30/05/2009

Les censeurs du Net

Sur Internet, 1994-2004 a été l'ère des pionniers. 2004-2007 a été l'ère des marchands. Aujourd'hui s'ouvre l'ère des mé­chants. Partout dans le monde, les sites plongent dans le noir, les arrestations s'enchaînent, les peines de prison pleuvent. Le Web vient de fêter ses 20 ans. Personne ne le prenait au sérieux : c'est fini.

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Nacer (tous les prénoms d'internautes cités dans cet article ont été modifiés) se souvient du premier ordinateur connecté à Internet à la bibliothèque nationale de Damas, en Syrie : un garde qui ne comprenait pas un mot d'anglais venait s'asseoir à côté de vous pendant la consultation, pour surveiller cette nouvelle nitro­glycérine. C'était le bon temps. Aujourd'hui, les Syriens surfent confortablement, depuis chez eux, sur un Web censuré. La cybercensure, le fichage des internautes ne sont pourtant pas l'affaire des seules dictatures.

L'Italie est en phase avec la Chine. La loi y oblige tous les cybercafés à scanner les papiers d'identité du moindre client. Au Kazakhstan, il est actuellement vivement conseillé de ne pas publier les mots " crise économique " sur Internet – le président ne le veut pas. C'est folklorique, face aux tests en cours en Australie, pour purger tout le Web local des " contenus numériques à caractère pédophile ". Tous les gouvernements sont angoissés par l'hydre Internet, mais chacun l'exprime selon sa ­culture. La Grande-Bretagne se prépare à surveiller et archiver toutes les communications électroniques, au nom de la lutte contre le terrorisme. En France, la confrontation Etat-internautes a lieu autour du téléchargement d'œuvres ­protégées. Quand la ­poussière retombe sur les champs de bataille législatifs, il reste un rapport de forces inégal : les Etats et les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) ont maintenant les moyens techniques pour repérer et rendre inaccessibles les sites qui fâchent, à l'échelle d'un pays. On dit alors que le Web est " filtré ".

LA PAGE INTROUVABLE, ERREUR 404


Le filtrage du Web s'annonce le plus souvent par le message : " Page introuvable ", familière à tous les internautes, libres ou surveillés. En jargon informatique, on l'appelle " page de l'erreur no 404 ". La page 404 a toujours posé problème. Une jolie légende technologique veut qu'aux débuts de la Toile, au Cern, en Suisse, les chercheurs, excédés d'aller sans cesse relancer un ­serveur défaillant installé dans le bureau no 404, aient attribué ce numéro d'erreur au défaut de connexion, en ­souvenir de cette pièce maudite. Vraie ou fausse, cette page d'erreur a en effet un mauvais karma.

A Oman, à Bahreïn, à Dubaï, la page de l'erreur 404 est franche du collier : vous serez redirigé vers un message vous informant, en anglais et en arabe, que le site que vous cherchez n'est pas autorisé dans le royaume. En Chine, la page 404 n'est assortie d'aucune explication, et elles sont inutiles : le site est censuré. Les soldats américains en Irak tombent dessus quand ils veulent consulter YouTube, interdit par l'US Army, depuis leur base. Ils n'ont pas ce problème depuis un cybercafé de Bagdad. En Algérie et en Egypte, elle signale réellement un problème technique : le Web n'y est pas filtré, même s'il est très policé. Elle apparaît si vous demandez depuis la Syrie un site dont l'adresse contient la terminaison " .il ", code d'Israël. Vous n'aurez en revanche aucun problème avec un site porno. Et en Tunisie, la page 404 est tout simplement factice. Une page Internet Explorer ou Firefox vous informe que votre connexion n'a pu aboutir. Seul un détail – le logo de Firefox alors que vous surfez avec le navigateur Internet Explorer, ou le contraire – permet de s'apercevoir qu'il s'agit d'une fausse page. Ce qui, en Tunisie, a lancé l'expression " une 404 bâchée " pour les pages censurées, clin d'œil à la camionnette Peugeot si populaire en Afrique. Et tous les internautes tunisiens de s'écrier en chœur : "Et son chauffeur s'appelle Ammar !" Ammar, comme la première lettre de l'ATI, l'Agence tunisienne de l'Internet, paravent du ministère de l'intérieur tunisien.

ESCALE TUNISIENNE

Lors d'une croisière en Censurie, la Tunisie mérite une escale : premier pays africain à avoir investi Internet, rutilante vitrine de l'informatisation des citoyens et des nouvelles technologies louée par Bill Gates (" Je suis époustouflé par la Tunisie "), cet Etat est à la pointe de la cybercensure. Dès 2000, dans une blogosphère encore déserte, il innovait en ­censurant sur son territoire le forum Takriz.org, ("ras-le-bol".org). La même année, son premier cyberdissident, Zouhair Yahyaoui, était arrêté dans un publitel (cybercafé) et condamné à dix-huit mois de prison pour avoir proposé un sondage sur son site, Tunezine : " La Tunisie est-elle un royaume, une république, un zoo, une prison ? "

Le mariage des technologies dernier cri de cybersurveillance et d'un Etat policier a engendré en dix ans une triste routine – cyberdissidents emprisonnés et blocage systématique des sites de la presse étrangère dès qu'un entrefilet déplaît. Lofti, un Tunisien qui vit en Europe, se souvient qu'il n'a jamais pu accéder au portail français Voila.fr lors d'un séjour au pays. Pourquoi ? A cause des dépêches AFP que le portail propose ? De photos trop sexy ? Les questions aussi sont mal vues. A noter : l'ATI, depuis ses débuts, est ­toujours dirigée par une femme. Khadija Ghariani, ­ingénieur Sup Telecom Paris promo 1984, Feriel Béji, docteur en intelligence artificielle, et Lamia Cheffai Sghaier, ingénieure en génie électrique, s'y sont succédé. En dissidence, on les surnomme les Ben Ali's Angels, une production locale sous-titrée : " A nous de vous faire détester Internet ! ". La Tunisie est aussi championne d'un certain cyberhumour.

" ECRIVEZ : “JI/AN/G ZE/MIN” "

L'autre grand ancien de la cybercensure est la Chine. On sait qu'une grande muraille virtuelle tient au large des yeux chinois des millions de sites étrangers, et aussi nationaux. Lire librement sur le Web n'est donc pas possible, mais les Chinois ne s'en plaignent pas trop, ils sont habitués. C'est écrire, converser en ligne qui les passionne. Et c'est l'" harmonisation " qui les énerve.

Depuis la décision du Parti communiste chinois de " construire " une " société harmonieuse ", en 2007, le Web n'est plus seulement censuré en Chine, il est " harmonisé ". Un filtre automatique ou une main invisible supprime un mot, un nom, une phrase, un commentaire, un blog ou un visuel qui déplaît. On dit alors : " J'ai été ­harmonisé ". Petite leçon par courriels interposés avec Edwin, interprète anglais-chinois, qui vit depuis longtemps à Wenzhou. " Prenons le nom de l'ex-président Jiang Zemin, celui de Tiananmen, qui a été minutieusement gommé du Web chinois. Si vous l'écrivez sur un blog ou un forum, parfois, il sera automatiquement remplacé par des étoiles ou par un blanc, ou bien vous ne pourrez pas envoyer le message. Ou alors, il sera effacé après publication. Mais il suffit d'avoir un peu de créativité. Ecrivez : “Ji/an/g Ze/min”, et le tour est joué… "

Les robots de censure ne comprennent pas les mots hachés, les périphrases, ou le double sens phonétique d'un idéogramme chinois. Quels sont ces fameux mots interdits qu'ils traquent ? Nul ne le sait hors du Parti, qui décide, et des FAI, qui font le ménage. Parfois, une liste piratée de mots prohibés fait surface sur le Web. La plus récente comprenait 1 041 mots (chinadigitaltimes.net/tag/banned-words), dont ceux-ci : sexe, Tibet, Fa lun gong [mouvement religieux interdit], Tiananmen, play-boy, fuck, multipartisme, indépendance Taïwan, police, salope, corruption, torture, fonds publics, anus, Jésus-Christ, émeutes, insurrection, désastre aérien, 89, tyrannie, Corée du Nord, scrotum, dictature, pigeons, timeshare, pénitencier, Voice of America, soutien-gorge, finance à Genève, merde.

Même la Chine commence à avoir du mal à maîtriser ses 300 millions d'internautes remuants – la population des Etats-Unis – et leurs tsunamis de commentaires insolents qui polluent l'harmonie générale. Sinon, pourquoi aurait-elle recruté le " Gang des 50 centimes ", pour harmoniser les opinions sur le Web ? Ce mystérieux groupe a été ainsi baptisé car il est composé de moult petites mains anonymes qui sont censées être payées un demi-yuan (0,05 €, le prix d'un ticket de métro) par commentaire positif pour le régime publié sur les forums, les salons de chat, les blogs. Confirmation par ­courriel de notre homme à Wenzhou : " C'est assez facile de les repérer. Quand un profil ouvert le jour même sur un forum publie ­cinquante messages en une après-midi, on se doute que c'est l'un d'eux. " Certains intérimaires à court d'imagination laisseraient même des indices grossiers, tels des ­pseudonymes transparents : " Harmonie du matin ", " Harmonie du géranium ".

L'"OPTION JUNTE BIRMANE"

Tous les pays n'ont pas la conviction et l'inépuisable main-d'œuvre de l'industrie chinoise de la censure. Ils ont néanmoins un vaste choix de techniques à leur disposition. Complexités informatiques mises à part, le Web peut se comparer aux centraux téléphoniques. Pour censurer, le plus simple est encore de débrancher la prise qui relie le Web national au trafic mondial. C'est l'"option junte birmane", utilisée pendant les manifestations de 2007.

Une autre parade consiste à limiter la vitesse de connexion des particuliers. En Iran, le président Ahmadinejad a un blog, mais seul le gouvernement et le clergé ont accès au haut débit. Le commun des Iraniens se contente de 256 Ko/s, ce qui laisse peu de chance de télécharger des vidéos déshabillées ou des éloges de l'athéisme, de toute façon introuvables (pour mémoire, une connexion ADSL correcte en France a un débit dix fois supérieur).

Les censeurs peuvent aussi choisir de placer leurs ciseaux à l'interconnexion de leur Web national et de la Toile, comme ­l'Arabie saoudite, afin de tamiser commodément le vice et la vertu dans ce sas avant de libérer le trafic. Dans les techniques aujourd'hui considérées comme démodées, la Thaïlande pratique toujours le DNS poisoning, ou " empoisonnement d'adresses Internet ". Voilà pourquoi à Bangkok vous pouvez demander un article en ligne de la BBC et atterrir sur la page ­d'accueil d'un ministère local.

Mais pour les censeurs un peu modernes et prêts à investir, on n'en est plus là : la censure est sélective et souple, elle repère et bloque des sites ou noms de domaine en lançant des robots à la chasse de mots-clés ou de catégories entières de sites. Il faut, bien sûr, se munir de logiciels spécialisés. Des outils qui ressemblent aux logiciels de contrôle parental, élevés à la ­puissance un million, produisant les mêmes effets. Et dont les principaux fabricants sont occidentaux.

FILTRES " MADE IN USA "

Aux Etats-Unis s'épanouissent trois sociétés sérieuses, dont le chiffre d'affaires croît régulièrement : Secure Computing, Websense, Blue Coat. Leur spécialité est la sécurisation des réseaux d'entreprises et des intranets. Pour l'OpenNet Initiative, un institut de recherche commun aux universités de Harvard, Toronto, Cambridge et Oxford qui étudie la cybercensure, ce sont les trois principaux fournisseurs d'outils de filtrage aux gouvernements.

Vendre des outils de sécurité informatique n'a rien d'illégal. Sur la page de Smartfilter, le logiciel leader, on peut lire : " SmartFilter élimine du lieu de travail et de l'environnement éducatif tout contenu inap­proprié, limite la responsabilité juridique, gère la bande passante et assure une protection contre les risques de sécurité. " Les employés de bureau leur doivent l'interdiction de Facebook sur le lieu de travail, les bibliothèques ou écoles le filtrage des jeux, des casinos en ligne et des sites pornographiques. Mais vendre ces outils à des gouvernements dont on sait qu'ils ne sont pas portés sur les droits de l'homme, comme par exemple l'Iran et l'Arabie saoudite ? Secure Computing a toujours nié ces contrats, accusant même l'Iran d'avoir " acquis illégalement " ses logiciels.

Helmi Noman, chercheur à Harvard chargé du Moyen-Orient pour l'OpenNet Initiative, persiste à reconnaître l'empreinte de ces spécialistes du filtrage lors des tests que l'organisation conduit régulièrement depuis tous les pays du monde. Si ce ne sont pas eux, ce sont leurs partenaires : ces outils sont aussi distribués via les plus grands noms de l'industrie informatique, Microsoft, Sun, Cisco, McAfee, Dell. L'émirat de Bahreïn semble avoir fait quelques emplettes, dernièrement.

A BAHREÏN, UNE RÈGLE SIMPLE : ON NE PARLE PAS DE L'ÉMIR

Dans ce petit Etat du Golfe, décrit par les expatriés comme " plutôt cool ", la règle était simple et courte : on ne parle pas de l'émir. Depuis janvier, Bahreïn est passé à la vitesse supérieure. Ahmed est ingénieur informatique à Manama, la capitale ; il a connu la censure ancienne manière, et nouvelle manière. Il aime le risque : un de ses loisirs depuis dix ans est de publier un blog d'informations locales, ce qui lui vaut régulièrement des ennuis. Les plus graves, en 2005, se sont soldés par quinze jours de garde à vue pour avoir publié une photo du fils de l'émir en train de sabler le champagne à l'arrivée d'une course de formule 1. Autrefois, son blog était grossièrement censuré, de façon facile à contourner. Depuis janvier, et un décret qui promet de nettoyer le Web des éléments " contraires à sa culture " (porno­graphie, atteintes à la religion), c'est tout le Web du royaume qui est paralysé.

Selon Ahmed, jusqu'à 40 % des sites sont inaccessibles à Bahreïn, y compris des publicités, des blogs de cuisine, le traducteur automatique Google Translate et des sites techniques d'ingénierie. A tel point que les sociétés étrangères se sont plaintes : elles ne peuvent plus travailler.

Que s'est-il passé ? Un grand classique, que Helmi Noman a souvent remarqué quand un Etat décide de s'équiper. Dépassés par la puissance des logiciels de filtrage que le gouvernement leur a payés et imposés, les FAI combinent des catastrophes. Eux, ou les informaticiens du palais, n'ont pourtant pas fait d'erreurs avec une catégorie de sites bahreïnis. Depuis janvier, tous les sites et blogs chiites, pourtant peu enclins à la pornographie, ont disparu de la surface du royaume sunnite. Ahmed est chiite. Il continue à ­alimenter son blog en douce pour ses lecteurs à l'étranger et se demande si, la prochaine fois, à l'aéroport, il pourra quitter le pays.

Depuis Doha, au Qatar, où il donne une conférence, Helmi Noman met en garde contre ces outils de filtrage à double fond. " Les sociétés occidentales vendent aux FAI non seulement des logiciels pour filtrer, mais aussi des décisions sur la liberté d'expression. " Le pack censure comprend des outils ainsi qu'une base de données de 20 millions de sites, et des mises à jour régulièrement proposées par téléchargement, à la manière des logiciels antivirus. SmartFilter classe ces sites en 91 catégories. Au client de cocher la catégorie qu'il souhaite interdire. " Quand un fournisseur d'accès achète SmartFilter, il achète 20 millions de décisions et 91 catégorisations qui peuvent être erronées. "

Les " erreurs " sont assez fréquentes, selon les relevés de Helmi Noman. Le jour où des sites aussi différents qu'Orkut (un réseau social très populaire en Inde et au Brésil), Last.fm (musique en ligne), LiveJournal (première plateforme de blogs dans l'ex-URSS) et Twitter (micro-blogs) ont été étiquetés, on ne sait pourquoi, " sites de rencontres ", il est devenu temporairement impossible d'y accéder depuis différents coins de la planète. En avril 2007, le site de vidéos Dailymotion est passé pendant quelques jours en catégorie V4 (pornographie). Les internautes à Oman, au Yémen, et en Tunisie en ont fait les frais : adieu, Dailymotion. La base de données dont se nourrissent les filtres est consultable en ligne (www.trustedsource.org/urlcheck). Elle est collaborative. Chacun, société, particulier, ou ligue de vertu de toute religion, peut y signaler un site et l'étiqueter selon ses convictions, depuis le monde entier, ­anonymement.

La société Secure Computing ne connaît pas la récession. Elle vient d'être rachetée par le géant de l'antivirus, Mc­Afee, pour 465 millions de dollars (environ 350 millions d'euros). La nouvelle direction accueille avec philosophie toute question sur la cybersurveillance d'Etat : " Les gouvernements qui sont nos clients peuvent utiliser toutes les catégories [que nous fournissons] pour façonner l'Internet selon leurs besoins culturels. McAfee n'a aucun contrôle ni visibilité sur la façon dont une organisation met en place sa propre politique de ­filtrage. " Soyons justes : l'Europe n'est pas en reste. La société Siemens propose un catalogue de procédés d'interception et de surveillance des communications. La Chine est l'un de ses grands comptes.

RIPOSTE TECHNOLOGIQUE


Personne ne souhaite une Toile mitée de pédophiles, de terroristes et de fraudeurs. Mais l'exemple parfaitement démo­cratique de l'Australie et de sa coûteuse offensive contre la pédophilie en ligne (budget : 125 millions de dollars australiens sur quatre ans, environ 70 millions d'euros) débute par un sinistre amateurisme. En mars, durant les tests de filtrage, la liste noire et ultrasecrète des 2 395 sites pédophiles bloqués a atterri sur le site d'indiscrétions WikiLeaks. Heureusement. La fuite a révélé que la moitié seulement répondait à ce critère. Très regrettables erreurs : les sites d'un cabinet dentaire, d'une pension pour chiens, d'une agence de voyages y figuraient aussi.

Pour élaborer sa liste noire, le gouvernement australien – comme d'autres – s'est appuyé sur les informations de l'Internet Watch Foundation (IWF), une association britannique basée à Cambridge qui compile les signalements en ligne de sites pédophiles depuis 1995. L'IWF fait partie d'une fédération de vingt associations similaires autour du monde, subventionnées principalement par les opérateurs du secteur Internet. Elle a pris peu à peu, sans contrôle et sans autres références que sa bonne foi, la place du gendarme des pédophiles auprès des autorités. En décembre dernier, un signalement de l'IWF a abouti à la censure en Grande-Bretagne de la page Wikipédia de Virgin Killer, disque du groupe de hard rock allemand Scorpions. La pochette de ce vieil album, qui n'a jamais fait l'objet de poursuites judiciaires, représente une adolescente nue.

Le Web n'a pas de gouvernement central ni de loi universelle, de Croix-Rouge ou de représentation à l'ONU. Chaque internaute est seul face aux humeurs législatives de son pays. Tout juste peut-il compter, en cas de pépin, sur quelques organisations de défense de la liberté d'expression, une cause élégante mais de luxe par temps de récession. Une fois de plus, la riposte est surtout technologique, et c'est l'internationale des internautes qui vient à la rescousse. En Iran, le photographe Hamed Saber a développé seul un petit outil pour contourner le blocage du site de photos Flickr, qu'il a mis à la disposition de la communauté. Le Berkman Center, à Harvard, vient de lancer Herdict.org, un site d'où chacun peut signaler un site inaccessible depuis son pays, pour obtenir des données en temps réels sur les angles morts de la Toile.

L'ARME DE L'HUMOUR

Parce qu'ils sont bien informés, Edwin en Chine et Ahmed aux Emirats peuvent lire et écrire ce qui leur plaît, tout en restant invisibles sur l'écran de contrôle des censeurs. Ils utilisent un " proxy anonymiseur ", nom barbare d'un outil de cryptage qui permet d'emprunter discrètement l'adresse d'un autre ordinateur, quelque part dans le monde, le temps de se retrouver en haute mer, sur le Web non censuré. Ils s'appellent Ultrareach, Psiphon, TOR, Dynaweb, Anonymizer, et sont disponibles par téléchargement.

L'un des plus populaires et des plus militants est actuellement TOR. En 2001, l'US Navy mettait dans le domaine public un de ses outils d'encryptage des communications. Robert Dingledine, alors étudiant au MIT, a les cheveux longs et les petites lunettes rondes des militants du logiciel libre. C'est lui qui a décidé de l'adapter au Web et de le diffuser gratuitement. TOR, géré aux Etats-unis par une association à but non lucratif, a déjà été téléchargé des millions de fois. " On ne sait pas d'où, nous ne sauvegardons aucune donnée. Mais on peut estimer qu'à tout moment d'une journée, autour de la Terre, entre 300 000 et un demi-million de personnes se succèdent pour emprunter une de nos adresses de connexion et notre cryptage pour rester anonyme. " Nulle part le cryptage des communications sur le Web n'est illégal. Mais les sites où télécharger les "anonymiseurs" sont souvent interdits.

En Thaïlande, utiliser un " proxy " est même passible de prison. Ils circulent quand même, sur clé USB ou disque, désormais concurrencés par les réseaux privés virtuels (VPN), des passerelles encryptées, utilisées par exemple par les multinationales pour communiquer en toute discrétion sur le Web avec leurs filiales à l'étranger. La parade est si simple qu'Edwin conclut, depuis Wenzhou : " Si on voulait vraiment lutter contre la cybercensure, il suffirait d'investir quelques millions de dollars dans la création massive de VPN, de distribuer les liens et mots de passe gratuitement à tous les internautes. Et on en parlerait plus. "

C'est ce que fait déjà une association thaïlandaise, Freedom Against Censorship Thailand (FACT), à son échelle, pour offrir une bouffée d'air aux internautes du pays. Cinquante mille sites ont été fermés durant les diverses convulsions politiques du pays, grâce à un cheval de Troie législatif : le crime de lèse-majesté envers le roi Bhumibol. Ce délit est tout sauf une plaisanterie (de trois à quinze ans de prison) et s'abat aussi sur les ­ressortissants étrangers. Un écrivain australien et un journaliste de la BBC ont goûté aux prisons thaïlandaises en son nom.

Le Web libre a beaucoup d'ennemis, mais de nouvelles légions d'alliés se lèvent, qui font maintenant réfléchir les ministères de l'information : les jeunes, pour qui la vie sans YouTube ou Facebook n'est plus concevable. Le Web 2.0, celui des réseaux sociaux, des partages de photos, de vidéos et de musique, fait régulièrement ­trébucher les censeurs avec des gaffes bien trop visibles et très impopulaires. Sur ces gigantesques sites, où des millions de personnes, de fichiers et de liens sont interconnectés, il n'est pas simple d'isoler une seule vidéo, un seul profil, une conversation. Si la Turquie avait su le faire, elle n'aurait bloqué qu'une vidéo " insultante " pour l'icône nationale Ataturk, et non tout YouTube, et se serait épargné la fureur des moins de 30 ans. A Tunis, le blocage intégral de Facebook en septembre 2008 a, pour la première fois, ému la population. Chose inouïe : la presse en a même parlé.

La dernière arme des internautes est l'humour, et il peut être ravageur. Le ridicule tue toujours la crédibilité d'une politique. En Chine, depuis février, une campagne "antivulgarités" musclée, pour un Web sans mots ou photos crus, a contraint les FAI à présenter des excuses publiques au peuple pour les "contenus indécents" et à javelliser des milliers de sites et de réseaux sociaux.

En quelques jours, la riposte était prête. Une petite vidéo en ligne d'un mouton alpaga pelucheux, avec chœurs d'enfants chantant à pleine voix la gloire d'un animal mythique chinois, le "cheval de l'herbe et de la boue" (www.youtube.com/watch?v=wKx1aenJK08) : en chinois, "mouton alpaga" signifie aussi, à un ton près, "nique ta mère", tout comme "cheval de l'herbe et de la boue". " He Xie " (harmonie, et donc censure) est très proche phonétiquement de "crabe de rivière". Voici la chanson du mouton : le "cheval de l'herbe et de la boue" (nique ta mère) vit dans le "désert Ma Le" (" la chatte de ta mère"). Cette créature se bat contre les "crabes de rivière" (harmonie/censure) afin de préserver ses "prairies" (homonyme phonétique de "liberté d'expression"). Ce fut un nettoyage de printemps très cru et très gai. Depuis, l'harmonie a repris ses droits, sur les vivants comme sur les morts. Toute allusion aux enfants ­victimes du séisme de Sichuan l'an dernier est immédiatement harmonisée.

Claire Ulrich - Enquête - LE MONDE - 29.05.2009

v_8_ill_1199866_8f8f_lmh276-une.jpgS'informer sur la cybercensure
OpenNet InitiativeBerkman Center (Harvard)Global Voices Advocacy • Reporters sans frontières Rapport 2009 : Les ennemis d'InternetElectronic Frontier FoundationSesaweAmnesty InternationalLa quadrature du Net

Petite valise d'urgence pour contourner la censure

Pour accéder au site de photos Flickr là où il est interdit.

Pour lire et écrire anonymement sur le Web

• Réseaux virtuels privés gratuits HotSpot Shield (Mac et Windows) AlwaysVPN (Mac, Windows, Linux) Social VPN (Windows, Linux)

• "Anonymiseurs" gratuits TOR, Ultrareach, Psiphon, Dynaweb

Pour signaler un site inaccessible

00:40 Ecrit par TUNISIA Watch dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : censure, internet

22/05/2009

Freedom House : la Liberté sur le Net en Tunisie

La Liberté sur le Net a fait l’objet d’un rapport approfondi publié ces derniers jours par l’organisation internationale « Freedom House » le rapport qui dresse « une évaluation globale de l'Internet et des médias numériques » dans le monde à consacré cette année des études détaillés de la liberté sur le Net dans 15 pays du monde dont la Tunisie. Notre pays classée avant dernière avant le Cuba et en même position que la chine populaire (Voir le tableau) à été classée comme l’un des pays les plus répressifs de la liberté d’expression sur le net avec le score de 78/100. Nous publions ici une traduction « non officielle » du rapport qui lui a été consacré. Sa lecture ne peut être qu’instructive pour tout ceux qui font encore douter de la gravité de la situation que notre pays est entrain de  traverser.

Obstacles à l'accès: 20 (0-25)
Les limites sur le contenu: 27 (0-35)
Violations des Droits de l'utilisateur: 31 (0-40)
Score total: 78 (0-100)

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Introduction Introduction

L'Internet a été lancé pour la première fois à l'usage du public en Tunisie en Novembre 1996, et les connexions à large bande ont été mises à disposition en Novembre 2005. Étant donné que les médias traditionnels sont censurés et étroitement contrôlée par le gouvernement, l'Internet a été utilisé comme moyen relativement libres et non censurés de diffusion des opinions politiques et sociales, et comme une alternative pour le terrain de débats publics sur les graves questions politiques. Ce non liberté d'expression a conduit à la création d'un vaste système de censure et de filtrage.

Obstacles à l'accès

L'utilisation d'Internet en Tunisie a connu une croissance rapide au cours des dernières années, alors même que l'accès reste limité. Le gouvernement prétend qu'il ya 2,8 millions d'utilisateurs d'Internet dans le pays, pour un taux de pénétration de près de 27 pour cent [1] de l'UIT-lieux, ce chiffre plus proche de 1,7 millions d'utilisateurs ou un taux de pénétration de 17 pour cent [2] et quelques 8,6 millions d’abonnés au téléphone mobile. [3] Toutefois, l'accès à l'information et aux communications (TIC) demeure difficile pour la plupart des Tunisiens en raison des coûts élevés et un sous-développement des infrastructures. La Tunisie ne dispose que d'une seule ligne terrestre de fournisseur de services, Tunisie Telecom, et tous les abonnés à Internet sont forcés d'acheter un téléphone à ligne terrestre qui comprend Tunisie Telecom Internet. Les prix varient de Tunisie Telecom à partir de 15 dinars (US $ 12) pour une vitesse de connexion de 128 à 256 kilobits par seconde, à 50 dinars (US $ 35) pour une vitesse de 512 kilobits à 2 mégabits par seconde. Les prix des abonnements à d'autres fournisseurs de services Internet (FSI) sont similaires, mais ils sont aussi élevée que 70 dinars pour la vitesse de connexion supérieure. L'accès Internet mobile est rarement utilisé, car les compagnies de téléphone mobile achètent leur accès Internet à partir des fournisseurs de services Internet et le coût reste au-delà de la portée de la plupart des Tunisiens. Bien qu'il n'existe pas de limites légales à la capacité de données que les FAI approvisionnement, la bande passante reste très faible et de la connectivité est très dépendant de la proximité physique des infrastructures existantes.

Au cours des dernières années, le gouvernement a tenté d'accroître l'accès aux TIC par la reconstruction des infrastructures pour améliorer la connectivité, en encourageant "Free Internet" programmes qui permettent l'accès à Internet pour le coût d'un simple appel téléphonique, et de promouvoir la concurrence entre les fournisseurs de services Internet à des prix plus bas. En 2004, le gouvernement a mis en place une initiative visant à encourager la généralisation de l'utilisation en supprimant les droits de douane et la création de la notion de PC Familial, selon laquelle chaque famille doit posséder un ordinateur personnel. Les autorités ont fixé un prix plafond pour le matériel informatique et établi des programmes offrant des prêts à faible taux d'intérêt pour les familles pour l’achat des équipements nécessaires. Le programme a également fourni un abonnement Internet avec chaque ordinateur vendu. Malheureusement, le projet n'a pas atteint les résultats escomptés parce que le prix des ordinateurs est resté trop élevé-environ 700 dinars, soit trois fois le salaire mensuel minimum, même avec les mesures incitatives du gouvernement. Même si beaucoup de gens sont incapables de se connecter à la maison, le gouvernement prétend que les universités, les centres de recherche, les laboratoires et les écoles secondaires ont un taux de connectivité de 100 pour cent, et que les écoles primaires sont connectées à 70 pour cent. [4] La plupart des utilisateurs en Tunisie ont accès à l'Internet par le biais de cybercafés connu sous le nom de Publinets. Selon les statistiques il ya actuellement 204 Publinets dans tout le pays. [5] Pourtant, même cette méthode d'accès reste prohibitive pour la plupart des gens, et le nombre de Publinets a diminué de façon constante au cours des dernières années.

Les Tunisiens ont accès à divers services Internet et d’applications telles que la gratuité d'hébergement de blog sites. Toutefois, les connexions internet privées de certains journalistes et blogueurs politiques sont souvent coupées à cause de «problèmes techniques», ou de leur vitesse est réduite au point de leur entraver la possibilité de consulter les sites et afficher les informations. En outre, certaines applications comme la vidéo des sites de partage Dailymotion et YouTube ont été systématiquement bloquées par le gouvernement. [6] Les systèmes tels que le Voice over Internet Protocol (VoIP) qui fournissent des PC aux appels téléphoniques sont interdites, mais les applications telles que Skype et Google Talk , qui fournissent également des appels de PC à PC, sont accessibles. Le site de réseautage social Facebook a été bloqué en août 2008, et bien que la décision a été inversée au début de Septembre, à la demande du président, des groupes et liaisons vidéo dans l'application demeurent inaccessibles.

La Tunisie dispose de 12 fournisseurs de services Internet. Planet Tunisie, 3S Globalnet, Hexabyte, Topnet et Tunet sont privées, tandis que les sept autres sont entièrement ou partiellement détenues par le gouvernement et chargé de fournir des services Internet aux institutions publiques. Le ministère des Technologies de Communications est le principal organe du gouvernement pour la technologie de l'Internet, et son Agence Tunisienne d'Internet (ATI) est l'organisme de réglementation pour toutes les activités liées à Internet. La loi oblige tous les fournisseurs de services Internet afin d'obtenir une licence du ministère à l'achat de leur bande passante de l'ATI.

Les limites sur le contenu

En  Tunisie les pratiques de filtrage et de censure sont à des niveaux multiples et vastes. Le gouvernement emploie trois principales techniques dans le cadre de sa stratégie de contrôle de l'Internet: la Techniques de filtrage, la censure après publication et la manipulation proactive. Le gouvernement émet également des directives concernant les fournisseurs d'accès à quatre types de matériel qui sont considérés comme indésirables et ciblées par les autorités: la pornographie ou du matériel sexuellement explicite, l'expression de l'opposition politique au gouvernement, les discussions des droits de l'homme en Tunisie (y compris sur les nombreux sites Internet d’organisations non gouvernementales) et d'outils ou les technologies qui permettent aux utilisateurs de contourner les contrôles du gouvernement. Ces directives ne sont pas délivrés à l'adresse d’événements spécifiques, comme les FAI, avec en ligne de presse, des journalistes et des blogueurs, sont censés être au courant de la règle de tabous et de faire face aux nouveaux développements en conséquence.

Tous flux de connectivité Internet de la Tunisie se fait par le biais d’un portail unique contrôlé par l'ATI. L'agence emploie le logiciels SmartFilter, [7] qui permet à des mots clés et de phrases à être marqués et filtrés sur tout l'Internet tunisien, y compris toutes les boîtes aux lettres en utilisant les codes Tn du pays. [8] Les sites qui sont régulièrement bloqués comprennent des sites d'opposition tels que nawaat.org, reveiltunisien.org, tunisnews.net, et kalimatunisie.com et les sites des groupes internationaux des droits de l'homme comme Freedom House, Reporters Sans Frontières, Human Rights Watch et Amnesty International. De nombreux blogs et sites personnels sont censurés et bloqué, en particulier lorsqu'ils traitent les problèmes politiques et sociaux. Des sites de la presse internationale tels que la British Broadcasting Corporation (BBC) et le New York Times sont accessibles en ligne, mais la technologie de filtrage permet au gouvernement de bloquer des pages à l'intérieur de ces sites. Les utilisateurs ne sont pas informés quand un site est bloqué sauf quand ils ont tentent de lui accéder. Au contraire, ils reçoivent un message d'erreur dont l'essentiel des attributs est que  la tentative n'a pas accès pour des problèmes techniques. [9] Selon l'OpenNet Initiative (ONI), cette falsification est en opposition aux pratiques des autres Etats qui utilisent le logiciel SmartFilte [10] Virtual Private Networks (VPN) et Secure Sockets Layer (SSL), les connexions sont interdites sans l'autorisation administrative. Les autorisation d'acquérir des certificats SSL VPN et les ports exige un paiement supplémentaire et est uniquement accordée aux sociétés offshore.

La censure après publication peut prendre un certain nombre de formes. Des liens de blog individuels peuvent être supprimés, dans la plupart des cas dans les 24 à 48 heures de leur publication. Dans d'autres cas, la totalité de blogs peuvent être fermés par les fournisseurs de services. Les moteurs de recherche, y compris les prochaines google.com.tn, filtrent les résultats afin d'exclure ceux qui sont censurés ou qui ne sont pas favorables à la politique du gouvernement tunisien.

En plus de prévenir certains contenus d'apparaître dans le cyberespace tunisien, le gouvernement a récemment commencé à façonner l'opinion publique de manière proactive en ligne. En 2007, elle a commencé à réunir de petits groupes de personnes sur des sites Web pour orienter activement les discussions dans un sens favorable au gouvernement. Les autorités ont également étendu leur contrôle par les médias traditionnels en encourageant la création d'environnement en ligne favorable, des portails d'informations ont fortement été encouragés, mais non forcés à obtenir leurs articles de presse en provenance de l'agence de presse officielle de l'Etat Tunis Afrique presse, permettant ainsi à la version officielle des événements de dominer.

Bien que la blogosphère tunisienne est encore jeune (effectivement commencé en 2006) et relativement petite (600 blogs actifs), elle sert comme une forum alternatif dynamique pour la pratique de la liberté d'expression. Les blogs ont commencé à jouer un rôle important dans la résolution des problèmes et des événements qui sont considérés comme au-delà des "lignes rouges" observé par les médias traditionnels, tels que les émeutes qui ont eu lieu dans le bassin minier de Gafsa, au début de 2008. [11] Les Vidéos et les rapports de presse ont été publiés en ligne de façon quotidienne, et un blog a été créé pour recueillir toutes les informations liées à cet événement. Blogs covering red-line issues always find themselves censored eventually, but the deterrent effect is negligible, as bloggers simply move their blogs to another site. Les Blogs couvrant les questions interdites se sont toujours trouvé en fin de comte censurés, mais l'effet dissuasif été négligeable, les blogueurs ont simplement transférés leur blog à un autre site. Certains blogueurs ont atteint jusqu'à neuf blogs dans une tentative de maintenir l’accès à leur textes face à la persistance de la censure. D'autres ont développé plusieurs techniques de création. [12] Le blog NormalLand examine la politique tunisienne en utilisant un pays virtuel avec un leader virtuel, et avec différents charges affectés à d'autres bloggers tunisiens. Normal Land a même son propre drapeau et l'hymne national inspiré de la réalité tunisienne [12]

In December 2008, bloggers pushed back against encroaching censorship with a vocal protest against the Tunisian Blog Awards. En Décembre 2008, bloggers repoussé une tentative de la censure en protestant contre la Tunisie Blog Awards. Les prix ont été destinés à l'honneur le dynamisme et la diversité de la blogosphère tunisienne, mais les organisateurs enrôlé de l'événement ont insisté sur l'exclusion de tout blog qui a été considéré comme ayant un "propos haineux, racistes ou religieux ou de ceux qui propagent des idées contre les mœurs, l'ordre public, lois et règlements en vigueur. " Ce qui supprime automatiquement de la concurrence un grand nombre de blogs, y compris ceux qui ont été censurés pour avoir été critiques à l'égard de la politique de la Tunisie ou des droits de l'homme. [13] à part les blogueurs contestataires, les groupes minoritaires et les organisations non gouvernementales locales n'ont pas encore commencé à utiliser Internet comme un outil de mobilisation.

Violations des droits des usagers

Le droit tunisien permet au gouvernement de bloquer ou de censurer le contenu d'Internet réputé obscène ou menaçant à l'ordre public, ou constituant comme "une incitation à la haine, la violence, le terrorisme, et toutes les formes de discrimination et de comportements sectaires qui violent l'intégrité et la dignité de la personne humaine, ou qui sont préjudiciables aux enfants et aux adolescents. "[14] En Décembre 2003, les autorités ont adopté une loi antiterroriste vague et qui peut s'appliquer à l'utilisation de l'Internet. It created summary procedures for bringing terrorism suspects to trial, and stipulated that these procedures would also apply to those accused of "inciting hate or racial or religious fanaticism whatever the means used." Des procédures sommaires de mise en accusation pour terrorisme ont étés adoptés, il à été précisé que ces procédures s'appliquent également à ceux qui sont accusés d ' «incitation à la haine ou au fanatisme racial ou religieux quels que soient les moyens utilisés."

Le gouvernement a aussi souvent recours à des accusations criminelles, telles que le harcèlement sexuel et la diffamation, pour opprimer les journalistes en ligne et les blogueurs. L’exemple le plus connu est le cas de l'avocat et défenseur des droits humains Mohammed Abbou, qui a été arrêté sur accusation de diffamation et condamné en Mars 2005 pour un article en ligne dans lequel il a comparé la torture des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions commises par les soldats Américains à Abou Ghraib, en Irak. Il a été libéré en Juillet 2007, mais il a continué à faire face à des menaces et des intimidations, et les autorités ont refusé de lui permettre de quitter le pays. Le Bloggeur et journaliste en ligne, Omar Mestiri a été poursuivis pour diffamation, en août 2007 pour un article qu'il a écrit pour un site français, l’article n'a jamais pu être consulté  en Tunisie, le site étant bloqué par le gouvernement. [15] En Novembre 2007, blogueur et journaliste Slim Boukhdhir a été arrêté et accusé d'agression contre un agent public et de violation des normes de la moralité publique. [17] In 2008, Il a été condamné à un an de prison, [16], mais il a été libéré de façon inattendue en Juillet 2008 après avoir purgé sept mois seulement. [17] En 2008, le blogueur Ziad el-Heni a déposé la toute première poursuite contre ATI, faisant valoir que l’agence procède à des pratiques illégales de censure et a violé son droit à la liberté d'expression en bloquant Facebook en août 2008. [18] Le cas a été rejeté par le troisième tribunal de district de Novembre 2008, et il n'existe actuellement aucune possibilité d'appel de cette décision.

L'anonymat et le droit à la vie privée sont des concepts inexistants en Tunisie. While the government does not expressly forbid anonymity and users can post anonymous comments on websites, the government has access to user information through ISPs and can track the comment to the poster. Alors que le gouvernement ne fait pas expressément interdir l'anonymat et les utilisateurs peuvent envoyer des commentaires anonymes sur les sites Web, le gouvernement a accès à l'information de l'utilisateur par le biais de fournisseurs de services Internet et permet de suivre le commentaire à l'affiche. En vertu de la loi de chaque fournisseur de services Internet doit soumettre une liste de ses abonnés à l’ ATI chaque mois. [19] les Publinets sont regalement surveillés. En vertu de la loi tunisienne, les gestionnaires sont responsables pour les sites consultés par leurs clients et de leurs activités. Il est courant de voir les propriétaires demander aux clients de ne pas visiter certains sites. Des affiches sont apposées sur les lieux pour rappeler aux utilisateurs que la pornographie et d'autres sites répréhensibles sont interdits. It is necessary to present an identity card to use Publinet facilities, and the managers have the right to access anything saved to disk by their customers. [20] Users are also required to present personal information prior to purchasing a mobile phone or SIM card, and SMS (text messaging) is monitored for red-line or taboo topics in much the same way as the internet. Il est nécessaire de présenter une carte d'identité pour beneficier des services du Publinet, et les gestionnaires ont le droit d'accéder à tout contenu sauvegardé sur le disque par leurs clients. [20] Les utilisateurs sont également tenus de présenter des renseignements personnels avant d'acheter un téléphone mobile ou une carte SIM, et les SMS (messagerie texte) sont contrôlés pour sujets prohibés ou sujets tabous de la même manière que l'internet.

Les exactions extrajudiciaires d'intimidation et de violence physique qui ciblant les journalistes en ligne et des blogueurs sont une pratique courante en Tunisie. Sihem Bensedrine, rédactrice en chef du site d'actualités en ligne Kalima, a été menacée depuis des années par des actes d'intimidation physique et de campagnes de diffamation, le site lui-même a été bloqué depuis 1999. Entre Octobre 2008 et la fin de l'année, il ya eu six cas signalés de harcèlement à l'encontre de ses employés de Kalima. [21] Ziad el-Heni, le journaliste et blogueur, a été censuré à huit reprises et fait face à de fréquentes intimidations et agressions physiques occasionnelles. Slim Boukhdhir, en plus d'avoir été arrêté pour ses écrits, a été harcelé à maintes reprises par les fonctionnaires de l'Etat, ce qui aurait inclus les abus et les menaces par des gardiens de prison au cours de ses sept mois derrière les barreaux. [22] Récemment, des attaques ciblées techniques sont devenus un outil très populaire pour intimider et faire taire les utilisateurs des TIC. [23] En Juillet 2007, le blog de Slim Boukhdhir a été hacké et supprimé. En Octobre 2008, une attaque sur kalimatunisie.com a détruit tout le contenu sur le site, la forçant à être entièrement reconstruit. E-mail hacking is also common; accounts that have no secured access are monitored, and important information may suddenly disappear. Le piratage des E-mail est également courant; les comptes sont contrôlés, et les informations importantes disparaissent soudainement. Ces processus sont destinés à décourager progressivement les blogueurs et les journalistes en ligne, qui osent critiquer la politique du gouvernement. Les tunisiens qui souhaitent explorer l'internet et visiter des sites Web censurés sont forcés d'utiliser les proxis et anonymizers. Toutefois, les proxis sont continuellement "bannis" par le gouvernement tunisien, et les utilisateurs courent le risque potentiel s'ils sont capturés pour la recherche ou l'utilisation de cette technologie.

Notes

[1] http://www.ati.tn/fr/index.php?id=90&rub=27 , accessed December 2008
[2] International Telecommunications Union, http://www.itu.int/ICT-D/icteye/default.aspx  
[3] http://www.infocom.tn/index.php?id=264 , accessed on March 23, 2009
[4] http://www.ati.tn/fr/index.php?id=90&rub=27 , accessed December 2008
[5]http://www.infocom.tn/index.php?id=268 , Accessed on March 23, 2009
[6] "Video-sharing website Dailymotion blocked,"IFEX, April 11, 2007,  http://www.ifex.org/en/content/view/full/82430 , accessed on March 23, 2009
[7] SmartFilter technology is provided to the Tunisian government by US company Secure Computing.
[8] "Internet Filtering in Tunisia in 2005: A Country Study", Open Net Initiative, http://cyber.law.harvard.edu/oni-tunisia/  , accessed on March 26, 2009
[9] http://www.nawaat.org/portail/2006/06/13/tunisie-le-scandale-de-la-403-maquillee-en-404/ , accessed on March 26, 2009
[10]"Internet Filtering in Tunisia in 2005: A Country Study", http://cyber.law.harvard.edu/oni-tunisia/ , accessed on March 26, 2009
[11] "Silencing online speech in Tunisia", Global Voices, August 20, 2008, http://globalvoicesonline.org/2008/08/20/silencing-online-speech-in-tunisia/ , accessed on March 26, 2009
[12] "Tunisphere: How to blog about politics without being censored", Global Voices, February 27, 2007,http://globalvoicesonline.org/2007/02/27/tunisphere-how-to-blog-about-politics-without-being-censored/ , accessed March 26, 2009
[13] "Furor over Tunisian Blog Awards Censorship", Global Voices, December 14, 2008, http://globalvoicesonline.org/2008/12/14/furor-over-tunisian-blog-awards-censorship/, accessed on March 26, 2009
[14] "2008 Human Rights Practices: Tunisia", U.S. Department of State, February 25, 2009, http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2008/nea/119128.htm, accessed on March 26, 2009
[15]  "IFEX-TMG Calls For Libel Charges to be Dropped Against Journalist", IFEX, August 21, 2007,http://www.ifex.org/en/content/view/full/85730 , accessed on March 26, 2009 (The case was dismissed after the plaintiff retracted the charges.)
[16] "Journalist given one year sentence in 'unfair trial'", IFEX, December 11, 2007, http://www.ifex.org/en/content/view/full/88580 , accessed on March 26, 2009
[17] "Journalist Slim Boukhdhir released from Tunisian prison", Magharebia, July 23, 2008, http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/en_GB/features/awi/features/2008/07/23/feature-01 , accessed on March 26, 2009
[18] "Journalist sues Tunisian Internet agency for censorship", Magharebia, September 15, 2008, http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/en_GB/features/awi/features/2008/09/15/feature-01 , accessed on March 26, 2009
[19] "2008 Human Rights Practices: Tunisia", http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2008/nea/119128.htm , accessed on March 26, 2009
[20] "Internet Filtering in Tunisia in 2005: A Country Study", http://cyber.law.harvard.edu/oni-tunisia/ , accessed on March 26, 2009
[21] "Smear campaign against Ms. Sihem Bensedrine", International Federation for Human Rights, January 6, 2009, http://www.fidh.org/Smear-campaign-against-Ms-Sihem , accessed on March 26, 2009
[22] "Tunisia: Relentless campaign against imprisoned blogger and journalists Slim Boukhdhir", Global Voices, March 24, 2008,http://globalvoicesonline.org/2008/03/24/tunisia-relentless-campaign-against-imprisoned-blogger-and-journalist-slim-boukhdhir , accessed on March 26, 2009
[23] "Kalima website targeted; police attack OLPEC secretary general",IFEX, October 14, 2008, http://www.ifex.org/en/content/view/full/97591 , accessed on March 26, 2009

Source: http://freedomhouse.org/template.cfm?page=384&key=211&parent=19&report=79

19/02/2009

Tunisie : Censure, encore et toujours…

Deux nouveaux blogs sont venus s’ajouter à la longue liste des blogs censurée en Tunisie cette semaine :

Le premier concerne le syndicaliste Mohamed Ayadi, animateur d’un Observatoire des droits et des libertés syndicales. La censure à touché le blog de l’observatoire http://marced.jeeran.com/ ainsi que le blog personnel de son animateur http://nakabi.maktoobblog.com/

Le second concerne le journaliste Ziad El Hani du journal progouvernemental “Essahafa” http://journaliste-tunisien5.blogspot.com/. Zied el Hani est l’un des rares journalistes tunisien à tenir un blog de libre expression en Tunisie. Il publie dans son blog les articles que son journal ne peut tolérer. Censuré une première fois le 23 octobre 2008 il est aujourd’hui à son 5ème édition de son blog à subir la censure.

La raison probable de la censure cette fois semble être sa publication d’un article dénonçant le statut de certains proches du pouvoir qui s’affiche publiquement au dessus de la loi en flagrante contravention à la loi et qu’aucune autorité en Tunisie ne peut faire face à leurs abus

Le journaliste présente des photos d'une voiture Hammer portant le mot "Tunisie" comme  immatriculation pour tourner en dérision le discours de la propagande officielle sur l’Etat de droit et des institutions

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L’article de Ziad El Hani :

الهامر و"أولاد الحلال": لا لوحات معدنيّة ولا هم يحزنون، ومن لا يرضى فليشرب من البحر!؟

الهامـر في لغة الانقليز تعني المطرقة. وهو كذلك اسم صنف من السيارات بالغة الضخامة التي يشبه شكلها السندان. وثمنها يبلغ مئات آلاف الدنانير. من كان في مثل وضعنا نحن الصحفيين يعيش بين المطرقة والسندان، فليس بإمكانه أن يطمع بأكثر من يرى صور هذه السيارة الماسيّة في أغلفة المجلات أو شاشة التلفزة.

لكن شباب "أولاد الحلال" من الأقرباء المبجّلين وأصهارهم وحتى أصهار أصهارهم المتنفّذين، قدمّوا لنا ولأمثالنا من أهالي وطننا السعيد خدمة العمر. لقد جلبوا لنا هذه الس   يارات الحلم حتى نمتّع بها أنظارنا فيسرح بمرآها خيالنا وتنسينا جانبا من هموم حياة تزداد مصاعبها بمرور الأيام. بل هي تلهينا عن التفكير في راتب تبخّر قبل أن تنتهي الخمس الأوائل من الشهر، وتشحذ أذهاننا للبحث عمّن يمكنه أن يقرضنا قرضا حسنا بدنانير معدودات على حساب راتب الشهر القادم أو الذي يليه.

الإشكالية الوحيدة التي تنغّص صفو أحلامنا وتقطعها بشكل حادّ هي أن يتصوّر الواحد منّا بأن إحدى هذه السيارات يمكن أن تصدمه هو أو أحد أطفاله!؟ وقتها لن يمكنه أن يطمع في تعويض مجز قد يسمح له بفتح حانوت كفتاجي يحسّن به دخله ووضعه الاجتماعي!؟ والسبب بسيط، فهذه السيارات لا تحمل لوحات معدنية مثل ما يفرضه القانون علينا نحن معشر المواطنين (حاشاكم بهيم وقدم قرعة). والشكوى عندها لن تكون لغير للّه مع التسليم بقضائه مرّه ومرّه.

لكن عزاءنا حتى في هذه الحالة يبقى قائما.. أي نعم! يكفي أن نتذكر بأنه لا أعوان الأمن ولا السيد وكيل الجمهورية، ولا حتّى الانتربول يمكنه أن يوقف "أولاد الحلال" أو يحاسبهم، لنشعر بالراحة.

طبعا وبكلّ تأكيد..

تصوّروا مثلا لو يُطلب منّا باسم القانون والمؤسسات التي تحمينا وتظلّل علينا في بلادنا تقبيل عجلة السيارة التي دهستنا، وطلب غفرانها حتّى لا نكون عرضة للتبّع من أجل تعكير صفو جولانها العامّ!؟

هل تتصوروننا قادرين على أن نقول لا!؟

تصوّروا أن سائق السيارة كان مثلا بصدد تدخين سيجارة حشيش أو استنشاق مخدّر من الطراز الراقي كالهيرووين، وتسبّب صدمه لنا، عفوا بل صدمُنا لسيارته الغالية، في سقوط جزء من الغبار المخدّر على ثيايه الراقية، هل سيقبل تحجّجنا بأن بلّور سيارته الداكن المخالف للقانون حجب عنّا رؤية طلعته البهيّة؟ هل تراه سيقبل عذرنا بأننا لم نقدّر غلاء ثيابه حق قدره، نحن الذين لم نعد نلبس غير ثياب (الفريب) منذ سنوات عديدة!؟

وحتّى لو افترضنا أنه سيغفر لنا ذلك كلّه، هل تراه يغفر لنا أنّا عكّرنا مزاجه!؟ ألم أقل أن جولان هذه السيارات دون لوحات معدنية على مرأى من أعوان الأمن والديوانة والحرس الوطني، أفضل لنا جميعا!؟

أليست الضربة دون معقّب غير الشكوى للّه أفضل من ضربة تتبعها إهانة، وتظلّم تعقبه إدانة!؟

إضحك..إنّك في تونس دولة القانون والمؤسسات، وبلد التسامح وحقوق الإنسان؟

زياد الهاني – 12 فيفري 2008

25/12/2008

25/12 : les blogs tunisiens font note blanche de protestation contre la censure

http://tn-blogs.com/

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15/12/2008

La Blogosphère Tunisienne : De la naïveté à la lucidité

anti-TBA-widget.gif…Dès le départ, j'ai été très sceptique par rapport à ce concours (Tunisia Blog Awards) et j'ai évité de réagir dès son lancement parce que des amis y étaient inscrits et je ne voulais pas faire mon rabat-joie. (J’ai compris par la suite que c'était à l'insu de leur plein gré ::)

Sceptique parce que je n'apprécie pas trop cette récupération ambiguë d'un espace, anarchique, maladroit, spontané, réac mais surtout libre qu'on appelle : Tunisie-Blogs.

Mais il y a une part aussi de naïveté de la part de certains bloggeurs inscrits et autres membres du jury. Il est facile de tirer sur l'ambulance et de se désolidariser après coup en invoquant un simple " je ne savais pas".

Quelle entreprise accepterait d'associer son image à un bloggeur indépendant, même dans les plus grandes des démocraties, aucune grande entreprise n'aurait sponsorisée un concours de bloggeurs indépendants, libres et politiquement incorrect. Penser que cela aurait été possible en Tunisie relève de la plus grande des naïvetés.

Les sponsors sont là juste pour profiter du succès de la blogosphère et pour rajeunir leur image.

Donc, c'est très naïf de penser que l'ATB et TOPNET était là pour défendre la liberté d'expression.

Cette affaire (ici), j'espère, qu'elle deviendra un cas d'école dans les cours de communication et de Marketing et surtout un bon contre-exemple dans la gestion de la crise (ici). Parce que je pense que c'est la fin de leur plan de communication sur le net et ça c'est dommage pour les boites de com qui vivaient de cet argent.

Cette affaire démontre une fois de plus l'attachement sans fin des bloggeurs tunisiens à leur indépendance et à leur liberté et ça: j'aime !

Et je suis de plus en plus convaincu que le succès de Tunisie Blog est du à un seul facteur : son indépendance.

Donc, il faut arrêter de tenter de récupérer cet espace pour des fins mercantiles et politiques.

Enfin, j''aimerai profiter de cette note pour ouvrir une petite parenthèse sur cette idée de monter une association de bloggeurs. La mission de ce projet est belle mais c'est un non sens total.

D'abord c'est une idée très vingtième-siècle :) on est dans le web 2.0 les gars ;)

Mais c'est encore une tentative de politiser cet espace et de le diriger vers une pensée unique. Le débat existe sur Tunisie Blog pourquoi le déplacer ailleurs ??

La blogosphère doit garder son statut indépendant. C'est son charme, sa force et sa faiblesse.

Vive la Blogosphère !

Byrsa blog - lundi 15 décembre 2008 ( Image - Widjet Anti TBA)

06/12/2008

Tunisie: Le Syndrome Intello Déficience Active (SIDA)

Le Syndrome Intello Déficience Active (SIDA) décrit par "Z" ici est une autre façon de crier par la satire contre l'absurdité de la situation politique qui frappe notre pays. La réaction à cette note ne s'est pas fait attendre: le blog de Z "Débat Tunisie" vient tout simplement d'être censurer. La dictature en Tunisie n'a qu'un seul moyen pour garder l'harmonie de sa symphonie: éliminer toute résonance susceptible de la perturber.

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21 ans de lutte contre le SIDA !

Je témoigne ma sincère solidarité envers la peuple tunisien qui lutte en silence, depuis les années quatre-vingts, contre cette maladie taboue qui prend chaque année des proportions inquiétantes. Cette infection agit sur l'intellect tunisien par des moyens actifs: elle l'étouffe, le censure, l'isole jusqu'au stade de la déficience clinique. Plus grave encore, cette maladie agit par des moyens passifs sur le citoyen en substituant son intellect par l'instinct moutonnier du consommateur docile et idiot.

Des spécialistes se sont penchés sur le cas tunisien de cette infection et peinent à expliquer son mode de transmission. Il semblerait que la contagion s'opère principalement à travers le papier journal, le poste de télévision, le poste de radio ou plus insidieusement par des rayonnements ultras-mauves diffusés un peu partout dans l'espace public. La transmission par voie sexuelle n'est pas exclue. Les agents visibles de cette contamination appelés VIH (Very Imbecil Hezbist) opèrent par ces canaux de diffusion massive et sont relayés par des agents moins visibles, appelés VIP (Very Important Person), qui agissent depuis leurs palais et leurs sanctuaires maraboutiques.

Il serait injuste de clore ce billet sans parler d'une autre maladie qui s'appelle aussi SIDA et dont les victimes en Tunisie restent tout aussi ignorés que tous les citoyens atteints du Syndrome d'Intello Déficience Active...

Mes amis, la science quelquefois montre ses limites. Il ne reste donc plus qu'à nous de trouver le remède contre cette contamination généralisée. La lutte continue !

Article et caricature de "z" - Blog Debat Tunisie - Le 04 décembre 2008

20:53 Ecrit par TUNISIA Watch dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, blog, censure

18/11/2008

« Le régime tunisien a militarisé les nouvelles technologies »

Considéré comme l'un des rares journalistes tunisiens indépendants, Tahar Labidi, qui vit actuellement exilé en France, estime que le régime de Ben Ali a « militarisé les nouvelles technologies » en vue de mieux les contrôler. Convaincu que la situation de son pays ne diffère pas des autres pays arabes, le journaliste tunisien juge que les informations répandues par le biais des nouvelles technologies ne menacent pas la presse écrite en Tunisie. Ce qui la menace, c'est surtout son contenu rétrograde, sans intérêt, et qui ne prend jamais en considération les besoins des citoyens et leurs revendications.

APN: On dit que la Tunisie est un pays relativement développé dans le domaine des nouvelles technologies de communication. Trouve-t-on alors une véritable communauté de bloggeurs ?

Tahar Labidi : La Tunisie ne diffère pas des autres pays arabes. Les médias, tous genres confondus, demeurent sous le contrôle  du régime en place. Il est vrai que la Tunisie a consenti beaucoup d'efforts dans le multimédia et les nouvelles technologies de l'information, ce qui a favorisé la mise en place d'une communauté de bloggeurs et d'internautes, mais cela ne veut pas forcément dire que nous jouissons d'une véritable liberté d'expression et de communication.

En Tunisie, le monde virtuel de l'Internet est soumis au contrôle strict des services de sécurité. C'est une surveillance  presque militaire. Pour garder la mainmise sur tout ce qui se fait ou se dit dans la toile, l'état tunisien s'est équipé des dernières technologies et formé de nombreux ingénieurs et spécialistes dans le multimédia. Les objectifs sont de pirater et détruire tout site ou blog critiquant le pouvoir du président Ben Ali ou sa politique. Même les sites implantés en Europe ou aux Etats-Unis n'échappent pas à ce piratage et font l'objet de destruction systématique par le biais des virus.

Je peux citer entre autres les sites « Tunis news », « Tunis On-line » et « Hiwar Net » ainsi que le site du docteur Mouncef Merzouki et le site « Kalima » (Parole). Toutefois, malgré la surveillance et le contrôle quasi-quotidien, quelques expériences ont réussies, à l'image du site du défunt Zahir Yahiaoui  intitulé « Tunis-zine » qui a attiré beaucoup de monde avant qu'il soit arrêté puis emprisonné de 2001 à 2003. Beaucoup d'autres bloggeurs et internautes ont également investi la toile tunisienne avec des pseudonymes, de peur d'être arrêtés et torturés. Mais toujours est-il, on ne peut pas parler d'une véritable communauté de bloggeurs à l'heure de la « militarisation de la technologie ». 

En Europe et aux USA, les nouvelles technologies de l'information concurrencent sérieusement les moyens d'informations traditionnels comme les journaux et les radios. Qu'en est-il exactement de la Tunisie ?

A mon avis, on ne peut faire une comparaison entre deux réalités différentes. En Europe, la presse traditionnelle et les sites Internet sont libres et possèdent des marges de liberté. C'est pour cela d'ailleurs qu'ils rivalisent en imagination et en sujets  pour pouvoir attirer le maximum de personnes.

Chez nous en Tunisie, le monde des médias est dominé par la pensée unique et subit le contrôle des services de sécurité. C'est ce qui fait qu'il n'existe pas de concurrence entre les médias eux-mêmes. En conséquence, les tunisiens préfèrent lire d'autres journaux et regarder d'autres télévisions, comme « EL Jazzera » ou « El Arabia » ainsi que les quotidiens arabes paraissant à Londres come « El Hayat » ou « Shark al Awsat ».Quant aux quelques blogs qui existent, ils sont loin de constituer une véritable avancée en terme d'information et de liberté d'expression.

Est-ce que les nouvelles technologies de l'information menacent-elles la presse écrite en Tunisie ?

Non. Les nouvelles technologies ne menacent pas la presse écrite en Tunisie. Ce qui la menace, c'est surtout son contenu rétrograde, sans intérêt et qui ne prend jamais en considération les besoins des citoyens et leurs revendications. Que peut-on attendre d'une presse qui consacre des pages entière à l'artisanat, au football, aux menus que mangent les stars de la musique ou encore aux réalisations du régime de Ben Ali. Mais en Tunisie ils subsistent grâce aux subventions de l'état et des gens qui sont au pouvoir. Contrairement au nombre infime de journaux de l'opposition qui ne reçoivent aucune aide.

Pensez vous que la presse écrite a évolué au temps du règne de Ben Ali ?

Je ne pense pas. Je tiens comme preuve le nombre de journalistes tunisiens jetés en prison et les journaux suspendus. Pour votre information, deux collègues Mohamed Al Harouni et Samir Saci ont été agressés alors qu'ils se rendaient au siège de leur journal « Al Mawkif ». Ce quotidien a d'ailleurs été suspendu plusieurs fois par l'état et retiré des kiosques. (Tu peux ajouter quand ceci s'est produit ?)

Le dernier numéro du journal « Al Mouatinoun » (Les citoyens) a été également saisi par la police et son directeur Mustapha Ben Jaafar convoqué par la justice. La police a aussi détruit le site de Sihem Ben Sirine « Kalima » ainsi que celui du parti démocratique et progressiste.
Par ailleurs, le correspondant de la chaîne Al Jazzera à Tunis Lotfi Hadji n'a pas pu se faire délivrer la carte de presse. Il se bat depuis cinq pour cela, sans succès. Un correspondant du site Internet du parti démocratique et progressiste a été, pour sa part, agressé dans la rue. Il est actuellement sous contrôle policier. Idem aussi pour le journaliste Abdallah Zaoui, qui après avoir passé 12 ans de prison, vit contraint depuis 5 ans dans le sud de la Tunisie. Il n'a pas le droit de venir voir sa famille à Tunis. La liste est encore longue...

Devant cette absence flagrante de la liberté d'expression, quel est donc selon vous l'avenir de la presse (écrite et audiovisuelle) en Tunisie ?

Je pense que le développement de la presse dans un pays ne dépend pas uniquement des nouvelles technologies et des moyens techniques. La presse écrite ne peut évoluer et se développer  que dans un espace de liberté  d'expression et de tolérance. A ce titre permettez moi de citer un dicton anglais qui dit « Il vaut mieux mourir de faim, mais libre que de vivre esclave, mais en prison ». Hélas, aujourd'hui, la presse écrite et audiovisuelle est considérée comme un relais du discours officiel. Son avenir est intimement lié à l'avenir du régime politique lui-même.

Existe-t-il en Tunisie des journaux privés ? Si non, pourquoi ?

Tahar Labidi: Dans mon pays, la presse est nationalisée par l'état. Et le simple fait de parler d'une presse privée s'apparente à une anecdote médiatique. De toute façon, même si la presse est privatisée, elle se transformera sans aucun doute à une caisse de résonance du pouvoir en place et en tribunes politiques du système. Et gare au journal ou journaliste qui s'éloignera de cette ligne ! Il se retrouvera derrière les barreaux.

Par Samuel Henry - Arab Press Network - 17 novembre 2008

07/11/2008

Le Quai d’Orsay s’alarme de la mainmise de Ben Ali sur l’internet tunisien

Le président tunisien Ben Ali fête le 7 novembre, date anniversaire de son arrivée au pouvoir. Un règne sans la moindre liberté d’information, comme le regrette l’ambassadeur de France.

Les présidents français successifs devraient écouter d’avantage leurs diplomates. Le 28 février 2006, Jacques Chirac, alors chef de l’Etat, prenait sa plus belle plume pour féliciter son « ami » Ben Ali de la liberté d’information qui régnait à Tunis. Et Chichi en voulait pour preuve le sommet qui venait d’être tenu à Tunis pour faire avancer les nouvelles technologies de l’information, dont évidemment le Net. Lequel Net est, on le sait, totalement verrouillé et surveillé par des dizaines de flics, qui disposent de somptueux locaux un peu à l’écart de la capitale.

Lors de son séjour en Tunisie ce printemps, Nicolas Sarkozy chaussait les babouches de son prédécesseur et s’extasiait des progrès réalisés par le président Ben Ali sur le chemin des libertés. Et tant pis si la sous ministre Rama Yade n’a pas eu le droit de rencontrer, lors de ce voyage, la moindre représentante de la société civile tunisienne.

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Le 28 février 2006, Chirac félicitait son ami Ben Ali pour la liberté qui régnait en Tunisie en matière d’information

"Facebook", révélateur de la chape de plomb tunisienne

Les Présidents français devraient consulter d’avantage leur propre diplomatie. Apparemment, les agents du Quai d’Orsay sur place ont une vue moins rose des progrès réalisés par les autorités tunisiennes en matière de libéralisation. Dans un télégramme diplomatique rédigé à la fin de l’été, l’ambassadeur de France à Tunis dresse un constat sombre de la liberté d’information en Tunisie.

A une réserve près, le réseau Facebook a été finalement autorisé, après de longues hésitations, comme le résume le diplomate au début de son télégramme. « A défaut de pouvoir exprimer une opinion libre dans les enceintes traditionnelles, les Tunisiens, les jeunes et les intellectuels en particulier, se tournent vers Internet, comme en témoigne le succès rencontré par le site internet de réseau social Facebook. La question de la censure de ce site s’est récemment posée, avant d’être écartée par le chef de l’Etat lui même. »

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Dans un télégramme diplomatique daté du 3 septembre 2008, l’Ambassadeur de France en Tunisie regrette "le contrôle étroit" du régime de Ben Ali sur le net

Pourquoi quelque 22000 tunisiens se sont tournés vers Facebook ? Et bien, les diplomates français l’expliquent fort bien, comme on peut le lire dans le document que nous publions ci dessus : censure des sites d’information alternative sur la Tunisie, d’ONG internationales de défense des droits de l’homme, de partis d’opposition tunisiens et même des sites de partage de vidéos "you tube" et "daily motion"…..

« Un média politisé à la marge »

L’essentiel des internautes de Facebook, comme l’analyse toujours l’ambassade de France, se passionnent pour des sujets plutôt anodins sur le plan politique : la culture, le sport, la tunisianité ou encore la bi-nationalité….

Ce qui a inquiété le régime, c’est que même si elle reste très minoritaire, la politique s’est invitée, ces dernières semaines, sur Facebook. La plupart des débats sur l’environnement et la laicité ne prêtaient pas vraiment à conséquences. Le média, comme le constatent les diplomates, était « politisé à la marge ».

Mais il a suffi que quelques internautes courageux (d’autant plus que sur Facebook, ils ne sont pas anonymes), évoquent les événements sociaux de Gafsa pour que la police tunisienne prenne peur. Une brèche était ainsi créée, la chape de plomb commençait à se fissurer. Ce que résume parfaitement, là encore, les diplomates français sur place : « La fermeture de Facebook durant une semaine laisse percevoir la tentation d’une partie du système sécuritaire d’empêcher ce qu’il ne contrôle pas ». « Une partie » ! Cette prudence est à l’honneur de la diplomatie française.

Et le télégramme diplomatique de faire état, en conclusion, de la volonté affichée de Ben Ali de s’ouvrir aux nouvelles technologies : « La réalité vécue par tout internaute tunisien, conclut le diplomate, empêche d’y croire sans nuance. »

On ne saurait mieux dire !

Nicolas Beau – bakchich info - Vendredi 7 novembre 2008

Le président Ben Ali fête les 21 ans de son accession au pouvoir, la répression continue

Le gouvernement tunisien fête, le 7 novembre 2008, le 21e anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Zine el-Abidine Ben Ali. Pendant les célébrations, c’est avant tout le bilan économique et sécuritaire du chef de l’Etat qui est mis en avant. La Tunisie fait figure de pays arabe le plus avancé en matière des droits de la femme et s’est imposé, en parallèle, comme un allié majeur de l’Occident dans la lutte contre le terrorisme. La Tunisie reste cependant l’un des pays les plus autoritaires de la région dans le domaine des libertés publiques. Le régime s’appuie sur un large appareil sécuritaire qui surveille et punit les vélléités démocratiques des citoyens. Les médias n’échappent pas à ce contrôle et leurs collaborateurs sont étroitement encadrés.

Le paysage médiatique tunisien offre pourtant le choix entre une multitude de titres. Mais, à quelques exceptions près, l’ensemble de ces publications est complètement asservi au pouvoir. Les journalistes qui résistent à la monotonie imposée doivent subir de nombreuses complications dans l’exercice de leur métier et dans leur vie quotidienne : difficultés pour renouveler leurs documents d’identité auprès de l’administration, interdictions de sortie du territoire, blocage dans l’accès à l’information, etc. A ce titre, la vingt et unième année d’exercice du pouvoir du président Zine el-Abidine Ben Ali n’a pas fait exception.

Le régime tunisien n’hésite pas non plus à emprisonner les collaborateurs de la presse étrangère. Arrêté le 26 novembre 2007, le journaliste Slim Boukhdir, qui publie ses écrits dans les médias panarabes, a passé 238 jours derrière les barreaux au terme d’un procès fabriqué. Le défenseur des droits de l’homme Tarek Soussi a été inculpé de “propagation de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public”, après avoir participé à une émission sur Al-Jazira. Il est actuellement en liberté provisoire dans l’attente de la reprise de son procès. La chaîne de télévision satellitaire qatarie, qui donne la parole à l’opposition tunisienne, n’a jamais été autorisée à ouvrir un bureau dans le pays et son correspondant, Lotfi Hajji, n’a jamais pu non plus obtenir d’accréditation officielle.

La vingt et unième année d’exercice du pouvoir du président Ben Ali a également été marquée par des manifestations qui ont secoué le bassin minier de Gafsa, dans le sud du pays, en avril 2008. Ce mouvement a été très peu évoqué par la presse publique et les publications aux mains de proches du pouvoir qui se sont contentées, la plupart du temps, de reprendre les dépêches de l’agence de presse officielle. En revanche, les journaux d’opposition qui ont couvert les événements - à l’instar des hebdomadaires Al-Maoukif et Mouwatinoun - ont été victimes de saisies intempestives et font face à des procédures judiciaires qu’ils estiment téléguidées par le pouvoir. Ainsi, en juin 2008, Hédi Raddaoui, correspondant de Mouwatinoun, a été interpellé avec brutalité, en marge d’affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants, à la sortie d’un hôpital où il s’était rendu pour prendre des photos des blessés. Le journaliste a été transféré à Tunis pour y être interrogé par des agents du ministère de l’Intérieur qui ont effacé ses clichés. Au cours de l’année, au moins quatre numéros d’Al-Maoukif ont été saisis, sans notification aux responsables du journal.

Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali prépare aujourd’hui le terrain en vue d’une nouvelle élection, à laquelle il entend se présenter pour un cinquième mandat consécutif. Internet, qui pourrait être un espace de liberté, n’échappe pas à la règle du contrôle. Le 3 novembre 2008, le Président a déclaré que “les nouveaux modes de participation politique générés par les technologies modernes de la communication (...) ne peuvent dissimuler les menaces qu’ils peuvent engendrer pour l’intégrité des processus démocratiques, la stabilité et la sécurité”. Le gouvernement tunisien a recours à des technologies de filtrage du Web. Certains sites Internet d’informations qui critiquent le régime, tels que Tunisia Watch, sont inaccessibles en raison de leurs contenus. D’autres, comme le webmagazine Kalima, sont victimes d’attaques informatiques mystérieuses après la publication d’articles évoquant les dysfonctionnements politiques dans le pays. Mais 2008 a marqué le début d’une surveillance électronique très ciblée. Les boîtes électroniques d’opposants au régime sont filtrées, les empêchant d’accéder à certaines informations qui leur sont envoyées.

La Tunisie occupe la 143e place, sur 173, dans le classement mondial de la liberté de la presse, publié par Reporters sans frontières le 22 octobre 2008.

Reporters sans frontières – le 07 Novembre 2008

05/11/2008

Tunisie : Tunisnews hacked

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Le site TUNISNEWS a totalement disparu de la toile. A Son adresse (http://www.tunisnews.net) on peut trouver cette image annonçant l’opération de piratage dont il vient de faire l’objet.

De son coté le site du parti d’opposition PDP a signalé ce matin que son site (http://www.pdpinfo.org) à fait, à son tour, la nuit dernière l’objet d’une opération de sabotage qui a pu être déjouée et avortée.

قرصنة موقع الحزب الديمقراطي التقدمي

تعرض الموقع الإلكتروني للحزب الديمقراطي التقدمي صباح اليوم إلى عملية قرصنة من طرف أحد الجبناء التابعين لوزارة الداخلية التونسية . و تمثلت العملية في التمكن من معرفة كلمة السر و الدخول للموقع و إتلاف المادة الإعلامية المنشورة و تعويض الصور المرفقة بالمقالات بصورة جمجمة شخص يدعي العبقرية في إختراق مواقع الأنترنات . و أكد لنا أكثر من مختص في مجال الإعلامية أن العملية وقعت على الساعة التاسعة صباحا إنطلاقا من تونس و ركزت على آخر سبعة مقالات نشرت البارحة بالموقع متعلقة بأخبار قضية الحوض المنجمي .

و للعلم أن موقع الحزب الديمقراطي التقدمي مصنف مثله مثل عدد من المواقع ضمن المنابر المزعجة للسلطة و لا يمكن زيارته إنطلاقا من تونس إلا عبر تقنية البروكسي.

معز الجماعي

Les deux sites qui représentent deux fenêtres des plus importantes d’opposition à la dictature en Tunisie sont censurés en Tunisie, ils ont fait l’objet de plusieurs tentatives similaires auparavant.

Les sites d’opposition en Tunisie, de part la censure, font l’objet périodiquement, sans exception, à des opérations de destruction et de piratage de leur contenue et de leur noms de domaines. Le dernier en date le site Kalima (http://kalimatunisie.com) dont la rédactrice en chef Mme Naziha Rjiba fait l’objet de poursuites judiciaires pour avoir dénoncé l’implication des agents à la solde de la dictature dans sa destruction. (Tunisia Watch le 05 11 2008)

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