Mais ce n’est tout de même pas Ould Taya !

Le général putschiste promet de « résoudre » la faim, l’ignorance et la maladie. Tant mieux ! Mais la manœuvre qui consiste à faire croire que ce sont là des fléaux engendrés par le président déchu est une gymnastique intellectuelle dans laquelle excelle, justement, l’élite qui va à la soupe.

On ne saurait trop recommander aux Mauritaniens de rester vigilants. Car cette liste de partisans ressemble fort à une cour de prétendants, faisant la queue pour une place au bord de la mangeoire, afin d’investir les fauteuils dont auront été logiquement éjectés les inconditionnels du président déchu...

Jean-Baptiste Placca - RFI – Samedi 16 Aout 2008

20:10 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dictateurs, Elites, Mauritanie

14/08/2008

Alger demande "le rétablissement de l'ordre constitutionnel" en Mauritanie

13d177c925791c3f13f0537e4d24a0ef.gifL'Algérie a réclamé mercredi "le rétablissement de l'ordre constitutionnel" en Mauritanie dans sa première réaction au renversement par l'armée du président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi. La position officielle algérienne a été exprimée dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères à l'issue d'une rencontre du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, avec le général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, envoyé spécial mauritanien, porteur d'un message du général Mohamed Ould Abdel Aziz, chef de la junte mauritanienne, au président Abdelaziz Bouteflika.

Le général Ould Cheikh, accompagné du ministre mauritanien des Affaires étrangères Abdallah Ould Benhmida, n'a pas été reçu par le chef de l'Etat algérien, qui a chargé M. Messahel de le rencontrer, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères. M. Messahel a "réitéré à cette occasion, la position constante de l'Algérie qui condamne les changements de pouvoir en violation des règles constitutionnelles" et "rappelé à ses interlocuteurs la nécessité pour la République soeur de Mauritanie de renouer avec l'ordre constitutionnel en rétablissant, dans leurs fonctions et prérogatives, toutes les institutions du pays", selon le communiqué.

Le ministre délégué algérien a rappelé que "cette position de l'Algérie se confond avec celle des organisations internationales, particulièrement celle de l'Union africaine qui, à travers son acte constitutif et sa résolution 142 adoptée à Alger lors du sommet de l'OUA de 1999 et confortée par le sommet de Lomé en 2000, a clairement et sans équivoque condamné tout changement politique en violation des règles constitutionnelles", souligne le communiqué.

Il a aussi souligné "la nécessité pour les responsables mauritaniens d'oeuvrer à la préservation des institutions démocratiques que le peuple frère mauritanien s'est données souverainement et de s'engager résolument dans la recherche de solutions à la crise qui affecte le pays, en privilégiant la voie du dialogue et de la concertation".

"Cette voie demeure, pour l'Algérie, la seule à même de préserver la cohésion sociale et l'unité du pays, garants de la stabilité, de la sécurité et des intérêts supérieurs de la Mauritanie", conclut le communiqué du ministère. (AFP - 13 août 2008)

22:30 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Algérie, Mauritanie

08/08/2008

Mauritanie : décryptage d’un putsch

Un coup d’Etat en août 2008 pour préserver les acquis démocratiques nés du coup d’Etat d’août 2006. La Mauritanie construit sa démocratie par à-coups.

72f36231e13e8dfa004ea3035236a9a7.jpgLe président Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’est plus à la tête de la Mauritanie depuis le 6 août août 2008. Les généraux Mohamed Ould Abdelaziz , jusqu’ici chef d’Etat Major de la garde présidentielle, l’a déposé quelques heures avant que le décret signant son limogeage, ainsi que ceux des chefs d’Etat Major de la Garde et de la Gendarmerie, ne soit mis à exécution. Les observateurs remarqueront que c’est la même équipe, qui a renversé Maouya Ould Sidi Ahmed Taya, qui a abrégé le mandat de Sidioca, surnom du désormais ex-président mauritanien. Même modus operandi : il n’y a pas eu d’effusion de sang. Un comité a été constitué. Seule différence : le cachet. Autant hier, il était question de transition démocratique. Autant aujourd’hui, il s’agit, dixit les putschistes, de sauver une démocratie en danger. Dans ses premières déclarations le nouvel homme fort refuse de parler d’un coup d’Etat, situant son action dans le « rétablissement de la sécurité et la lutte contre le terrorisme ».

Présidence impuissante

Ainsi, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président élu démocratiquement ne sera resté au pouvoir qu’une année et demie. Assez pour perdre le soutien des généraux, ce qui s’est traduit par une perte d’influence au niveau parlementaire.

Elu démocratiquement, mais obligé de composer avec une majorité hétéroclite constituée d’une mosaïque de partis politiques et d’individus aux caractéristiques différentes, l’ancien président s’est retrouvé très vite pris en otage. Avec d’une part un Premier Ministre et un président de l’Assemblée nationale aux couleurs politiques différentes, choisis selon un deal électoral d’entre les deux tours, un parti-Etat (Adil) sans identité, constitué des soutiens du chef de l’Etat et où l’on retrouve des islamistes, des libéraux et des gauchisants, il devait constamment préserver un consensus fragile sous la dictée des militaires.

Le pacte tacite celé entre ces derniers a été une première fois remis en cause en mai dernier suite au limogeage de l’ancien premier ministre Zeine Ould Ziedane. Un limogeage opéré dans la précipitation sans l’aval des militaires et qui va participer à l’isolement du président.

Eviter le retour de l’ancien régime

La nomination d’un nouveau premier ministre, jugé à tort et à raison proche de l’ancienne ère, allait encore aggraver le fossé entre les généraux et le président. Ce premier ministre, Ould Waghaf, va composer un gouvernement qui consacre le retour des ténors de l’ancien régime à des postes clés et l’entrée de deux partis de l’opposition au gouvernement. Cette ouverture tout azimut n’est pas du goût de tout le monde. A partir de là un groupe de parlementaires met en branle une procédure de motion de censure. Comble de l’ironie, on retrouve parmi les auteurs de cette démarche inédite dans la vie politique mauritanienne, des membres du parti Adil du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi alliés à ceux du RFD, principal parti démocratique. Pour éviter l’aboutissement de la motion, le gouvernement démissionne à la mi-juillet. Reconduit, le premier ministre forme un nouveau gouvernement en soignant son casting : les symboles de l’ancien régime passent à la trappe. Une concession apparemment insuffisante et qui n’empêche pas les sénateurs, cette fois-ci, d’exiger des clarifications sur la manière dont la première dame gère sa fondation. La crise s’installe. Le parti Adil enregistre la démission d’une cinquantaine de ses membres. Les rumeurs de mésentente entre le Palais Gris et l’Armée gagnent la rue. Le président joue son va tout et, sous la dictée de ses conseillers décide de jouer un « contre la montre » risqué en signant un décret limogeant les généraux accusés d’être à l’origine de la crise parlementaire. Une décision qui allait lui coûter son poste.

C’est au plus fort de ce bras de fer, que le coup d’état du 5 août 2008 est intervenu, soit trois ans jour pour jour après le renversement de Taya. Le retour de l’armée aux commandes rappelle cruellement à ce pays de 3 millions d’habitants ses vieilles habitudes d’alternance militaire.

Mohamed B Fall – Les Afriques – le 08 Aout 2008

12:40 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mauritanie, Coup d'Etat

06/08/2008

Tunis et Tripoli "préoccupés" après le coup d'Etat en Mauritanie

Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et le colonel Mouammar Kadhafi se sont dits "préoccupés" par la situation en Mauritanie après le coup d'Etat armé survenu mercredi dans le pays, a-t-on appris de source officielle à Tunis.

Les développements qui se sont produits en Mauritanie ont été évoqués lors du troisième entretien entre le président Ben Ali et le colonel Kadhafi, peu avant le retour du dirigeant libyen à Tripoli mercredi après-midi, au terme d'une visite de quatre jours en Tunisie.

Selon le porte-parole de la présidence tunisienne, le président tunisien et le colonel Kadhafi, président en exercice de l'Union du Maghreb arabe (UMA), ont convenu de charger le secrétaire général de l'union maghrébine, le Tunisien Habib Ben Yahya, de se rendre à Nouakchott pour suivre la situation. La Mauritanie est membre de l'UMA qui regroupe aussi l'Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie. (The Associated Press - 06/08/2008)

21:10 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Libye, Mauritanie, Coup d'Etat

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