28/03/2008

L’AUTODÉTERMINATION, Quel sens lui donner de nos jours: Peuples sous occupation interne

Dr. Moncef Marzouki

a9230040848e58cff98ec51214630f8b.jpgUn train, dit-on, peut en cacher un autre. Idem pour un concept. Le droit à l’autodétermination a été utilisé pour la première fois par le président Wilson dans ses quatorze points, à la fin de la Première Guerre mondiale. Il n’a cessé depuis de signifier auto détermination par rapport à un occupant étranger.

L’Assemblée générale de l’ONU, dans la déclaration 1514 (XV) en date du 14 décembre 1960, affirme dans le préambule être « persuadée que le processus de libération est irrésistible et irréversible et que, pour éviter de graves crises, il faut mettre fin au colonialisme et à toutes les pratiques de ségrégation et de discrimination dont il s’accompagne... » Presque un demi siècle plus tard, elle reste dans le même registre en adoptant en ce mois de septembre 2007, une déclaration symbolique reconnaissant le droit à l’autodétermination aux peuples autochtones. Donc toujours par rapport aux ex-étrangers même s’ils sont devenus eux-mêmes autochtones comme en Australie ou au Canada.

Le drame qui s’est joué sous nos à Rangoon il y a trois mois , rappelle à bon escient que le problème a changé de nature , le mal ne venant plus du méchant étranger mais du méchant compatriote. Un vers célèbre du plus grand poète arabe Al Moutanabi le dit bien Pire que le coup de sabre le plus acéré : l’injustice des proches. Les indépendances des années 60 dans les pays du Sud ont souvent signifié un simple changement de maîtres. Les occupants étrangers ont cédé presque partout la place à des occupants locaux qui se sont montrés parfois infiniment plus cruels.

Certes le cas cambodgien est exceptionnel, mais la mise en coupe réglée d’une société par une dictature brutale et corrompue a été et reste le lot de beaucoup de peuples du monde. Sous un tel régime, on trouve les quatre caractéristiques fondamentales de l’occupation étrangère: L’habillage politique, le pillage économique, la main de fer sécuritaire et le mépris des coolies appelés pour mieux se moquer d’eux des citoyens.

En Tunisie, l’occupation interne est visible à l’œil nu. Une police pléthorique, plus nombreuse et mieux équipée que l’armée, parade ostensiblement dans les rues, surveille les plus petits carrefours des campagnes les plus reculées, monte des barrages à l’entrée de toutes les villes, et ce dans une démonstration de force permanente visant à entretenir la peur et la soumission de la population.

L’occupant interne peut prendre toutes les formes organisationnelles : familles maffieuses comme dans ce pays, parti idéologique comme au Cambodge ou en Corée du Nord, juntes militaires comme en Algérie ou en Birmanie, minorité conduite à sa perte par des hommes sans scrupules comme en Syrie. Partout le régime fonctionne à la manière d’un virus envahissant une cellule et s’emparant de la machinerie de l’ADN pour se nourrir, se répliquer, diffuser dans le corps, l’affaiblir et finir par le tuer.

La machinerie dont s’empare l’occupant interne est celle de l’Etat. La police n’a plus pour fonction de défendre la société contre le crime organisé, mais de défendre le crime organisé contre la société. La Justice est là pour couvrir d’un voile de légalité les exactions de la police. Les libertés individuelles et collectives, surtout la liberté de parole, sont muselées. Les ‘’élections ‘’, quand elles existent, font partie d’un simulacre de démocratie qui ne trompe personne. Tout cela a pour objectif ultime de concentrer le maximum de pouvoir, le plus Longtemps possible dans les mains des occupants pour s’adonner en toute impunité à leur péché mignon: la prédation. Cette dernière n’est pas seulement économique.

Elle est aussi morale et symbolique. On ne s’empare pas seulement de l’essentiel de la richesse mais aussi de tous les honneurs, de toute la dignité qui n’est plus une caractéristique intrinsèque de la personne humaine, mais une faveur concédée aux serviteurs et refusée aux traîtres et autres ennemis. On ne sait pas calculer le coût d’un tel régime. On sait simplement qu’il est prohibitif. Le nombre de prisonniers politiques, celui des torturés et des exilés, la quantité d’argent public volé, ne sont que les symptômes aigus de l’infection.

Il y a les effets à long terme qui eux passent inaperçus. Les systèmes bancaires, de santé, de justice et d’éducation sont gérés par un mélange de corruption, d’irresponsabilité, et d’incompétence. Ils finissent, en l’absence de toute évaluation et réformes, par tomber en ruines, avec les effets que l’on imagine sur la population et que l’on imagine moins sur les générations futures. Si l’on ajoute à cela le délabrement moral dû à l’atmosphère de peur, d’impuissance et d’indignité générale, on mesure le degré de souffrance endurée. La société occupée commence d’abord par imploser à travers l’augmentation des inégalités, de la criminalité, du suicide, des divorces, de troubles psychiatriques. Puis un jour elle explose comme par un réflexe de survie.

C’est le terrorisme à l’Algérienne ou à la Saoudienne, ou bien l’insurrection civile comme aujourd’hui en Birmanie et demain dans de nombreux autres pays occupés. Tout le long de la rive sud de la Méditerranée, la question n’est pas de savoir si les peuples vont se soulever, mais quand. Les grands Etats occidentaux, obnubilés par le terrorisme, l’immigration et la stabilité régionale et grands soutiens de nos occupants, seraient mieux inspirés, de cesser de prendre les pyromanes pour les pompiers.

La dictature est aujourd’hui un danger et un fardeau pour tous. La communauté internationale et notamment l’Occident, doit assumer toute sa responsabilité dans son éradication. J’ai suggéré dans ces mêmes colonnes quelques pistes pour renforcer de l’extérieur le combat des résistants de l’intérieur. La dictature doit devenir un crime contre l’humanité et l’ONU assimiler l’oppression d’un peuple par des maffieux, des généraux d’armée ou de police secrète, ou des idéologues psychopathes, au racisme, à l’anti-sémitisme et au colonialisme. Elle pourrait instaurer un mécanisme international de surveillance des élections, invalider toutes celles qui n’obéissent pas aux critères de la démocratie et mettre au ban de la communauté internationale tous les pouvoirs qui en sont issus. Le Boycott doit être systématique, non contre les peuples qui risquent d’être doublement punis, mais contre des hommes bien identifiés.

Un anti-Nobel de la paix qu’on pourrait appeler le prix Hitler pourrait être attribué annuellement au dictateur de l’année (Je nomine tout de suite Ben Ali pour 2009). Tous les tribunaux, notamment dans les pays démocratiques devraient se considérer compétents pour traiter de plaintes des victimes de ces ‘’tortiocraties’’. Mais, une porte de sortie devrait être laissée ouverte en permanence à tous ceux qui accepteraient un passage pacifique à la démocratie en échange de l’impunité. La vie a plus d’importance que la justice et de toutes les façons, ce qui doit primer dans cette dernière est la réparation, non le châtiment. La porte de sortie est nécessaire à des fauves blessés qui se sont enfermés eux-mêmes et ont enfermé la société des quatre côtés, et devenant de ce fait prêts à tout pour défendre leur fourrure.

Certes les temps sont durs pour le peuple birman et tous les peuples occupés soumis ou en lutte, mais ils ne le sont pas moins pour leurs tourmenteurs. Il faut qu’ils deviennent encore plus, afin que s’accélère et que s’achève par cette deuxième indépendance qu’est la démocratie, le processus de libération des peuples opprimés.

Source: Le site du Dr. Moncef Marzouki le jeudi 27 mars 2008

01/11/2007

Sahara-Occidental : la Mission de l'ONU prorogée jusqu'en avril 2008


 

31 octobre 2007 – Le Conseil de sécurité a décidé cet après-midi de proroger au 30 avril 2008 le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Le Conseil de sécurité, par sa résolution 1783 (2007), adoptée à l'unanimité, « demande aux parties de continuer de faire preuve de volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin d'engager des négociations de fond ».

Le Conseil demande en outre aux parties de « poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts réalisés depuis 2006 et des événements des derniers mois », et ce, dans l'objectif de parvenir à une « solution politique juste, durable et mutuellement acceptable » permettant « l'autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d'arrangements compatibles avec les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies ».

Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité, le Secrétaire général recommandait « que le Conseil demande à nouveau aux parties, le Maroc et le Front POLISARIO, d'engager de réelles négociations, et d'assurer ainsi une application plus effective de sa résolution 1754 (2007) » (dépêche du 23.10.2007).

Le représentant de l'Afrique du Sud, Dumisani Kumalo, a regretté, avant le vote, que le projet de résolution ne fasse aucune mention des droits de l'homme au Sahara occidental.

« Le Conseil de sécurité aurait dû soutenir le Secrétaire général dans ses observations et avertissements aux parties », a-t-il ajouté, déplorant une politique des « deux poids deux mesures » qui explique, à ses yeux, « le fait que les décisions du Conseil ne soient pas, parfois, prises au sérieux ».

Le délégué a en outre exprimé son « profond regret que le Conseil n'ait même pas pu, comme il a l'habitude de le faire, accueillir favorablement le rapport du Secrétaire général ». « Certains n'ont pas aimé ce qui figurait dans le rapport, laissant à penser qu'ils soutenaient l'une des parties », a-t-il expliqué, « estimant que toute tentative de placer la proposition d'une partie au-dessus d'une autre était de nature à saper le processus de négociation ».

01/05/2007

L'ONU appelle Rabat et le Polisario à négocier

medium_SGE.TXP37.300407160837.photo00.photo.default-512x342.jpgMAROC  - 30 avril 2007 - AFP Le Conseil de sécurité a appelé lundi le Maroc et le Front Polisario à négocier sans conditions l'avenir du Sahara occidental sous l'égide de l'ONU, en vue de parvenir à l'autodétermination du peuple sahraoui. Dans une résolution adoptée à l'unanimité de ses quinze membres, numérotée 1754, il "appelle les parties à engager des négociations sans conditions préalables et de bonne foi, en prenant en compte les événements des derniers mois, afin de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette d'assurer l'autodétermination du peuple du Sahara occidental".

Le Conseil suit ainsi les recommandations du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et lui demande "d'organiser ces négociations sous ses auspices". Le Conseil proroge de six mois de mandat de la Mission de l'ONU pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso). Il ne prend pas position pour l'un ou l'autre des plans concurrents présentés par le Maroc et le mouvement indépendantiste sur l'avenir du territoire, se contentant d'en prendre note. Toutefois, il "se félicite des efforts sérieux et crédibles du Maroc pour faire avancer le processus vers une solution".

La résolution a été aussitôt saluée par les deux parties, ainsi que par l'Algérie, alliée du Polisario, avec toutefois des lectures différentes. Le Conseil "consacre de manière solennelle le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui comme étant le socle sur lequel doit se fonder la solution" du conflit, a affirmé Mhamed Khadad, négociateur du Polisario, dans un communiqué. Le Maroc, ajoute le texte, "a échoué une fois de plus dans la tentative de légitimer son fait colonial au Sahara occidental". Le Polisario s'était déclaré prêt dimanche à des négociations directes avec le Maroc.

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16/04/2007

Le rapport du secrétaire général de l'ONU avantagerait l'autodétermination dans la solution du conflit sahraoui !

medium_TW.PNGLe président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Abdelaziz, a jugé "équilibré" le rapport du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui affirme que l'autodétermination constitue la seule la solution au conflit du Sahara-Occidental. "Il maintient et insiste sur le fait que le problème du Sahara-Occidental est un problème de décolonisation et que sa solution réside dans le respect du droit des Sahraouis à l'autodétermination", a commenté Mohamed Abdelaziz sur les ondes de la chaîne III de la radio algérienne.

Pour le président sahraoui, ce rapport, soumis au Conseil de sécurité, "enregistre et reflète la préoccupation de l'ONU en ce qui concerne les violations des droits de l'Homme dans les territoires occupés du Sahara-Occidental, comme il indique également que le Front Polisario et le gouvernement du Maroc doivent entamer des négociations pour arriver à une solution qui garantit le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination".

Mohamed Abdelaziz a réitéré son appel au Conseil de sécurité pour qu'il exerce "les pressions nécessaires" sur la partie "qui bloque le droit international et viole les droits de l'Homme dans les territoires occupés du Sahara-Occidental".

Concernant les propositions soumises, mardi dernier, par le Front Polisario au secrétaire général de l'ONU, le président sahraoui a indiqué que "le Conseil de sécurité a considéré que ces propositions sont constructives, objectives et flexibles". "Ces propositions offrent aussi, et contrairement à celles avancées par le Maroc, trois options, à savoir: l'indépendance, l'intégration au Maroc ou l'autonomie", a-t-il résumé, ajoutant qu'elles reflètent "notre disponibilité à engager des négociations sérieuses avec le Maroc".

Le Maroc de son coté vient de rendre public le texte intégral du projet d’autonomie remis au secrétaire général des nations unies le Mercredi 12 avril et intitulée « Initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'autonomie de la région du Sahara ». Dans sa lettre d’accompagnement le Maroc précise qu’il s’agit bien d’une initiative qui s’inscrit « dans le cadre de la souveraineté du Royaume, de son intégrité territoriale et de son unité nationale ». Qualifiée de «  de compromis, novatrice, responsable et ouverte qui, par son contenu et sa finalité, permet à tous les sahraouis, qu'ils soient de l'intérieur ou de l'extérieur, de gérer eux-mêmes et démocratiquement leurs affaires à travers différents organes législatif exécutif et judiciaire représentatifs. »

00:50 Ecrit par TUNISIA watch | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Maroc, RASD, Autonomie, Autodétermination

13/03/2007

Le secrétaire général des Nations-Unies rencontre Mohamed Abdel Aziz respensable du Front Polisario

medium_1173512596Photo_200.jpgMohamed Abdel Aziz, Secrétaire général du Front Polisario a été reçu le vendredi 8 mars 2007 par le nouveau secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki Moon. A l’issue de la rencontre, le secrétaire général du Polisario a, dans une déclaration rendu publique, dit lui avoir affirmé que « le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance constitue l’unique base reconnue par l’Onu pour le règlement du conflit du Sahara Occidental. ».

Cette rencontre, qui s’est déroulée en présence de hauts responsables sahraouis et onusiens, a porté sur le processus de paix, la situation actuelle ainsi que les perspectives. Au cours de cette rencontre, Mohamed Abdelaziz est revenu sur les acquis engrangés par l’Onu dans la recherche de solution à ce conflit. Il s’agit, entre autres, du Plan de règlement, des accords de Houston, du Plan Baker. Le Secrétaire général du Front Polisario a plaidé pour la préservation des acquis de ces accords. « Ces résultats doivent être préservés de toutes tentatives de remplacement par des propositions », a indiqué le communiqué. Mohamed Abdelaziz a rejeté la proposition marocaine visant à accorder une large autonomie aux populations sahraouies. « La soi-disant proposition d’autonomie que le Maroc prétend élaborer n’est rien de plus qu’une manœuvre indécente visant à impliquer les Nations unies dans la légitimation de son occupation militaire de notre pays. Ladite proposition est rejetée de façon catégorique par le Front Polisario », lit-on dans le communiqué.

medium_bsabbar.jpgD’autre part Amnesty International s’est déclarée très préoccupée par la condamnation à un an d'emprisonnement de deux défenseurs sahraouis des droits humains, Brahim Sabbar secrétaire général de l'Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l'homme commises par l'État du Maroc et Ahmed Sbai membre de l’association. La peine a été prononcée le 6 mars par un tribunal de Laayoune. L'organisation pense qu'ils ont été emprisonnés pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression, d'association.

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