12/03/2009

RSF: La Tunisie, Ennemie d'Internet

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Le 12 mars 2009, Reporters sans frontières publie un rapport intitulé “Les Ennemis d’Internet”, dans lequel l’organisation fait état de la censure d’Internet dans vingt-deux pays.

“Les douze “Ennemis d’Internet” (Arabie Saoudite, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam) ont tous transformé leur réseau en intranet, empêchant les internautes d’accéder aux informations jugées “indésirables”. Tous ces pays s’illustrent non seulement par leur capacité à censurer l’information en ligne, mais encore par la répression quasi systématique des internautes gênants”, a déclaré l’organisation… Voici la Partie consacrée à la Tunisie :

460106028.JPGNom de domaine : .tn.
Population : 10 383 577.
Internautes : 2 800 000.
Prix moyen d’une heure de connexion dans un cybercafé : entre 50 cts et 1 euro.
Salaire mensuel moyen : 310 euros.
Nombre de fournisseurs d’accès privés : 5.
Nombre de fournisseurs d’accès publics : 7.
Nombre de blogueurs emprisonnés : 0.

En 2008, Internet a été la cible de nombreuses attaques, empêchant toute critique envers le régime empêchant la diffusion à grande échelle de toute critique. Ironie du sort, c’est le secteur des télécommunications qui est l’un des moteurs de l’économie tunisienne.

S’il existe aujourd’hui dans le pays près d’une douzaine de fournisseurs d’accès à Internet, l’opérateur Planet.tn, propriété de l’une des filles du président Ben Ali, continue de détenir la plus grosse part de marché. La politique du président Zine el-Abidine Ben Ali est toujours très stricte en matière de filtrage du Net et l’autocensure semble être la règle parmi les blogueurs de la Toile tunisienne. Instance publique de régulation, l’Agence tunisienne d’Internet (ATI), loue la bande passante aux fournisseurs d’accès du pays.

Un arsenal de consignes s’ajoute au filtrage systématique des sites d’opposition. Les cybercafés sont surveillés. Selon la loi tunisienne, leurs gérants sont responsables des activités de leurs clients et il est souvent nécessaire de présenter une pièce d’identité pour se connecter dans un café.

Il n’est pas rare non plus que leurs propriétaires demandent de ne pas naviguer sur certains sites jugés “subversifs”. Une consigne le rappelle d’ailleurs clairement sur les murs de certains cybercafés.

Le filtrage des sites Internet est une pratique répandue face à la popularité du cyberespace auprès des Tunisiens. Les 281 “Publinets” - accès publics à Internet - sont les lieux privilégiés des 18-25 ans. Les sites les plus connus en matière de défense de droits de l’homme, ainsi que les principaux proxies comme Anonymizer (http://www.anonymizer.com/) et Guardster (http://www.guardster.com/), sont inaccessibles.

Le filtrage est une pratique courante, à laquelle sont régulièrement confrontés les blogueurs tunisiens, qui ont d’ailleurs organisé la “journée contre la censure des blogs”, le 4 novembre 2008. Car le pays de Zine el-Abidine Ben Ali est l’un des plus liberticides en ce qui concerne Internet.

Les sites communautaires de partage et d’échange de données en ligne tels que Dailymotion, YouTube ou Facebook sont régulièrement bloqués en raison de la publication de contenus critiquant la politique du Président. Les e-mails de certains défenseurs des droits de l’homme sont également filtrés.

Un succès qui a son revers

La Tunisie est l’un des pays les plus connectés en Afrique du Nord. Le succès de la Toile facilite l’accès à l’information. Mais certains sites sont la cible d’attaques informatiques. Le 10 avril 2008, des vidéos publiées sur le Web ont permis de mesurer la gravité de la situation dans le bassin minier de Gafsa (sud du pays) suite à la répression exercée par les autorités lors d’une manifestation dans les villes de Redeyef et Aïn Moulares. Ces vidéos constituaient les rares sources d'information sur cet événement. Le 11 juin 2008, les blogs samsoum-us (http://samsoum-us.blogspot.com/2008/06/2eme-mortvirtuelle...), romdhane (http://romdhane.maktoobblog.com) et RoufRouf (http://roufrouf.blogspot.com) ont été rendus inaccessibles suite à leur traitement de ces manifestations. Des affrontements entre l’armée et des ouvriers qui dénonçaient le chômage et le coût de la vie avaient entrainé la mort par balles d’un manifestant.

En deux ans, le site d'information Tunisnews (http://www.tunisnews.net) a fait deux fois l'objet d’attaques informatiques et sa liste de diffusion des articles a été détruite en 2003 et 2006. Si la rédaction ignore qui est à l’origine de ces attaques, elle observe que celles-ci coïncident avec la publication d’articles crit-quant le régime de Zine el Abidine Ben Ali.

En 2008, plus d’une dizaine de sites contestataires ont été “hackés” et bloqués. En octobre 2008, le blog du journaliste tunisien Zied El-Heni http://journaliste-tunisien.blogspot.com a été bloqué suite à la publication du classement mondial de la liberté de la presse 2008 de Reporters sans frontières (http://journalistetunisien.blogspot.com/2008/10/rsf-class...), dans lequel la Tunisie figure au 143e rang sur 173. Il est cependant disponible à l’adresse suivante : http://journaliste-tunisien-2.blogspot.com/.

Le 16 juin 2008, le site d’information www.Nawaat.org a connu sa plus grave attaque informatique depuis sa création. Ses bases de données ont été effacées et sa page d’accueil modifiée. Les blogs des défenseurs des droits de l’homme Sami Ben Gharbia (http://www.kitab.nl/) et Astrubal (http://astrubal.nawaat.org/) ont également été touchés. Leurs blogs sont restés inaccessibles car leurs bases de données ont été partiellement détruites. Les sites ont été partiellement restaurés depuis.

Le site Internet du magazine Kalima (http://www.kalimatunisie.com/) est inaccessible depuis le 8 octobre 2008. Le 7 octobre, la rédaction avait publié un reportage sur des incidents violents qui se sont déroulés devant le palais de justice de Tunis, au cours desquels les forces de l’ordre ont frappé des détenus sous les yeux des magistrats. D’après la rédactrice en chef, cette attaque pourrait être un moyen de censurer cette information.

E-mails sous surveillance et connexions particulières

Tous les mois, les données personnelles des abonnés à Internet sont transmises à l’ATI, qui gère toute la messagerie électronique en Tunisie. Sur le plan légal, le code de la Poste de 1998 autorise l’interception du courrier électronique portant “atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale".

Les connexions privées de certains journalistes et opposants sont coupées pour des "raisons techniques" ou alors, le débit est diminué afin d’augmenter le temps de téléchargement des pages Internet et de restreindre ainsi la consultation des sites. Ces procédés découragent petit à petit la blogosphère, qui ose moins critiquer la politique du gouvernement. Certains blogueurs abandonnent même. Mais d’après des experts en sécurité informatique, les connexions Internet seraient individualisées. Ainsi, deux internautes critiques envers le régime n’auront pas la même connexion ni le loisir de consulter les mêmes sites Internet. De plus, cette connexion ne serait pas spécifique à un poste informatique donné, mais à un compte individuel. De ce fait, la connexion d’un individu resterait la même chez lui et au bureau.

Il n’est pas donc aisé pour un défenseur des droits de l’homme de consulter sa messagerie électronique. Les e-mails provenant d’organismes de défense des droits de l’homme tels que l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), le site d’information Tunisnews ou de Reporters sans frontières sont souvent illisibles. D’après plusieurs sources, ces mails sont présents sur la boîte aux lettres électronique du destinataire, il est possible de les ouvrir, mais les messages sont vides et, une fois ouverts, ils disparaissent de la boîte. “Ça ressemble à un filtrage mal caché”, selon les avis de spécialistes de la question.

Plus d’informations :

Pour Télécharger le rapport complet : "Les ennemis d’Internet 2009"

27/08/2008

TUNISIE : "L’espace de l’Internet régresse“ dénonce Reporters sans frontières

Reporters sans frontières dénonce le renforcement de la censure sur le réseau Internet tunisien. Depuis le 24 août 2008, le site du réseau social Facebook est bloqué sans explication.

La censure touche aujourd’hui des sites très populaires qui n’ont a priori aucune portée politique. Le blocage de Facebook s’ajoute à celui de YouTube et de Dailymotion. Les sites de partage en ligne sont des espaces que les autorités veulent contrôler pour ne pas laisser la dissidence s’exprimer. Il est déplorable de voir l’espace Internet régresser“, a déclaré l’organisation.

Avant d’être totalement bloqué, le site Facebook (http://www.facebook.com) a connu des difficultés d’accès selon les fournisseurs d’accès utilisés par les internautes. Par exemple, les clients de PlaNet ne peuvent plus accéder à cette adresse depuis le 18 août. Le site reste cependant accessible en se connectant à d’autres adresses (http://www.new.facebook.comhttp://www.www.facebook.com).

Selon une étude réalisée par l’entreprise tunisienne de marketing Buzz2com, Facebook regroupait 28 313 internautes tunisiens le 14 août 2008. Certains dissidents, comme Mohammed Abbou, y ont récemment créé leur page personnelle, lançant des débats de société sur le site.

C’est un phénomène important. Depuis deux ou trois semaines, Facebook est le lieu où s’exprime la dissidence. De nombreux blogs ont été fermés et leurs auteurs ont pu débattre sur Facebook en créant leur page personnelle“, a confié une internaute à Reporters sans frontières. On recense six groupes sur le site concernant la fermeture de Facebook en Tunisie, qui mobilisent un peu plus de 5 000 internautes.

Par ailleurs, Dailymotion et YouTube ont été rendus inaccessibles respectivement le 3 septembre 2007 et le 2 novembre 2007. YouTube reste cependant consultable à d’autres adresses telles que http://www.fr.youtube.comhttp://www.it.youtube.com et par l’adresse IP http://208.65.153.253. Dailymotion aurait été ajouté à la liste de sites filtrés en tant que site pornographique.

Les messageries Internet sont également filtrés. D’après des tests effectués en Tunisie, certains e-mails sont reçus vides et disparaissent de la boîte après ouverture. Sur Yahoo !, il est également impossible d’attacher des fichiers aux e-mails car la fonction est désactivée. Sur Gmail, la lecture est plus facile, mais il est souvent impossible de répondre à son interlocuteur.

Cette forme de filtrage (DPI - deep packet inspection) est communément utilisée en Chine pour filtrer les sites Internet pornographiques ainsi que ceux qui traitent des questions “sensibles“ telles que le Tibet, le mouvement spirituel Falung Gong ou encore le massacre du 4 juin 1989.

Par ailleurs, le logiciel TOR, qui permet de rester anonyme sur Internet et de contourner la censure en ligne, n’est pas téléchargeable en Tunisie.

Ce filtrage contribue à créer une atmosphère de surveillance généralisée car il concerne tous les abonnés et pas seulement les dissidents. Les autorités tentent de travestir la censure en problème technique“, a ajouté l’organisation.

La Tunisie figure dans la liste des Ennemis d’Internet établie par Reporters sans frontières. Elle est le pays du Maghreb le plus répressif en matière d’expression sur le Net.

Reporters sans frontières- Communiqué - 27.08.2008

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17/06/2008

Tunisie : des sites contestataires hackés et bloqués

Le 16 juin 2008, le site d’informations Nawaat.org a connu sa plus lourde attaque informatique depuis sa création. Ses bases de données ont été effacées et sa page d’accueil modifiée (voir photo). Les blogs des défenseurs des droits de l’homme Sami Ben Gharbia (http://www.kitab.nl/) et Astrubal (http://astrubal.nawaat.org/) ont également été touchés. Leurs blogs sont restés inaccessibles car leurs bases de données ont été partiellement détruites. Les sites ont été restaurés depuis mais quelques dysfonctionnements subsistent.

Le 11 juin, les blogs samsoum-us (http://samsoum-us.blogspot.com/2008/06/2eme-mort-virtuelle-je-mhabitue.html), romdhane (http://romdhane.maktoobblog.com) et RoufRouf (http://roufrouf.blogspot.com) ont été rendus inaccessibles suite à leur traitement des manifestations qui ont eu lieu en avril à Redeyef, dans la région minière de Gafsa (ouest du pays). Des affrontements entre l’armée et des ouvriers qui dénonçaient le chômage et le coût de la vie, avient entrainé la mort par balle d’un manifestant.

Source : RSF – 17 Juin 2008

18/04/2008

RSF s’adresse au président Nicolas Sarkozy à propos du journal Al-Maoukif

  • L’hebdomadaire Al-Maoukif doublement menacé d’asphyxie financière
  • Reporters sans frontières adresse un courrier au président Nicolas Sarkozy avant sa visite à Tunis du 28 au 30 avril

Reporters sans frontières demande aux autorités tunisiennes de mettre un terme au harcèlement subi par la rédaction de l’hebdomadaire d’opposition Al-Maoukif, organe du Parti démocratique progressiste (PDP). Les saisies des dernières éditions du journal ainsi qu’un procès en diffamation intenté contre lui pourraient avoir de lourdes conséquences sur sa survie. L’organisation a demandé au président français Nicolas Sarkozy, qui doit se rendre prochainement en Tunisie, de promouvoir la liberté d’expression auprès de ses interlocuteurs.

Le régime tunisien s’abrite derrière de faux-semblants d’ouverture politique pour se prémunir d’accusations de censure. L’hebdomadaire Al-Maoukif en sait quelque chose. Publié par l’un des rares partis d’opposition autorisés dans le pays, la distribution de ce journal se déroule dans des conditions parfois très chaotiques. A tout moment, le journal peut être saisi par les forces de l’ordre, sans préavis ni justification”, a déclaré Reporters sans frontières.

Depuis le 14 mars 2008, quatre numéros de l’hebdomadaire Al-Maoukif ont été subrepticement saisis par les autorités tunisiennes, sans notification aux responsables du journal. En protestation, les membres de la rédaction et des militants du PDP ont décidé de distribuer eux-mêmes la dernière édition dans les rues de la capitale tunisienne. Le 17 avril 2008, la militante Naima Hasni a été bousculée par des policiers en civil sur l’avenue Habib Bourguiba alors qu’elle vendait le journal aux passants.

Contacté par Reporters sans frontières, Rachid Khechana, rédacteur en chef du journal, a revendiqué le droit de son journal à exister. “Nous ne demandons même plus à l’Etat de nous octroyer les aides financières que reçoivent l’ensemble des journaux tunisiens. Nous vivons des ventes de notre journal et nous ne demandons que notre droit à le diffuser sans entraves”, a-t-il déclaré.

Selon les responsables du journal, les saisies seraient liées à la publication d’articles sur des problèmes de société sensibles, tels que la hausse du prix des produits de première nécessité ou encore la distribution d’une huile frelatée. De plus, Rachid Khechana ainsi que Nejib Chebbi, directeur de publication de l’hebdomadaire, sont poursuivis en justice pour “diffamation” par cinq sociétés de commercialisation de marques d’huile. Au total, les plaignants ont requis des dommages et intérêts s’élevant à 500 000 dinars tunisiens (l’équivalent de 274 000 euros). Selon le rédacteur en chef d’Al-Maoukif, une telle condamnation signerait la mort du journal. Rachid Khechana et Nejib Chebbi devront se présenter devant le tribunal le 10 mai prochain.

Dans son courrier au chef de l’Etat français, Reporters sans frontières a également demandé à Nicolas Sarkozy d’évoquer les problèmes de liberté de la presse en Egypte avec le président Hosni Moubarak qui est attendu au palais de l’Elysée le 20 avril. Le président français devrait ensuite se rendre en Tunisie du 28 au 30 avril.

Communiqué – RSF – 18 Avril 2008

16:49 Ecrit par TUNISIA Watch dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, RSF, Nicolas Sarkozy, Al Mawkif

13/03/2008

RSF: La Tunisie Ennemi d'Internet

LES ENNEMIS D'INTERNET

Ennemis d'Internet

SOUS SURVEILLANCE

  • Nom de domaine : .tn
  • Population : 10 215 000
  • Internautes : 1 295 000
  • Prix moyen d’une heure de connexion dans un cybercafé : entre 50 cts et 1 euro
  • Salaire mensuel moyen : 310 euros
  • Nombre de fournisseurs d’accès privés : 5
  • Nombre de fournisseurs d’accès publics : 7
  • Nombre de blogueurs emprisonnés : 0

La politique du président Zine el-Abidine Ben Ali est toujours très stricte en matière de filtrage du Net et l’autocensure semble être la règle parmi les blogueurs de la Toile tunisienne. Il existe une instance publique de régulation, l’Agence tunisienne d’Internet (ATI), qui loue la bande passante aux fournisseurs d’accès du pays.

Le Réseau s’est sensiblement étendu, passant d’un taux de pénétration de 1 à 9,3% de la population en cinq ans (2001- 2006). En 2007, près de 6 000 sites Internet étaient recensés en Tunisie. S’il existe aujourd’hui dans le pays près d’une douzaine de fournisseurs d’accès à Internet, l’opérateur Planet.tn, propriété de l’une des filles du président Ben Ali, continue de détenir la plus grosse part de marché.

De nombreux sites d’opposition au pouvoir sont bloqués par les autorités. Depuis qu’il a publié, en février 2007, des articles du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik très critiques envers le Président, le site du quotidien français Libération est inaccessible. Les responsables du journal en ligne Kalima, dont la version imprimée est interdite, font régulièrement l’objet de mesures répressives, allant de simples tracasseries administratives à des menaces.

Le filtrage des sites Internet est une pratique répandue face à la popularité du cyberespace auprès des Tunisiens. Les 281 « Publinets » - accès publics à Internet - sont les lieux privilégiés des 18-25 ans. Les sites les plus connus en matière de défense de droits de l’homme ainsi que les principaux proxies comme Anonymizer (http://www.anonymizer.com/) et Guardster (http://www.guardster.com/) sont inaccessibles. Le site Internet de partage de vidéos Dailymotion a également été bloqué en avril et en septembre 2007. L’ATI avait déclaré ne pas être au courant de mesures contraigantes alors que le fournisseur d’accès TopNet avait reconnu filtrer le site sur son ordre. Les connexions privées de certains journalistes et opposants sont coupées pour "des problèmes techniques" ou alors, leur débit est diminué afin d’augmenter le temps de téléchargement des pages Internet et réduire ainsi leur capacité à consulter des sites. Ces procédés découragent petit à petit la blogosphère, qui ose moins critiquer la politique du gouvernement. Certains blogueurs abandonnent même.

L’avocat et défenseur des droits de l’homme Mohammed Abbou a été libéré en 2007 après avoir passé près de trois ans derrière les barreaux pour avoir publié un article sur Internet dans lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions des soldats américains à Abou Ghraib, en Irak. Les menaces à son encontre n’ont pas disparu pour autant et, dans leur volonté de contrôler la diffusion des informations, les autorités lui ont refusé la sortie du territoire en avril 2007

Une surveillance généralisée

Un arsenal de consignes s’ajoute au filtrage systématique des sites d’opposition. Les cybercafés sont surveillés. Selon la loi tunisienne, leurs gérants sont responsables des activités de leurs clients et il est parfois nécessaire de présenter une pièce d’identité pour se connecter dans un café. Il n’est pas rare non plus que leurs propriétaires demandent de ne pas naviguer sur certains sites jugés “subversifs”. Une consigne le rappelle d’ailleurs clairement sur les murs des cybercafés.

Tous les mois, les données personnelles des abonnés à Internet sont transmises à l’ATI, qui gère toute la messagerie électronique en Tunisie. Sur le plan légal, le code de la Poste de 1998 autorise l’interception du courrier électronique portant “ atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale".

Liens Sites internet

RSF - 12 - Mars 2008

12/03/2008

Reporters sans frontières inaugure la première Journée pour la liberté sur Internet, sous le patronage de l’Unesco.

"Désormais, tous les 12 mars, nous mènerons des actions pour dénoncer la cybercensure dans le monde. La répression croissante des blogueurs et les fermetures toujours plus nombreuses de sites Internet nécessitent une telle mobilisation, imposent une riposte. Nous remercions l'Unesco qui, dès la première année, a apporté son soutien à cette journée spéciale", a déclaré Reporters sans frontières.

"Cette première journée est l'occasion pour tous de manifester dans des lieux où les mouvements de contestation sont normalement impossibles. Nous espérons que nous serons très nombreux à manifester virtuellement place Tiananmen à Pékin, place de la Révolution à Cuba ou dans les rues de Rangoon en Birmanie. Au moins 62 cyberdissidents sont emprisonnés dans le monde actuellement et, en 2007, plus de 2600 sites Internet, blogs ou forums de discussion ont été fermés ou rendus inaccessibles", a indiqué l'organisation.

"Notre liste des 'Ennemis d'Internet' a également été mise à jour avec l'arrivée de deux pays : l'Ethiopie et le Zimbabwe. Et nous proposons une nouvelle version du guide pratique du blogueur et du cyberdissident", a ajouté Reporters sans frontières.

Pour dénoncer la censure exercée par les gouvernements et réclamer plus de libertés sur Internet, Reporters sans frontières appelle à manifester dans neuf pays ennemis du Net. Durant 24 heures, du mercredi 12 mars à 11h jusqu’au jeudi 13 mars à 11h (heure de Paris, GMT +1), les internautes pourront créer un avatar, choisir le message de leur banderole et prendre part à l’une des cybermanifestations qui auront lieu en Birmanie, en Chine, en Corée du Nord, à Cuba, en Egypte, en Erythrée, en Tunisie, au Turkménistan et au Viêt-nam.

La nouvelle liste des "Ennemis d’Internet" établie cette année par Reporters sans frontières compte quinze pays : Arabie saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Ethiopie, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam et Zimbabwe. Ils étaient seulement treize en 2007. Sont venus s’ajouter aux traditionnels censeurs, deux pays subsahariens : le Zimbabwe et l’Ethiopie. "Rien d’étonnant de la part de régimes qui s’en prennent régulièrement aux médias traditionnels. Chez ces derniers, le taux de pénétration d’Internet est faible, très faible, mais suffisant néanmoins pour leur donner quelques cauchemars. Comme leurs aînés, ils puisent dans la panoplie de la censure adaptée à la Toile : arsenal législatif, traque dans les cybercafés, contrôle des fournisseurs d’accès…", écrit Reporters sans frontières en introduction de son rapport.

A cette première liste, ont été joints onze "pays sous surveillance" : Bahreïn, Emirats arabes unis, Erythrée, Gambie, Jordanie, Libye, Malaisie, Sri Lanka, Tadjikistan, Thaïlande et Yémen. À la différence des premiers, ils n’emprisonnent pas les blogueurs et ne censurent pas massivement la Toile. Mais la tentation est grande et les dérapages réguliers. Ces pays ont souvent mis en place le cadre juridique nécessaire pour museler Internet si bon leur semble. Leurs autorités judiciaires ou politiques utilisent parfois les lois antiterroristes pour surveiller et localiser des opposants et des militants qui s’expriment sur le Net.

"Cette chasse aux mal-pensants de la Toile est d’autant plus efficace que de grandes entreprises occidentales se font les complices de ces gouvernements dans la traque aux 'fauteurs de troubles'. En 2007, l'entreprise américaine Yahoo! a présenté ses excuses pour le 'malentendu' qui a mené le journaliste Shi Tao en prison pour dix ans. Au total quatre cyberdissidents chinois lui doivent d’être détenus. Elle se serait contentée 'd'obéir aux lois locales' qui la contraignent à identifier des internautes jugés dangereux…", précise Reporters sans frontières.

Enfin, une nouvelle version du guide pratique du blogueur et du cyberdissident est disponible, en français et en anglais, sur le site www.rsf.org. Ce guide rassemble des conseils et des astuces techniques pour lancer son blog dans de bonnes conditions et contourner la censure sur Internet. Il explique comment bloguer anonymement et propose les témoignages de blogueurs d'Egypte et de Birmanie notamment.

La cybermanifestation a été conçue et réalisée par l’agence Saatchi & Saatchi.

L'UNESCO retire son patronage

L'Unesco (organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) retire son patronage à la Journée pour la liberté d'expression sur Internet lancée par Reporters sans frontières. L’organisation des Nations Unies ne participe plus à la Journée pour la liberté d'expression sur Internet en raison de pressions subies par des pays "ennemis d'internet".

Selon RSF, l'Unesco justifie cette décision en expliquant qu'elle a accordé son patronage au "principe de cette journée" mais qu'elle ne saurait s'associer aux différentes manifestations organisées à cette occasion. RSF affirme que "plusieurs Etats, faisant partie de la liste des quinze 'Ennemis d'Internet' rendue publique ce jour, sont intervenus directement auprès de la direction générale de l'Unesco" et que "Marcio Barbosa, le directeur général adjoint de cette organisation, a cédé.".

L'association ajoute dans son communiqué que l'Unesco "fait preuve d'une grande lâcheté à l'heure où les Etats qui ont obtenu qu'elle se déjuge ainsi continuent à emprisonner des dizaines d'internautes".

Reporters sans frontières a par ailleurs informé le ministère français des Affaires étrangères de cette décision de l'Unesco car "c'est sur proposition de la Commission nationale française auprès de l'Unesco que l'organisation intergouvernementale avait apporté son patronage à cette manifestation. Or cette commission dépend du ministère français des Affaires étrangères.", indique l'association.

A l'occasion de cette première Journée de la liberté sur Internet, RSF publie une liste des "ennemis d'Internet". Elle comprend quinze pays: Arabie saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Ethiopie, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam et Zimbabwe.

01:05 Ecrit par TUNISIA Watch dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Internet, RSF, Unesco

28/02/2008

Une vraie condamnation pour un faux profil : les blogueurs marocains s’inquiètent pour leur avenir

Reporters sans frontières exprime son inquiétude suite à la décision de la justice marocaine de condamner un internaute à trois ans de prison pour avoir créé un "faux profil" sur le site de socialisation Facebook. Il a été accusé d’"usurpation d’identité" après s’être fait passer pour le frère du roi Mohammed VI, le prince Moulay Rachid.

"Fouad Mourtada a été victime d’un procès expéditif. C’est la première fois qu’un Marocain est condamné sur la base d’un acte commis sur le Web. Nous sommes inquiets pour la liberté d’expression sur la Toile marocaine car, au-delà de ce cas, ce sont tous les blogueurs du pays qui se sentent visés. L’un des blogueurs les plus populaires du Maroc a décidé d’arrêter de publier des articles sur Internet. La décision du tribunal est disproportionnée et suscite un grand émoi au sein de la communauté des blogueurs marocains, l’une des plus importantes de la région", a déclaré l’organisation.

 

 

 

Fouad Mourtada, 27 ans, a été interpellé le 5 février 2008 chez lui par des policiers en civil et détenu au secret pendant 36 heures avant d’être incarcéré à la prison de Oukacha, à Casablanca.

"Comment la police a-t-elle retrouvé Fouad Mourtada ? S’est-elle procuré l’adresse IP de son ordinateur ? Par quel moyen ? Nous avons demandé au fournisseur d’accès Maroc Telecom, dont la société française Vivendi est actionnaire, de communiquer des informations en ce sens", a ajouté l’organisation.

Lors d’une entrevue avec des membres de sa famille, le 12 février, Fouad Mourtada leur avait confié : "J’ai effectivement créé ce compte le 15 janvier 2008. Il est resté en ligne quelques jours avant que quelqu’un ne le ferme. Il y a tellement de profils de célébrités sur Facebook. Je n’ai jamais pensé qu’en créant le profil de Son Altesse Royale le prince Moulay Rachid, je lui portais atteinte. Je n’ai d’ailleurs envoyé aucun message à quiconque depuis ce compte. C’était juste une plaisanterie, une blague.(...) Je ne suis pas un malfaiteur."

Avec près de quatre millions d’Internautes, la blogosphère marocaine est la plus active des pays du Maghreb.

Site du comité de soutien de Fouad Mourtada

20:35 Ecrit par TUNISIA Watch | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Maroc, Blog, Fouad Mourtada, RSF

01/02/2008

Reporters sans frontières s’inquiète, auprès du ministre tunisien de la Justice et des Droits de l’Homme, des conditions de détention de Slim Boukhdir

Reporters sans frontières a adressé, le 1er février 2008, une lettre à Béchir Tekkari, ministre tunisien de la Justice et des Droits de l’Homme, pour demander l’amélioration des conditions de détention du journaliste Slim Boukhdir et une révision de son procès.

Les conditions de détention de Slim Boukhdir ne sont pas conformes aux standards internationaux. Incarcéré à la prison civile de Sfax, il a été placé dans une cellule insalubre qu’il partageait au départ avec deux détenus qui n’ont cessé de s’en prendre à lui. Depuis, il a été placé dans un état d’isolement contraire à la loi tunisienne. Cette claustration pourrait avoir des conséquences graves sur la santé mentale du prisonnier”, a écrit l’organisation.

Slim Boukhdir ne s’est rendu coupable d’aucune violation du règlement pénitentiaire qui pourrait légitimer son isolement. Seule la volonté politique de le punir pour ses écrits et sa liberté de ton semble expliquer les dures conditions de détention auxquelles il est soumis. Sa famille est autorisée à le voir une fois par semaine, mais leurs rencontres beaucoup trop courtes - la dernière n’a pas duré plus de cinq minutes - se déroulent systématiquement en présence du directeur du pénitencier et de plusieurs gardes chargés d’épier la conversation. Le 24 janvier 2008, sa famille n’a pas été autorisée à le rencontrer. Les gardiens de la prison ont déclaré à son épouse qu’il ne souhaitait pas la voir. Slim Boukhdir a nié par la suite avoir tenu de tels propos”, a poursuivi Reporters sans frontières

Par ailleurs, nous regrettons les conditions dans lesquelles s’est déroulé le procès du journaliste devant le tribunal cantonal de Sakiet Ezzit. Slim Boukhdir n’a pas eu droit à un procès équitable et sa place n’est pas en prison. Seules la révision du procès et l’annulation des charges retenues contre le journaliste pourraient le rétablir dans son droit et mettre fin à cette injustice”, a conclu l’organisation.

Arrêté le 26 novembre 2007, Slim Boukhdir a été condamné, le 4 décembre, à un an de prison pour "outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions", "atteinte aux bonnes moeurs" et "refus de présenter ses papiers d’identité" par le tribunal cantonal de Sakiet Ezzit.

Slim Boukhdir, 39 ans, est le correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya. Par ailleurs, il publie des articles sur plusieurs sites Internet dont Tunisnews et Kantara.

RSF – 1er Fevrier 2008

19:15 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, RSF, Slim Boukhdir

04/12/2007

RSF : Le journaliste Slim Boukhdir condamné à un an de prison

0a24277d3a9d6922c51a98dfe8fe8e5b.jpgReporters sans frontières a appris avec stupeur la condamnation, le 4 décembre 2007, du journaliste Slim Boukhdir à un an de prison pour “outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions”, “atteinte aux bonnes moeurs” et “refus de présenter ses papiers d’identité” par le tribunal cantonnal de Sakiet Ezzit dans la banlieue de Sfax (231 km au sud de Tunis). Le journaliste est détenu depuis son interpellation le 26 novembre.

En Tunisie, on emprisonne les journalistes sous des motifs souvent éloignés de leur profession pour se prémunir de toute accusation de censure. Mais personne n’est dupe, Slim Boukhdir paye le prix de sa liberté de ton. Banni de la presse officielle tunisienne pour laquelle il travaillait, harcelé par les forces de l’ordre, ce journaliste ne s’est jamais découragé et a toujours cherché à dénoncer les atteintes aux droits de l’homme commises dans le pays du président Zine el-Abidine Ben Ali”, a déclaré l’organisation.

Nous lançons un appel aux représentations étrangères en Tunisie afin qu’elles expriment ouvertement leur soutien à ce journaliste dans les plus brefs délais, sans quoi le verdict sera confirmé en appel et Slim Boukhdir ne pourra recouvrer sa liberté. L’espoir, né après la libération en juillet dernier de Mohammed Abbou, d’assister à une amélioration de la situation de la liberté de la presse en Tunisie s’est déjà évanoui”, a ajouté Reporters sans frontières.

Le 4 décembre 2007, le juge Hatem Ouarda, du tribunal cantonal de Sakiet Ezzit, a condamné Slim Boukhdir à huit mois de prison pour “outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions”, quatre mois de prison pour “atteinte aux bonnes moeurs” et à verser cinq dinars d’amende (l’équivalent de 2,8 euros) pour “refus de présenter ses papiers d’identité”.

Contactée par Reporters sans frontières, l’avocate Radia Nasraoui a affirmé qu’il y avait eu “vice de forme”. Selon Me Nasraoui, le juge n’a pas voulu écouter les arguments de la défense et a auditionné les témoins à charge sans leur faire prêter serment. Deux témoins ont ainsi été présentés au tribunal : un chauffeur de taxi collectif et l’un de ses passagers.

Slim Boukhdir avait été arrêté dans la matinée du 26 novembre 2007 lors d’un contrôle d’identité des passagers d’un taxi collectif reliant Sfax à Tunis. Le juge en charge du dossier avait refusé de lui accorder la mise en liberté provisoire. Le journaliste sera maintenu en détention jusqu’à la date du procès en appel.

Slim Boukhdir, 39 ans, est le correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya. Par ailleurs, il publie des articles sur plusieurs sites Internet dont Tunisnews et Kantara.

Reporters sans frontières rappelle que le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali est l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.

Reporters sans frontières

Communiqué de presse du 4 décembre 2007

Hajar Smouni

North Africa & Middle-East Desk

19:25 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Slim Boukhdhir, RSF

16/10/2007

Classement mondial de la liberté de la presse 2007

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        Cette année, l'Erythrée remplace la Corée du Nord en dernière position du classement mondial de Reporters sans frontières, publié aujourd'hui pour la sixième reprise, et qui mesure le degré de liberté de la presse dans 169 pays.

        "Cela n'a rien de surprenant. Même si toutes les violations de la liberté de la presse ne sont pas connues en Corée du Nord ou au Turkménistan, qui précèdent immédiatement l'Erythrée dans le classement, ce pays mérite sa dernière place. La presse privée a été bannie du pays de l'autoritaire Issaias Afeworki et les rares journalistes qui ont osé critiquer le régime ont été jetés au bagne. Nous savons que quatre d'entre eux sont morts en prison et nous avons toutes les raisons de croire que d'autres vont suivre", a déclaré Reporters sans frontières.

        En dehors de l'Europe - d'où sont issus les quatorze premiers pays du classement -, aucune région du monde n'est épargnée par la censure ou la violence à l'égard des professionnels des médias.

        Parmi les vingt pays les plus mal classés, on trouve 7 asiatiques (Pakistan, Sri Lanka, Laos, Viêt-nam, Chine, Birmanie, Corée du Nord), 5 africains (Ethiopie, Guinée équatoriale, Libye, Somalie, Erythrée), 4 du Moyen-Orient (Syrie, Irak, Territoires palestiniens, Iran), 3 de l'ancien espace soviétique (Bélarus, Ouzbékistan, Turkménistan) et 1 américain (Cuba).

        "Nous sommes particulièrement inquiets pour la situation en Birmanie (164e position). La féroce répression des manifestations par la junte militaire au pouvoir n'augure rien de bon pour l'avenir des libertés fondamentales dans le pays. Les journalistes continuent de travailler sous le joug d'une censure implacable à laquelle rien n'échappe, pas même les petites annonces, a indiqué Reporters sans frontières. Nous regrettons également que la Chine (163e) stagne dans les profondeurs de ce classement. A moins d'un an des JO de Pékin 2008, les réformes et les libérations de journalistes tant de fois promises par les autorités ne semblent plus qu'une vaine illusion."

Déception au Maghreb

Le bilan des pays d’Afrique du Nord est très mitigé avec des remontées peu significatives en Algérie (123e) et en Tunisie (145e) et des chutes inquiétantes : celles du Maroc (106e) et de l’Egypte (146e), en raison des nombreuses poursuites judicaires engagées contre la presse indépendante. Les enquêtes publiées sur les abus policiers, le recours à la torture durant les interrogatoires ou encore le manque d’indépendance de la justice ont enragé les autorités égyptiennes qui ont resserré l’étau autour des journalistes indépendants. Malgré toutes les pressions subies, ces derniers ont ouvertement montré leur manque d’enthousiasme concernant l’éventuelle succession de Gamal Moubarak, fils de l’actuel président.

S’ils sont mieux lotis que leurs confrères égyptiens, les journalistes marocains ont subi, au cours de l’année écoulée, des attaques répétées auxquelles ils n’étaient pas préparés. Saisies et suspensions de journaux, convocations, incarcérations et condamnations sévères vont laisser des traces au sein d’une profession qui se méfie dorénavant des promesses de réformes du pouvoir.

        Les blogueurs n'échappent plus à la répression

        Depuis septembre 2006, 26 blogueurs et journalistes en ligne ont été condamnés pour avoir usé de leur droit à la liberté d'expression sur la Toile. Les cas de censure s'y sont multipliés et de plus en plus de gouvernements ont pris la mesure du rôle essentiel que peut jouer Internet dans le combat pour la démocratie. Les blogueurs  sont désormais menacés avec la même ténacité que les journalistes des médias traditionnels et 64 cyberdissidents sont emprisonnés dans le monde à ce jour.

 Pour lire la totalité et consulter le tableau du classement mondial 2007 de la liberté d’expression voir directement le site RSF :

http://www.rsf.org

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