vendredi, 18 juillet 2008

Tunisie: prison ferme pour cinq salafistes présumés

Un groupe de cinq salafistes tunisiens présumés, dont deux fonctionnaires relevant des ministères de l'Intérieur et de la Justice, ont été condamnés par le tribunal de première instance de Tunis à des peines allant de quatre à neuf ans de prison ferme, a-t-on appris vendredi auprès de l'avocat Samir Ben Amor.

Selon l'acte d'accusation, les membres du groupe, originaires de Kairouan, une ville du centre tunisien, auraient constitué une cellule salafiste dans le but de renverser le régime à travers des actes de sabotage. Il leur était également reproché d'avoir accédé à des sites à caractère terroriste dépendant d'Al Qaïda et d'avoir loué une maison dans la médina de Kairouan pour tenir leurs réunions.

Deux d'entre eux, Souhail Guezdah, chef de poste de la sûreté nationale et Hicham Barrak, professeur d'éducation physique, ont écopé de neuf ans d'emprisonnement pour d'appartenance à une organisation ayant adopté le terrorisme comme moyen de réaliser ses desseins et pour avoir fourni à cette organisation des informations visant à aider à commettre des crimes terroristes.

Le troisième, Hédhili Djaït, commerçant d'appareils téléphoniques, a été condamné à huit ans de réclusion pour appartenance à la même organisation et pour avoir procuré un logement destiné aux réunions du groupe.

Les deux autres prévenus, Sami Belhaj Aïssa, directeur-adjoint de la prison de Borj El Amri, près de Tunis, et Faouzi Ayachi Alimi ont été condamnés à quatre ans de prison chacun pour n'avoir pas alerté les autorités sur des actes criminels qui se préparaient. Lors de leur procès, les inculpés ont nié les faits qui leur étaient reprochés.

La défense a plaidé le non lieu en estimant que le dossier était "vide" et qu'aucun objet ni document étayant les accusations n'ont été saisis. Me Ben Amor a déclaré à l'Associated Press que les prévenus comptaient interjeter appel de ces condamnations.

Par ailleurs, la cour d'appel de Tunis, a alourdi mercredi la peine d'un autre présumé terroriste tunisien, extradé en septembre 2007 par les autorités saoudiennes. Condamné en première instance à un an de prison ferme pour "appartenance à une organisation terroriste opérant à l'étranger", Achraf Soltani a vu sa peine doublée. Il était accusé de faire partie d'un réseau de recrutement de combattants en Irak, selon cet avocat spécialiste des affaires liées au terrorisme.

Me Ben Amor estime à un millier les personnes déjà jugées ou en attente de procès en vertu de la loi anti-terroriste adoptée par le parlement tunisien en décembre 2003. Les procès se poursuivront exceptionnellement pendant la période estivale, alors que d'habitude les tribunaux prenaient congé à partir du 15 juillet, a-t-il précisé. (AP - 18.07.2008)

vendredi, 04 juillet 2008

Le chef d’Al Qaïda au Maghreb menace de s'attaquer aux intérêts américains dans un interview publié par la le New York Times

Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) se prépare à s'en prendre aux intérêts des Etats-Unis qui veulent contrôler les richesses énergétiques de la région, déclare l'émir du groupe, l'Algérien Abdelmalek Droukdel. "Nous avons découvert que l'Amérique construisait des bases militaires dans le sud de notre pays et y menait des manoeuvres, en pillant notre pétrole et en voulant faire la même chose avec notre gaz", a affirmé Droukdel, alias Abou Mossab Abdelouadoud, dont les propos sont rapportés dansle New York Times de mardi. L'Algérie affirme qu'il n'y a aucune base américaine sur son sol.

Le Times précise que le dirigeant islamiste, qui serait caché dans les montagnes à l'est d'Alger, a répondu dans un enregistrement audio à une série de questions qui lui avaient été soumises. Sa voix a été identifiée par un expert qui travaille pour les services de renseignement fédéraux américains, ajoute le quotidien.

Le réseau d'Al Qaïda au Maghreb islamique, issu en janvier 2007 du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), est actif de la Mauritanie à la Libye et considère les intérêts américains comme des cibles légitimes, accusant Washington de "voler" les ressources énergétiques de la région et de soutenir des gouvernements "criminels". "En conséquence, c'est notre droit et notre devoir de déclarer clairement que les intérêts américains sont des cibles légitimes", souligne Droukdel. "Chacun doit comprendre que nous n'hésiterons pas à attaquer (les Américains) partout dans le monde et chaque fois que nous le pourrons."

L'émir ajoute que le gouvernement algérien sert les intérêts occidentaux et que "les intérêts français, espagnols et juifs" sont également dans le collimateur de son groupe Il affirme que de plus en plus de jeunes gens rejoignent son groupe dans tout le Maghreb. "La majeure partie de nos moudjahidine viennent d'Algérie. Il y aussi un nombre considérable de Mauritaniens, de Libyens, de Marocains, de Tunisiens, de Maliens et de Nigérians", dit-il, ajoutant que son réseau est impliqué dans l'attaque contre l'ambassade d'Israël en Mauritanie en février dernier.( Reuters - Matthew Tostevin, version française Guy Kerivel - Mardi 1 juillet 2008)

L’Entretien avec le chef d'Al-Qaida dans le Maghreb islamique accordé au New York Times

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NYT : Pourquoi avez-vous rejoint Al-Qaida? 

Abdelmalek Droukdal :Louanges à Allah la paix et la bénédiction d'Allah soient sur le prophète, sa famille, ses compagnons et ses alliés. En ce qui concerne la réponse à votre question, pourquoi avons-nous joindre Al-Qaida? Nous disons, pourquoi ne pas nous joindre à Al-Qaida? Allah nous a ordonné d'être unis, à être alliés, de coopérer et de lutter contre les idolâtres, en ligne droite. De la même manière qu'ils nous combattent dans leurs alliances militaires et économiques et politiques.

Est-ce que Al-Qaida vous donne de l'assistance? Et si oui, quelle est la nature de cette aide?

Nous et Al-Qaida sont un seul corps. Il est normal qu'ils se renforcer par nous et nous obtenons plus fort en eux. Ils retour jusqu'à nous et nous les soutenir. Elles sont une source de nous et nous les fournir avec toute forme de soutien, de loyauté, de conseils et d'appui disponibles.

Avez-vous du soutien en Europe? Et si oui, combien et quel type? 

Oui, il ya des gens qui sont favorables à nous en Europe et ailleurs. Les musulmans sont favorables à Al-Qaida parce que sa cause est juste. Aussi, la plupart musulmans, y compris ceux qui résident en Europe, sont la croisade contre la guerre menée par l'Amérique, et qu'ils détestent les régimes arabes qui travaillent en tant qu'agents et que leur peuple écrasé et vendu la cause palestinienne.

D'où vos combattants proviennent-ils? 

La plupart de nos moudjahidines viennent de l'Algérie. Et il y a un grand nombre de Mauritaniens, Libyens, Marocains, Tunisiens, Maliens et Nigérians.

Avez-vous l'intention d'attaquer des intérêts américains en Algérie? 

Nous nous trouvons sur la liste noire de l'administration américaine, étiquetée avec le terrorisme. Ensuite, nous avons trouvé que l'Amérique construit des bases militaires dans le sud de notre pays et mène des exercices militaires,  le pillage de notre pétrole et la planification pour obtenir notre gaz. Aussi, l'ouverture d'un bureau du F.B.I dans la capitale, la compagne chrétienne parmi nos jeunes afin de créer des minorités religieuses parmi nous.

son ambassade en Algérie a commencé à jouer presque le même rôle que les ambassades américaines à Bagdad ou Kaboul. Elle intervient dans la politique intérieure par la planification, l'instruction et de contrôle. Tout cela juste pour tuer l'esprit du djihad et de résistance parmi les musulmans afin qu'ils puissent mettre la main sur le stock d'énergie que nous avons.

Il en va de même l’Amérique nous a-t-elle laissé le choix face à cette agression flagrante? Ça ne fait aucun doute que la réponse va être non. Par conséquent, il est devenu notre droit et notre devoir de toutes nos forces contre cette croisade et déclarer clairement que les intérêts américains sont des cibles légitimes pour nous.

Avez-vous l'intention de procéder à des attaques sur le sol américain?

Si l'administration américaine considère que sa guerre contre les musulmans est légitime, ce qui fait de nous faire croire que notre guerre sur son territoire n'est pas légitime? Tout le monde doit savoir que nous n'hésiterons pas à cibler chaque fois que nous pouvons sur chaque coin du globe.

Nous disons au peuple américain qui sont poussés à plus de catastrophes par l'administration Bush : Si vous êtes vraiment la recherche de votre sécurité, écoutez attentivement le discours de notre cheikh et émir, Osama bin Laden, Allah le protège, qui vous conseille d'arrêter de soutenir Bush et sa politique et à renverser votre gouvernement qui envahit les musulmans à leurs domiciles. Sinon, Bush et son administration vous conduira à l'abîme et la perte.

Quelle est votre opinion sur les prévisions de $ 120 milliards que le gouvernement algérien a recueilli du pétrole et du gaz, et les critiques qui disent que le gouvernement n'a pas dépensé cet argent dans des programmes destinés à aider à créer des emplois pour les Algériens?

C'est le plus grand genre de crime et de vol contre notre nation, et parmi les plus grands méthodes de pillage et de vol qualifié  qui caractérise ce gouvernement.

Le pays est flottant sur une mer de pétrole et de gaz. Le volume des recettes n'a jamais cessé de grandir, année après année, et le mois après mois. Il est ironique que la ligne est à la hausse des recettes pétrolières, la ligne du niveau de vie de la population est en déclin.

Comment répondez-vous aux critiques qui disent le gouvernement algérien a affaibli vos capacités opérationnelles, et que le passage du 11 avril sans une grande attaque est la preuve de cela?

Le gouvernement algérien peut mentir au public mais il veut et il peut faire ses efforts faits sur le terrain. Mais ce qui ne peut pas être caché, c'est que ses soldats sont tués constamment et que les bombes des moudjahidin récolte des dizaines d'entre eux chaque mois.

Et que les intérêts occidentaux ne peuvent pas être protégés et qu'il obtiendra sa part également comme nous l'avons fait avec l'ONU et siège d'Interpol et l'ambassade d'Israël à Nouakchott, les otages allemand puis les Autrichiens.

Certaines personnes ont critiqué les attaques du 11 Décembre à Alger, en disant que des innocents ont été tués. Comment justifiez-vous cela?

Si l'on voulait vraiment frapper les civils, nous pourrions avoir récolté des centaines dans une grève en ciblant les marchés et le transport et les rassemblements publics. Nos objectifs dans notre lutte sont très claires, qui sont les militaires et les objectifs officiels du gouvernement et des intérêts occidentaux. Nous veillons à ce que dans nos attaques qu'aucun musulman se blesse. 

Mais, le gouvernement et la presse se trouvent au peuple et dire que les gens qui sont morts dans le siège de l'ONU sont des civils. Mais la vérité est que plus de 95 pour cent des blessés sont associés avec le siège de l'ONU et sont des croisés et de la police et des gardes, éventuellement avec une tenue civile. Ce ne sont pas tous les civils.

Notre nation doit savoir que nous sommes dans une guerre contre les apostats et leurs maîtres chrétiens. Mais les  erreurs se produisent dans la guerre, mais elles sont non intentionnelles. Nous solliciter la grâce d'Allah et nous nous en excusons de notre nation à ce sujet.

Version Française de l'interview publié par :  Dz-Web

vendredi, 06 juin 2008

Un Tunisien extradé d'Italie déféré devant le tribunal militaire de Tunis

 Un Tunisien condamné pour terrorisme et récemment extradé d'Italie, Essid Sami Ben Kemais, a été déféré jeudi devant le tribunal militaire de Tunis, où il a fait opposition à des jugements prononcés contre lui par contumace.

Après avoir fait opposition, il a été reconduit en prison en attendant d'être rejugé par cette juridiction, a précisé Me Samir Ben Amor, avocat spécialiste des affaires terroristes. Essid Sami Ben Kemais, alias Saber, a été remis mardi soir par les autorités italiennes à leurs homologues tunisiennes en dépit d'une décision de la cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) ordonnant la suspension de cette mesure, a-t-il expliqué.

Saber a été condamné en février 2002 par le tribunal de Milan à six ans et deux mois de prison pour "association de malfaiteurs à des fins de terrorisme" et à l'expulsion d'Italie. Il a été jugé en même temps que six autres Tunisiens, dont trois étaient accusés d'avoir planifié un attentat contre l'ambassade américaine à Rome.

Considéré comme le chef présumé de la logistique européenne de l'organisation de Ben Laden, Saber a été condamné par défaut par la justice tunisienne à des dizaines d'années de prison pour des délits liés à son "appartenance à une organisation terroriste opérant à l'étranger en temps de paix", en allusion à Al Qaïda. Il lui est imputé notamment d'avoir opéré le recrutement en Italie de combattants pour les envoyer en Afghanistan, selon Me Ben Amor. (AP - Jeudi 5 juin 2008)

Human Rights Watch : Il faut stopper l’expulsion d’un Tunisien qui court le risque d’être torturé, Le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme doit être respecté

 (Milan, le 3 juin 2008) – L’Italie devrait interrompre immédiatement toute tentative d’expulser Essid Sami Ben Khemais vers la Tunisie, pays connu pour pratiquer la torture, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Au moment où nous écrivons, le 3 juin 2008, Ben Khemais, un ressortissant tunisien accusé de terrorisme en Italie, était détenu à l’aéroport de Fiumicino près de Rome et pouvait à tout moment être mis dans un avion pour Tunis.

Le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, a ordonné l’expulsion de Ben Khemais le 31 mai, en dépit d’une demande formulée en 2007 par la Cour européenne des droits de l’homme, visant la suspension de cette expulsion jusqu’à ce que la Cour ait eu le temps d’examiner la plainte de Ben Khemais selon laquelle il courait le risque d’être torturé ou de subir des mauvais traitements interdits à son retour en Tunisie. Les mesures provisoires de la Cour européenne, par exemple la demande de suspendre cette expulsion, sont pleinement contraignantes pour l'Italie, et le non respect de ces mesures provisoires par l’Italie constituerait une violation de la Convention européenne des droits de l’homme. La Cour européenne a envoyé une lettre au gouvernement italien le 2 juin pour lui rappeler ses obligations. 

La torture est un problème largement répandu en Tunisie, a déclaré Human Rights Watch, et les personnes détenues sur des accusations de terrorisme sont particulièrement en danger. 

 « La tentative de l’Italie d’expulser Ben Khemais, sachant qu’il court le risque d’être torturé en Tunisie, démontre un mépris de cet homme et de la loi », a déclaré Judith Sunderland, chercheuse sur l’Europe pour Human Rights Watch. « Se moquer de la plus haute cour européenne des droits humains ne va pas rendre l’Italie plus sûre. » 

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mercredi, 28 mai 2008

La menace d'Al-Qaïda est "réelle" en Afrique du nord, selon le général américain Ward

0d1117a60ae0bc9ac0cd479df902fd3a.jpgEn visite en Tunisie, le chef du commandement militaire américain pour l'Afrique (AFRICOM), le général William Ward, a évoqué mercredi d'une "menace réelle de l'extrémisme violent d'Al Qaïda" en Afrique du Nord. "Ils l'ont dit. Je les prends au mot. Les menaces des terroristes comme Al-Qaïda sont réelles", a-t-il martelé lors d'une conférence à l'ambassade américaine à Tunis.

Selon cet ancien commandant adjoint des forces américaines en Europe, la mission de l'AFRICOM consiste à "aider les pays africains à assurer leur sécurité": "Nous travaillons ensemble pour les contrer et les empêcher de réaliser leurs desseins", a-t-il lancé.

"Il n'y a pas d'engagement de forces militaires américaines en Afrique. Il s'agit plutôt de fournir l'aide nécessaire dont ont besoin les pays du contient pour développer leurs capacités sécuritaires afin de pouvoir combattre le terrorisme, garantir la stabilité et promouvoir le développement", a-t-il précisé.

"En aidant l'Afrique, nous nous aidons nous-mêmes, car avec une Afrique stable, on aura un monde plus stable", a-t-il ajouté, affirmant que les Etats-Unis travaillaient "avec les pays européens qui ont des intérêts en Afrique de manière complémentaire". Et niant avoir demandé à Tunis "une présence militaire américaine permanente".

Le général, qui a annoncé qu'il se rendrait prochainement au Maroc, a assisté à des manoeuvres militaires conjointes tuniso-américaines à la base de Bizerte (60 km au nord de Tunis) et s'est entretenu avec le ministre de la défense, Kamel Morjane. "La Tunisie est un pays modèle dans la région, non seulement dans la lutte contre le terrorisme, mais aussi en matière de tolérance religieuse, d'émancipation de la femme et d'éducation", a-t-il ajouté. (The Associated Press - 28/05/2008)

Réduction de peines contre de présumés terroristes

La Cour d'appel de Tunis a réduit ce soir les peines prononcées en première instance contre un groupe de 19 présumés terroristes accusés d'avoir projeté de créer une organisation terroriste en Tunisie, a-t-on appris auprès de l'un de leurs avocats Me Samir Ben Amor.

Il leur était reproché également d'avoir voulu se rendre en Algérie pour recevoir une formation militaire dans le maquis de l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu la branche armée d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

La cour a ainsi réduit de 12 à huit ans la peine de prison de Hicham Saâdi, un «récidiviste», selon l'avocat. Elle a ramené les jugements de huit à cinq ans d'emprisonnement pour cinq accusés et de quatre à trois ans pour cinq autres. Quatre accusés ont vu leurs peines maintenues à deux ans de réclusion, tandis que quatre autres condamnés par contumace à huit ans de prison n'avaient pas fait appel.

Lors du procès, les avocats de la défense ont plaidé l'annulation des procédures judiciaires notamment pour «violation des délais de détention préventive». Ils ont également dénoncé les tortures subies, selon eux, par «la plupart» de leurs clients et évoquées par ces derniers pendant leur interrogatoire. Ils ont réclamé l'acquittement des prévenus en faisant valoir que les accusations n'étaient «pas fondées». (Associated Press - 27/05/2008)

12:06 Ecrit par Mokhtar YAHYAOUI dans Terrorisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Justice

vendredi, 23 mai 2008

Tunisie: Peine de mort confirmée pour un jeune salafiste

La Cour de cassation de Tunis a maintenu jeudi les jugements prononcés en appel contre les 30 membres du groupe de salafistes impliqués dans des affrontements armés avec les forces de l'ordre fin 2006, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. L'un des accusés avait été condamné à la peine de mort.

Les accrochages avaient fait 14 morts -un officier de l'armée, un policier et 12 salafistes.

En février, lors du procès de ces salafistes appartenant à l'organisation dite des "Soldats d'Assad Ibn Fourat", du nom d'un chef de guerre arabe, la cour d'appel avait condamné Saber Ragoubi, 24 ans, à la peine de mort, huit autres accusés à la prison à perpétuité et les derniers à des peines allant de trois ans à 30 ans de prison ferme.

La cour d'appel avait allégé les peines prononcées en première instance en commuant notamment la peine capitale de l'un des accusés en emprisonnement à perpétuité. Les avocats et le procureur général s'étaient pourvus en cassation.

Les membres du "groupe Soliman", du nom de la localité située à une quarantaine de kilomètres de Tunis où avaient lieu fin décembre 2006, début janvier 2007, les affrontements sanglants, étaient accusés "d'appartenance à une organisation ayant adopté le terrorisme pour atteindre ses objectifs, d'avoir reçu des entraînements militaires pour commettre des crimes terroristes, de détention et de transport d'armes, d'explosifs et de munitions".

Il leur était également reproché le "recrutement et l'entraînement de personnes à l'effet d'entreprendre un acte terroriste, la participation à la désobéissance armée ayant causé avec préméditation la mort d'homme et l'incitation de la population à s'entre-tuer".

Selon les autorités, le noyau du groupe, dirigé par Lassaâd Sassi, un ancien "Afghan" mort lors des accrochages et composé de six éléments, s'était infiltré par la frontière algérienne après avoir séjourné dans le maquis de l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu par la suite la branche armée d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). (The Associated Press - 23/05/08)

mardi, 20 mai 2008

Peines de prison ferme pour 18 terroristes présumés

La quatrième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a condamné lundi cinq prévenus à trois ans de prison ferme pour avoir projeté de créer une "cellule terroriste" en Tunisie, a-t-on appris auprès de l'un de leurs avocats, Me Samir Ben Amor. Cinq autres ont écopé d'un an d'emprisonnement pour n'avoir pas informé les autorités de cette entreprise à caractère terroriste.

Selon l'avocat, les accusés ont nié les faits qui leur étaient reprochés lors de leur interrogatoire. La défense a plaidé pour le non-lieu, en mettant en avant des vices de procédure et en se basant sur l'absence de preuves étayant les accusations.

Lors d'un autre procès, la deuxième chambre criminelle près le même tribunal a condamné un autre groupe, composé de huit jeunes salafistes, à des peines allant de 2 à 5 ans de prison ferme. Deux d'entre eux ont écopé de cinq ans de réclusion et quatre de trois ans pour "appartenance à une organisation terroriste", "appel à la commission de crimes terroristes" et pour avoir "fourni des informations à des personnes ayant des liens avec des projets terroristes". Les deux autres ont été condamnés à deux ans de prison ferme pour n'avoir pas alerté les autorités des "entreprises criminelles qui se tramaient".

Tous ces salafistes étaient jugés en vertu de la loi anti-terroriste adoptée en Tunisie en décembre 2003 et dénoncée par l'opposition et plusieurs associations qui la considèrent "anti-constitutionnelle". Selon, Me Ben Amor, spécialiste des affaires terroristes, un "important groupe" de 19 personnes arrêtées après un séjour en Algérie, doit comparaître le 27 mai devant la cour d'appel de Tunis. (AP - 19.05.2008)

01:14 Ecrit par TUNISIA Watch dans Terrorisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, salafistes tunisiens

jeudi, 15 mai 2008

Confirmation en appel de condamnations de terroristes présumés

Trois terroristes présumés tunisiens ont été condamnés à six ans de prison ferme et trois autres à trois ans par la cour d'appel de Tunis qui a ainsi confirmé mercredi des jugements prononcés en première instance, a-t-on appris jeudi auprès d'une association de défense des détenus.

Selon l'avocat Samir Dilou, les accusés étaient inculpés notamment d'"adhésion à une organisation terroriste" et de "collecte de fonds destinés à financer des projets terroristes". Dans un communiqué, l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), non reconnue, qualifie ce verdict de "sévère" et "non fondé", les accusés n'ayant pas bénéficié, selon elle, des conditions élémentaires d'un procès équitable.

Selon Me Samir Ben Amor, un spécialiste des affaires à caractère terroriste, près d'un millier de jeunes sont détenus en Tunisie en vertu de la loi antiterroriste adoptée en Tunisie en décembre 2003 et jugée anticonstitutionnelle par l'opposition. (AP - 15.05.2008)

dimanche, 13 avril 2008

18 salafistes condamnés à de la prison ferme

TUNIS — Le tribunal de première instance de Tunis a condamné samedi 18 salafistes originaires de la région de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest de la Tunisie, à des peines allant d'un à huit ans de prison ferme pour des délits à caractère "terroriste" et relaxé le 19e prévenu, a-t-on appris auprès de l'un de leurs avocats, Me Samir Ben Amor. Accusés à des degrés divers d'"appartenance à une organisation terroriste opérant à l'intérieur du pays", six des prévenus ont écopé de huit ans d'emprisonnement, trois de six ans et trois autres de quatre ans. Les cinq restants, reconnus coupables de n'avoir pas alerté les autorités de projets terroristes, ont été condamnés à un an de prison.

Considéré comme "l'idéologue" du groupe, Khatib Boukhari a été, pour sa part, condamné à trois ans de prison ferme pour n'avoir pas, lui aussi, alerté les autorités d'actes terroristes qui se préparaient et pour avoir abrité chez lui des "réunions de membres d'une organisation terroriste". Agé de 53 ans, Khatib Boukhari qui a séjourné de 1985 à 1994 en Arabie Saoudite en tant qu'infirmier, a perdu la vue cinq ans après son retour en Tunisie. Son fils, Oussama, jugé dans le même procès, a été, quant à lui, relaxé. L'un des griefs retenus contre un des six condamnés à la peine maximale, Mokhtar Akkouri, est d'avoir vendu la maison héritée de son père pour financer une organisation terroriste.

Lors de leur interrogatoire, les accusés ont, selon Me Ben Amor, nié les faits qui leur étaient reprochés, en déclarant que les aveux consignés dans les procès-verbaux leur ont été extorqués sous la torture. Leurs avocats ont plaidé la relaxe, en mettant en avant les "irrégularités" ayant entaché la procédure judiciaire et les "accusations non fondées" attribuées à leurs clients.

Les prévenus ont été arrêtés parallèlement aux affrontements sanglants qui avaient opposé fin décembre 2006 et début janvier 2007 notamment à Soliman, une localité située à 35km de Tunis, les forces de l'ordre à un groupe armé appartenant à l'organisation "Soldats d'Assad Ibn Al Fourat", du nom d'un chef de guerre arabe. Selon les autorités, le noyau du groupe composé de six personnes, s'était infiltré de la frontière algérienne, muni d'armes et d'explosifs et projetait de s'attaquer à des institutions et deux ambassades étrangères, celles Etats-Unis et de Grande-Bretagne.

Fait rare en Tunisie, ces accrochages avaient fait 14 morts, dont un officier de l'armée et un agent de police et 12 salafistes. Parmi eux, figurait leur émir Lassaâd Sassi, un ancien "Afghan" qui avait des liens avec l'ex-groupe algérien pour la prédication et le combat (GSPC), devenu la branche d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Trente personnes impliquées dans ces affrontements ont été récemment condamnées dans un procès distinct à de lourdes peines dont une à la peine capitale et huit autres à la prison perpétuité. (AP - 12.04.2008)

dimanche, 23 mars 2008

Otages autrichiens: Fin du second ultimatum

C’est aujourd’hui Dimanche à minuit que l’ultimatum lancé par les ravisseurs des deux touristes autrichiens, enlevés par un groupe terroriste au sud de la Tunisie, expire au moment où les efforts diplomatiques pour leur libération se font de plus en plus intenses avec l’entrée en scène de la Libye. Afin de donner une chance aux négociations engagées avec les autorités autrichiennes, le groupe auteur du kidnapping qui se revendique d’Al-Qaïda avait repoussé, la semaine dernière, son ultimatum qui prend donc fin ce soir.

L’Algérie par la voix du ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni a réaffirmé samedi qu’elle n'était "pas concernée" par l'affaire des deux otages autrichiens, enlevés il y a près d'un mois en Tunisie par la Branche armée d'Al-Qaïda au Maghreb. "L'Algérie n'est pas concernée de près par ce problème car les faits se sont déroulés en dehors de son territoire", a déclaré M. Zerhouni à la radio publique, en réponse à une question sur l'affaire des deux otages autrichiens.

Al-Qaïda au Maghreb, dirigée par Abdelmalek Droukdel, alias Abou Moussaab Abdelouadoud, est essentiellement implantée dans des maquis de l'ex-GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) en Kabylie et dans l'est Algérien, selon la presse algérienne. Cette organisation a revendiqué tous les attentats suicides perpétrés en Algérie depuis avril 2007. Wolfgang Ebner - 51 ans- et Andrea Kloiber - 44 ans - ont été enlevés le 22 février alors qu'ils circulaient dans le sud de la Tunisie. Ils auraient été conduits par leurs ravisseurs d'Al-Qaïda dans le nord malien, selon des sources concordantes.

Le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, " négocie avec les ravisseurs et est, selon ses propres termes, confiant dans le fait que la question sera prochainement réglée", a déclaré Jörg Haider Selon Osterreich qui cite une source diplomatique au Mali, des pourparlers ont été organisés par la Libye entre les ravisseurs, la branche du réseau islamiste Al-Qaïda pour le Maghreb, et les négociateurs maliens, à Bou Djeheba, au nord de Tombouctou. Selon des sources bien informées de Oesterreich au Mali, les ravisseurs des deux otages pourraient de nouveau repousser leur ultimatum donnant jusqu'à dimanche au gouvernement autrichien pour obtenir la remise en liberté d'islamistes emprisonnés en Algérie et Tunisie, en échange de celle des deux Autrichiens. (Tunisia Watch, Agences - 22 03 2008)

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