jeudi, 24 juillet 2008
Tunisie, terre de paradoxes: Au pays du sourire perdu
Le plus petit pays du Maghreb, la Tunisie, s’est incontestablement forgé un grand destin touristique. Pourtant, il suffit de traverser la rue pour rencontrer une Tunisie qui fait grise mine sous l’éclat d’un soleil qui fait courir des millions de touristes par an. Bassem a 24 ans, est technicien supérieur en informatique depuis le début de l’année.
Il est venu chercher du travail comme serveur dans un fameux palace. Il rentre bredouille, un petit classeur sous le bras. « Ce sont ceux qui ont des diplômes supérieurs qui trouvent du travail. Nous, on doit attendre jusqu’à deux ans pour travailler. Le chômage ? Ils disent qu’il est de 14%. Mais il doit être au moins de 20%. On cache tout en Tunisie. » Il parcourt du regard l’imposant hôtel qui barre la vue sur la mer. « Ils m’ont dit que ma formation ne correspond pas. Ce qui est vrai, mais il y a quelqu’un qui m’avait promis un emploi ici. »
Que cache-t-on donc en Tunisie ? Bassem avec une colère froide parle sans s’assurer de la qualité de son interlocuteur. Il détache son regard du palace blanc et nous lance : « Savez-vous à qui appartient cet hôtel ? C’est la propriété du beau-frère du Président (de la République). Il a d’autres hôtels de luxe et une compagnie aérienne. Il est concessionnaire automobile, il est dans les banques, il a une radio et beaucoup d’autres sociétés. Il y a dix ans, c’était un enseignant qui touchait 250 DA par mois (15 000 DA algériens, ndlr). » L’anti-self made man scandalise le pays profond. « C’est ce qui fait bouillir la population. C’est le seul tort du président », ajoute Bassem.
La fortune de l’entourage immédiat de Ben Ali n’échappe pas aux Tunisiens, le black-out de la presse locale n’y pouvant rien. Le jeune informaticien a-t-il voté en 2004 pour Zine El Abidin Ben Ali qui s’était représenté pour un 4e mandat ? « Oui, répond-il. Et je voterai pour lui en 2009 et en 2014. On votera pour lui tant qu’il respirera. » Impossible de décoder le sourire figé qui accompagne ces mots. Il tente d’argumenter. « Je vis, je suis nourri et je suis tranquille. Pourquoi je ne voterai pas pour lui ? », fait-il remarquer. Il y avait bien d’autres candidats à la présidentielle en 2004, des lièvres qui ont vite détalé dans la nature. « Il y avait d’autres candidats, mais je ne me souviens pas de leurs noms. On les a montrés deux ou trois fois à la télé. »
« Tout va bien »
Bassem finit par se poser des questions .« Et vous, vous êtes qui ? » « Journaliste algérien en formation », répondons-nous. Il s’exclame : « En formation en Tunisie ? Impossible ! C’est nos journalistes qui doivent venir se former en Algérie. Nos journaux disent tous les jours que tout va bien. D’ailleurs, moi aussi je dis tout va bien pour qu’un jour je trouve du travail. » La « misère » politique locale n’empêche pas le Tunisien de base d’avoir sa propre vision du monde. La situation en Algérie ne laisse pas indifférent. Le récalé à la réception du palace nous explique : « Les pays arabes ont, soit la richesse naturelle, soit la richesse humaine. Il n’y a que l’Irak et l’Algérie qui réunissent les deux atouts. Et regardez dans quel état ils se trouvent. Ce ne sont pas les Algériens qui ont plongé leur pays dans la guerre depuis dix ou quinze ans. Cela vient de l’étranger. Vos généraux sont manipulés par la France. » Ce sont les chaînes satellitaires arabes qui comblent le déficit en information des Tunisiens.
L’on ne voit guère un homme avec un journal sous le bras, ou parcourant les pages sur une terrasse de café. Nous rencontrons finalement un jeune buraliste qui a lu un article de presse relatif à l’Algérie Des femmes algériennes habitant la bande de Ghaza avaient manifesté, le 9 juillet dernier, demandant le droit de rendre visite à leurs familles en Algérie. « J’ai pleuré en lisant l’article sur ces femmes courageuses qui ont interpellé le président Bouteflika pour qu’il leur vienne en aide contre le blocus israélien », nous dit le buraliste. La paix est revenue en Algérie, croit-il savoir. « Votre Président en a fini avec les salafistes, tout comme notre Président. » Il nous conseille, à propos des journaux présentés dans sa boutique : « Achetez Le Quotidien, si vous voulez des informations du monde, ou Le Temps, pour les informations culturelles. »
Pour la chronique tunisienne, il faut aller dans la rue. Ammar a 48 ans, il est économe dans un établissement. Ce père de famille de 4 enfants a des fins de mois difficiles. « Vous n’êtes que de passage, vous ne pouvez pas remarquer que la vie est chère, ici », explique-t-il. Il est payé 400 dinars tunisiens par mois (25 000 DA). Le litre de lait vaut 1 DT (le même prix qu’une canette de bière), une visite médicale revient à 25 DT, soit deux journées de travail, et le loyer peut absorber jusqu’aux trois quarts d’un salaire moyen. La forte demande des touristes explique en partie la pression sur le marché de l’immobilier. 2,3 millions de personnes vivent à Tunis, sur une population totale de 10 millions d’habitants. Que pense Ammar de la réputation de « pays du sourire » en vogue dans les milieux touristiques ? Il est le dernier à connaître cette formule. « Il faut voir ce qu’il y a derrière le sourire.
Les touristes qui fréquentent les hôtels ne se rendent pas compte des difficultés que nous vivons. » Va-t-il voter l’année prochaine, quand un cinquième mandat pourra être brigué par l’actuel Président ? « Je n’ai jamais voté et je ne voterai pas », répond-il. Il n’a pas d’opinion concernant l’utilité d’une élection dans une société moderne, d’aspiration démocratique. Il n’avait jamais fait le lien entre l’acte de voter et un possible changement politique. « Le peuple tunisien a atteint un degré de maturité suffisant pour assumer la gestion de ses propres affaires. Certains ont pensé que je pourrais prendre en charge ses destinées (…) J’ai un tel respect pour le peuple tunisien que je ne lui souhaite pas de maître. » C’était Habib Bourguiba qui s’exprimait ainsi le 25 juillet 1957, devant l’assemblée constituante.
50 ans plus tard, les Tunisiens auront connu deux chefs qui n’ont rien contre la présidence à vie. Sur l’avenue Habib Bourguiba, les Champs Elysées de Tunis, ce sont les portraits de Ben Ali qui trônent. Les slogans sont incantatoires : « El ouafa li rajoul el ouafa (la fidélité pour l’homme de la fidélité) », « Mes ambitions au service de la Tunisie ». Aucune représentation du « père de la Tunisie moderne ». Le plus haut monument de l’avenue orne la place du 7 Novembre, correspondant au jour où Ben Ali déposait Bourguiba, en 1987. La place est bien gardée par des policiers en armes. Aucun banc aux alentours, de peur d’un regroupement assis. Il faut circuler ou se constituer client des cafés à terrasse, dans le pur style parisien.
« Un seul parti »
Le 7 novembre est la fête nationale, baptisée « Ettahaouel el moubarik (le changement béni) ». C’est le seul mot qui fait s’esclaffer les Tunisiens. « Moubarik ? ça se dit pour le Prophète, pas pour un homme ordinaire », remarque-t-on. En matière d’inspiration religieuse, l’on a vu mieux, ou pire. Saddam Hussein avait proclamé « El youm el adhim », en accédant au pouvoir en juillet 1979. Ce n’était pas d’ordre prophétique, mais divin. L’on est loin du dialecticien Boumediène et son « redressement révolutionnaire » de juin 1965. Le mot « ettahaouel » revient dans n’importe quelle discussion en Tunisie.
Fouad, 22 ans, est apprenti pâtissier et nous explique pourquoi il a désespéré de continuer ses études : « Ma cousine a 24 ans, elle a le bac + 4 et elle est animatrice dans une maison de jeunes. Ce qu’elle fait ? Elle s’occupe par exemple des chorales d’enfants pour la fête de Ettahaouel. » Fouad ne décolère pas. Son centre de formation professionnelle (public) ne l’a pas placé en stage pour cet été, ce qui lui aurait permis de gagner un peu d’argent. « Il faut être d’une famille aisée pour qu’on t’envoie en stage dans un hôtel. Je suis en train de chercher une place moi-même. C’est pourtant compris dans ma formation. Mais je ne peux pas faire de réclamation, mes amis m’ont dit que je peux être privé de certificat à la fin de la formation. »
Fouad est habité par la peur. Il habite à 10 km de la frontières algérienne, mais il n’a jamais passé la ligne. « Avec le cachet algérien sur mon passeport, je peux avoir des problèmes si je demandais un visa pour l’Europe », avoue-t-il. Mais il aime les Algériens. « Ce sont eux qui me prenaient en stop quand je partais au collège, qui était loin de 17 km de chez mois », dit-il. De son village, il voyait « les lumières de Tébessa ». Il s’est installé chez des proches dans la banlieue de Tunis pour pouvoir suivre sa formation. « J’ai moi aussi un calepin », fait-il, en tirant un petit bloc-notes de sa poche .
« Ce sont des recettes de pâtisserie. » Que signifie pour lui la démocratie ? « C’est quand les droits de chacun sont respectés. Personne ne viendra par exemple toucher à ta voiture », dit-il. Il y a combien de partis politiques en Tunisie ? Il réfléchit deux secondes : « Un seul, celui qui gouverne, il me semble », répond-il sans conviction. Fouad ne parle pas du Président, mais de son propre père, parti en France depuis avril dernier. Le père a averti son fils par sms : « Je prends l’avion demain matin à 9 h. Je te souhaite le courage et une bonne santé. » L’exil du père s’ajoute à celui du fils. Ce dernier n’a pas compris pourquoi il lui a souhaité du courage. « Il est installé au sud de la France, je le rejoindrai peut-être un jour », espère Fouad.
Les festivals et le foot
Dans ce pays qui paraît être en fête, où les festivals jalonnent les jours d’été, le climat général est compassé. L’exubérance est bannie. Pas un mot dans les bus. Dans les taxis, seul mot d’ordre : le football du début jusqu’à la fin de la conversation. Le sport fait d’ailleurs l’ouverture des quotidiens d’informations générales un jour sur deux. L’on marque un arrêt, un long silence, en apprenant la nationalité algérienne de son interlocuteur. Un respect muet, mêlé de tristesse. « Ces Algériens… Ils souffrent, mais aucune liberté ne leur est étrangère », devait-on se dire.
Le foisonnement des activités culturelles n’arrive pas à semer la joie dans les cités. « C’est pas pour nous. Pour aller au festival, il faut payer 25 DT. La fête, c’est pour les riches. Il y a quinze jours, Elyssa a chanté pour 500 DT la place, c’est deux fois mon salaire », nous dit un jeune de 30 ans, ouvrier dans le bâtiment. Son baladeur diffuse du raï algérien, assourdi dans l’écouteur. « Ma distraction, c’est aller à la plage. Je regarde aussi mbc action pour les films et Ennas Tv, pour la religion. Jamais la télévision tunisienne », lance-t-il. « Je ne fais rien d’autre. Tout est cher. Comment je vois l’avenir ? Il faut un changement de pouvoir », dit-il, en passant un doigt sur l’autre, pour signifier un changement radical. Soudain, son visage se crispe. Une alerte interne s’est déclenchée.
Il regarde sous l’abribus s’il n’y a pas de jambes qui traînent. Il se lève, il en fait le tour et revient. « Savez-vous que c’est un palais présidentiel qu’il y a derrière ? », dit-il, simplement. Il réajuste ses lunettes, visse l’écouteur et s’en va. Le lendemain, 1000 km plus loin, nous nous retrouvons dans un bus bondé de monde. Des discussions crèvent les tympans. Le chauffeur manque d’écraser une petite voiture contre la glissière de sécurité et reçoit une volée de bois vert par la vitre ouverte. Au loin, il est écrit sur un mur : « Pour un changement radical : votez MDS ». Nous sommes à Alger.
Djaffar Tamani – El Watan -23 juillet 2008
11:14 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali
vendredi, 18 juillet 2008
Le président Ben Ali annonce un plan en faveur de la région de Gafsa
Le président tunisien, Zine El-Abidine Ben Ali, a annoncé, mercredi 16 juillet, une série de mesures en faveur de la région minière de Gafsa, (400 km au sud-ouest de Tunis). C'est la première fois que le chef de l'Etat tunisien évoque publiquement les troubles graves qui secouent de façon presque ininterrompue, depuis janvier, cette province déshéritée de l'intérieur. Gafsa est un bastion ouvrier surveillé de tout temps par le pouvoir, car c'est là qu'ont démarré tous les grands mouvements sociaux de Tunisie. Le chômage y atteint aujourd'hui le double de la moyenne nationale et avoisine les 30 %.
Dans un discours, M. Ben Ali a dénoncé "les irrégularités commises par les responsables de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG)" lors d'un concours d'embauche "ayant suscité la désillusion et la déception des jeunes concernés". Le chef de l'Etat faisait allusion aux manifestations qui ont suivi l'affichage, le 5 janvier, des résultats de ce concours suspecté d'avoir bénéficié aux notables locaux ou aux proches du parti au pouvoir. Plus de 1000 candidats avaient brigué les quelques 80 postes proposés. Cette offre d'embauche était exceptionnelle, la CPG, seul employeur de la région, ne recrutant plus depuis des années en raison de la mécanisation des mines.
Les mesures annoncées mercredi par M. Ben Ali portent sur la création d'emplois, l'amélioration des conditions de vie et le développement économique de la région. Il s'agit de projets agricoles et d'infrastructures (routes, raccordement au gaz naturel, eau potable, complexes industriels), d'un programme de formation des jeunes, ou encore la mise au point d'un circuit touristique de découverte des sites berbères du secteur.
Ce plan d'action permettra-t-il de ramener le calme à Gafsa, dont la population est mobilisée depuis maintenant six mois ? L'économiste Ali Bédoui, membre du Comité national de soutien aux habitants du bassin minier de Gafsa, est sceptique. "On tente de calmer les esprits, mais on traite le problème comme s'il était conjoncturel, sans tenir compte des réalités et des spécificités de la région", déplore-t-il. Pour lui, il est illusoire de croire que les entreprises privées "vont sauter sur l'occasion et s'installer à Gafsa" alors que la tendance générale est d'affluer sur le littoral. De même, Ali Bedoui trouve "un peu choquant" de miser sur le tourisme ou l'artisanat dans ce secteur minier peu attractif. Par ailleurs, la vraie misère dans le gouvernorat de Gafsa, souligne-t-il, affecte "non pas tant le bassin minier que les zones rurales situées plus à l'est, véritablement sinistrées", pour lesquelles rien n'a été annoncé.
Enfin, tous les manifestants qui ont été arrêtés vont rester en prison, en attendant leur procès. De lourdes charges pèsent contre eux, en particulier contre Hajji Adnane, leur porte-parole charismatique.
Florence Beaugé - LE MONDE - 18.07.08
15:05 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali, Gafsa
jeudi, 17 juillet 2008
Ben Ali annonce des mesures en faveur de la région frondeuse de Gafsa
Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a annoncé mercredi un train de mesures en faveur de la région minière de Gafsa (350 km au sud-ouest de Tunis), évoquant pour la première fois les manifestations qui s'y sont déroulées récemment sur fond de chômage.
Dans un discours prononcé lors d'une réunion sur la situation à Gafsa, chef-lieu du bassin minier, il a mis en cause "des irrégularités commises par les responsables de la Compagnie des phosphates de Gafsa" (CPG) dans un concours d'embauche "ayant suscité la désillusion et la déception des jeunes concernés", a-t-il dit. M. Ben Ali se référait ainsi au mécontentement déclenché le 5 janvier par l'annonce des résultats d'un concours de recrutement à la CPG qui aurait été falsifié au profit de notables membres ou proches du parti au pouvoir.
L'agitation a tourné à l'affrontement entre forces de police et manifestants ayant nécessité un déploiement de l'armée à Redeyef, principale ville minière de la région, où plusieurs personnes ont été blessées et un jeune manifestant tué par balles le 6 juin. Le président tunisien a souligné son "refus de toute exploitation de ces évènements ou d'autres pour porter atteinte à la sécurité publique et nuire aux biens de l'Etat et des particuliers", a-t-il averti dans son discours.
Au lendemain des affrontements, il avait fait limoger le directeur général de la CPG et les meneurs du mouvement de la protestation sociale du bassin minier ont été incarcérés et inculpés, dont le porte-parole, Hichem Hajji, un syndicaliste dissident.
La CPG est le principal employeur dans la région riche en phosphates mais où le chômage dépasse largement le taux national officiel de 14% et frappe particulièrement les diplômés de l'université. Les mesures annoncées mercredi visent à créer des emplois, améliorer les conditions de vie et le développement économique de la région moyennant des fonds supplémentaires publics et privés.
Il s'agit de projets agricoles (arboriculture, pâturage, lutte contre l'avancée des sables) et d'infrastructures (routes, raccordement au gaz naturel, eau potable, complexes industriels, équipements culturels et sportifs) pour les différentes localités minières de la région.
Sont notamment au programme une cimenterie et une fabrique de triacide de phosphate, un programme de formation pour les jeunes et un circuit touristique intégrant les sites berbères de la région enclavée dans le sud-ouest proche de la frontière algérienne. (AFP, 16-7-2008)
22:11 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Gafsa, Bassin Minier, Ben Ali
mercredi, 16 juillet 2008
Chebbi participera aux élections présidentielles en Tunisie malgré les blocages juridiques
Le Parti Démocratique Progressiste (PDP) de Tunisie est déterminé à désigner Nejib Chebbi comme son candidat officiel pour les élections présidentielles de 2009. Mais aux termes d'un projet de loi actuellement à l'étude, sa candidature pourrait être illégale.
Un projet de loi qui devrait être ratifié par le parlement tunisien exige en effet que tout candidat à l'élection présidentielle soit le secrétaire général élu d'un parti autorisé.
Chebbi, ancien secrétaire général du PDP et actuel rédacteur en chef du magazine Al Mawkif, a entamé une campagne non officielle dans plusieurs gouvernorats tunisiens en début d'année. Sa candidature à la présidence – et l'opposition au projet de loi en cours d'examen qui rendra cette candidature illégale – bénéficie du soutien total de l'actuelle secrétaire générale du mouvement, Maya Jribi.
S'exprimant le 5 juillet lors d'un colloque organisé à Tunis, Mme Jribi a déclaré que le rejet par son parti de ce projet de loi "ne résulte pas du désir d'insister sur certaines personnes ou décisions particulières [mais plutôt] de la croyance profonde dans le droit du peuple tunisien au libre arbitre".
Mme Jribi a expliqué : "Notre objectif a toujours été de mettre en place un système politique et légal qui respecte l'intelligence du peuple tunisien et se rapproche des normes généralement acceptées en matière de processus électoral."
Nejib Chebbi a déclaré à Magharebia : "Nous avons deux options : la réforme ou le chaos. Dans cet environnement politique totalement fermé, nous n'avons pas d'autre choix que de rejeter ce projet de loi, de faire entendre notre opposition et de mobiliser l'opinion publique contre lui."
"Nous ne pouvons poursuivre ce statu quo", a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant qu'il sera difficile d'aller à l'encontre de la loi électorale, M. Chebbi reste optimiste.
"L'immense vague démocratique qui submerge le monde entier ne peut exclure notre pays. Nous souhaitions résolûment participer à la bataille des élections avant son lancement. Nous avons forcé les autorités et l'opposition à inscrire la question des élections sur leur agenda politique", explique-t-il.
Par ailleurs, en réponse aux accusations soulevées par des militants de l'opposition affirmant que le Code électoral avait été modifié spécialement pour exclure des candidatures comme celle de Chebbi, le Ministre de la Justice Bechir Tekkari a déclaré aux journalistes le 4 juillet que "tous les pays du monde imposent certaines conditions aux candidats aux élections présidentielles, afin de garantir la crédibilité de leurs candidatures".
En fait, cet amendement au Code électoral renforcera la démocratie, a ajouté M. Tekkari, parce que les élections précédentes n'avaient autorisé que des candidatures de responsables de partis comptant des représentants au parlement.
Alors que les députés hésitent à modifier les règles d'éligibilité des candidats aux élections, les membres du PDP ont appelé lors de leur rassemblement du 5 juillet à "apurer" le climat politique.
Le PDP a proposé d'adopter un "important amendement constitutionnel" limitant le nombres de mandats présidentiels à deux, ce qui mettrait fin au régime de présidence à vie.
Le Président Zine El Abidine Ben Ali est au pouvoir depuis 1987. Il devrait annoncer son intention de se représenter lors du congrès du parti au pouvoir, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique, qui se tiendra fin juillet.
Malgré les défis juridiques et les rassemblements de partis, la controverse sur ces élections semble n'avoir que peu d'impact sur le citoyen de la rue. Selon Samir Hzami, la seule chose qui le préoccupe est de pouvoir assurer une vie décente à lui-même et à ses enfants. "Laissons la Présidence de la République à qui la veut", a-t-il déclaré à Magharebia.
Makrem Dridi, âgé de 18 ans, se préoccupe surtout de savoir comment il va pouvoir payer ses vacances cet été. Il n'a pas encore décidé s'il irait ou non voter.
"Je ne pense pas que nos élections soient une course acharnée, comme c'est le cas en Europe et aux Etats-Unis… Elles ne changeront rien à ma vie", explique-t-il.
Selma, une salariée de 50 ans, pense au contraire que les prochaines élections seront importantes pour tous les Tunisiens. Jusque-là, elle espère que l'actuel Président prendra des mesures importantes, comme des augmentations de salaires. "Je ne sais pas grand-chose de Chebbi", admet-elle.
Son amie Meryam n'a montré aucun intérêt pour cette discussion.
"Laissons les politiques parler politique", s'est-elle contenté d'affirmer.
Jamel Arfaoui - Maghrebia
10:02 Ecrit par AY dans 20 Ans de Dictature en Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chebbi, tunisie, ben ali
lundi, 07 juillet 2008
تونس: حقيقة الصورة و بؤس السيناريو
يبدو أنه وقع التخلي في النهاية عن الزيارة التي كانت مبرمجة للجنوب الغربي من طرف الرئيس بن علي لهذه المنطقة التي تشهد منذ فترة توترا إجتماعيا تجلى بشكل مشهود في المظاهرات الإحتجاجية التي شهدتها مدن منطقة الحوض المنجمي بقفصة و معتمدية فريانة من ولاية القصرين. و كان من المفروض أن يشكل تحول رئيس الدولة على عين المكان علامة واضحة على إهتمام الدولة بأوضاع المنطقة و تأكيد للثقة في سعيها إلى حل مشاكلها و هو السلوك السليم الذي يفترض أن يسلكه الرمز الأول للسلطة في مثل هذه الحالات. كما كان من المفروض أن يقع الترفع عن الإعتبارات السياسية الضيقة في مواجهة المشاكل الحقيقية ترسيخا لعلوية الدولة و رفعا لشأنها فوق كل الإعتبارات خاصة عندما تكون أسباب التوتر ناتجة عن الشعور بالظلم بسبب عدم التوازن في معاملة الدولة لمختلف الجهات.
و لكن كل المؤشرات الصادرة منذ نهاية الأسبوع الأول لشهر جوان الماضي تشير إلى أن نظام الرئيس بن علي إختار مرة أخرى سياسة العصا و الجزرة في التعامل مع هذه القضية. فبعد إرسال الجيش لمساندة قوات الأمن في تضييق الحصار و تشديد المطاردة على أهالي الرديف و مدن الحوض المنجمي أطلق مسلسل المحاكمات لتطهير المنطقة من كل "المناوئين" لسياسة نظامه و الإعداد في نفس الوقت لمحاكمة سياسية كبرى جديدة ضد رموز الحركة الإجتماعية.
وعملا بمكيافيلية سياسة "فرق تسد" و بينما تشهر العصا في وجه أبناء ولاية قفصة يقع التلويح بالجزرة لأبناء ولاية القصرين باستدعاء أعوان النظام غير المغضوب عنهم في مختلف مناطق الولاية للإجتماع بالرئيس في قصره بقرطاج في هيئة "مجلس جهوي للولاية" للإستماع لحصيلة الإجراءات الرئاسية المقررة لفائدة الولاية و التي أطلقت عليها الصحافة عنوان "الإجراءات الرئاسية الشاملة لدفع برنامج التنمية و تحسين جودة الحياة في كامل مناطق الجهة" و التي تذكرنا في عدة فصول منها ببسكويت "ماري أنطوانات" مثلما تعلق بتهيئة المنتزهات العمومية و توسيع الملاعب الرياضية و تعبيد المسالك المؤدية للأولياء الصالحين. و ملخص القول أن أعيان القصرين خرجوا طراطير من لقاءهم بحضرة الرئيس ليعودوا إلى ولايتهم و ينضموا مسيرة "عرفان و إكبار" تناشد الرئيس بن على الترشح لانتخابات 2009.
لا أضن هذا التقديم لحقيقة ما يحصل في بلادنا سوف ينظر له المسئولون خارج ما يصنفونه بالكتابات المغرضة في خانة الحاقدين على النظام و "إنجازاته الرائدة" و لكن الموضوع الذي أردت لفت الانتباه إليه في الحقيقة يتعلق بارتداد الممارسة السياسية للسلطة في مختلف مظاهرها و انحباسها داخل توظيف مختلف مقومات الدولة لمحاولة الإيهام بوجود شرعية شعبية لهذا النظام من خلال توظيف كل ممارسة سلطة أو معالجة سياسية لأية قضية إلى بحث محموم عن الزبونية السياسية و لتمرير تواصل إحتكار السلطة من طرف الماسكين بها حاليا لفترة إضافية من خلال موعد إنتخابات 2009 دون تقديم أي تنازل حول مختلف الإستحقاقات الحقوقية و السياسية و الإجتماعية و الإقتصادية التي باتت تحاصره من كل الجهات.
لذلك لم يبقى الدعاية الرسمية سوى البحث عن إخفاء كل المطالب الحقيقية بالسهر على تقديم الشعب التونسي في صورة الشعب الواله برئيسه و المتمسك بحكمه و المتوسل له بمواصلة رئاسته. فلا يكاد يحصل حدث أو تمر مناسبة سياسية أو ثقافية أو إجتماعية أو حتى رياضية دون أن تنتهي بمناشدة الرئيس بن على للترشح لانتخابات 2009. و يتواصل هذا المشهد السخيف بشكل أكثر إمعانا في الإسفاف عما حصل في الدورة السابقة سنة 2004 عندما كان النظام بحاجة لإيجاد مسوغ لتجاوز الحاجز الدستوري الذي يمنع الرئيس بن علي من الترشح بعد أستيفاء عدد الدورات التي يسمح له بها الدستور و التي حددها بنفسه سنة 1987 عندما رفع شعار "لا رئاسة مدى الحياة". و بينما تحاول هذه المناورة إبراز الرئيس بن على في مظهر المتعالي المنشغل تماما عن الحملة الطاحنة التي تسوق له بمسؤولياته الرفيعة حتى الموعد المحدد لإعلانه التنازل استجابة لتوسلات شعبه يتم الإعداد للنهاية الطبيعية المنسجمة مع السيناريو القائمة عليه الحملة الرئاسية و التي تقتضي الإعلان ليلة ختم الإقتراع عن فوزه بنسبة تقارب الإجماع و التي لا تبقي أي مجال لمعارضته أو للتصدي لاستبداده و استبداد بطانته.
هذا السيناريو البائس لم يعد يصلح إلا كشاهد عن تخلف هذا النظام و مدى الضرر الذي هو بصدد إلحاقه بهيبة الدولة في سياقه. و قد غدى مهزلة مكشوفة الأدوار و الأطوار لم تعد تنطلي حتى على أشد الأغبياء حمقا و المتخلفين ذهنيا إختلالا في المدارك العقلية في تونس اليوم. و لكنه مع ذلك يبقى الشاغل الأهم لنظام إنفصمت علاقته عن المشاغل الحقيقية لمجتمعه و القضايا المصيرية لبلده. لذلك نجده يجند دولة كاملة بكل طاقاتها على مدى سنوات قبل أوانه لتنفيذه و يجعل منه الشاغل الأول لإدارتها و حكومتها و قضائها و أمنها و جيشها و نوابها و أحزابها و صحافتها و إعلامها كل يدلي بدلوه و يقوم راضيا أو مكرها بدوره في نحت الصنم الشاهد على غياب حريته و انفراط سيادته في وطنه.
كثيرون سينعقون و يزعقون عند قراءة هذا الخطاب و سيرددون على مسامعكم شرعية المكاسب القائمة على ما وقع تحقيقه من إنجازات. و لو كانت إنجازاتهم حقيقية ما لذي يخيفهم و يمنعهم من التقدم بها أمام الشعب التونسي في انتخابات حقيقية. و لكن و قبل كل هذا ما لذي يمكن أن ينتظره مجتمع من نظام يحكم عليه بالقصور السياسي و الوصاية الأبدية.
الحالة الحقيقية للوضع في بلادنا تجسمها هذه الصورة التي نشرتها و كالة تونس إفريقيا للأنباء عن مسيرة "الولاء و التأييد" في القصرين حيث يفرش العلم في الأسفل و ترفع صورة بن علي في الأعلى و هو وضع لا يمكن أن يرتضيه حتى التجمعيون لذلك نعتذر عن قلب الصورة في هذا المقال حتى نعيد علمنا إلى وضعه الصحيح.
15:45 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali
lundi, 19 mai 2008
تونس: تورط أقارب رئيس الجمهورية في قضية إجرام دولية للمرة الثانية
|
و هذه ثاني قضية إجرامية ذات طابع دولي منظم يتورط فيها أفراد من عائلة الرئيس بن علي منذ توليه السلطة سنة 1987. فقد سبق أن أدين شقيقه المدعو المنصف بن على في التسعينات من أجل الضلوع في نشاط عصابة لتهريب المخدرات للبلاد الفرنسية و حكم عليه بالسجن مدة عشر سنوات. و انطلقت القضية الأخيرة بعد العثور على اليخت المسروق و الذي تقدر قيمته بمليوني دينار و التابع لرجل الأعمال الفرنسي برينو روجي راسيا بالمبناء الترفيهي بسيدي بو سعيد و في تصرف ابن شقيق زوجة الرئيس بن على المدعو عماد الطرابلسي الذي قام بتغيير طلائه و كان بصدد إستغلال نفوذه في تغيير أوراقه. وقد حلت في ذلك الوقت وزيرة الدفاع الفرنسية لدى الرئيس الفرنسي السابق شيراك للتدخل لتسليم اليخت لصاحبه الذي تربطه علاقة وثيقة بالرئيس الفرنسي المذكور. بينما ألقي القبض في فرنسا على الأطراف الذين قاموا بجلب المركب من ميناء كورسيكا، ونشرت الصحافة الفرنسية جانبا من إعترافاتهم التي أظهرت أن القضية لا تتعلق بعملية منفردة بل بعصابة منظمة بين تونس و فرنسا استهدفت عديد المراكب المفقودة. و بدا جليا في حينها أن القضية على درجة كبيرة من الخطورة تتجاوز المتهمين للمس مباشرة من رئيس الجمهورية التونسية خاصة بعد تكرر مثلها بين أفراد عائلته. وقد جاء تعامل القضاء التونسي معها منسجما مع الخط الذي اتبعه القائمون عليه منذ تولي الرئيس بن علي للحكم و القائم على تكريس حصانة قضائية لحاشية الرئيس و أقاربه رغم كل التجاوزات الخطيرة التي ضجت لها كامل البلاد أكثر من مرة و المتاجرة بالنفوذ التي جعل منها بعضهم مهنة علنية. و بدا كأن القضية وقع تجاوزها. و قد جاء بعدها مباشرة المأساة التي حصلت في صفاقس منذ سنة بمناسبة تنظيم حفل نجوم ستار أكادمي من طرف مؤسسة "فرحة شباب تونس" التابعة لعماد الطرابلسي و التي أستغلت الإقبال على الحفل لبيع أضعاف ما تستوعبه القاعة المعدة لاحتضانه مما نتج عنه موت العديد من الشبان و الشابات دوسا تحت الأقدام بسبب الزحام و لا تزال عائلاتهم تنتظر إنصافهم. هذا عدي ما يتم تداوله بصورة منتظمة من ممارسات استغلال النفوذ واختراق الإدارة و تسخير الجمارك و القوة العامة لتنفيذ أغراضهم أو للإنتقام ممن لا يستسلمون بسهولة لتهديداتهم دون أن يحرك ذلك ساكنا أو يفتح مجالا لتحقيق في هذه الإدعاءات حتى ساد الإعتقاد بأنها تتم بعلم و مباركة ممن يمسكون بالسلطة أنفسهم بعد أن ضمن الرئيس لنفسه حصانة قضائية مطلقة أثناء وبعد انتهاء مدة رآسته بموجب الدستور بعد تعديله سنة 2002. كما جاءت زيارة الرئيس الفرنسي الجديد نيكولا ساركوزي و زوجته إلى تونس في موفي أفريل و ما صاحبها من مبالغة في الحفاوة به من الجانب التونسي و ما صدر عنه هو نفسه من عبارة الإطراء التي امتدح بها الرئيس بن على و نظامه إلى درجة امتعاض وزير خارجيته رغم حالة الإنغلاق و الحصار المسلطة على البلاد كمؤشر على التوصل إلى تفاهم حول التتبعات الجارية في فرنسا ضد أقاربه و تجديدا للثقة في نظامه و مساندة لعزمه التمديد للمرة الخامسة في رئاسته. و بالرغم من ملاحظة الغياب الكلي لزوجته عن مختلف مراسم استقبال الرئيس الفرنسي و زوجته خلال كامل مدة الزيارة فقد عزى الملاحظون ذلك لحدادها عن وفات والدتها و الحال أن الزيارة لم تتم إلا بعد انقضاء "الفرق" وهو الأجل التقليدي للحداد في العادات الإسلامية المحلية. و لكن الرأي العام فوجئ في الأيام الأخيرة مباشرة بعد عودة الرئيس الفرنسي بحدثين لا يخلوان من دلالة و على اتصال بالعلاقات التونسية الفرنسية. الأول تمثل في عملية السطو المنضمة التي استهدفت السيطرة على إدارة البنك التونسي تمهيدا للسيطرة على رأسماله و الذي يملك فرنسيون فيه حوالي الربع مما جعله يبقى محصنا لحد ذلك الوقت مما تعرضت له بقية البنوك. و قد تجلت نتائج العملية جزئيا بدخول شقيق زوجة الرئيس بلحسن الطرابلسي إلى هيئة إدارته و إبطال محضر مجلس الإدارة السابق المتخذ بشأن الترتيبات المعتمدة للزيادة في رأسماله للحفاظ على توازن حصص مالكيه ومنع السيطرة عليه. أما الحدث الثاني فتمثل في الحملة الإعلامية غير المألوفة التي شنتها وسائل الإعلام الرسمية خلال الأسبوع الماضي على القضاء الشرطة الفرنسية بالتنديد بتجاوزاتهما على خلفية وفاة شاب تونسي عند إيقافه بمقاطعة "نيس" جنوب فرنسا. و قد بادرة القضاء التونسي في سابقة غير معهودة بفتح تحقيق في الموضوع. و بدا واضحا أن الأمر غير عادي خاصة و أن الحملة تزامنت مع مقتل شاب تونسي آخر بمنطقة قفصة أثناء عملية احتجاج سلمية عن البطالة بعد أن تم الإذن بحضور جميع السلط المحلية بإعادة التيار الكهربائي للمحطة التي كانوا يعتصمون بها لصعقه مع من معه دون أن يتم مجرد الإشارة إلى ما حصل له في جرائد السلطة و مختلف أجهزة إعلامها. و يتبين اليوم أن تلك الحملة لم تكن سوى رد فعل وقع تحريكه بعد تمسك القضاء الفرنسي باستكمال الأبحاث في قضية العصابة الدولية لسرقة اليخوت السياسية و عزم قاضي التحقيق الفرنسي القدوم إلى تونس لمراقبة تنفيذ الإنابة العدلية الواقع تبليغها للسلطات التونسية. و تجلى بذلك السبب الحقيقي للتشهير بالقضاء و الشرطة و السلط الفرنسية بعد كل ما قاله رئيسها من مديح في رئيس تونس و نظامها منذ أيام. .و قد لازمت مختلف وسائل الإعلام التونسية التعتيم الكامل حول هذه القضية و عن عمليات الإستنطاق و التفتيش و سماع الشهود المجرات التي كشفتها وكالة الأنباء الفرنسية و لا يعرف لحد الآن إذا كان قد تم اتخاذ قرار بإيقاف المتهمين الرئيسيين في القضية و هل سيتم تسليمهما للسلطات الفرنسية عملا بالمذكرة الصادرة بشأنهما إلى الشرطة الدولية "أنتربول". المختار اليحياوي _ تونس 19 ماي 2009 |
20:30 Ecrit par TUNISIA Watch | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Vol de yakhts, Imed et moaz Trabelsi, Ben Ali
samedi, 10 mai 2008
Le théâtre de Sarkozy
Par :
Taoufik Ben Brik
Bouchez-vous le nez et dites : "Vous nous barbez !" Car il se passe apparemment un drôle de manège entre Ben Ali et Sarkozy. Les stratèges politiques s'adressent aux stratèges politiques, les éditorialistes aux éditorialistes, un mécanisme qui tourne à fond pour vendre la révélation du printemps 2008 : la démocratie "made in Tunisia".
Petits extraits présidentiels : "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer", a déclaré en substance le chef de l'Etat français lors du dîner offert le 29 avril par son homologue tunisien. "Ces signaux, ces réformes s'inscrivent sur un chemin étroit et difficile, celui du respect des individus. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement et personne ne peut se poser en censeur (…). Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans ce pays où je suis venu en ami, de m'ériger en donneur de leçons. J'ai pleinement confiance, Monsieur le président, en votre volonté de continuer à élargir l'espace des libertés."
Qui dit mieux. Du Beaumarchais. "C'est le mariage du Figaro !" s'esclaffe Ouled Ahmed, le poète tunisien du vin et de l'amour. Aucune comparaison n'est trop stupide, aucun geste trop démagogique lorsqu'il s'agit de faire croire qu'on tient enfin le "Karzai maghrébin" et qu'il n'a pas son pareil. Telle la forêt de Birnam dans Macbeth, nous inflige-t-on, la démocratie à la tunisienne s'est mise en marche. Les grincheux n'y changeront rien.
Et il importe peu que Ben Ali soit président à vie, corrompu et tortionnaire. Hélène Flautre, présidente de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen fait remarquer que "dans la Tunisie de Ben Ali, pas un jour ne se passe sans qu'un défenseur des droits de l'homme ne soit opprimé ou harcelé… " La récente grève du bassin minier de Radeyef et d'Oum Laarayess dans le centre-ouest du pays témoigne sans peine du désarroi tunisien.
"Il a du culot Sarkozy. Ou plutôt un bon décimètre pour mesurer 'l'élargissement' de l'espace des libertés", dit Oum Ziad, la plus célèbre chroniqueuse du pays. "C'est vrai, cet espace a été élargi, mais au profit de Ben Ali et aux dépens des Tunisiens. Il s'en met plein la poche, il brigue un cinquième mandat sans souci ni tracas, et il a le don d'avoir toujours le un millième des Tunisiens sous les verrous !" ajoute-t-elle. "La Tunisie n'étant pas le Tibet, Paris s'efforcera de ne pas irriter le chef tunisien", réplique-t-on du côté français.
D'ailleurs, Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme française, si prompte à s'enflammer sur la Libye de Kadhafi, s'est montrée peu loquace sur la réalité des droits de l'homme au pays du jasmin. "Ce n'est pas à l'ordre du jour", a-t-elle déclaré. En tout cas, le rendez-vous initialement prévu avec l'avocate et militante des droits de l'homme Radhia Nassraoui, a bel et bien été annulé.
Pis, des journalistes connus pour être le bouclier médiatique de la Tunisie résistante ont été parqués dans un hôtel cinq étoiles (le Golden Tulip) à 25 kilomètres du centre de Tunis, comme de vulgaires attachés de presse. Christophe Ayad de Libération, Florence Beaugé du Monde, Mouna El Bana de RFI, "Régis" de France 3 n'ont pas eu même le loisir de téléphoner aux "têtes brûlées" et aux "enfoirés" du pays.
Une telle attitude choque ? Pas du tout. On s'attendait à pire. D'autant que nous avons été déjà leurrés par les prédécesseurs de Sarkozy. Mitterrand est le père de la formule "Tunisie amie" et Chirac enfante "le miracle tunisien". "On s'attendait de Sarkozy propagandiste de première et ancien ministre de l'intérieur, une formule qui claque au vent : la Tunisie, paradis fiscal, ou Tunisie prison sans barreaux ! C'est décevant", dit Hamma Hammami, opposant tunisien. De qui se moque-t-on. Les Tunisiens ont cru pendant un long moment que la France, terre de La Boétie, pourrait aider à la liberté. Aujourd'hui, on assiste plutôt à L'Avare de Molière.
Taoufik Ben Brik – Courrier International- 9 mai 2008
12:04 Ecrit par TUNISIA Watch dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali, Sarkozy
mercredi, 30 avril 2008
Sarkozy en Tunisie : « un appui total à la dictature de Ben Ali »
L’Etat tunisien est régulièrement critiqué pour ses nombreuses atteintes aux droits fondamentaux. Selon plusieurs organisations nationales et internationales, la torture, les arrestations et condamnations arbitraires sont monnaie courante dans le pays. Les libertés d’expression, de réunion et de manifestation, entre autres, sont bafouées. Mais le président Ben Ali a toujours réfuté ces critiques. C’est pourquoi les ONG ont beaucoup espéré de Nicolas Sarkozy, qui déclarait pourtant avoir préparé un chapitre des droits de l’homme pour sa visite. Sihem Bensedrine, présidente du Conseil national pour les libertés en Tunisie et farouche opposante au régime tunisien, a souhaité réagir.
Afrik.com : Quelles sont vos réactions à l’issue des déclarations de Nicolas Sarkozy lundi ?
Sihem Bensedrine : Je considère cette visite comme un appui total à la dictature de Ben Ali. Je ne suis pas vraiment surprise de l’attitude de la France. Depuis que Sarkozy est arrivé au pouvoir, aucun signe fort n’a été envoyé sur la question des droits de l’homme en Tunisie comme dans d’autres pays. Il a prétendu qu’il y avait un chapitre des droits de l’homme pour sa visite ici mais c’était juste de quoi faire taire les journalistes et peut-être l’opinion.
02:50 Ecrit par Malek Khadhraoui dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dictature, tunisie, FDIH, ATFD, CNLT, Sarkozy, Ben Ali
vendredi, 11 avril 2008
Les irremplaçables ne sont pas de ce monde
Par : Ridha KEFI
«Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés». Cette phrase de Georges Clemenceau, le général Charles de Gaulle aimait la répéter, car il a eu lui-même l’occasion d’en vérifier la véracité et d’en tirer aussi les conséquences, en décidant de se retirer du pouvoir après les émeutes de Mai 68 et le «non» assourdissant que les Français lui ont lancé au référendum du 27 avril 1969. Peu de temps avant sa mort (survenu le 9 novembre 1970), l’ancien président français répondit à un journaliste qui lui demandait simplement «Comment allez-vous ?»: «Je vais bien, mais rassurez-vous, je ne manquerai pas de mourir».
Peu d’hommes après de Gaule, surtout au sud et à l’est de la Méditerranée, ont eu la clairvoyance et le courage de cet homme d’Etat d’exception. Car, il n’est pas toujours facile de tirer sa révérence quand on est au faîte du pouvoir et de la gloire et qu’on a vécu dans la certitude qu’on est indispensable aux siens et qu’après soi ce serait l’anarchie absolue, sinon la fin du monde.
Cette clairvoyance et ce courage ont malheureusement manqué à notre Habib Bourguiba national, dont on vient de célébrer le huitième anniversaire de la mort, et qui a achevé son interminable règne (trente-trois ans tout de même !) d’une manière affligeante dont les Tunisiens gardent un souvenir amer.
On a cité Bourguiba parce qu’il représente l’exemple le plus parlant pour nous. Mais on aurait pu citer beaucoup d’autres chefs d’Etat qui ont lamentablement raté leur sortie eux aussi, comme le chah Mohamed Reza d’Iran, ou encore les présidents égyptien Sadate, Ivoirien Houphouët-Boigny, Indonésien Suharto, Mauritanien Mouaouia Ould Ahmed Taya… Plus près de nous, le président zimbabwéen Robert Mugabe est en passe de rater la sienne en s’entêtant à ne pas reconnaître sa défaite à l’issue d’une élection qu’il a pourtant eu le courage d’organiser à la loyale.
Cette question de la succession ne se pose pas seulement au niveau des Etats. Elle se pose aussi, particulièrement chez nous, au niveau des partis politiques, qui sont souvent dominés par leurs fondateurs et leaders maximo, qui les utilisent souvent comme des appareils exclusivement voués à la défense de leur leadership et à la réalisation de leurs ambitions personnelles de pouvoir. D’où les luttes intestines qui divisent ces partis, provoquent des scissions en leur sein et menacent parfois de les faire imploser. D’où aussi leur faiblesse, leur marginalité et leur incapacité à jouer le rôle qui leur est dévolu : celui de rassembler les gens autour d’un ensemble d’idées, d’objectifs et de programmes visant à régénérer les forces vives du pays.
Ce constat est malheureusement valable aussi pour bon nombre d’organisations et d’associations, où la passation du pouvoir entre les hommes, mais aussi entre les générations, alimente parfois des luttes fratricides. Ces luttes, pour légitimes qu’elles puissent être dans une démocratie, dépassent parfois le cadre du débat d’idées et dégénèrent en conflits personnels où tout est permis : croche-pieds, coups bas, insultes et déballage de linge sale sur la place publique. Il arrive même que le bébé soit jeté avec l’eau du bain... Combien d’organisations et d’associations ont payé – pour ainsi dire – de leur «vie» l’entêtement de leur premier responsable à garder le gouvernail au-delà de toute raison ?
Cette question de la succession se pose d’ailleurs aujourd’hui avec la même acuité au niveau des entreprises privées. Sachant qu’en Tunisie, 70% entreprises sont de type familial, que 80% des groupes sont aussi de propriété familiale et que bon nombre de ces entreprises et ces groupes sont gérés – jusqu’au dernier souffle – par leurs fondateurs même, des patriarches qui pensent être indispensables à vie – et même, si possible, dans l’au-delà –, on imagine l’intérêt qu’il y a aujourd’hui à assurer une succession sans déchirements à la tête de ces cellules de création et de production dont dépend la pérennité (et donc la régénérescence) de notre tissu «entrepreunial» national, garant du dynamisme et de la prospérité de notre économie.
«Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés», disait donc Georges Clemenceau. «Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions», dit aussi un fameux proverbe français.
Édito de Ridha KEFI - L’EXPRESSION du 11 - 17 avril 2008
00:55 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Succession, Bourguiba, Ben Ali
dimanche, 30 mars 2008
Le siège de l'Union Méditéranéenne à Tunis ?
La capitale tunisienne aurait été choisie par Nicolas Sarkozy pour abriter le secrétariat de l'Union pour la Méditerranée. Il s'agirait d'un cadeau du président français à son homologue tunisien, en remerciement de son soutien précoce au projet.
Selon une source fiable, Tunis aurait de grandes chances d'être choisie pour accueillir le siège du secrétariat de l'"Union pour la Méditerranée" - un choix pour le moins contestable.
Il s'agirait d'un cadeau de Nicolas Sarkozy au président tunisien Ben Ali en remerciement de son soutien précoce au projet du nouveau président français -projet dont l'ampleur a été fortement réduite par la suite - et des liens très étroits entre les services français et tunisiens dans la lutte contre le terrorisme.
La suite sur le blog de Vincent Jauvert
NOUVELOBS.COM - 28.03.2008
18:45 Ecrit par TUNISIA Watch dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Union Méditéranéenne, Nicolas Sarkozy, Ben Ali








