vendredi, 13 juin 2008

Média tunisien : blogs contre presse

e6d6e738fe8da866ffacb994ab9547d3.jpgEn périodes de turbulences, nos blogs jouent un rôle informationnel de tout premier plan. Que de trop nombreux titres de nos médias «reconnus» ont renoncé à jouer. Ils se sont mis gentiment sur la touche, pour laisser la parole aux jeunes. Tant mieux, puisque l’année leur est consacrée ! Le dialogue avec les jeunes passe désormais aussi par le net. Et ils ont la langue bien pendue ! Sur les blogs les phrases sont lapidaires, ce qui n’offre guère d’espace à la redondance, et autres discours ronronnants. Pour diverses raisons, bien connues des Tunisiens.

Paradoxalement, même des journalistes généralement «bien informés», commencent leur journée par une lecture attentive de quelques blogs. Et depuis l’avènement des «agrégateurs», ces sites qui rassemblent sur une page les commentaires de dizaines de blogs différents, la tache n’en est que plus aisée. La blogosphère tunisienne a déployé ses ailes pour s’intéresser à tous les domaines touchant le Tunisien.

Nous n’avons pas, dans la presse écrite traditionnelle, des journaux spécialisés dans le marketing et la publicité, par exemple. Des blogueurs tunisiens ont pallié ce manque. Analysant, décortiquant les campagnes de pub, et donnant leur point de vue de professionnel. Car quoiqu’on en dise, ce ne sont pas toujours des amateurs qui s’expriment sur le Net. Mieux : ce sont souvent des professionnels chevronnés, passionnés par leur métier, qui font profiter leurs lecteurs en ligne de leur expérience. Quelques uns commencent même par faire autorité.

Les blogueurs y gagnent en notoriété, leurs lecteurs acquièrent des connaissances introuvables sur d’autres supports. Vu que la presse spécialisée dans les hautes technologies, le marketing, et autres secteurs pointus de l’économie, est encore à ses premiers balbutiements dans notre pays. Sans même parler de la presse satirique tunisienne, autrefois florissante, et qui s’est aujourd’hui perdue. Voilà que nos blogs s’y mettent aussi ! Des plumes acérées (quoique le mot clavier aurait été plus approprié), un sens de la dérision parfois poussé, que l’on aimerait trouver plus souvent dans nos journaux imprimés.

Et quand les agrégateurs de blogs ne suffisent pas, restera toujours la possibilité de suivre les liens que les blogueurs mettent sur leur site. Offrant ainsi la possibilité aux internautes d’approfondir leurs recherche dans le même champ d’intérêt. Que l’on soit intéressé par le haut débit (pas si haut que ça, dans nos contrées), ou par les dernières actualités concernant la communauté tunisienne au Canada, le raccourci des blogs permet de gagner du temps, et de s’informer sur des sujets généralement soit délaissés, soit traités à la légère par une presse qui, décidément, s’éloigne des intérêts de ces concitoyens.

Certains mettent pourtant en cause la crédibilité de nos blogueurs. Ces derniers ne la revendiquent pourtant pas. Puisqu’il s’agit clairement d’opinions personnelles, d’impressions individuelles a priori non-généralisables. Mais le nombre tous les jours croissant de blogs traitant d’un même sujet, permet pourtant d’obtenir une image nette de la réalité évoquée. Et après tout, la «presse classique» n’est pas, à cet égard, tout à fait irréprochable. On ne compte d’ailleurs plus les journalistes qui, parfois, après plus de 30 ans de carrière, sont venus renforcer les rangs du net, par blogs interposés. Si les blogs et les portails d’informations sont florissant, c’est aussi, peut-être, parce que les tenants de la presse traditionnelle, leur ont abandonné le terrain. Tant mieux pour le net tunisien. Dommage pour nos quotidiens.

Par Oualid CHINE - Webmanagercenter – 11 06 2008

Liberté d’expression en démocratie: entre réalité et idéologie

Après la suspension du sous-préfet Bruno Guigue, pour avoir publié un article polémique intitulé "Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l'ONU" le mettant -selon sa hiérarchie- en porte-à-faux avec son devoir de réserve, j’ai pu lire et entendre dans de nombreux médias que la liberté d’expression et le débat démocratique étaient dans notre pays en voie de disparition, si ce n’était déjà réalisé depuis belle lurette.

Journaux et partis, "perroquets sionistes de la planète médiatique"?

Y a-t-il donc cette ombre liberticide en France, comme l’écrivait Bernard Langlois le 27 mars dernier, déplorant qu’"une fois encore, la censure d’Etat s’exerce contre un homme seul, sur la pression d’un lobby pro-israélien solidement incrusté au cœur du système politico-médiatique français"?

    * Peut-être que Bernard Langlois nous instruira prochainement d’une savante étude détaillée sur les individus (qu’il nomme "agents d’influence israéliens").

    * Les interactions, la structure et le fonctionnement de ce solide "lobby pro-israélien" qui jouerait, dans notre propre pays, de son incrustation influente dans les partis politiques (lesquels?) et les médias (hors Politis), ces "perroquets sionistes de la planète médiatique".

    * Au point où, nous précise le journaliste militant dans cette même tribune, il serait impossible en France de critiquer Israël. Vraiment "impossible"? On ne comprend pas bien alors la présence d’ouvrages critiques dans les librairies, les innombrables articles et dossiers publiés dans la presse française, dont assez régulièrement dans Politis, sans parler des multiples sites Web, des conférences, des manifestations… où cette critique, plus ou moins radicale et partisane, est régulièrement présente dans notre espace politico-social depuis au moins soixante ans. On gagnerait à dépassionner le débat, à "désidéologiser" les faits sociaux, à n’exclure et n’oublier aucun acteur, à combattre les simplifications monocausales et manichéennes.

Poser les bases minimales du débat démocratique et de l'usage de la liberté d’expression

Alors? En cette période de forte activité sociale, de conflits et de polémiques politiques, où le relativisme radical et l'absence de repères se posent comme règles jouissives, les bases minimales d’un débat démocratique et du bon usage de la liberté d’expression ne vont toujours pas de soi. Serait-il superflu de rappeler simplement quelques éléments minimaux mais fondamentaux qui devraient fonder leurs pratiques?

Le préalable à toute discussion et expression est l'échange d'arguments établis selon des règles acceptées réciproquement. Ces règles peuvent être déclinées en trois points symboliques:

    * premièrement, par la liberté de pensée, de conscience, d'opinion, d'expression… "pourvu que leur manifestation ne trouble par l'ordre public établi par la loi" (Déclaration universelle des droits de l'homme, art 10, 1789) ou "sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi" (art 11). Le "laisser-faire" a ses limites, tant chez les libéraux que chez les antilibéraux, s’accordant au moins sur ce point;

    * deuxièmement, par l'égalité: si toutes les opinions ne se valent pas, les arguments doivent valoir par eux-mêmes et non par rapport à celui qui les dit, sinon on rentrerait dans un schéma d'argumentation d'autorité, acceptant que pour une parole donnée, similaire dans le fond à une autre, l'attention hypersélective se reporterait sur un orateur pré-établi de sa convenance. Celui qui parlerait, correctement sélectionné, aurait de ce fait plus d'importance que ce qui est dit;

    * troisièmement, la fraternité: ce qui suppose une ouverture d'esprit allant de pair avec le respect d'autrui, impliquant de ne pas considérer comme expressions acceptables l'insulte, la diffamation, l'incitation à la haine, à la violence, à la falsification, toute atteinte à la dignité d'une personne, d'un groupe social ou d'un peuple. D'où la nécessité de pratiquer une tolérance active au sein d’un débat démocratique, par le refus d'accepter, d'adorer ou d'adhérer les yeux fermés, mais également de condamner radicalement sans argumenter ou sous de faux prétextes. Rien n'interdit alors à partir de là une rencontre -physique ou par médias interposés- avec un "adversaire" idéologique, politique, dans le respect réciproque des éléments énoncées ci-dessus.

C'est cet ensemble d’accords préalables, implicites ou explicites, de non exclusion et de respect commun dans les débats et l’expression, qui fait qu'il existe des études, des échanges et des rencontres sur des terrains fort variés, des milieux marginaux, culturels, religieux, politiques, minoritaires… entre locuteurs, d'orientations politiques, de catégories sociales, de classes, d’intérêts plus ou moins différentes, qui acceptent -même momentanément, diplomatiquement- de s’accorder sur ces principes en vue d’une réciprocité cordiale d’échange.

Au final, l’expression et le débat se dérouleront dans un respect mutuel entre humains, avec nos accords et nos différences. Un petit pas sur le long chemin de la tolérance mutuelle. Il faudra bien commencer un jour. En attendant, je crains que la démarche de Bernard Langlois n'entretienne la confusion idéologique, la partialité des faits et le mélange des genres politiques.

Par Valéry Rasplus  Essayiste, sociologue – Rue89 - 13/06/2008

dimanche, 08 juin 2008

Le prix de la Plume libre 2008 attribué à Bachir Rezzoug et Slim Boukhdir

Le prix Benchicou de la Plume libre qui distingue chaque année deux journalistes parmi les plus dévoués à la liberté d’écrire et de penser, a été attribué, pour l’année 2008, à l’un des pères du journalisme algérien indépendant, Bachir Rezzoug, et au journaliste tunisien emprisonné Slim Boukhdir.

Le Comité Benchicou pour les libertés (CBL), qui place l’événement de cette année sous le signe : « Un journalisme à l’écoute de la société », a voulu honorer deux personnalités qui ont mis leur plume au service de nos peuples de tout temps trahis et abusés, et dont ils ont saisi qu’ils ont toujours eu besoin d’une solidarité aussi vaste que l’immensité de leurs solitudes. La remise du prix du CBL intervient cette année encore en Algérie dans un climat politique et sécuritaire flou, où la désintégration de l’identité et de l’économie nationales, les graves maux sociaux (chômage, hogra, corruption...) qui se sont soldés récemment encore par des pics de colère incontrôlables à Chlef et Berriane (Ghardaïa), etc. le désarroi social et le chaos total qui guette le pays, imposent un journalisme chaque jour plus proche des Algériens. Le CBL estime que la liberté de la presse se trouve remise en cause insidieusement par les forces occultes qui squattent les appareils politique, judiciaire et économique et qui entravent l’évolution positive et quantitative initiée par des femmes et des hommes qui luttent quotidiennement dans nos rédactions pour une véritable presse libre et indépendante. Le prix Benchicou de la Plume libre 2008 sera remis le samedi 14 juin, Journée de la Plume libre, à 11h00 à la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, en présence de personnalités des médias et de la société civile.

El Watan – 08 Juin 2008

lundi, 26 mai 2008

Pour le fondateur de l'Union des Bloggeurs de Mauritanie, la liberté d'expression est sacrée

affd05381946ebc8679d4b1515b1140f.jpg    L'Union des Bloggeurs de Mauritanie a le vent en poupe. Plus de quatre cents de ses membres ont mis de côté leurs différences pour promouvoir une expression sans censure, discuter de normes professionnelles et montrer au reste du monde ce qu'ils appellent la "vraie" Mauritanie. Lorsqu'Ahmad Ould Islam, le seul Mauritanien de l'Union des Bloggeurs Arabes, a officiellement lancé une union des bloggeurs dans son pays, le 21 mars, ce fut un événement majeur pour les militants de la liberté de la presse dans le monde entier. Magharebia a pu rencontrer Ould Islam pour en apprendre plus sur sa nouvelle plate-forme d'échange de points de vue pour les Mauritaniens.

Magharebia: Quand et comment est née cette idée de créer une union des bloggeurs mauritaniens ?

Ahmad Ould Islam: J'ai commencé à envisager cette idée de constituer une union des bloggeurs mauritaniens lorsque j'ai commencé à utiliser un blog, durant l'été 2006. L'idée s'est par la suite affirmée lorsque j'ai adhéré à l'Union des Bloggeurs Arabes, dont j'ai été l'un des membres du premier bureau intérimaire. Je me suis ensuite attaché à diffuser cette idée sur mon blog, bien que sa réalisation ait été entravée par le fait que je vivais hors de Mauritanie. Après avoir terminé mes études, je suis revenu chez moi, et ai repensé l'idée, dont j'ai décidé de faire part sur mon blog, ainsi que sur d'autres blogs mauritaniens. Elle a été chaleureusement accueillie par les bloggeurs mauritaniens. Confiant dans le nombre croissant de participants potentiels, j'ai annoncé la création d'une réunion fondatrice. Plusieurs bloggeurs y ont participé et ont élu un comité directeur charger de formuler les statuts de l'association et de lancer les procédures juridiques nécessaires. A cet égard, nous revenons de loin.

Quels sont les buts recherchés au travers de cette union ?

L'idée de base de cette union est d'agir comme un syndicat défendant les droits des bloggeurs mauritaniens, en particulier au vu de leur nombre croissant et de leur appartenance à diverses écoles de pensée, dont certaines les exposent potentiellement à des risques de harcèlement. De plus, notre objectif est de faire connaître les blogs comme un forum de rencontre et un nouveau média, qui offre aux bloggeurs une liberté d'expression totale exempte de toute censure, à l'exception de celle de leur propre conscience. La plupart des intellectuels mauritaniens n'ont pas encore pris conscience de la valeur réelle des blogs. Jusqu'à maintenant, les bloggeurs n'étaient que des jeunes -- pour la plupart étudiants ou diplômés de l'université -- qui souhaitaient exprimer des opinions par ailleurs réprimées. A ce stade, l'un des objectifs fondamentaux de cette union est de disséminer une culture du blog au sein de l'élite mauritanienne, et d'encourager les écrivains et les hommes de lettres d'abord à créer des blogs, puis à rejoindre notre union.

Celle-ci s'attache également à présenter à "l'autre" une image non faussée de la Mauritanie, au vu de l'absence d'informations correctes sur ce pays et dans un contexte de multiples idées fausses exacerbées dans les médias, qui poussent les lecteurs à adopter une vision stéréotypée de notre pays, parfois très éloignée de la réalité.

Jusqu'où peut aller l'Union des Bloggeurs de Mauritanie dans le renforcement de la liberté d'expression ?

Etant donné qu'aucune censure n'est imposée aux bloggeurs, ils sont "libres". Cela signifie que seuls les bloggeurs eux-mêmes peuvent imposer des contraintes à cette liberté, en fonction de leur contexte culturel ou de leur personnalité. Il peut arriver qu'un bloggeur aille au-delà de ce que les autres peuvent considérer comme la limite de la liberté, mais cela relève d'un jugement personnel.

Je crois personnellement que les bloggeurs ne devraient pas se sentir observés par la société ni par une quelconque autorité. Nous veillerons donc à ce que notre union soit ouverte à toutes les opinions, quelle que soit leurs différences par rapport aux idées des autorités. Cela est notoire dans les blogs des membres de notre union. Parmi eux se trouvent des laïcs gauchisants, des islamistes salafistes et des modérés, et d'autres encore qui n'appartiennent à aucune école de pensée spécifique. Tous coexistent en harmonie, et l'union s'engage à les défendre tous contre toute forme de harcèlement potentiel.

Forte de sa conviction inébranlable selon laquelle la liberté d'expression est un droit sacré et inaliénable garanti par la loi, notre union a pris le parti des deux journalistes mauritaniens qui avaient été arrêtés. C'est un principe de l'union auquel nous avons la ferme intention de nous conformer, qui fera office de facteur clé dans le renforcement de la liberté d'expression en Mauritanie, où des progrès sont actuellement enregistrés en matière de libertés fondamentales, des progrès dont tout le monde devrait bénéficier.

Jusqu'où l'Union des Bloggeurs de Mauritanie peut-elle aller pour renforcer les échanges culturels au Maghreb, à la lumière des actes de terrorisme qui menacent la sécurité de la région ?

L'union des Bloggeurs de Mauritanie est une passerelle par le biais de laquelle la Mauritanie peut montrer au monde son vrai visage, attesté par une longue histoire de tolérance et de coexistence pacifique, à la fois à l'intérieur de ses frontières et avec ses voisins. Le terrorisme est un phénomène nouveau en Mauritanie. C'est un phénomène de dimension inconnue, mais qui présente des risques certains. Toutes les élites arabes doivent coopérer pour le contenir intellectuellement. Cette solution est indubitablement plus efficace que les mesures de sécurité.

Il existe beaucoup d'autres domaines porteurs et largement acceptés dans lesquels l'union s'engage à obtenir la coopération des organisations arabes et du Maghreb. Il est intéressant de noter que dans tous les Etats du Maghreb, à l'exception de la Tunisie, il existe des unions de bloggeurs. La coopération avec ces instances se fera donc, soit sur une base bilatérale, soit par l'intermédiaire de l'Union des Bloggeurs Arabes.

Interviewé par Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott - 21/05/08

mercredi, 30 avril 2008

Tunisie : les livres sous la coupe de la censure

Syfia

28 avril 08 - Moins visible et reconnue que face à la presse, la censure touche aussi la littérature en Tunisie. Alors que la foire du livre de Tunis s’ouvre ce 24 avril, une cinquantaine de livres d’écrivains tunisiens sont bloqués chez les imprimeurs sur ordre du pouvoir. Seuls des exemplaires photocopiés circulent sous le manteau.

Fethi Djebali/Syfia Tunisie - Pour Jalloul Azzouna, rien ne justifie la censure de son livre. "La littérature est subversive par essence", s’époumone ce trublion de la littérature tunisienne, qui a fait sienne la défense de tous les livres interdits en Tunisie. Il compte parmi la trentaine d’écrivains du pays dont les ouvrages sont censurés. Il y a quelques années, il a créé la Ligue tunisienne des écrivains libres, qui n’est toujours pas reconnue par le pouvoir du président Ben Ali, car elle se pose en alternative à l’Union des écrivains tunisiens, instance aux ordres du régime.

Jalloul ne désespère pas de voir un jour son livre Littérature et liberté, même identité dans les rayons des librairies. Militant malgré lui, Le pain amer, Quand est-ce que j’étais vivant pour mourir ?, Dit en marge de l’interrogatoire, Un témoin a dit ou encore Les enfants d’Allah sont parmi la cinquantaine de livres interdits des librairies tunisiennes. Le dernier en date, Un capitaliste qui a réussi, d’Habib Hamdouni écrit en arabe, remonte à 2006. Des proches du pouvoir s’y seraient reconnus.

Fadhila Chebbi, qui édite à compte d’auteur depuis 15 ans, n’a cessé, depuis la censure de son dernier livre, de le relire comme si elle ne l’avait pas écrit, à la recherche du passage qui expliquerait cette décision. C’est souvent une phrase, une allusion ou un fait sans aucune corrélation directe avec des faits réels qui est à l’origine de la censure. Selon Azzouna, il est probable que l’histoire du livre de Fadhila, celle d’un général qui, par erreur, signe l’ordre de castrer toute l’armée, est à l’origine de l’interdiction de son livre, bien que l’auteure n’indique pas de pays.

D’autres livres sont ouvertement engagés pour une cause ou prennent le contre-pied de la politique menée par le pouvoir, comme Notre femme à travers les fatwa. Certains, interdits du temps de l’ancien régime de Bourguiba, le sont toujours sous Ben Ali, malgré le caractère obsolète de leurs critiques. "Certains livres sont interdits non pas à cause de leur contenu, mais à cause de l’engagement politique de leurs auteurs dans la vie publique et parfois même d’un de leurs proches", explique Jalloul Azzouna.

La machine de la censure

Pendant des années, Jalloul a essayé de remonter la chaîne de la censure. Qui en décide ? Pour quelles raisons ? À qui s’en remettre : à la justice, au ministère de la Culture, au ministère de l’Intérieur ? La plupart de ses questions sont restées sans réponse. L’écrivain est constamment renvoyé aux "services compétents", une expression qu’il abhorre aujourd’hui, censée désigner une instance invisible qui décide du sort des livres.

Le mécanisme concret est efficace. L’imprimeur est tenu de déposer un nombre donné d’exemplaires auprès des ministères de la Culture et de l’Intérieur, ainsi que de la Bibliothèque nationale. En retour, il doit recevoir, selon la loi qui ne précise pas de délai, un récépissé de la part de l’administration, sans lequel il ne peut délivrer la totalité des exemplaires imprimés à l’éditeur. Mais il est rare que celui-ci lui parvienne.

En cinquante ans d’indépendance, certaines imprimeries tunisiennes sont devenues de vraies prisons à livres. Des maisons d’édition audacieuses ont fini par mettre la clé sous le paillasson après avoir pris le risque financier d’éditer plusieurs livres qui ont fini par être censurés. "Les éditeurs sont devenus frileux", témoigne Fadhila.

Aujourd’hui disparue, la maison Aloés, de Sihem Ben Sedrine, n’a vu aucun de ses livres passer entre les mailles du filet. Taoufik Ben Brik, l’écrivain qu’elle fut la première à éditer, a fini par se tourner vers les maisons d’édition françaises. A l’instar de Mohammed Talbi, Ben Brik compte parmi les quelques écrivains considérés aujourd’hui comme "totalement exportateurs" dont les oeuvres demeurent largement méconnues dans leur pays.

"Maquis de l’édition"

En attendant la levée officielle de l’embargo sur ces livres, Jalloul Azzouna les distribue sous forme de photocopies. "Nous le faisons dans un but de sensibilisation, par lot de cinquante exemplaires", explique-t-il. Une formule de distribution qu’il qualifie de "maquis de l’édition" et qui lui permet, pour le moment, de faire fi un tant soit peu de l’avis des autorités. Dans un Tunis avide de livres polémiques, ces exemplaires trouvent vite preneurs et leurs heureux possesseurs s’empressent de les photocopier à leur tour. D’autres initiatives ont permis d’exposer ces photocopies sur des stands, en marge des foires du livre de Paris ou de Berlin. Les appels à la libération du secteur de l’édition, comme celui lancé par l’organisation internationale des éditeurs, n’ont pas manqué ces dernières années, sans réelles avancées.

En 2007, le président Ben Ali avait promis de libérer tous les livres interdits. Aujourd’hui, une année après, les mots du Président sont restés lettres mortes. Jalloul, lui, continue son combat.

 

Source : Tribune des Droits Humains 

dimanche, 24 février 2008

Cachez-moi ces chaînes…

Certaines chaînes de télévision arabes ne font pas toujours bon usage de la marge de liberté que leur assure la diffusion par satellite qui, on le sait, échappe (encore) au contrôle direct des Etats et de leurs dispositifs, juridiques et technologiques, dédiés à la censure.

Abusant souvent de cette liberté, ces chaînes font à peu près n’importe quoi. C’est le cas notamment des chaînes religieuses du Golfe qui diffusent, à longueur de journée, des prêches imprécatoires et haineux, propageant un Islam obscurantiste et intolérant, attisant la mésentente entre les peuples, si elles n’appellent pas ouvertement au jihad et à la guerre des religions.

C’est le cas aussi de certaines chaînes d’information dites libres et indépendantes, qui multiplient les talk shows où les débatteurs, poussés dans leurs derniers retranchements, se laissent souvent aller à des glissements sémantiques dangereux ou des déchaînements verbaux dont l’influence sur les téléspectateurs n’est pas toujours heureuse.

Sans aller jusqu’à accuser ces chaînes d’être des porte-voix des groupuscules extrémistes ou de faire l’apologie du terrorisme, nous devons dénoncer leurs dérapages et les appeler à un traitement plus responsable et plus pondéré de l’information et à éviter d’ajouter de l’huile sur le feu, surtout dans une région comme la nôtre qui compte assez de foyers de tension menaçant de se transformer, à la moindre étincelle, en brasiers ardents. Mais de là à chercher à museler ces chaînes, dont certaines font un travail remarquable pour la promotion d’une information libre, indépendante et responsable dans un monde arabe qui en a besoin, il y a un pas que nous nous garderons de faire. Un pas que, malheureusement, les ministres arabes de l’Information des Etats membres de la Ligue arabe, réunis au Caire, le 12 février, en session extraordinaire convoquée à l’initiative de l’Egypte, ont franchi allègrement en approuvant (presque à l’unanimité, puisque seul le Qatar, siège de la chaîne Al-Jazira, a voté contre) une charte qui risque de museler davantage l’information sous nos latitude. Et pour cause : la charte en question interdit tout contenu qui mettrait en danger «la paix sociale, l’unité nationale, l’ordre public, la propriété privée et les valeurs traditionnelles». Elle interdit aussi de critiquer les religions ou de diffamer (ou offenser) les dirigeants politiques et religieux. Pis : elle donne aux pays signataires le droit de «retirer, de geler ou de ne pas renouveler les autorisations de travail des médias qui enfreindraient les règles mentionnées».

Par-delà les principes qu’elle énonce et auxquels on pourrait souscrire avec quelques réserves, cette charte pose un certain nombre de problèmes.

D’abord, elle a été élaborée et adoptée (presque au pas de charge) à un moment où les organisations arabes et internationales de défense des droits de l’homme multiplient les mises en garde contre le musellement de la liberté d’expression et d’information dans les pays arabes.

Ensuite, elle est venue à un moment où les médias arabes, dont quelques chaînes satellitaires de qualité, ont réussi à élargir le champ de la liberté d’expression et à redonner confiance dans les capacités des journalistes de la région à produire une information de qualité, distante de la propagande officielle et des vociférations militantes des mouvements d’opposition.

Tertio : les principes énoncés par cette «charte» sont discutables, d’autant que leur mise en application au quotidien posera sans doute problème. Car où s’arrête la critique des choix politiques du gouvernement en matière (par exemple) d’économie, d’éducation ou de santé et où commence «l’atteinte à la paix sociale, l’unité nationale et l’ordre public» ? Où s’arrête la réflexion sur tel ou tel sujet d’ordre religieux et où commence l’atteinte à la religion et aux valeurs traditionnelles? Où s’arrête «l’expression d’une opinion» sur l’action d’un dirigeant politique ou d’un notable religieux et ou commence la «diffamation» de ce dirigeant ou ce notable ? Les services de l’Etat sont-ils les seuls habilités à légiférer sur les cas litigieux qui ne manqueraient pas de se poser à l’avenir et s’imposer ainsi, à l’insu de toute logique, comme juges et arbitres ? Ne devrait-on pas plutôt créer des instances autonomes formées d’experts juridiques, représentants de la profession et personnalités indépendantes connues pour leur probité intellectuelle et morale pour juger des éventuelles infractions et sanctions, à l’instar de ce qui existe dans la plupart des pays développés, comme le Conseil supérieur de l’audio-visuel en France ?

Les ministres arabes de l’Information, qui ont voté la nouvelle charte, ne se sont pas beaucoup attardés sur ces questions qui nous semblent pourtant primordiales. Car à quoi serviraient les ambiguïtés contenues dans le texte adopté, et qui laissent la porte ouverte à toutes les interprétations, sinon à museler davantage des médias arabes déjà largement soumis et aseptisés ?

Ridha KEFI - Editorial de L’Expression n° 19, du 22 février 2008

mercredi, 30 janvier 2008

Elyes Guesmi : Un autre cas de la répression de la liberté d’expression

Elyes Guesmi, collaborateur du Journal d’opposition EL MAWKEF à Gafsa a été licencié de son travail. Ce licenciement aurait été pris suite à des pressions effectués par les autorités sur le directeur de l'entreprise qui l’employait après la publication du journal EL MAWKEF dans son dernier numéro du 25 janvier 2008 d’un article dans lequel il relatait les derniers évènements de la crise sociale à MDHILLA au sud-ouest tunisien. Des événements d’une extrême gravité qu’aucun autre journal n’a abordé. Le Journaliste compare dans son article se qui s’été passé à  Mdhilla par les événements qui se sont produit à Falouja en Irak contre l’occupation américaine. Il fait noter l’âpreté de la résistance manifestée par les habitants et le caractère insurrectionnel des événements. Des événements dont l’origine n’est qu’une manipulation de résultats d’un concours de recrutement pour quelques postes d’emploi dans la société de phosphate Sfax-Gafsa au profit des fils à papa de quelques parvenues et qui montre la gravité du drame de chômage que subit les jeunes diplômés en Tunisie.

Voici l’article en question :

 

المضيلة: فلوجة...

هكذا قال عن المضيلة: "فلوجة" كل من زارها في الأيام الأخيرة. حافلات مخصصة لنقل العمال و آليات تابعة لمغاسل الفسفاط محتجزة لدى الأهالي... إطارات سيارات و شاحنات محترقة في الطرقات و الساحات العامة... سيارات تابعة لشركة فسفاط قفصة مهشمة و معطبة... مسيرات... إعتصامات... إحتجاجات ليلية تتواصل إلى بعد منتصف الليل حتى في صقيع الشتاء القارس... إيقافات للشبان إحتجاز ضابط سامي من الأمن لساعتين في مستودع جراء تطاوله على مسيرة نسائية... تأديب بالعنف لرموز الحزب و النقابة و العروش... و غير هذا كثير مما سقط من ذاكرة الرواة و من حبر الأقلام... هذه المظيلة المدينة الهادئة تحولت إلى فلوجة حقيقية... ورغم وجود تشكيلات مختلفة من الأمن و من مختلف الجهات إلا أنه لم يتخذ أي قرار إلا الإنتظار و الصبر على مدينة خرجت على السيطرة.

وقد فشلت كل محاولات الوساطة التي قامت بها السلط الجهوية لإقناع الأهالي بإيقاف الإحتجاجات فرغم إلتزامها (أي السلط عبر معتمد المظيلة) بتعليق العمل بنتائج المناظرة إلى حين النظر في الطعون المقدمة و التجاوزات الحاصلة إلا أن الأهالي لم يصدقوا هذه الوعود وطالبوا بالنظر أولا في أوضاعهم و مطالبهم و من ثمة الحديث عن فك الإضرابات و الإحتجاجات و فتح الطرقات و لم تجدي وساطات مسؤولين حزبيين و أعيان العروش و العشائر في تهدئة المواطنين الغاضبين و الذين أصروا على مطالبهم المتمثلة في: إلزام الشركة بإحترام الإتفاقيات المبرمة مع النقابة و ضمان الشفافية المطلقة في إعلان نتائج المناظرة. و النظر في المخالافات و التدخلات و استغلال النفوذ من قبل مسؤولين و إطارات في الشركة (و على رأسهم الرئيس المدير العام) و نقابيين و مسؤولين حزبيين لتحقيق مصالحهم و مآربهم الشخصية بعيدا عن مصالح الأهالي و المواطنين. و حل مشاكل المعطلين في جهة المظيلة و الإهتمام بأوضاعهم.

إلياس القاسمي – الموقف 25 جانفي 2008 -  صفحة 9

mardi, 08 janvier 2008

Tunisie : blog anonyme ou à découvert ? TheMajesty/Rafik s'interroge

Le blogueur Rafik, alias TheMajesty, terminait l'année en se demandant si c'était une bonne idée de bloguer sous son vrai nom sur son TheMajesty's SharePoint Blog. Il semble que non puisqu'il titre son billet Je n'arrive plus à m'exprimer librement :

Je perds petit à petit ma liberté d’expression. Il y avait un choix à faire au début entre m’exprimer en anonyme et m’exprimer en affichant mon identité. J’avais choisi la seconde alternative.

Il y a trois raisons majeures.

1.      Une raison politique : 2009 approche rapidement. J’ai très envie de réagir à la merde diffusée par TV7 le 25 décembre dernier à propos du développement économique et politique avec l’opposition d’Ismaël Boulehia qui crie « Merci Dieu de nous avoir envoyé Ben Ali ».
2.      Une raison sociale : Les interventions amicales pour m’interdire de dire ceci ou cela se multiplient ces derniers temps. Je ne peux pas critiquer telle ou telle personne parce qu’on pensera que c’est parce que blabla.
3.      Une raison personnelle : L’autocensure. Je ne souhaite pas que tout le monde sache qui je suis réellement.

Je perds tout.

Le monde du blog - le 8 janvier 2008

mercredi, 05 décembre 2007

Pour Amnesty International, Internet est le nouveau front de la liberté d'expression

b1f12f59907b2300adf850ff92fc1be2.jpgDans son dernier rapport annuel, publié mercredi 23 mai, Amnesty International fait d'Internet le nouveau front pour la lutte en faveur des droits de l'homme. "A l'ère de la technologie, Internet représente la nouvelle frontière dans la lutte pour le droit à la dissidence", souligne Irène Khan, la secrétaire générale de l'organisation non gouvernet que de nombreux Etats s'évertuent à réduire au silence les "cyberdissidentsPour Amnesty, la censure trouve un appui parmi les entreprises de télécommunications. "Les autorités de certains pays – Arabie saoudite, Biélorussie, Chine, Egypte, Iran et Tunisie, entre autres – s'assurent la collaboration des plus grandes sociétés informatiques mondiales pour contrôler les chats, supprimer des blogs, brider les moteurs de recherche et bloquer l'accès à des sites",  constate Mme Khan.

"Des gens sont emprisonnés en Chine, en Egypte, en Ouzbékistan, en Syrie et  au Vietnam pour avoir publié et partagé des informations en ligne",  poursuit la responsable de l'ONG, dressant un panorama mondial des atteintes aux libertés. De fait, en Chine, l'accès à plusieurs centaines de sites internationaux a été bloqué  et des milliers de sites chinois ont été fermés. Amnesty cite en exemple l'intellectuelle tibétaine Woeser, dont le blog a été fermé à plusieurs reprises,  pour avoir critiqué le rôle de la Chine au Tibet.

RÉPRESSION ACCRUE

Le Vietnam est particulièrement pointé du doigt pour avoir cherché à renforcer son contrôle sur Internet en adoptant une nouvelle réglementation. Les exploitants de cybercafés et les fournisseurs d'accès sont désormais chargés de  surveiller les internautes et l'interdiction d'accès à certains sites s'est accru. Des signataires d'une pétition en ligne appelant à un changement politique pacifique au Vietnam ont même été harcelés et interrogés, et leurs ordinateurs ont été confisqués.

Des blogueurs ont également été arrêtés et condamnés à des peines de prison ou à la flagellation en Iran, où "l'accès à Internet est de plus en plus strictement contrôlé", s'indigne aussi l'association.

Le Monde.fr

mardi, 04 décembre 2007

OLPEC : Le journaliste Slim Boukhdhir condamné à un ans de prison à l’issue d’un procès inéquitable

Le tribunal cantonal de Sakiet Ezzit (Sfax) vient de condamner ce jour 4 décembre 2007, le journaliste Slim Boukhdhir à 1 an de prison ferme et 5 dinars d’amende pour «outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions» (8 mois), «atteinte aux bonnes mœurs» (4 mois) et «refus de présenter sa carte d’identité aux forces de l’ordre» (5 TND).

Une cour partiale

Plusieurs vices de forme et contradictions dans le PV de police ont été relevés par les avocats ; mais le président du tribunal, Hatem Warda est passé outre.

-Il a accepté d’accréditer le témoignage des deux témoins à charge, alors que ces deux témoignages n’ont pas été recueillis de façon réglementaire en violation de l’article 155 du code de procédure pénale (CPP) ; Les témoins n’ont pas prêté serment et la procédure de récusation n’a pas été observée.

- L’instruction contre Slim Boukhdhir a été ouverte officiellement, selon le PV de police, le 26 novembre à 4 heures du matin alors que Slim Boukhdhir a été arrêté et placé en détention préventive au poste de Sakiet Ezzit à 6heures du matin, soit 2 heures avant les faits.

- Le Procès verbal établi par la police n’a pas été signé

- L’agent de police qui a porté plainte contre Slim pour «outrage» et «atteinte aux bonnes mœurs» (insultes grossières) a lui même conduit l’interrogatoire de Slim. Les avocats ont relevé le fait qu’il ne peut pas être juge et partie (violation de l’article 12 du CPP).

- Le PV de police évoque la présence de deux agents de police sur les lieux alors que les témoins à charge signalent dans leurs témoignages «la présence de plusieurs agents», ce qui confirme la version de Slim qu’il a fourni au Tribunal selon laquelle une voiture d’agents de la sûreté de l’Etat suivait le taxi collectif depuis sa sortie de Sfax et que ce sont les agents en civil de la police politique qui ont procédé à l’arrestation.

- Slim Boukhdhir, qui a nié devant le tribunal les faits qui lui ont été reprochés,  n’a même pas bénéficié de la confusion des peines prévue par le CPP et la peine d’an  de prison ferme est un indice clair sur la partialité de la cour.

Background

Rappelons que Slim Boukhdhir se dirigeait vers la capitale le matin du 26 novembre, pour répondre à une convocation du chef de poste de Khaznadar (banlieue de Tunis) qui devait lui délivrer son passeport, dont il était arbitrairement privé et pour lequel il avait entamé une grève de la faim de 15 jours en début novembre.

Vers 04.30, la voiture était arrêtée par la garde nationale (gendarmerie) pour «contrôle de routine». Mais Slim est apostrophé par son nom par des policiers en civil qui les entouraient, lui demandant de présenter sa carte d’identité. Ce dernier refuse en déniant aux «civils» la qualité de l’interpeller.

De nombreux avocats se sont déplacés pour assister Slim Boukhdhir lors de ce procès ainsi que de nombreux observateurs d’ONG tunisiennes (OLPEC, CNLT, ALT, SJT…). Une délégation d’Amnesty International a également observé ce procès ainsi que des représentants de missions diplomatiques.

L’OLPEC

-Estime qu’il s’agit d’un coup monté pour sanctionner Slim Boukhdhir pour ses articles sur la corruption publiés récemment dans la presse internationale et où il a mis en cause les proches de ben Ali. Cette « punition » a également pour but de le priver « légalement » de son passeport.

- il considère que le tribunal a violé l’obligation de neutralité en s’alignant sur le PV de la police sans prendre en considération toutes les contradictions qu’il contenait. Et que s’il ne s’agit que d’un refus de présenter sa carte d’identité, l’affaire aurait dû être conclue par une amende de 5 dinars (3 euros) prévue par la loi, et que par conséquent rien ne justifiait son arrestation.

- Il dénonce ce procès comme un procès inéquitable et un procès contre la liberté de la presse en Tunisie et exige la libération inconditionnelle de Slim Boukhdhir.

Tunis le 4 décembre 2007

Pour l’Observatoire pour la liberté de presse, d’édition et de création en Tunisie

Le Président :Mohamed Talbi

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