mardi, 22 juillet 2008

Tunisie: confirmation des huit ans de prison d'un Tunisien extradé d'Italie

TUNIS - Le tribunal de première instance de Tunis a confirmé mardi la condamnation à huit ans de prison ferme prononcée par défaut contre un ressortissant tunisien, Essid Sami Ben Khémaïs, récemment expulsé d'Italie pour ses liens présumés avec des milieux terroristes, selon son avocat.

Selon Me Samir Ben Amor, Sami Ben Khémaïs, alias Saber, 40 ans, à l'époque établi à Varèse, était accusé d'avoir aidé une personne à se rendre en Afghanistan en 1998. Lors de son interrogatoire, le prévenu a nié connaître l'individu en question, a précisé l'avocat qui dénonce un procès "inique".

Me Ben Amor a critiqué le refus du tribunal de reporter le procès pour lui permettre de présenter une copie du jugement italien condamnant son client à six ans et demi d'emprisonnement pour le même motif. Il considère par ailleurs "illégal" que l'inculpé ait été jugé en vertu de la loi anti-terroriste datant de 2003 alors que les faits qui lui sont reprochés remontent à 2001.

Livré à la Tunisie le 3 juin par les autorités italiennes, Sami Ben Khémaïs doit comparaître de nouveau devant le même tribunal le 25 septembre prochain dans une deuxième affaire où il a écopé de sept ans de prison ferme par défaut.

Il est également impliqué dans cinq autres dossiers relevant du tribunal militaire de Tunis. Cette instance l'avait condamné par contumace à 100 ans de prison au total pour des délits liés à son "appartenance à une organisation terroriste opérant à l'étranger", en l'occurrence Al-Qaïda. Ayant fait opposition à ces verdicts, il sera rejugé en octobre. ( Associated Press, mardi 22 juillet 2008)

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mardi, 10 juin 2008

Le Maghreb, terreau de choix pour Al-Qaeda

Par Christophe AYAD

Affaiblie en Irak, l’organisation jihadiste profite des malaises sociaux de la Tunisie, du Maroc et de l’Algérie.

La multiplication des attentats en Algérie a des causes multiples, des plus internationales aux plus locales. L’effet est quasi-mécanique : depuis qu’Al-Qaeda est en recul en Irak, ses activités sont en hausse sensible dans le Maghreb. A partir de début 2007, l’armée américaine, efficacement épaulée par les milices sunnites d’Al-Sahwa (le Réveil, en arabe), a porté des coups de plus en plus durs à la mouvance jihadiste en Irak, tarissant le flux de candidats au martyre venus du monde arabe. Or, on estime qu’en 2005, au plus fort de la vague d’attentats-suicides en Irak, le quart des kamikazes d’Al-Qaeda venait des trois principaux pays du Maghreb : Algérie, Tunisie et Maroc. Confrontés à un début de débandade en Irak, certains jihadistes maghrébins ont préféré rentrer clandestinement au pays pour y mettre en œuvre leur savoir-faire. Autre facteur important : la Syrie contrôle mieux sa frontière, rendant le passage en Irak difficile. Pour autant, le potentiel de mobilisation causé par la guerre reste fort auprès de la jeunesse maghrébine.

Injustice. A ce sentiment d’injustice, causé par l’intervention américaine en Irak, il faut ajouter celui causé par le chômage endémique, le népotisme, l’arbitraire policier et l’absence de perspectives d’avenir, comme l’ont montré les troubles de la fin de semaine dernière à Redeyef en Tunisie et à Sidi Ifni, dans le sud du Maroc. Résultat, les recruteurs de la mouvance jihadiste réorientent la colère destructrice des candidats au martyre, de plus en plus jeunes, vers «l’ennemi proche», «l’ennemi lointain» se révélant pour le moment trop coriace et inaccessible. En clair, puisque l’armée américaine est de plus en plus difficile à frapper en Irak, autant s’attaquer aux régimes arabes «complices» et «impies».

A ce contexte social explosif, attisé par l’inflation, il faut ajouter l’approche du lancement, prévue à Paris en juillet, de l’Union pour la Méditerranée, qu’Al-Qaeda risque fort d’assimiler à une «croisade» européenne - voire française - en terre d’islam et qui suscite même les réticences des pouvoirs en place, en particulier à Alger.

Ambition. Dernier facteur propre à l’Algérie, particulièrement riche en coups tordus et manipulations : l’approche de l’élection présidentielle de 2009, à l’occasion de laquelle Abdelaziz Bouteflika voudrait briguer un troisième mandat. Une ambition de plus en plus affichée et qui irrite certains cercles de décideurs, en particulier dans l’armée.

source : Libération, 10 juin 2008

09:45 Ecrit par TUNISIA Watch dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Terrorisme, Al-Qaeda

lundi, 09 juin 2008

Algérie: treize morts dont un ingénieur français dans deux attentats

7c059d621b91e6787643524679430913.jpgUn double attentat a tué dimanche en Algérie treize personnes dont un ingénieur français, portant à cinq le nombre d'actions terroristes en cinq jours dans une région aux confins de la Kabylie, où l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique reste active. Ces attaques, commises dimanche en fin d'après-midi près de Lakhdaria, à l'est d'Alger n'ont pas été revendiquées et marquent une recrudescence de la violence attribuée aux islamistes après plusieurs mois de relative accalmie.

Le président français Nicolas Sarkozy a condamné "les violences barbares" dans un message adressé à son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika. Il a également assuré "l'Algérie de la pleine solidarité de la France et de son soutien indéfectible dans sa lutte déterminée contre le terrorisme".

Parmi les treize morts figurent huit membres des forces de sécurité, trois agents de la protection civile, un ingénieur français et son chauffeur algérien, selon des sources sécuritaires. L'ingénieur qui travaille pour la société de travaux publics Razel a été tué dans sa voiture, qui a sauté sur une bombe actionnée à distance, alors qu'il quittait le chantier de réfection de la voie ferrée de la gare de Beni Amrane. Trois autres français qui travaillaient sur le chantier au moment de l'attentat n'ont pas été touchés, a indiqué la société Razel.

Les autres victimes, huit militaires et trois membres de la protection civile, ont été tuées par une seconde bombe déclenchée quelques minutes plus tard alors qu'elles portaient secours à l'ingénieur, selon le quotidien Annhar Online. Immédiatement après ces attentats, les téléphones mobiles ont été neutralisés par les autorités de crainte d'autres attentats.

La dernière opération islamiste d'envergure avait visé le 11 décembre le siège de l'ONU, dans le quartier résidentiel de Hydra, et le siège du Conseil constitutionnel à Ben Aknoun, sur les hauteurs d'Alger, faisait 41 morts, dont 17 agents de l'ONU, et plusieurs dizaines de blessés.

C'est la deuxième fois depuis septembre, que des Français sont visés par un attentat. Le 21 septembre deux Français et un Italien, employés également par Razel, avaient été blessés près de Lakhdaria (ex-Palestro) dans un attentat à la bombe visant leur véhicule. Cinq gendarmes algériens qui les escortaient avaient été blessés. Cet attentat avait déclenché une vague de départs de familles d'employés de sociétés françaises en Algérie et l'ambassade de France avait lancé plusieurs appels à la vigilance.

La nouvelle vague d'attentats survient dans un contexte marqué par la tenue vendredi à Alger d'une conférence des ministres des Affaires étrangères de la Méditerranée, à laquelle participait Bernard Kouchner. Elle avait été précédée depuis début mai par une série de visites d'autres ministres français, dont la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et de l'Environnement Jean-Louis Borloo. Ils seront suivis lundi par la secrétaire d'Etat au commerce extérieur Anne-Marie Idrac.

C'est le cinquième attentat en cinq jours. Jeudi dernier, six militaires ont été tués et quatre blessés à Cap Djinet, à l'est d'Alger, dans un attentat attribué à un groupe islamiste. Auparavant, deux attentats simultanés avaient été perpétrés mercredi à Bordj El Kiffan, dans la banlieue est d'Alger, blessant six personnes et entraînant la mort d'un kamikaze. L'attaque, également attribuée à un groupe islamiste, visait une caserne de la garde républicaine et un café populaire du littoral.

Les groupes armés islamistes restent actifs dans cette région des confins de la Kabylie, qui leur sert de zone de repli et de base arrière et où ils sont harcelés régulièrement par l'armée.

Laurence Saubadu - AFP – Le dimanche 08 juin 2008

Les autorités algériennes contestent le bilan de l'attentat

Les autorités algériennes ont contesté lundi le bilan de 13 morts donné la veille par des sources sécuritaires pour l'attentat commis à la gare de Beni Amrane. Les ministères de la Défense et de l'Intérieur avancent tous deux un bilan de deux morts, un ressortissant français et son chauffeur algérien.

La presse algérienne et les agences de presse internationales, citant des sources sécuritaires algériennes, ont rapporté qu'une première bombe actionnée à distance dimanche devant la gare de Beni Amrane (60km à l'est d'Alger) avait tué un ingénieur français et son chauffeur et qu'une seconde bombe, quelques minutes plus tard au même endroit, avait provoqué la mort de huit membres des forces de sécurité et de trois agents de la protection civile, soit un total de 13 morts.

Lundi, les autorités algériennes ont démenti ces chiffres. "La presse parue le 9 juin 2008 a rapporté une information faisant état de 13 morts dans un double attentat à la bombe à la gare ferroviaire de Beni Amrane", relève le ministère algérien de la Défense dans un communiqué envoyé lundi aux rédactions.

Le ministère affirme que "cet attentat a fait deux morts, un ressortissant français et son chauffeur de nationalité algérienne, exerçant dans une société de travaux publics". Par conséquent, ajoute le communiqué, "les chiffres rapportés par la presse sont inexacts".

Le ministère algérien de l'Intérieur, lui aussi, a fait d'un état lundi d'un bilan de deux morts et un blessé. En outre, le ministère de l'intérieur a démenti la dépêche de l’agence de presse britannique Reuters qui avait fait état d’un nouvel attentat à l’explosif lundi au niveau de la gare routière de Bouira (120 km à l'est d'Alger). "Cette information est dénuée de tout fondement", souligne le communiqué du ministère. (The Associated Press - 09/06/08)

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vendredi, 06 juin 2008

Un Tunisien extradé d'Italie déféré devant le tribunal militaire de Tunis

 Un Tunisien condamné pour terrorisme et récemment extradé d'Italie, Essid Sami Ben Kemais, a été déféré jeudi devant le tribunal militaire de Tunis, où il a fait opposition à des jugements prononcés contre lui par contumace.

Après avoir fait opposition, il a été reconduit en prison en attendant d'être rejugé par cette juridiction, a précisé Me Samir Ben Amor, avocat spécialiste des affaires terroristes. Essid Sami Ben Kemais, alias Saber, a été remis mardi soir par les autorités italiennes à leurs homologues tunisiennes en dépit d'une décision de la cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) ordonnant la suspension de cette mesure, a-t-il expliqué.

Saber a été condamné en février 2002 par le tribunal de Milan à six ans et deux mois de prison pour "association de malfaiteurs à des fins de terrorisme" et à l'expulsion d'Italie. Il a été jugé en même temps que six autres Tunisiens, dont trois étaient accusés d'avoir planifié un attentat contre l'ambassade américaine à Rome.

Considéré comme le chef présumé de la logistique européenne de l'organisation de Ben Laden, Saber a été condamné par défaut par la justice tunisienne à des dizaines d'années de prison pour des délits liés à son "appartenance à une organisation terroriste opérant à l'étranger en temps de paix", en allusion à Al Qaïda. Il lui est imputé notamment d'avoir opéré le recrutement en Italie de combattants pour les envoyer en Afghanistan, selon Me Ben Amor. (AP - Jeudi 5 juin 2008)

Human Rights Watch : Il faut stopper l’expulsion d’un Tunisien qui court le risque d’être torturé, Le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme doit être respecté

 (Milan, le 3 juin 2008) – L’Italie devrait interrompre immédiatement toute tentative d’expulser Essid Sami Ben Khemais vers la Tunisie, pays connu pour pratiquer la torture, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Au moment où nous écrivons, le 3 juin 2008, Ben Khemais, un ressortissant tunisien accusé de terrorisme en Italie, était détenu à l’aéroport de Fiumicino près de Rome et pouvait à tout moment être mis dans un avion pour Tunis.

Le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, a ordonné l’expulsion de Ben Khemais le 31 mai, en dépit d’une demande formulée en 2007 par la Cour européenne des droits de l’homme, visant la suspension de cette expulsion jusqu’à ce que la Cour ait eu le temps d’examiner la plainte de Ben Khemais selon laquelle il courait le risque d’être torturé ou de subir des mauvais traitements interdits à son retour en Tunisie. Les mesures provisoires de la Cour européenne, par exemple la demande de suspendre cette expulsion, sont pleinement contraignantes pour l'Italie, et le non respect de ces mesures provisoires par l’Italie constituerait une violation de la Convention européenne des droits de l’homme. La Cour européenne a envoyé une lettre au gouvernement italien le 2 juin pour lui rappeler ses obligations. 

La torture est un problème largement répandu en Tunisie, a déclaré Human Rights Watch, et les personnes détenues sur des accusations de terrorisme sont particulièrement en danger. 

 « La tentative de l’Italie d’expulser Ben Khemais, sachant qu’il court le risque d’être torturé en Tunisie, démontre un mépris de cet homme et de la loi », a déclaré Judith Sunderland, chercheuse sur l’Europe pour Human Rights Watch. « Se moquer de la plus haute cour européenne des droits humains ne va pas rendre l’Italie plus sûre. » 

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mardi, 20 mai 2008

Maroc: démantèlement d'un "réseau terroriste" visant le Maroc et la Belgique

01afe4186dbbd48f920ae29e307c0290.jpgLa police marocaine a démantelé un "réseau terroriste" de 11 personnes qui projetaient des actes terroristes au Maroc et en Belgique, a rapporté lundi l'agence marocaine Map. Les 11 personnes, dont un Marocain résidant en Belgique, ont été arrêtées dans les villes marocaines de Fès (centre) et Nador (nord). "Ce réseau (...) projetait des actes terroristes au Maroc et en Belgique", a indiqué la Map. Les personnes arrêtées sont en relation "avec des filières d'acheminement de volontaires en Irak et pour les camps d'Al-Qaïda au Maghreb islamique en Algérie", a affirmé l'agence marocaine.

En Belgique, la radio VRT a rapporté lundi soir, sans citer de sources, qu'un bâtiment de l'Union européenne et un hôtel bruxellois faisaient partie des cibles que visait ce réseau terroriste. "Le Caprice des Dieux - surnom de l'un des bâtiments du Parlement européen à Bruxelles - ainsi qu'un hôtel de la chaîne Sheraton auraient été visés", a rapporté la radio de radio publique néerlandophone.

Le parquet fédéral belge, qui centralise les dossiers de terrorisme en Belgique, n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter l'information de la VRT. Auparavant, le parquet fédéral belge avait indiqué n'avoir pas été informé de cette affaire par les autorités marocaines.

"On n'était pas au courant, on vient de l'apprendre par les médias. On ne sait absolument pas de quoi il peut s'agir", avait déclaré à l'AFP la porte-parole du parquet fédéral, qui centralise les dossiers de terrorisme en Belgique. "Nous n'avons pas été directement impliqués, même s'il se peut que les Marocains se soient basés sur des informations venant de Belgique pour construire leur dossier", a ajouté la porte-parole, Lieve Pellens, selon qui des informations sont régulièrement échangées entre les justices des deux pays. La Belgique a demandé à son magistrat de liaison en poste à Rabat "de se renseigner", mais il ne faut pas attendre de réponse dans l'immédiat, a-t-elle précisé.

Selon l'agence Map, "les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire seront présentées à la justice pour répondre de leurs actes". Leur identité n'a pas été précisée. La Map affirme que les services de sécurité ont démantelé le réseau terroriste présumé sous la supervision du parquet.

Une source proche du gouvernement marocain, contactée par l'AFP, a indiqué que le réseau dont le démantèlement a été annoncé lundi "n'avait rien à voir avec celui du (Belgo-marocain) Abdelkader Belliraj", composé de 35 personnes écrouées le 29 février à Salé, près de Rabat, et poursuivies pour "terrorisme". (AFP - le 20-05-2008) 

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mardi, 11 mars 2008

Pays fragile

L’enlèvement des deux touristes autrichiens survenue en tunisie le 22 fevrier dernier et dont la revendication par le mouvement terroriste armé « Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) » vient d’être diffusé hier soir vient démontrer une autre fois à quel point notre pays est vulnérable face à toute tentative de déstabilisation.

Cette action qui intervient avec le début des vacances de printemps atteint de plein fouet un secteur clef dans la structure de notre économie qui de part son importance propre est la dynamo d’entraînement pour d’autres secteurs non moins vitaux dont dépend toute l’économie du pays déjà éprouvé par les vertigineuse augmentations des prix du pétrole et des produit céréaliers sur les marchés internationaux et leur répercussions sur le niveau de vie des citoyens.

De ce point de vue cette action visant le tourisme en Tunisie a l’effet d’une catastrophe annoncée.

Aussi tôt alerté de cette revendication, le président Ben Ali a dépêché son ministre de la justice a Katar pour négocier avec le prince du pays la gestion de l’information par sa redoutable chaîne satellitaire Al Jazzera dans l’espoir d’intercepter la diffusion de l’enregistrement comme s’il suffirait d’occulter l’information pour empêcher les faits d’exister.

Dans nos journaux aujourd’hui, les rares qui ont abordé le sujet n’ont fait que reporté la brève dépêche de « Précisions d’une source officielles » enfuie dans les pages intérieures et suivant laquelle « Il n'existe jusqu'ici aucun élément qui puisse confirmer la présence des deux ressortissants autrichiens sur le sol tunisien, ni qui permettre d'affirmer qu'ils aient été enlevés à l'intérieur du territoire tunisien. »

En fait les ravisseurs dans leur message adressaient leurs menaces aux autorités algériennes contre toute tentative de libération des otages. En insinuant que les otages auraient pu franchir les frontières avec leur voiture pour être capturé en Algérie on ne fait que confirmer que nos frontières sont vulnérable pour être franchie par n’importe qui sans être inquiété.

 Après l’attentat de Djerba et le groupe armé de Soliman cet épisode vient apporter la preuve de l’échec de la stratégie sécuritaire adoptée face aux menaces de terrorisme international. Les performances de cette stratégie n’ont servie jusqu'à présent qu’à tenir tout un pays en otage par une dictature dont les priorités semblent de plus en plus ne pas coïncider avec les attentes de la société ni ses préoccupation.

Ce qui hante le pouvoir dans cette affaire semble encore la situation intérieure à un moment charnière pour l’avenir du pouvoir qui se prépare à faire imposer au pays et obliger ses soutien étrangers au renouvellement de son mandat pour la cinquième fois.

Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que le cycle de répression sur le quel le président Zine Al Abidine Ben Ali a bâtit son pouvoir durant les vingt et un ans passés a beaucoup éprouvé la société. La politique du bâton n’a réussi qu’à détourner les citoyens de tout implication dans les affaires publiques autre que celui d’un inconditionnel soutien à sa politique dont il est flagrant qu’il n’existe plus.

Il n’a fait qu’accentuer le vide autour de lui et affaiblir le système en le privant de l’efficacité de ses institutions. En marginalisant ses élies et ses contre pouvoirs seul capables de prévenir ses disfonctionnements le pouvoir ne fait qu’éteindre la flamme de vie qui peut encore exister autour de lui et permettre à l’Etat sa survie.

Aujourd’hui ceux qui s’agitent pour dissimiler la réalité, croyant apporter au pouvoir leurs soutiens ne font en réalité que s’accrocher au pouvoir comme leur dernier rempart pour défendre leurs propres intérêts.

Des intérêts qui ne sont plus ceux du pays  de l’avis de la majorité qui ne s’y reconnaît plus et qu’ils sont en train d’aller à l’encontre de sa stabilité et de sa survie.

Le dernier attentat semble ne visait la Tunisie que par pic et de façon collatérale d’une opération de racket menée par des hors la lois en manque de subside pour leur survie. Il serait temps de tirer les conséquences qui s’imposes au lieu de chercher à dissimiler la vérité et de s’enfoncer d’avantage dans la mauvaise direction.

Pays fragile, La Tunisie ne peut être défendu par un système têtu basé sur l’exclusion et la répression. Elle n’a pas les ressources pour affronter un problème de plus qu’elle n’en a déjà avec tous les aléas des bouleversements qui sont entrain de se dessiner sur son chemin.

La Tunisie a besoin de solidarité face aux menaces aujourd’hui, d’une politique d’intégration et d’ouverture sur tous ses citoyens. La reconquête de confiance dans ses institutions et la sérénité d’une justice retrouvée pour tout ceux qui se sentent lésés. On ne peut plus demander aux tunisiens d’être solidaires face aux menaces tout en continuant à les exclure des fruits des sacrifices consentis. La solidarité à son prix.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis 11 03 2008

17:44 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Terrorisme, Démocratie

dimanche, 02 mars 2008

Vingt-cinq islamistes armés tués lors d'un assaut contre leur refuge en Kabylie

Vingt-cinq membres présumés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ont été tués par les forces spéciales de l'armée algérienne dans la nuit de vendredi à samedi en Kabylie, rapportent dimanche deux quotidiens arabophones "Ech Chourouk" et "Al Djazair News", citant "des sources informées".

Selon ces deux journaux, ces islamistes armés, au nombre d'une trentaine, étaient en train de placer des bombes sur le chemin qu'empruntent les véhicules de l'armée pour se rendre dans leur quartier général au lieu-dit Ighlane, situé à la frontière entre les départements de Tizi-Ouzou et Bejaïa (150km à l'est d'Alger)

Grâce au matériel de vision nocturne, les militaires de faction ont pu repérer les islamistes qui creusaient des trous dans la chaussée pour y enfouir les bombes. Après que l'alerte a été donnée, une unité militaire a poursuivi les membres du groupe terroriste qui se sont retranchés dans un refuge.

Au petit matin, l'armée a donné l'assaut de ce refuge avec des roquettes et des frappes menées par des hélicoptères, appelés en renfort dans la nuit. L'opération s'est soldée par l'élimination de 25 islamistes armés, ajoutent les deux journaux qui précisent que des quantités importantes d'armes et de médicaments ont été découvert dans ce refuge.

Cet assaut, qui n'a pas été confirmé officiellement, intervient dans le cadre d'une vaste opération de ratissage en Kabylie où pas moins de 30 autres islamistes armés ont été tués, dont cinq chefs, indique encore "Ech Chourouk". AP

Ech-Chourouk affirme par ailleurs que cinq "émirs" d'Al-Qaïda au Maghreb (ex-GSPC) figurent parmi les 28 islamistes armés tués durant les deux derniers mois au cours de diverses opérations de l'armée, notamment en Kabylie. "Ces émirs étaient à l'origine de plusieurs attentats-suicides", affirme le journal. "Les forces antiterroristes de l'armée sont ainsi passées depuis le début de l'année de la prévention à l'offensive" contre les groupes islamistes, souligne-t-il. (Ageances - 02.03.2008)

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lundi, 11 février 2008

Algérie, le retour du FIS

ebf30f441546caef7cbaf6bd8b59cbdb.jpgDans le quotidien Le Monde (9 février), M. Ali Belhadj, l’ancien numéro 2 du Front islamique du salut (FIS) a donné un entretien à Florence Beaugé, « Il faut trouver, d’urgence, une solution politique en Algérie » [1].

Cet important entretien appelle quelques commentaires.

1. Le moment choisi pour sa publication est important, marqué par la marche vers un troisième mandat (ce qui nécessite une révision de la Constitution) du président Abdelaziz Bouteflika et la relance du terrorisme.

2. M. Ali Belhadj ne condamne ni les attentats, ni les kamikazes. Mais il se démarque d’Al-Qaida dont il dit qu’elle est née en 1998 alors que le FIS a été créé en 1989. Il critique les talibans et l’Arabie saoudite…

3. Il réfute la thèse du pouvoir (discours présidentiel de Batna en septembre 2007) selon laquelle le terrorisme est le fait de l’étranger (Al-Qaida). Il serait donc algérien…

4. Pour mettre fin au terrorisme, affirme-t-il, l’approche sécuritaire ne marche pas, il faut une solution politique. Le FIS, explique M. Belhadj, est toujours pour une République islamique, mais le pouvoir doit être choisi par le peuple, le multipartisme respecté, l’injustice sociale et les atteintes aux libertés combattues. « Les relations avec les pays étrangers doivent se faire sur la base d’intérêts réciproques, dans la transparence et le respect. »

5. M. Belhadj, pour y contribuer, affirme avoir fait des propositions à M. Bouteflika (il ne dit pas lesquelles), mais le président n’a pas répondu.

6. Il a proposé notamment la réunion d’un Congrès où tous les partis politiques algériens, dont le FIS, seraient représentés afin de relancer le dialogue politique entre Algériens.

7. A défaut, il propose que le président négocie avec cinq leaders politiques qualifiés de « démocrates » : M. Hocine Aït Ahmed (Front des forces socialistes) ; M. Ahmed Taleb-Ibrahimi, ancien ministre, dirigeant du parti Wafa non autorisé) ; M. Mouloud Hamrouche, un ancien premier ministre ; M. Abdelhamid Merhi, ancien secrétaire général du FLN, ancien ambassadeur à Paris ; M. Abdennour Ali Yahia, ex-président de la Ligue de défense des droits de l’homme, avocat.

On peut noter que ni le Rassemblement national démocratique (RND), ni le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), pas plus que les partis islamiques « légaux » (notamment le Mouvement de la société pour la paix, l’ancien Hamas) ne sont représentés dans cette « délégation ».

Une question se pose : les cinq personnalités démocrates ont-elles donné leur accord à la proposition de M. Belhadj ?

8. La base de l’accord est le refus de la révision de la Constitution par une « minorité dictatoriale » et donc le refus d’un troisième mandat pour M. Bouteflika qui est cependant personnellement ménagé. M. Belhadj ne veut pas exclure l’hypothèse que le président ne se représente pas et il le distingue de « ceux qui dirigent le pays » et qui le « poussent » à un troisième mandat.

9. Paris est prié de se tenir à l’écart de la succession de M. Bouteflika. M. Belhadj fait allusion à une déclaration du président Nicolas Sarkozy (qui soutient l’interruption du processus électoral en 1992). Mais la « délégation » est composée d’une façon qui ne peut que plaire à Paris, trois de ses cinq membres ont un passé « francophile » et ont des appuis dans la capitale française.

10. Si on ne fait rien, explique M. Belhadj, la crise algérienne éclatera parce que le peuple ne supporte plus le « système » et « le petit groupe qui s’est accaparé toutes les richesses ». L’explosion « débordera » d’Algérie. La menace est claire, la France ne sera pas épargnée…

11. Quelle sera la réponse de M. Bouteflika ? Poursuivre et réformer la Constitution sans discuter avec la « délégation » ? C’est le plus probable. Mais il risque de se retrouver avec un candidat unique de l’opposition disposant d’un large soutien politique à l’intérieur et d’amitiés à l’extérieur.

12. Que vont faire la France et l’Europe ? M. Nicolas Sarkozy a peu de raisons de soutenir le président algérien qui s’est fait le champion du « french-bashing » (dénigrement de la France). Il peut, au minimum, lui compliquer la tâche sur la réforme constitutionnelle pour monnayer au prix fort son appui (au projet d’Union méditerranéenne, à un nouvel accord sur le gaz) ; il peut également soutenir un candidat choisi parmi les cinq : M. Taleb ou M. Hamrouche ?

13. Cet entretien marque un retour en force du FIS. Il utilise son « enfant terrible » pour contrer habilement le pouvoir et revenir dans le jeu. Marche-t-il sur les deux jambes (terrorisme et dialogue) ? Ou exploite-t-il une révolte qui se fait sans lui ? Dans ce dernier cas, rien n’assure que la « solution politique » fera rentrer le fleuve dans son lit et interrompra les actions terroristes.

14. La presse algérienne du samedi 9 février 2008 ne fait pas état des propos d’Ali Belhadj.

Jean-Pierre Séréni – Le Monde Diplomatique - dimanche 10 février 2008


[1] « Il faut trouver, d’urgence, une solution politique en Algérie », propos recueillis par Florence Beaugé, Le Monde, 9 février 2008.

dimanche, 10 février 2008

Bernard Kouchner et Joschka Fischer débattent des questions internationales

Q - Vous êtes tous les deux des enfants de 1968. Quelles implications cette filiation a-t-elle eues dans votre conception de la politique étrangère ?

R - M. Fischer - Si je pense à la discussion très difficile que nous avons eue sur les Balkans dans les années 1990, sur les valeurs de l'internationalisme, sur les Droits de l'Homme, le mouvement de 1968 a joué un rôle très important. Si vous ajoutez le terrible héritage du national-socialisme et de la Shoah, ma manière de voir le problème du Proche-Orient a été très influencée par cette histoire allemande. Au-delà du politique, 1968 a été un mouvement transnational, avec des racines nationales, mais avec des ramifications internationales. Mon rapport aux Etats-Unis a été marqué par cette période, la révolte étudiante, la lutte contre la guerre du Vietnam, mais aussi la conviction qu'il ne faut pas se taire devant les puissants. A quoi j'ajouterai la découverte de l'Europe.

R - M. Kouchner - Pour ma génération, l'internationalisme date de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie et ensuite contre la guerre du Vietnam. Mais pour nous, en France, 1968 a été une année plus "nationale" que pour les Allemands. Nous étions très centrés sur les problèmes français. J'ai pensé alors que c'était le dernier exercice de style des espérances révolutionnaires. Je suis parti fin août-début septembre pour le Biafra, où il y avait des massacres d'enfants ; c'est là que j'ai découvert la réalité du monde. J'ai découvert les vrais autres, ceux qui étaient dans le besoin et qui nous attendaient. Jusqu'en 1968 - et c'est pour cela que c'est une date charnière -, nous avions cru qu'il fallait changer le monde avant de s'intéresser aux hommes. Que le tiers-monde attendait le socialisme pour se réaliser. Nous avons découvert que, au contraire, il fallait peut-être aider un homme plutôt que vouloir les sauver tous tout de suite.

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Q - Si l'on fait un saut de trente ans, en 1998, pour Joschka Fischer, quarante ans pour vous, que reste-t-il de cette expérience de 1968 dans votre pratique quotidienne de la diplomatie ?

R - M. Kouchner - S'intéresser aux hommes, au moins autant qu'aux régimes, respecter bien sûr la représentation politique, mais être proches de la vie quotidienne, de la condition des hommes et des femmes. Mon expérience de terrain, sur trente ou trente-cinq ans, me sert considérablement. Il faut du temps pour faire comprendre que les sentiments, la vie quotidienne, la pauvreté massive sont aussi importants que les positions politiques. Si je n'avais pas commencé en septembre 1968 en Afrique, je n'aurais pas cette attitude.

R - M. Fischer - Il est très important pour moi de prendre en considération en même temps la sensibilité pour l'individu et les processus historiques. Si l'on regarde les défis de la politique étrangère, on ne peut les comprendre sans se référer à l'histoire. Et, au-delà de l'histoire, à l'importance de l'individu, avec l'oppression, la souffrance, mais aussi les droits. Autrement dit, la transition d'un monde fondé uniquement sur la puissance à un ordre international fondé sur le droit, dans lequel le droit des Etats soit de plus en plus complété par le droit des citoyens. C'est l'évolution la plus importante, au moins dans la période pendant laquelle j'étais ministre des Affaires étrangères.

Avec le retour en Europe de la guerre, du racisme, et même une forme de fascisme, cette évolution était amorcée mais pas encore complètement comprise. Aujourd'hui c'est différent. Et là arrive ma compréhension de l'histoire, celle d'un soixante-huitard de gauche imprégné de Marx et de Hegel, qui croit qu'il existe toujours des nécessités objectives. Au cours des vingt ans à venir, on verra que les systèmes autoritaires ne fonctionnent plus. Les économies modernes et les sociétés civiles fondées sur le savoir ne les toléreront plus. Ce sera le cas en Russie et en Chine. D'autres régions du monde vont également le comprendre. La question des Droits de l'Homme n'est pas seulement une question d'ordre moral mais de rationalité et de capacité de fonctionnement. Y compris pour le système international.

R - M. Kouchner - Optimiste tout ça ! En attendant cette période bénie, nous assistons à un regain de nationalisme, à des luttes religieuses exacerbées et à des oppressions qui ne disparaissent pas facilement. Sur le fond, dans dix ou vingt ans, d'accord, peut-être, j'espère... Pas sûr. Parce que, pour l'heure, les Droits de l'Homme sont mis en cause par la globalisation. Je suis d'accord que, plus tard, les Droits de l'Homme s'imposeront non pas seulement par la morale et l'idéologie, mais comme une nécessité humaine. Ce n'est pas demain la veille. Pour le moment, le terrorisme persiste, comme l'islamisme, qu'il ne faut pas confondre avec le terrorisme... Tous ces dangers sont devant nous.

R - M. Fischer - A propos du terrorisme islamiste, il faut se pencher sur les causes. Bien sûr, il faut le combattre. Mais pour pouvoir le combattre efficacement, il faut en comprendre les raisons. Nous voyons des sociétés confrontées à trois défis : l'héritage d'un empire disparu, l'empire ottoman ; l'héritage du colonialisme européen et la recherche de voies spécifiques vers la modernité. Le grand problème est qu'il n'y a pas de modèle de modernisation réussie. Au sein de la culture islamique, il n'existe pas une voie particulière vers la modernité. La Turquie est une exception positive.

R - M. Kouchner - Je ne suis pas d'accord. Je pense que l'utilisation de la religion est pour beaucoup dans le refus de ce monde moderne. Je crois que c'est vraiment une supercherie intellectuelle, une dénaturation, une déviation de la religion islamique qui, avec le Coran, offre peut-être des facilités pour que ces déviations soient populaires. Je pense profondément que la majorité des musulmans a peur de manifester son désaccord avec l'extrémisme. La façon dont certaines tendances religieuses permettent à des "petits" hommes d'avoir le pouvoir sur leur mère, puis sur les femmes de la famille, puis sur leur rue, est effrayante et un jour sera dépassée. Cela interdit à l'immense majorité des fidèles, des islamistes que j'appelle modérés, de se manifester.

Il faut aussi tenir compte, sans que cela soit un facteur décisif, de la pauvreté. Mais je refuse d'accepter que les assassins, ceux qui mettent des bombes à Alger, aujourd'hui, qui assassinent les Français en Mauritanie, qui ont organisé les attentats contre Benazir Buttho, qui sont les soutiens des talibans, tous ces gens soient l'expression nécessaire d'une crise de la modernité dirigés contre nous-mêmes et d'un besoin d'affirmer un monde différent.

R - M. Fischer - Je n'ai pas dit ça. J'ai dit : il y a des causes. Rechercher les causes ne veut pas dire les légitimer.

Q - Face aux régimes autoritaires, au terrorisme, au dévoiement de la religion, le message occidental est-il encore recevable ?

R - M. Kouchner - Recevable mais ni unique ni hégémonique. Le modèle européen est extrêmement important. Tout le monde demande l'Europe en croyant qu'il suffit de se mettre ensemble et qu'il n'y a pas de problèmes. Les dirigeants de l'Union africaine étaient récemment réunis à Addis-Abeba, ils n'avaient que le modèle européen à la bouche. Je suis sûr qu'il y a une attraction du modèle européen, qui n'est pas seulement politique, qui ne tient pas seulement à l'idée de fédération, l'idée de projets communs, l'idée d'une démarche commune, d'une défense commune mais aussi de valeurs communes, de valeurs culturelles communes, d'une protection sociale, de syndicats, de service public. Tout le monde y est très sensible. C'est très important de continuer à le construire. Aussi bien dans les pays du Golfe, il y a des idées de regroupements, de fédérations. Et on demande à l'Europe beaucoup plus qu'elle ne peut fournir. On demande même, par exemple, que l'Europe fournisse un calendrier de démarches mondiales à la prochaine présidence américaine. Et, d'ailleurs, nous allons y travailler. Il y a un vrai modèle occidental.

Et si l'on parle de l'unité du Maghreb ou de l'unité africaine, par exemple, c'est ce modèle qu'on a à l'esprit.

R - M. Fischer - Je suis d'accord que le processus de dépassement des souverainetés, sans pour autant gommer les différences, peut avoir un caractère exemplaire pour le XXIème siècle. Non pas pour la Chine, non pas pour les Etats-Unis, ou pour l'Inde, mais pour l'Amérique latine, pour l'Afrique.

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mercredi, 30 janvier 2008

Al-Qaïda revendique l'attentat meurtrier de mardi en Algérie

58fd8aec0403cbf05171e2b212702e3f.jpgDUBAI - La branche d'Al-Qaïda au Maghreb a revendiqué l'attentat à la voiture piégée contre un commissariat de police en Algérie, qui a fait mardi quatre tués, dans un communiqué mis en ligne mercredi. "Un Lionceau d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, le vaillant martyr Hamza Abou Abderrahmane, a lancé mardi 29 janvier à 06H30 locales un véhicule rempli d'au moins 650 kg d'explosifs contre l'un des remparts des apostats: le siège de la police judiciaire de Thénia", à 50 km à l'est d'Alger, écrit le groupe dans son communiqué mis en ligne sur un site islamiste, utilisé souvent par Al-Qaïda.

Le texte, dont l'authenticité ne peut être établie dans l'immédiat, ajoute que les locaux visés abritaient au moment de l'attaque "au moins 80 membres des forces de police, qui ont porté et continuent à porter malheur aux jeunes musulmans, au titre de leur contribution à la guerre mondiale contre le jihad", en référence à la lutte antiterroriste dans le monde.

Selon les services de sécurité, au moins quatre personnes, dont trois policiers, ont été tuées dans l'attentat qui, selon des témoins, avait été commis par un véhicule conduit par un kamikaze. Le véhicule piégé, une fourgonnette, n'a pas réussi à atteindre le commissariat, des policiers ayant fait feu sur le véhicule avant qu'il n'atteigne le bâtiment, ont ajouté les témoins, selon lesquels le kamikaze a actionné la mise à feu de la bombe qu'il portait lorsque les policiers ont commencé à tirer sur son véhicule.

"Contrairement aux allégations des apostats, notre martyr a réussi, grâce à Dieu, à atteindre sa cible (...) faisant des dizaines de tués et de blessés parmi les policiers", affirme Al-Qaïda au Maghreb islamique (BAQMI, ex-GSPC algérien) dans son communiqué. Cet attentat "prouve le flagrant échec des efforts militaires et politiques vainement déployés par les apostats et leurs maîtres croisés pour mettre fin à ces louables opérations", ajoute le groupe radical.

La nouvelle attaque suicide s'inscrit dans une vague d'attentats du même type déclenchée le 11 avril 2007 avec les actions contre le Palais du gouvernement à Alger et contre un commissariat de Bab Ezzouar, dans la banlieue est, qui avaient fait 30 morts et plus de 200 blessés. Ces attentats ont été revendiqués par la BAQMI. (AFP - 30 janvier 2008)

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