mercredi, 16 juillet 2008
Tunisair confirme une commande de 16 Airbus
FARNBOROUGH (Angleterre) (Reuters) - Tunisair confirme une commande de 16 avions à Airbus et la signature d'un partenariat industriel qui permettra de créer 200 emplois en Tunisie dans le secteur aéronautique.
La compagnie aérienne a signé au cours d'une conférence de presse organisée au salon de Farnborough l'achat de trois A350 XWB-800, de trois A330-200 et de dix A320. Sur la base des prix catalogues, purement indicatifs, la transaction est évaluée à près de deux milliards de dollars.
Un accord de principe sur cette vente avait été conclu fin avril à l'occasion de la visite du président Nicolas Sarkozy en Tunisie .
"Dans cette conjoncture difficile, cette commande prouve notre confiance dans les avions que nous avons achetés, notre stratégie de long terme et le marché du transport aérien", a déclaré Nabil Chettaoui, P-DG de Tunisair.
La hausse quasi continue des prix du pétrole ces douze derniers mois exerce une pression forte sur les compagnies. Plusieurs d'entre elles ont dû réduire leur activité depuis le début de l'année.
Nabil Chettaoui a souligné que les nouveaux avions commandés permettraient à son groupe de renforcer son offre vers l'Asie et l'Amérique du Nord ainsi que son positionnement régional.
Le dirigeant a également confirmé la signature d'un partenariat industriel entre Tunisair et Airbus grâce auquel 200 emplois seront créés dans le secteur aéronautique en Tunisie. Une porte-parole du constructeur européen a déclaré à Reuters que le partenariat porterait sur les composants, sans donner davantage de détails.
Matthias Blamont - Nouvel Obs
09:06 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, airbus, tunisie
jeudi, 15 mai 2008
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy
Tunisie : Cette situation est inacceptable
Par : OBSERVATOIRE LYONNAIS POUR LA DÉFENSE DES LIBERTÉS FONDAMENTALES EN TUNISIE
Monsieur le Président,
L’Observatoire lyonnais pour la défense des libertés fondamentales en Tunisie, ami de la Tunisie libre et défenseur des droits de l'homme, dénonce fermement les propos que vous avez tenus lors de votre récente visite officielle en Tunisie, notamment en déclarant que "l'espace des libertés progresse".
Cette déclaration est une contre vérité, que confirment les rapports périodiques des ONG internationales crédibles comme Amnesty International, Human Rights Watch, la FIDH, l'OMCT, l'ACAT.
De même, le Département d'Etat américain ne cesse de dénoncer dans ses rapports annuels sur la Tunisie les violations des droits de l'homme et l'absence de toute perspective démocratique.
La France elle-même a dénoncé officiellement ces violations par l’intermédiaire de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme auprès du Premier Ministre le 14 novembre 1996 et le 19 octobre 1999.
Les recommandations à la Tunisie du Comité des Droits de l'Homme de l'ONU (82e session – 4 avril 2008) soulignent sans ambiguïté ses doutes sur de nombreux points relatifs aux droits de l’homme ; pour exemple, cet extrait du § 12 « L’État partie devrait interdire l’usage d’aveux obtenus sous la torture, et ce devant toutes juridictions. Il devrait s’assurer en pareil cas que le fardeau de la preuve n’incombe pas aux victimes. ».
Le Parlement européen vote périodiquement des résolutions pour formuler ses inquiétudes sur les violations des droits de l'homme en Tunisie. En octobre 2007, la présidente de la Sous commission des droits de l’homme déclarait que « la situation des droits de l’homme en Tunisie était inquiétante »
Le Sénat français propose régulièrement des résolutions dans le même sens ; pour exemple, la proposition de résolution du 26 janveir 2005, faisant suite aux échanges initiés par la communication de Mme Alima Boumediene-Thiery, sénatrice.
Sur le plan judiciaire, Abdallah Kallel, actuel Président de la Chambre des Conseillers, a fait l'objet en Suisse d'une information judiciaire pour crimes de torture et il a dû fuir précipitamment la Suisse pour la Tunisie où le Général Ben Ali l'a nommé immédiatement Conseiller personnel.
Un autre grand criminel : le Général Habib Ammar a été protégé par le Président tunisien qui l’a nommé président du Comité Préparatoire des Jeux Méditerranéens de Tunis en 2000.
De même, le Général Ben Ali a protégé un autre criminel, Khaled Ben Said qui a torturé de nombreuses femmes. L'une d'elles l'a poursuivi devant la justice française, mais il a pu échapper à la justice française dans des circonstances non encore élucidées alors qu'il résidait à Strasbourg en qualité de Consul de Tunisie.
Monsieur le Président,
Ce brillant palmarès, non exhaustif, ne semble pas vous émouvoir outre mesure, pas plus que la liste quotidienne des persécutions et harcèlements subies par la société civile tunisienne : les associations, les partis d'opposition, les syndicalistes, les journalistes, les militants des droits de l'homme, notamment les militantes féministes que Mme Rama Yade n’a pas pris le temps de rencontrer lors de votre visite en Tunisie.
L’Association des magistrats tunisiens (AMT) continue à être persécutée depuis le changement illégitime de sa direction en 2005, avec interdiction de voyager pour ses membres indépendants. Les avocats courageux défendant les persécutés du régime de Ben Ali paient un lourd tribut en harcèlements quotidiens, violences physiques et emprisonnements.
La liberté de la presse est totalement inexistante.
Pour exemple, l’Observatoire lyonnais rappelle le cas du journaliste Slim Boukhedhir qui croupit en prison depuis novembre 2OO7 pour avoir dénoncé dans ses articles la corruption entretenue par la famille présidentielle. La censure qui touche les médias a pris des proportions telles que les journalistes de La Presse, l'organe officieux du gouvernement, ont récemment protesté contre les pressions subies ; les journaux d’opposition, comme Mouatinoun et El mawkif, continuent de subir un sévère étranglement financier qui a motivé la récente grève de la faim d’un mois de leurs militants Rachid Khéchana et Mongi Ellouz.
La répression violente des mouvements sociaux s’est récemment illustrée, lors de la révolte du bassin minier de Gafsa en réaction au traitement réservé aux jeunes diplômés et l'iniquité du recrutement des cadres miniers : mouvement violemment réprimé, avec un mort et de nombreux blessés, suivi de nombreuses arrestations.
Mais si cette politique de terreur a pu continuer à être pratiquée contre toute velléité d'indépendance de la société civile ou de lutte pour ses droits élémentaires à la dignité, c'est surtout grâce à la torture brandie comme une épée de Damoclès sur la tête de chaque citoyen menacé à tout instant d'être arrêté par une police redoutable par son nombre et par ses méthodes brutales. Il est important d'affirmer clairement que la torture constitue la principale maladie dont souffre le corps social tunisien ; elle représente le principal obstacle à toute amélioration dans le domaine des libertés individuelles et publiques.
Monsieur le Président,
La torture constitue un fléau extrêmement grave en Tunisie, alors qu’elle a ratifié la Convention contre la torture et autres traitements cruels inhumains et dégradants (le 23 septembre 1988). Vous ne sauriez ni le nier, ni le sous estimer, entre autres depuis la déclaration de la Cour européenne (février 2008) dans l'Affaire de Nassim Saadi où elle a affirmé le caractère grave de la pratique de la torture en Tunisie. Cette déclaration européenne venant de son instance judiciaire la plus haute constitue un incontestable démenti à vos propos sur la situation des droits de l'homme en Tunisie, en soulignant non pas de simples abus, mais un « crime de droit international », systématiquement et massivement pratiqué dans tous les locaux de police du territoire tunisien et en particulier dans les locaux du Ministère de l'Intérieur à Tunis.
Alors Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan ne déclarait-il pas, le 23 juin 2000 : « La torture est un CRIME CONTRE L'HUMANITE que rien en saurait justifier et que doit combattre la communauté internationale ».
Cette situation est inacceptable.
L’Observatoire lyonnais vous demande de déclarer, à l'occasion de la prochaine présidence française de l'Union Européenne, le gel des accords signés entre l'Union européenne et la Tunisie, conformément à et en application de l'Article 2 de l'Accord d'association qui conditionne celui-ci au respect des Droits de l'homme. Ce gel sera le seul espoir de pousser le régime de Ben Ali à mettre fin à une attitude criminelle que la conscience humaine universelle réprouve et condamne fermement.
Allez vous renier, monsieur le Président, « l’Europe protectrice »que vous aviez promise ?
Allez-vous reprendre à votre compte le propos de votre ministre des Affaires étrangères, parlant de « péché véniel … ».
Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses.
Source GENERATION TUNeZINE - (20minutes.fr/blog du 15 mai 2008)
13:19 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 10 mai 2008
Le théâtre de Sarkozy
Par :
Taoufik Ben Brik
Bouchez-vous le nez et dites : "Vous nous barbez !" Car il se passe apparemment un drôle de manège entre Ben Ali et Sarkozy. Les stratèges politiques s'adressent aux stratèges politiques, les éditorialistes aux éditorialistes, un mécanisme qui tourne à fond pour vendre la révélation du printemps 2008 : la démocratie "made in Tunisia".
Petits extraits présidentiels : "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer", a déclaré en substance le chef de l'Etat français lors du dîner offert le 29 avril par son homologue tunisien. "Ces signaux, ces réformes s'inscrivent sur un chemin étroit et difficile, celui du respect des individus. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement et personne ne peut se poser en censeur (…). Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans ce pays où je suis venu en ami, de m'ériger en donneur de leçons. J'ai pleinement confiance, Monsieur le président, en votre volonté de continuer à élargir l'espace des libertés."
Qui dit mieux. Du Beaumarchais. "C'est le mariage du Figaro !" s'esclaffe Ouled Ahmed, le poète tunisien du vin et de l'amour. Aucune comparaison n'est trop stupide, aucun geste trop démagogique lorsqu'il s'agit de faire croire qu'on tient enfin le "Karzai maghrébin" et qu'il n'a pas son pareil. Telle la forêt de Birnam dans Macbeth, nous inflige-t-on, la démocratie à la tunisienne s'est mise en marche. Les grincheux n'y changeront rien.
Et il importe peu que Ben Ali soit président à vie, corrompu et tortionnaire. Hélène Flautre, présidente de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen fait remarquer que "dans la Tunisie de Ben Ali, pas un jour ne se passe sans qu'un défenseur des droits de l'homme ne soit opprimé ou harcelé… " La récente grève du bassin minier de Radeyef et d'Oum Laarayess dans le centre-ouest du pays témoigne sans peine du désarroi tunisien.
"Il a du culot Sarkozy. Ou plutôt un bon décimètre pour mesurer 'l'élargissement' de l'espace des libertés", dit Oum Ziad, la plus célèbre chroniqueuse du pays. "C'est vrai, cet espace a été élargi, mais au profit de Ben Ali et aux dépens des Tunisiens. Il s'en met plein la poche, il brigue un cinquième mandat sans souci ni tracas, et il a le don d'avoir toujours le un millième des Tunisiens sous les verrous !" ajoute-t-elle. "La Tunisie n'étant pas le Tibet, Paris s'efforcera de ne pas irriter le chef tunisien", réplique-t-on du côté français.
D'ailleurs, Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme française, si prompte à s'enflammer sur la Libye de Kadhafi, s'est montrée peu loquace sur la réalité des droits de l'homme au pays du jasmin. "Ce n'est pas à l'ordre du jour", a-t-elle déclaré. En tout cas, le rendez-vous initialement prévu avec l'avocate et militante des droits de l'homme Radhia Nassraoui, a bel et bien été annulé.
Pis, des journalistes connus pour être le bouclier médiatique de la Tunisie résistante ont été parqués dans un hôtel cinq étoiles (le Golden Tulip) à 25 kilomètres du centre de Tunis, comme de vulgaires attachés de presse. Christophe Ayad de Libération, Florence Beaugé du Monde, Mouna El Bana de RFI, "Régis" de France 3 n'ont pas eu même le loisir de téléphoner aux "têtes brûlées" et aux "enfoirés" du pays.
Une telle attitude choque ? Pas du tout. On s'attendait à pire. D'autant que nous avons été déjà leurrés par les prédécesseurs de Sarkozy. Mitterrand est le père de la formule "Tunisie amie" et Chirac enfante "le miracle tunisien". "On s'attendait de Sarkozy propagandiste de première et ancien ministre de l'intérieur, une formule qui claque au vent : la Tunisie, paradis fiscal, ou Tunisie prison sans barreaux ! C'est décevant", dit Hamma Hammami, opposant tunisien. De qui se moque-t-on. Les Tunisiens ont cru pendant un long moment que la France, terre de La Boétie, pourrait aider à la liberté. Aujourd'hui, on assiste plutôt à L'Avare de Molière.
Taoufik Ben Brik – Courrier International- 9 mai 2008
11:04 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Ben Ali, Sarkozy
dimanche, 04 mai 2008
Tunisie : Rama Yade en catimini
Satisfaction. A Tunis, chez les défenseurs des droits de l’homme, c’est la stupéfaction. «Ces déclarations sont très décevantes et regrettables, déplore Khadija Chérif. J’attends de lui [Nicolas Sarkozy, ndlr] qu’il soit à l’écoute de toutes les composantes de la société tunisienne.» Justement, Khadija Chérif a de quoi être en colère. Elle devait recevoir hier la visite de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade, au siège de son association. Las, le rendez-vous, fixé samedi par un diplomate de l’ambassade de France à Tunis, a été annulé à la dernière minute. «Le même diplomate nous a simplement dit : "Mme Rama Yade a un programme chargé, elle a pris du retard et donc elle ne pourra pas se rendre à votre association", raconte Khadija Chérif. Ce geste est une manifestation de mépris pour la société civile. C’est une concession de plus pour marginaliser la demi-douzaine d’associations encore indépendantes du pouvoir. Et cela ne sert ni la Tunisie ni la France car ça va provoquer plus de rejet de l’Occident, honni par l’opinion parce qu’il soutient des régimes autoritaires.»
Surveillée. Tout avait pourtant été strictement encadré : l’ambassade de France avait fait préciser que Rama Yade ne discuterait que des violences faites aux femmes. «Pour nous, les droits des femmes et les droits de l’homme sont inséparables, et c’est ce qui nous vaut tous nos ennuis avec le pouvoir», précise la militante féministe, dont l’association est surveillée par des policiers et qui n’a plus accès à ses mails depuis dix jours. Le premier «geste fort» annoncé par l’entourage de la secrétaire d’Etat avant la visite est donc tombé à l’eau.
Le second s’est déroulé en catimini. La secrétaire d’Etat a en effet reçu pendant quarante-cinq minutes le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Mokhtar Trifi, en butte à un harcèlement judiciaire et administratif qui le paralyse. Le rendez-vous s’est passé à l’abri des regards, à l’hôtel de la ministre. A la sortie, Trifi a jugé la rencontre aussi «positive» que le discours de Sarkozy «décevant». Il aurait préféré que cette entrevue se déroule au siège de l’association mais le régime tunisien aurait pris ce geste pour un affront. Interrogé par Libération, Rama Yade a déclaré : «Ne voyez pas de problème là où il n’y en a pas. Attendez demain, la visite n’est pas terminée.» De plus en plus, il semble que son rôle consiste, non plus à faire du bruit pendant que d’autres font des affaires, mais à annoncer qu’elle en fera.
Sous les yeux approbateurs de ses invités, Serge Moati, Daniela Lumbroso et Frédéric Mitterrand, Nicolas Sarkozy a répondu hier, en recevant les clés de la ville de Tunis, aux critiques sur sa discrétion concernant les droits de l’homme : «Certains observateurs sont bien sévères avec la Tunisie qui développe sur tous les points l’ouverture et la tolérance», citant en exemple Ben Ali, qui s’arrête devant le grand rabbin Sitruk pour le saluer.
Nucléaire. Plus tard dans la journée, devant des hommes d’affaires, il a livré un argumentaire jusque-là inédit consistant à lier le nucléaire civil - qu’il a proposé à Tunis comme à Alger, Rabat, Tripoli, Abou Dhabi, etc. - et la lutte contre le terrorisme. En substance, le nucléaire est la seule énergie bon marché d’avenir, donc la seule à même d’assurer le développement de la Tunisie ; or sous-développement = chômage = misère = terrorisme. Conclusion : si on ne veut pas d’un «régime taliban (sic) au sud de la Méditerranée», il faut offrir l’accès au nucléaire civil. Réponse de Khadija Chérif : «Il y en a marre d’effrayer les gens avec ce genre d’arguments. Ce qui fait monter l’extrémisme et le radicalisme - et non pas les talibans, il ne faut pas exagérer quand même-, c’est l’absence de libertés et de démocratie.»
Source "Libération" mercredi 30 avril 2008
21:25 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 01 mai 2008
Réponse à certains médias français : Le masque est tombé
Au nom de la liberté d’expression, d’opinion et des droits de l’Homme, a-t-on le droit de porter atteinte aux intérêts et à l’honneur des uns et des autres sans être jugé ? Un «militant des droits de l’Homme» ou un journaliste jouit-il d’une immunité permanente et absolue pour accuser les uns et les autres sans être poursuivi par la justice ?
A lire certains médias français ayant prétendu couvrir la visite d’Etat du Président Nicolas Sarkozy en Tunisie, on s’interroge effectivement si, au nom des nobles et sacrées causes de la liberté d’expression et des droits de l’Homme, on se place en dehors de la loi.
En effet, non seulement ces médias font fi de la déontologie journalistique qui exige qu’on écoute toutes les parties concernées pour que l’information soit impartiale, mais ils semblent nous dicter de nouvelles règles d’un ancien ordre colonial que nous avons cru avoir enterré.
Tout observateur objectif peut, en effet, se demander pourquoi cet acharnement contre la Tunisie. Que lui reprochent, en fait, ces médias français ?
Il est vrai que dans le subconscient de certains esprits rêveurs d’un ordre anachronique révolu, le développement et le progrès sont exclusivement réservés à une certaine race.
Toutefois, cette fixation haineuse sur la Tunisie dépasse l’imaginaire puisque ces médias non seulement refusent de voir notre pays se développer, progresser et se moderniser mais ils veulent nous imposer de nouvelles règles internationales visant à porter préjudice à l’honneur des uns et des autres et à accuser les Etats et les institutions sans que ces accusés ne puissent se défendre.
En effet, d’un côté, ils prétendent que la justice en Tunisie n’est pas indépendante et, de l’autre, ils s’indignent que la loi soit appliquée à l’encontre d’un journal qui a pourtant gravement accusé, sans aucune preuve, des sociétés de fraude.
16:10 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mercredi, 30 avril 2008
En Méditerranée, M. Sarkozy, à cœur vaillant
L’ambition du président français est claire : imprimer sa marque en relançant le processus euroméditerranéen initié à Barcelone. Au service du parachèvement d’une zone de libre-échange et de la construction de toujours davantage de barrières contre les migrants, l’Euromed prend ainsi le nouveau nom d’Union "de" ou "pour" la Méditerranée. Et sa finalité affichée est d’associer les peuples à l’édification d’un ensemble économique partagé. Les moyens d’y parvenir sont la concrétisation de projets communs aussi nécessaires que l’accès égal à un enseignement de qualité, la recherche d’énergies de substitution et la dépollution de la mer.
La démarche puise son efficacité prétendue dans l’expérience de l’édification de l’Europe. N’est-ce pas en effet la communauté du charbon et de l’acier qui avait frayé le chemin à l’Union européenne? Oui, mais une différence de taille sépare le Vieux continent de l’Afrique et du Moyen-Orient. Les accords commerciaux inter et intra-européens sont établis sous des régimes politiques comparables. Les relations euroméditerranéennes, en revanche, reposent sur des rapports entre des Etats démocratiques et d’autres qui ne le sont guère.
C’est pourquoi il est à craindre que l’impulsion de Nicolas Sarkozy en Méditerranée n’inscrive le changement dans la forme et la continuité dans le fond. Associées à la marge de leurs propres affaires, les populations risquent ainsi de rester sur leur faim.
La circulation des marchandises conserverait donc sa primauté sur celle des hommes et sur celle des idées. Il serait pourtant temps que la devise de Jacques Cœur, qui fit naguère de Montpellier le centre d’un commerce transméditerranéen florissant, s’applique non plus seulement aux finances, ni uniquement à l’enseignement et à l’écologie, mais aussi à la politique, par l’intermédiaire du respect des droits de l’homme et l’institution d’Etats de droit. Le président français peut y contribuer, en infléchissant son projet méditerranéen dans ce sens. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'ingérence, les pays riverains se sont eux-mêmes engagés à respecter ces principes politiques. Avec Nicolas Sarkozy, l'hypocrisie mercantile euroméditerranéenne a toutefois de beaux jours devant elle.
20:48 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 29 avril 2008
Notre ami le despote
Puisque l'on ne peut pas se procurer le journal Libération en Tunisie pour cause de censure, nous nous permettons d'en mettre une partie en ligne.
Nous invitons bien sûr ceux qui le peuvent à se procurer, moyennant finances, le journal papier.
Nous prions la rédaction de Libération de nous pardonner ce petit écart.
21:46 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
الزمن الحرام
شاهد كل التونسيون لقطات الإستقبال الأسطوري الذي خص به الرئيس الفرنسي بمناسبة زيارته لتونس كما عانى كان العاصمة تبعات هذه المسرحية الضخمة التي سخرت لها مدينتهم لإبهار الضيف الكبير. ويمكن اليوم وحتى قبل انتهاء هذه الزيارة تقييم حصيلتها ومقابلة ما جلبته لتونس و ما أخذته منها.
الرئيس الفرنسي قال بصريح العبارة أنه جاء لتونس للتعبير عن تقديره و مساندته للرئيس بن علي و أضاف في كلمته خلال مأدبة العشاء أنه لم يأتي لتلقين دروس في احترام حقوق الإنسان أو غيرها. لذلك فإن نتائج الزيارة لم تخرج عن طبيعة العلاقات التقليدية بين دولة عظمى ديموقراطية متطورة و إحدى دول العالم الثالث المحكومة بالإستبداد من طرف سلطة يتلخص همها الأول في إحكام قبضتها عليها و فرض الخضوع على شعبها. لذلك لم تكن مساندة و تقدير الرئيس ساركوزي للرئيس بن على بالمجان إذ بلغت قامة تكلفتها حتى الآن ألف و سبعمائة مليون أورو و هو رقم لو ترجمناه بالحساب المحلي يساوي ضريبة مساندة فرنسية بمائتين و خمسين دينار على كل فرد من أفراد الشعب التونسي.
نحن في تونس ليس لنا مشاكل مع شراء طائرات أو مولدات نووية فرنسية و لو أننا اضطررنا في المرة الماضية إلى إعادة بناء محطاتنا حتى تتلاءم مع القاطرات التي باعوها لنا. كما أننا لسنا بالسذاجة لنحلم بمساندة مجانية من دولة عظمى مثل الدولة الفرنسية و لكننا كنا فقط نحلم أن لا يكون معلوم المساندة الذي سندفعه رغما عنا مقابل مواصلة اضطهادنا و تكميم أفواهنا و تشريد أبنائنا و تواصل احتجاز و تغريب الآلاف منا و التشجيع على زيادة احتكار خيرات بلادنا و حرماننا من أبسط الحقوق و أدنى الضمانات للمطالبة بحقوقنا.
الزمن الحرام هو هذا الزمن الذي يسخر من حالنا فنحتفل بمن جاء يعكر جراحنا و يعمق مآسينا. زيارة الرئيس ساركوزي جاءت لتقطع حدادنا. إنه غير الحداد الذي قد يذهب في ضنه أننا نشير إليه. و ربما يكفي أن نسأله فقط ليتبين حال بلده من حال بلدنا هل كان سيقوم بزيارته لو أن كارثة حلت ببلده ذهب ضحيتها ما يزيد عن العشرين من شبابه لا لذنب سوى أنهم لم يجدوا مجال للعمل وضاقت دونهم كل سبل الحياة فحاولوا الفرار منه.
المختار اليحياوي – تونس 29 أفريل 2008
16:08 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Droits de l'homme en Tunisie: Sarkozy déclenche la polémique
De Tunis à Paris, les réactions se multiplient pour dénoncer les félicitations du président français à son homologue tunisien Ben Ali. Pour beaucoup, les affaires ont pris le pas sur les libertés.
Les défenseurs tunisiens des droits de l’homme d’abord s’insurgent. «Je suis déçue. Il ne s’agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s’intéresse pas à la réalité de ce pays», a déclaré Khadija Cherif, présidente d’une ONG féministe. Pour elle, les mots de Sarkozy sont «une marque de mépris pour la société civile tunisienne». Mokhtar Trifi, président de la Ligue de défense des droits de l’homme, lui, ironise: «Si des garanties ont été données à M. Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux! C’est notre demande.»
«Un grand écart incompréhensible»
A Paris, Reporters sans frontières a qualifié d’«inadmissibles» les propos tenus par Sarkozy. Selon RSF, «la liberté d’expression reste une utopie en Tunisie. La presse n’y fait que glorifier le bilan du président Zine el-Abidine Ben Ali et les journalistes indépendants et leurs familles sont victimes d’un harcèlement continu». En 2007, rappelle l’organisation, lors de la précédente visite en Tunisie de Nicolas Sarkozy, l’Elysée s’était félicité d’avoir évoqué le cas du prisonnier politique Mohammed Abbou. Ce dernier avait en effet été libéré quelques jours plus tard. Aujourd’hui, «le président français, accompagné de dizaines d’hommes d’affaires, change radicalement d’approche. (...) Ce grand écart est incompréhensible».
La porte-parole des députés PS Aurélie Filippetti met elle aussi l’accent sur le poids des enjeux économiques qui semblent dicter sa conduite au chef de l’Etat. «Nicolas Sarkozy a encore une fois montré que sa politique en matière de droits de l’homme fluctue en fonction du tiroir-caisse», a-t-elle déclaré lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale. «Dès qu’il s’agit de contrats commerciaux, il oublie tout ce qu’il avait dit pendant sa campagne électorale sur sa volonté de lutter pour améliorer les droits de l’homme, pour en finir avec la politique menée jusque-là par Jacques Chirac.»
Sarkozy avec les entrepreneurs des deux pays
Ben Ali, lui, n’a pas poussé plus avant l’autocritique puiqu'il assure «accepter volontiers la critique». mais il n'oublie pas de vanter «les réalisations (...) déjà nombreuses et l’évolution réelle» en matière de droits de l’homme, dans un entretien au mensuel Afrique-Asie publié mardi à Tunis. Ce mardi, l’épineux dossier des libertés reste à l’ordre du jour de la visite de Sarkozy mais c’est la secrétaire d'Etat Rama Yade qui se chargera de rencontrer des opposantes au régime. Le chef de l’Etat, lui, participera à une rencontre entre entrepreneurs français et tunisiens.
15:06 Publié dans Visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Tunisi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Ben Ali accepte les "critiques", Sarkozy pas "donneur de leçons"
Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a indiqué être "conscient" que beaucoup restait à faire en matière des droits de l'Homme en Tunisie et affirmé "accepter volontiers la critique"."Dans ce domaine, comme dans d'autres, nous sommes conscients que beaucoup reste à faire. Néanmoins, les réalisations sont déjà nombreuses et l'évolution réelle", déclare-t-il dans un entretien au mensuel Afrique-Asie paraissant en mai à Paris et publié mardi à Tunis.
A la question de savoir si la Tunisie accuse un retard en matière de droits de l'homme, Zine El Abidine Ben Ali répond: "ceux qui le prétendent ignorent totalement la réalité tunisienne. Par contre, si vous parlez de critiques, je vous précise que nous acceptons volontiers la critique" a-t-il assuré.
Le président tunisien a affirmé sa volonté de faire évoluer les droits de l'Homme, énumérant "les grands progrès réalisés par la Tunisie, et constatés, dit-il, lors de l'examen périodique universel du Conseil des droits de l'Homme du 8 avril à Genève".
"Nous entendons tirer amplement profit des recommandations que nous fera le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu", a-t-il encore assuré.
L'épineux dossier des libertés et droits de l'Homme est à l'ordre du jour de la visite en Tunisie du président français Nicolas Sarkozy, qui a rendu hommage aux efforts de ce pays en la matière.
"Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer", avait-il déclaré en présence de son hôte lundi soir au premier jour de sa visite d'Etat de 48 heures en Tunisie.
Il faisait allusion aux réformes engagées par la Tunisie "sur le chemin, étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus".
"Ce chemin, aucun pays ne peut l'avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur", a-t-il martelé.
"Pleinement confiant"
"Je viens d'un continent dont l'histoire, y compris l'histoire récente, recèle d'abominables tragédies et je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons", a noté le président français qui s'est dit "pleinement confiant" de la volonté du président Ben Ali de "continuer à élargir l'espace des libertés".
Le régime tunisien est régulièrement critiqué par certaines organisations non gouvernementales locales et internationales pour ses "atteintes aux libertés et aux droits de l'Homme", des accusations réfutées par Tunis.
Les autorités tunisiennes considèrent ces allégations comme des "partis pris de certaines ONG systématiquement hostiles". Elles font valoir que la Tunisie a fait "le choix volontaire de la démocratie et des droits de l'Homme" et entend "poursuivre résolument le processus de réformes en toute souveraineté".
Les ONG déçues
Deux dirigeants d'ONG défenseurs des droits de l'Homme Khadija Cherif et Mokhtar Trifi se sont dit "déçus" mardi par les déclarations de Nicolas Sarkozy.
"Je suis déçue. Il ne s'agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s'intéresse pas à la réalité de ce pays", a déclaré à l'AFP Khadija Cherif, militante des droits de l'Homme et présidente d'une ONG féministe.
"Sa priorité c'est le commerce, mais il devrait savoir que le développement ne peut être qu'économique, a-t-elle ajouté, jugeant les déclarations de Nicolas Sarkozy comme "une marque de mépris pour la société civile tunisienne".
"On est habitué à ce discours. M. Chirac nous l'avait servi en 2003, on nous le ressert différemment malgré les promesses de campagne de M. Sarkozy", a poursuivi Khadija Cherif.
La présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD, indépendante) a confirmé la visite, mardi, au siège de son association, de la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme Rama Yade.
"Si des garanties ont été données à M. Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux! C'est notre demande", s'est étonné de son côté Mokhtar Trifi, président de la Ligue de défense des droits de l'Homme. (avec AP, AFP)
Photo: reuters
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La rupture ? Quelle rupture ? De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, les relations entre Paris et Tunis n’auront pas varié d’un iota. Oubliées les promesses de campagne de «mettre les droits de l’homme au cœur de la politique extérieure de la France». La Tunisie est à cet égard un cas particulier : modèle de stabilité et de développement par rapport à ses voisins algérien, marocain ou libyen, c’est l’un des seuls pays à compter une classe moyenne ; les atteintes systématiques aux droits de l’homme et à la liberté d’expression n’en sont que plus choquantes, au point que les militants tunisiens y voient désormais une entrave au développement. «La coopération entre Etats ne doit pas se limiter à l’économie, déclarait hier Khadija Chérif, la présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD). Le développement, c’est aussi la démocratie. Il est dommage et regrettable que les libertés soient autant marginalisées.»


